Fayard

  • J'ai toujours aimé le théâtre.
    Au lendemain de la guerre, j'ai découvert son pouvoir d'envoûtement du troisième balcon où se juchaient les étudiants.
    La jeunesse s'est enfuie, mais la passion est restée. Elle devait porter ses fruits. J'ai écrit en secret des pièces de théâtre. Nombre d'ébauches ont pris le chemin de la corbeille à papier, mais quelques-unes ont échappé à ces excès de dépit amoureux. Les voici réunies sous le titre optimiste de Théâtre I.
    Au lecteur d'être, par la grâce de l'imagination, le metteur en scène et l'acteur de ces pièces. Frappons les trois coups. Instant magique, le rideau se lève...R. B. 
    Né à Paris en 1928, Robert Badinter, avocat, fut ministre de la Justice (1981-1986), président du Conseil constitutionnel  (1986-1995) et sénateur (1996-2001).

  • Qui ignore aujourd'hui Virginia Woolf  ? La beauté anxieuse de son visage, les tragédies de son enfance, sa mélancolie suicidaire, ses appréhensions sexuelles, sa liaison tumultueuse avec Vita Sackville West et sa défense de la cause des femmes  ? Au cinéma comme au théâtre sont exposés avec complaisance ses frustrations d'adolescente et ses combats contre l'autorité masculine, ses crises de dépression et sa noyade dans la rivière Ouse. Les féministes ont fait d'elle une icône, et les psychiatres diagnostiqué sa maladie. Or aucun de ces arrêts sur image ne donne la clef d'une imaginative qui s'est refusée à aggraver le malheur, à laisser le dernier mot à la mort.
    Dans cet essai aux multiples entrées, Henriette Levillain rend à l'oeuvre romanesque son autonomie au regard des confidences de la femme en souffrance. Les personnages de Virginia Woolf ne sont pas des reflets mais des créatures auxquelles elle donne le pouvoir de relier ce que la vie ne cesse de séparer, les corps comme les consciences.
    «  Beauté  », «  Féministe  », «  Marcheuse  » ou «  Poète  », autant de fenêtres ouvertes sur les secrets d'une artiste qui, malgré son drame intime, savait enchanter le quotidien.
     
    Henriette Levillain, professeur émérite à Paris-Sorbonne. Auteur de nombreux ouvrages et articles parmi lesquels  Saint-John Perse  (Fayard, 2013, Grand Prix de la biographie littéraire de l'Académie française), elle a plus récemment publié  Yourcenar. Carte d'identité  (Fayard, 2016) et codirigé avec Catherine Mayaux le  Dictionnaire Saint-John Perse  (H.  Champion, 2019).

  • Quand Lauren Moore, professeur d'Histoire contemporaine à Boston, reçoit pour son anniversaire un test génétique destiné à établir ses origines généalogiques, elle trouve le cadeau de sa fille Emily très amusant. Ce test est très en vogue parmi ses collègues historiens.
    Quelle n'est cependant pas sa surprise quand elle en découvre  les résultats, divulguant des origines ignorées de tous jusque-là. Une ascendance qui remet en question toute son existence ainsi que celle de sa fille et balaie d'un coup ce qu'on lui a toujours raconté de ses ancêtres.
    Qui peut l'aider à résoudre  ce mystère  ? Sa mère Suzana, âgée de quatre-vingt-neuf ans et atteinte de la maladie d'Alzheimer, est dans l'incapacité de l'éclairer. Il semblerait pourtant qu'elle ait caché un secret que personne ne soupçonnait. Pourquoi aurait-elle menti  ?
    Pour Lauren et sa fille, c'est le début d'un long périple qui les mènera des USA, en passant par la France, jusque dans les contrées lointaines de l'Est européen. Une quête de la vérité, mais aussi la découverte d'une histoire incroyable qui va changer leur vie...
      Deux voyages inversés - l'un vers des origines inconnues, l'autre pour survivre.

  • âmes et animaux

    Arno Klarsfeld

    • Fayard
    • 27 Janvier 2021

    «  Le 16 mars 2020, mes parents Serge et Beate sont venus se confiner chez moi. L'appartement est vaste, et leur bureau est dans l'immeuble, ce qui leur permettait de travailler sans avoir à traverser Paris. Nous étions trois bipèdes et cinq quadrupèdes  : trois chats et deux chiens.
    Pourquoi décider alors d'écrire  ? Pour partager ses pensées, passer le temps en faisant disparaître l'angoisse de perdre ses parents, en étant peut-être à la fois parricide et matricide si j'avais été contaminé avant le confinement. Mais, surtout, pour faire avancer une cause qui me tient à coeur  : l'amélioration du bien-être animal, qui sera une des causes majeures du xxie  siècle dans le monde occidental, sauf tragédie de grande ampleur. Ainsi, presque chaque jour, j'ai essayé d'écrire une nouvelle impliquant l'homme, l'animal, l'environnement que j'ai connu avec le confinement comme toile de fond. À travers ce journal transparaît donc l'amour pour les parents et pour les animaux. L'un est un commandement de Dieu, l'autre devrait l'être aussi.  »
     
    Dans ce journal ponctué par des événements que nous avons tous connus, des inquiétudes que nous avons tous partagées, Arno Klarsfeld nous livre un récit singulier traversé d'échanges étonnants avec ses parents, de bribes du passé et de réflexions. Il y mêle de subtils portraits de l'âme humaine et de la relation sensible aux animaux au fil d'histoires à la croisée de La  Bruyère et La  Fontaine.
    Un livre insolite, riche en émotion et en humour.
     
    Arno Klarsfeld a été l'avocat des parties civiles lors des procès Touvier et Papon. Il a toujours milité pour la sensibilisation au bien-être animal.

  • Que se passe-t-il lorsque, après la science-fiction,  
    la philosophie se saisit de la question des robots  ?
    Ils sont pensés comme des «  machines insurrectionnelles  »  : une intelligence artificielle (IA) avec un corps  particulier, ni animal ni végétal, qui déstabilise l'Évolution
    et déconcerte les hommes qui doivent constamment négocier avec elles.
     
    Dans la lignée de ses travaux pionniers sur le rapport homme-animal,
    Dominique Lestel prolonge dans cet essai sa réflexion sur ce que signifie «  être vivant  »
      en dehors de la notion d'espèce. Il plaide ainsi pour que la robotique autonome
    ne soit plus pensée dans un cadre purement instrumental
    mais entre dans un espace existentiel, telle que nous la vivons chaque jour,
    /> nous engageant dès lors sur la voie d'une révolution ontologique.
     
    Cet essai novateur dans son propos ne l'est pas moins dans sa conception.
    Killoffer, dessinateur et scénariste, a relevé le défi d'illustrer le livre,
    ou plutôt, à l'instar de ce que l'Intelligence artificielle fait aux hommes,
    de questionner le texte   en imaginant quelle bande dessinée il pourrait être.
     
     
    Dominique Lestel enseigne la philosophie contemporaine à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm. Il est un théoricien reconnu du domaine émergent de l'éthologie philosophique. Son dernier livre paru est Nous sommes les autres animaux (Fayard).
    Killoffer fait des dessins pour amuser la galerie, pour illustrer des livres ou des journaux (d'ailleurs il fait lui-même un journal :  Mon Lapin Quotidien) et pour raconter des histoires.  Son  dernier livre paru est  Killoffer tel qu'en lui-même enfin  (L'Association).

  • Ursa est une petite ville recluse à la lisière d'une immense forêt suédoise.La plupart de l'année, elle est recouverte d'une épaisse couche de neige, plongée dans un froid et une obscurité qui rapprochent ses habitants - ou bien les éloignent.Soumises à ce rude climat, la population et les activités ne cessent de diminuer. Mais, cette année, la ville est sur le point de vivre un étonnant renouveau : l'équipe junior de hockey sur glace, sur laquelle tous les espoirs reposent, va jouer son match le plus important de l'année. L'excitation est palpable. Un futur prometteur se dessine... jusqu'au jour où la star de l'équipe commet un acte violent et irréparable qui met tout en péril. La population est divisée : faut-il se taire et oublier, ou bien tout risquer pour rendre justice ?
    Lorsque l'avenir d'une ville se trouve en jeu, personne ne peut rester en retrait et être neutre. Tout le monde doit prendre parti.  Et vous, de quel côté seriez-vous ?

  • Quand le désastre de la pandémie éclata, les Journaux de confinement fleurirent comme autant de bruyères à la Toussaint. Car comment la littérature, qui aime tant se mesurer à l'histoire, pouvait-elle rester silencieuse devant cette tragédie  ? Mieux encore  : la littérature n'était-elle pas, en définitive, la seule à pouvoir rendre compte d'un événement d'une telle ampleur dans toute sa complexité et toute sa puissance de sidération ?
    Quand la marche du monde se fait tumultueuse, la France, comme par réflexe, en appelle à ses écrivains. Grands si possible.
    Mais qu'est-ce qu'un «  Grand écrivain  »  ? Comment se construit, entre écriture et politique, cette figure légendaire  ? Et quel insatiable sinon coupable désir se propose-t-elle d'assouvir  ?
    Convoquant Michel Houellebecq, Virginie Despentes, Sylvain Tesson, Emmanuel Carrère ainsi que Sartre, Zola ou Hugo notamment, ce livre tâche de décrypter ce mythe bien français, et les fatales névroses qu'il engendre.
     
    Johan Faerber est docteur en littérature, critique et éditeur. Il est notamment l'auteur d'Après la littérature  (PUF, 2018). Il est l'un des co-fondateurs du magazine culturel  Diacritik.

  • Alors que s'achève une décennie scandée par de nombreux départs pour la Syrie et de multiples attentats, le djihadisme continue d'ensanglanter la France et de menacer l'avenir. Mais qui sont vraiment ceux qui ont consacré leur vie, et parfois leur mort, à cette cause ? Quel itinéraire les a conduits à cet engagement extrême ?
    À partir d'une enquête inédite par son ampleur rassemblant plus de 1 400 profils issus de quatre pays (France, Royaume-Uni, Belgique et Allemagne), ce livre brosse le portrait d'une génération de militants : ces femmes et ces hommes européens, ces musulmans parfois convertis qui, de 2010 à 2019, ont choisi le djihadisme.
    Grâce à la profondeur de leurs données, Hakim El Karoui et Benjamin Hodayé dépassent les débats passionnés, souvent fondés sur des cas isolés. Ils étudient les parcours des djihadistes suivant trois axes : sociologique, puisque ces individus viennent presque tous des mêmes milieux sociaux, et que leurs failles personnelles peuvent les rendre vulnérables aux discours radicaux ; religieux et idéologique, pour décrypter les chemins spirituels qui peuvent mener au djihadisme, notamment via l'influence du salafisme ; militant, en reconstituant les réseaux à l'échelle locale, ce qui révèle la mécanique exacte du recrutement.
    Ainsi sont réunis les fils des parcours individuels, qui forment une toile inquiétante. Car le djihadisme n'a pas été vaincu. Ses racines sont toujours là, chaque attentat nous le rappelle douloureusement. Et l'analyse prospective présentée est alarmante, même si beaucoup de progrès ont déjà été faits. Reste désormais à prévenir ce phénomène et à désengager ses militants.
     
    Normalien, agrégé de géographie, ancien conseiller du Premier ministre (2002-2005), Hakim El Karoui est Senior Fellow de l'Institut Montaigne et est notamment l'auteur de Réinventer l'Occident (Flammarion, 2010), de L'Islam, une religion française (Gallimard, 2018) et des rapports « Un islam français est possible » (2016), « La Fabrique de l'islamisme » (2018) et « Les quartiers pauvres ont un avenir » (2020).
    Benjamin Hodayé est normalien et agrégé d'histoire. Ses recherches portent sur l'histoire du Maghreb contemporain et sur l'islam en France et en Europe. Il collabore avec l'Institut Montaigne depuis 2017.
    Ce travail a été rendu possible par l'Institut Montaigne.

  • Loyauté

    Letizia Pezzali

    • Fayard
    • 6 Janvier 2021

    Le désir ne s'apprivoise pas. Le désir est imprévisible. Il surgit, explose, s'essouffle ou se renforce en suivant une progression chaotique - à l'image des cours des marchés financiers.
    Giulia, trente-deux ans, est employée à Londres dans une banque d'affaires où elle jouit d'une situation avantageuse, mais où le bonheur est une denrée rare : beaucoup d'argent, très peu de temps libre, des relations qui visent avant tout à se forger une réputation. Un écosystème que le reste de la société regarde avec défiance. Celui dans lequel naviguait Michele, un homme marié de vingt ans son aîné pour lequel elle a eu une passion qui a tourné à l'obsession alors qu'elle était étudiante à Milan, avant qu'il ne démissionne du jour au lendemain, sans explication. Alors que remontent les souvenirs d'une histoire qu'elle croyait enterrée, Giulia explore les fractures douloureuses de l'amour - cette fragilité qui réside en chacun de nous.
    Dans la lignée de Houellebecq et de Kundera, Letizia Pezzali livre un roman éminemment contemporain et plein d'esprit, d'une sensibilité et d'une maîtrise remarquables, sur le pouvoir et la nature du désir.
     
    Traduit de l'italien par Lise Caillat
    Letizia Pezzali est née à Pavie en 1979 et a travaillé plusieurs années dans une banque d'affaires à Londres. L'età lirica (Baldini & Castoldi, 2012), son premier roman, a été finaliste du prestigieux prix Calvino. Loyauté, publié en Italie en 2018, a reçu un accueil critique élogieux et sera prochainement porté à l'écran.
     
      « Dans une langue élégante et poétique, Letizia Pezzali ouvre les tiroirs secrets de l'âme. » Corriere della Sera
     

  • Pourquoi l'Amérique

    Matthew Baker

    • Fayard
    • 20 Janvier 2021

    « Bienvenue, cher visiteur, dans une nation fière et chargée d'Histoire. Quand vous reposerez ce guide, regardez autour de vous. Une nation n'est pas une terre. Une nation, ce sont ses habitants. »
     
    « Matthew Baker peint avec un oeil avisé le mythe américain, entre usure et fantasme. Aussi bien dans leur forme que dans leur intention, ces nouvelles évoquent celles des grands fabulistes Italo Calvino, Luis Borges et Shirley Jackson. »  Guernica
      Traduit de l'anglais (États-Unis) par Santiago Artozqui

  • Aujourd'hui

    Dominique Fabre

    • Fayard
    • 6 Janvier 2021

    Un homme mûr revient dans la banlieue de son enfance et de son adolescence, revoir un ami malade et enfermé chez lui. Dès le train, plus confortable qu'autrefois, il se met sans le vouloir à faire le compte de ce qui a changé et de ce qui ne changera jamais. Les wagons sont neufs, mais les rails sur lesquels ils roulent suivent toujours le même trajet.
    S'agit-il de renouer les fils d'une histoire ancienne  ? Peut-être. Il s'agit de se souvenir, d'exprimer ce qui a compté autrefois, ce qui fait une vie, même invisible.
     
    Chant d'amour mélancolique à la banlieue, Aujourd'hui est aussi une ode aux anonymes, à «  ceux qui ne sont rien  » quand on les croise sans les voir dans le hall d'une gare, et qui pourtant, pour peu qu'on s'y attarde et s'y intéresse, forment le coeur vibrant de notre humanité.
     
     
    Dominique Fabre est romancier, poète et nouvelliste. Salués par la presse française, plusieurs de ses livres ont été traduits et très bien accueillis à l'étranger.

  • L'architecture

    Marien Defalvard

    • Fayard
    • 6 Janvier 2021

    Arrive à Clermont-Ferrand un architecte qui, de son propre aveu, considère l'architecture comme un art mineur par rapport à la littérature.
    C'est pourtant bien le projet d'un bâtiment qui l'a guidé jusqu'ici. Un palais de justice. Mais les chantiers de cette envergure ne commencent jamais sans tergiversations. Et par ailleurs Clermont-Ferrand est précisément le lieu où il a passé son enfance et sa jeunesse.
    Alors, entre rendez-vous à la préfecture et errances sans but dans la ville, propices à toutes les réminiscences dont il rend compte dans son journal, c'est bien la littérature, l'immense puissance presque physique du langage, qui prend le dessus, proposant à travers les souvenirs, réflexions et émotions d'un homme, une plongée vertigineuse dans un certain inconscient provincial français, dont l'encaissement montagneux et l'inesthétisme fascinant de la ville serait une sorte de métaphore.
     
     
    Marien Defalvard s'est fait connaître par un premier roman qui a fait date, Du temps qu'on existait (Grasset, 2011, Prix de Flore, Prix du premier roman).

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