Editions L'Harmattan

  • Suivre Pauline

    Sidney Cohen

    "« Comment suivre Pauline ? Suivre se dit d'un médecin pour son patient. Mais avec Pauline, la suivre, cela voulait dire courir derrière elle ou s'accrocher à sa roue pour rester en sa compagnie, ne pas être lâché ni la lâcher sur le long parcours, frénétique, chaotique, à donner parfois le vertige, que nous avions entrepris de faire ensemble. Elle l'avait réclamé instamment alors qu'elle n'était que rébellion devant toute démarche instituée et toute contrainte, comme l'exigeait le mode de relation que je pouvais lui proposer en tant que psychanalyste. Nous nous sommes pourtant engagés pour un cheminement qui a duré plusieurs années, émaillé de multiples événements, rebondissements, interruptions, traversé par tous les états d'âme possibles de part et d'autre, entre attachement et rejet, entre espoir et découragement. Le tout était d'une richesse et d'une densité qui pouvaient laisser croire que Pauline allait sortir de son marasme. Mais ce cheminement fut interrompu tragiquement, ce qui ne pouvait que m'inciter à y revenir, à le raconter, à y réfléchir longtemps après. Malgré cela, ce récit voudrait donner toute la mesure de ce qu'instaure ce type d'écoute, les immenses ouvertures qu'il offre et les changements qu'il autorise chez le sujet. »"

  • Ce poète, que l'on cherche à faire passer pour une nature satanique, [...] avait l'amour et l'admiration au plus haut degré. Théophile Gautier, Charles Baudelaire

    Baudelaire ne vivait pas retiré du monde, il fuyait seulement les conventions sociales. À l'opposé de sa réputation de misanthrope, il entretenait un large réseau de relations : artistes, écrivains... La présence singulière de chacun de ses amis a compté dans son travail de créateur. On peut aussi imaginer les rencontres qu'il n'a pas faites, qu'il aurait pu faire. Ancrer son oeuvre dans son époque, c'est lui garder le pouvoir de toucher la nôtre.

  • Exil

    Pierre Tillement

    Au début de la guerre d'Espagne, Fernando Duarte, anarchiste, se rend coupable d'un meurtre qui le contraint à l'exil. Sa femme et leurs deux filles restent sur place, en terre aragonaise. Mais la vie au village devient compliquée. Accompagnées de Diego, ami d'enfance de Fernando, Pilar et ses filles décident des'installer à Barcelone, en attendant le jour où la famille pourra enfin se réunir. Mais les événements tumultueux en cette époque tragique de l'histoire vont en décider autrement.

  • Lorsqu'il écrit Histoire d'un crime, Victor Hugo rend hommage à Juliette Drouet en ces termes : « L'ordre de me fusiller si j'étais pris avait été donné dans les journées de décembre 1851. Si je n'ai pas été pris et, par conséquent, fusillé, si je suis vivant à cette heure, je le dois à Mme Juliette Drouet qui, au péril de sa propre liberté et de sa propre vie, m'a préservé de tous les pièges (...) » En retraçant le contexte historique et affectif de cette période exceptionnelle où Victor Hugo, l'un des pires opposants à Napoléon III, se bat sur les barricades, l'auteur révèle une facette de cet homme, peu connue du public, protégé par une femme. C'est aussi un hommage particulier à Juliette Drouet, à la femme, à l'actrice, à la mère, à l'amante, à la force de son amour devenu légendaire, à son talent d'écriture, à ses émotions et à son intelligence. Autant de raisons qui cristallisent ces dix jours de fuite incessante dans un contexte social de crise et de révolution.

  • Les récits des premiers ascensionnistes nous donnent des indices sur une relation vécue à la montagne. Gilles Duval a retenu les auteurs les plus explicites et les plus représentatifs des XVIIIe et XIXe siècles : Daniel Defoe, Arthur Young, Louis Ramond de Carbonnières, Vincent de Chausenque, Henry Russell et quelques autres. Passée la sidération devant un objet totalement nouveau, ces marcheurs phénoménaux plus ou moins ouverts au monde des "patoisants" autochtones mobilisèrent leurs références intellectuelles et émotionnelles pour ramener l'inconnu au connu. A son tour, l'auteur porte sur eux un regard interrogateur afin de mieux comprendre nos propres pratiques, filles de la voiture, du tourisme de masse et d'Internet.

  • Ce livre, écrit par sa dernière compagne, relate la fin de vie d'un homme enfermé dans son alcoolisme et son orgueil. Seul son passage dans l'au-delà lui permet de retrouver sa lucidité, enfin débarrassé de ses démons. Mais c'est pour constater les désastres provoqués par son attitude, pour ceux qui ont continué jusqu'au bout à croire en lui, comme pour ceux qui n'étaient plus dupes, mais qui voulaient lui donner une dernière chance. Par des retours en arrière, nous découvrons des bribes de sa vie. Puis nous sont contés l'histoire du naufrage de son mariage. Enfin, apparait sa relation avec sa dernière compagne, qui voudra désespérément croire jusqu'au bout à ses affabulations, avant de découvrir trop tard la cruelle vérité.

  • C'est l'histoire de vie d'une directrice de recherche au CNRS d'origine paysanne que rien ne prédisposait à faire une carrière universitaire. Il mêle une plongée dans la vie villageoise et familiale marquée par le poids des secrets de famille ; une quête identitaire après sept ans de pensionnat ; une immersion dans les rouages du CNRS et de l'université, révélés à l'occasion d'un harcèlement moral au travail ; une vie de couple atypique avec un époux « asperger » ; une pratique de l'altruisme envers des jeunes défavorisés aux identités culturelles très diverses : Dogon, Khmer, Arabe, Mapuche. Sa résilience est basée sur l'écriture, la peinture, la sculpture et la création d'une famille recomposée.

  • L'oeuvre magistrale d'Ami Bouganim a fait de lui l'un des écrivains sépharades les plus renommés tant il a su si bien retracer le déracinement de la communauté juive marocaine qui a fait son alya dans les années 50 et 60. Les études composant ce recueil visent à illustrer la particularité de cet écrivain qui se distingue par une production riche et variée, à la fois philosophique et littéraire, autour de thèmes variés qui analysent les désillusions de l'exil, la dignité humaine, la culture spécifique dont est porteuse sa communauté, en accordant à Mogador une dimension mythique. À la fois chantre du passé et intellectuel du présent il est aussi éveilleur de conscience pour dénoncer et exprimer les maux dont souffre la société israélienne.

  • Des loups noirs aux chiens bleus raconte l'histoire d'une famille affublée d'un nez si long que tous ses membres doivent passer par les annonces matrimoniales pour trouver l'âme soeur. Sans jamais perdre son sens de l'humour, le dernier descendant de cette lignée s'en remet aux sites de rencontre, aux psychologues, à la chirurgie esthétique et aux charmes ensorcelants de la Bretagne de ses ancêtres pour tenter de chasser ses idées noires.

  • Gary, surnommé Ratiche à cause de ses dents du bonheur, est un petit garçon de neuf ans intrépide et malicieux qui rêve de devenir une star internationale du cirque. Mais après une mauvaise chute, l'enfant se retrouve brutalement plongé dans le coma.
    Stéphane Péraldi, l'officier de police dépressif chargé d'enquêter sur les circonstances de l'accident, relève rapidement des incohérences dans le témoignage de Lorna, la mère du petit.
    Quant aux grands-parents, ils semblent muselés par un ancien secret, encore plus terrible.
    Alors que l'énigme s'opacifie, l'inspecteur, inexplicablement obsédé par ce drame familial, sent son propre passé refaire surface.

  • Un pied-noir de quatrième génération retourne dans l'Algérie indépendante en 1970. Ce retour, aux émotions mélangées, permet peut-être d'éclairer le présent à la lumière d'un passé que l'auteur s'efforce d'analyser. L'Algérie a-t-elle été contrainte, à partir de 1962, d'adopter une identité qui n'était pas totalement la sienne ? À travers cet ouvrage, mélange de témoignages personnels et d'analyses historiques ou politiques, l'auteur tente d'expliquer l'actuelle situation algérienne. Il s'agit d'une sorte de lente convergence entre deux lignes chaotiques : celle d'une saga familiale et celle parfois absurde de l'Histoire.

  • À la cour du Roi Soleil, la redoutable Athénaïs de Montespan, favorite en titre de Louis XIV, suscite autant l'admiration par son esprit cinglant et sa beauté éclatante, que la crainte par ses violents accès de rage. Tandis que la fête, l'amour et la luxure règnent en maîtres, d'étranges rumeurs font trembler le royaume : des enfants disparaissent, des nobles sont violemment assassinés et de terrifiantes sorcières surgissent des faubourgs, accusant de crimes terribles les proches du roi... Dans un tumulte de passions, les personnages s'aiment à la folie, se haïssent à mort et se livrent à de féroces duels oratoires pour parvenir à leurs fi ns. Basée sur des faits historiques, cette pièce de théâtre tragique mais pleine d'humour suit les pas de l'une des femmes les plus puissantes de l'histoire.

  • Déjanire

    Lou Mees

    Déjanire, c'est cette femme qui a tué son époux, Hercule. M., Morgane, la fée, cette héroïne protéiforme et résolument moderne, va devoir, elle aussi, affronter les travaux d'Hercule dans notre société, ce monde en pleine mutation, pour savoir qui elle est. Un ouvrage entre autofiction et réflexion, qui montre une jeune femme dansant sur un fil, qui court entre Paris, le ciel épais de la Lorraine, Venise et les terres rouge-feu de la Sicile, et surtout en elle-même. Autour, ce monde qui fourmille, en pleine décadence avant la chute. Question de l'identité, et surtout de la féminité, mais de manière originale, une féminité qui sort des clichés et des sentiers battus.

  • Nathalie et José Gomez, sportifs et grands marcheurs, amateurs de trekking et de bivouac, rêvent de vivre une expérience similaire aux récits de voyage et témoignages d'expériences hors du commun aux quatre coins du monde auxquels ils sont tant sensibles. Mais début 2008, Nathalie se retrouve aux urgences, presque aveugle et en proie à de gros troubles de l'équilibre. Le diagnostic tombe : sclérose en plaques.
    « Vivre ses rêves et non plus rêver sa vie » apparaît dès lors comme une évidence. Le temps leur est compté. Nathalie et José décident de tout plaquer pour vivre une aventure unique, au bout du monde : une marche à pied de 3000 kilomètres à travers l'Argentine et le Chili, à la rencontre de la mythique terre de Patagonie.
    Journal de bord de cette épopée sud-américaine, Marcher envers et contre tout est autant le récit d'un voyage exceptionnel qu'un extraordinaire message d'espoir.

  • Juin 1940. Depuis des semaines, les réfugiés ne cessent de traverser Chaumont-en-Vexin, dans l'Oise. Pour Hélène Soyer, dont le mari est soldat, la fuite est une évidence ; il en va autrement pour ses enfants, Agnès et Bobby. Le départ aura pourtant bien lieu. Un parcours initiatique mêlé de peur, de haine, mais aussi d'amour, de tendresse et de rire. Inspiré par une chronologie réelle, ce récit brosse le paysage d'une France en déroute face à l'envahisseur allemand. C'est l'occasion d'une émouvante galerie de portraits, sur fond de paysages bucoliques dévastés par les bombardements.

  • "Je viens d'accomplir un voyage dans la pensée de George Sand à propos d'un des événements majeurs de notre histoire : la Commune de Paris. Une pensée féminine, singulière et en mouvement, chez une personnalité complexe mais toujours passionnante."
    George Sand développa dans ses nombreux écrits toutes les réflexions politiques inspirées par cette révolution. Or elle ne perçut pas la portée de la Commune de Paris. Son incompréhension et le débat qu'elle aura ouvert allèrent bien au-delà.
    Ils offrent d'appréhender autrement ce qui s'est passé au printemps 1871, à travers une philosophie en totale ouverture sur notre époque.

  • Pour le monde entier, Yukio Mishima (1925-1970) n'est pas seulement un visage symbolique du Japon : il est avant tout l'un des plus grands écrivains du XXe siècle. L'auteur de Confession d'un masque, du Pavillon d'Or et de La mer de la fertilité. Cependant, depuis sa mort spectaculaire, les erreurs, les clichés et les récupérations ont foisonné, alors que de nombreuses pages (notamment théâtrales) demeurent non traduites. Il est temps d'apporter au public francophone un éclairage suffisamment synthétique et renouvelé, qui tienne compte des sources japonaises et internationales. Vu de loin (et de près), aucun écrivain n'a autant baigné dans un tel fleuve de contradictions. Ivre d'Eros et travaillé par Thanatos, fidèle et infidèle aux samouraïs, classique et romantique à la fois, « impérialiste » et « gay », malade du nihilisme finalement en prise avec la plus grande source spirituelle du Japon (le bouddhisme), Mishima n'a cessé de multiplier les masques. Les uns, pour se cacher, les autres, pour se révéler. Autant de chemins qui nous font accéder à ses romans, à son théâtre, à sa critique et à sa troublante personnalité artistique.

  • C'est tout un pan de l'histoire du théâtre que nous raconte ici Marie Pasquini à travers la vie de Raymond Hermantier qui participa à la grande aventure du théâtre populaire aux côtés de Jean Vilar et en exporta l'utopie en Afrique après les Indépendances. Mais c'est aussi un éclairage formidable sur l'histoire de la coopération théâtrale qu'elle nous offre, et surtout l'occasion d'en comprendre les enjeux politiques et culturels.

  • À la suite du coup d'État militaire de 1973 au Chili, Jorge Montealegre est emprisonné comme tant d'autres au Stade national de Santiago, puis au camp de concentration de Chacabuco, dans le désert d'Atacama. Il a 19 ans. C'est en prison qu'il découvre sa vocation littéraire. Il ne cessera plus d'écrire. Exilé, il publie son témoignage de détenu au camp de Chacabuco en 1974. Il rentre au Chili définitivement en 1979.

  • Dans le labyrinthe d'un rêve révolutionnaire contre l'autoritarisme ambiant, deux frères de l'Égypte pauvre font vibrer la foule. En 2011, la place Tahrir impose sa voix avec des anonymes qui font trembler le régime de Moubarak. Face à la génération Facebook, avide de liberté, le monde ancien résiste et les symboles s'affrontent. Les espoirs de changement se heurtent alors aux intérêts d'impitoyables institutions et d'un habile conservatisme religieux. L'auteur nous propose de vivre la ferveur des dix-huit jours magiques qui ont marqué le début de ce troisième millénaire.

  • Michel Meignant est psychothérapeute et cinéaste ethnologue. En 2015, avec sa compagne, tous les deux atteints d'un cancer, il se rend au Brésil pour recevoir les soins du médium guérisseur João de Deus. Miracles et guérisons étaient réalisés par des Entités qui étaient incorporées par João de Deus. Mais, en 2018, le médium est accusé de 500 abus sexuels sur des femmes qui étaient venues recevoir des soins. Il est condamné à 59 ans de prison. Les avis concernant la culpabilité de João de Deus sont bien sûr radicalement divisés. Cela a amené Michel Meignant à réaliser deux films. Viva João et les Entités lors de ses sept séjours, avant le procès et la condamnation. Puis João de Deus, ombre et lumière. À chacun de se faire une opinion, mais l'auteur estime que les « Entités bienveillantes » sont évidemment innocentes et que justice doit être rendue. Une enquête de cinéma-vérité ethnographique sur ce mystère qui juxtapose l'ombre et la lumière. Un ultime témoignage sur ce qui se passait, au temps des miracles, à la Casa Dom Ignacio de Loyola.

  • Ce roman est un cocktail de voyages à travers les continents européen, américain et africain soutenus par des rencontres insolites dont les plus marquantes seront celles de Bagofit Sunrise en pleine forêt tropicale où Les amies de Marie-Madeleine et les membres de l'association La Mie de pain de Paris célèbrent leur foi chrétienne.

  • Ce livre est une chronique de la vie prodigieuse d'une promotion, la 9e sortie de l'Université guinéenne, baptisée en 1975 du nom du père de la Grande Révolution chinoise, Mao Tsé Toung. Depuis, cette promotion n'a cessé d'être une attraction, exprimant la grandeur d'âme, l'amour, la solidarité et la créativité. La vie de cette promotion continue d'intriguer le commun des mortels du pays, tellement elle a marqué de manière positive l'histoire récente de la nation guinéenne. Point de meilleurs témoins que les auteurs de cet ouvrage qui restituent pour la postérité l'histoire et le destin de la Promotion Mao, celle-là même dont les membres franchirent pour la première fois le seuil d'une salle de classe sous le soleil de la Guinée indépendante.

  • « Ils », ce sont deux modestes personnages, elle et lui un petit couple ordinaire qui connut, au-delà de ses peines et de ses tourments, de nombreux instants de bonheur avant qu'elle ne disparaisse, emportée par la maladie. Pour tenter d'atténuer ce choc dont il se remet fort mal, il s'attache à rapporter des souvenirs heureux et des joies communes, à la mémoire de celle qui partagea sa vie durant plus de cinquante-sept années. Le voyage auquel il nous invite a pour cadre quelques îles qu'« ils » visitèrent ensemble, et d'autres où il se rendit sans sa présence. Le présent récit est un cri d'amour, le chemin
    d'affection de deux âmes entrelacées qui, après avoir quelque peu bourlingué en France et de par le monde, font maintenant route vers l'éternité...

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