Éditions Actes Sud

  • Arbre de l'oubli brosse le portrait d'une famille américaine aisée, privilégiée, éduquée... puis, élargissant le tableau peu à peu, nous montre les fils inattendus qui relient cette famille aux pages les plus sombres de l'Histoire moderne. En dessinant un chemin tortueux à travers l'émancipation pas toujours réussie de trois personnages complexes, le roman aurait pu prendre les tonalités d'un parcours initiatique. Mais il s'agit, une fois le tableau appréhendé dans sa globalité, d'un grand roman d'Histoire vivante tant il convoque les enjeux essentiels d'aujourd'hui : racisme, religion et laïcité, procréation pour autrui, violence, misère et colère, féminisme et représentation.

  • Sud des États-Unis, début des années 1980. David et Sarah s'aiment comme seuls peuvent s'aimer des adolescents - intensément, obsessionnellement. Ils ont quinze ans et viennent d'intégrer une prestigieuse école d'art dramatique. Sous la férule d'un professeur aux méthodes peu conventionnelles, les deux jeunes gens sont initiés au métier d'acteur. Mais en coulisses, c'est un jeu bien plus trouble - de pouvoir et de prédation - qui se joue. Douze ans après la fin de leurs études, Sarah retrouve certains de ses anciens camarades et un nouveau récit nous est révélé. Les rôles sont redistribués et une autre vérité prend forme. Que s'est-il réellement passé à l'époque ? Qui faut-il croire ? Roman explosif sur les frontières du consentement et la malléabilité des souvenirs, Exercice de confiance a reçu le National Book Award en 2019.    

  • Dans son nouveau roman familial, Là où nous sommes chez nous. Histoire de ma famille éparpillée, l'auteur berlinois Maxim Leo enquête sur sa famille d'origine juive, dispersée à travers le monde en raison du nazisme. À partir des destins de sa grand-tante Ilse et de ses deux cousines Hilde et Irmgard, l'écrivain réunit les maillons manquants de la chaîne des souvenirs familiaux. On suit alternativement le parcours des membres de sa famille, dont certains sont communistes, sont déportés ou internés (notamment à Gurs), s'engagent dans la Résistance ou partent vivre dans un kibboutz dans ce qui deviendra l'État d'Israël. À travers les différents récits qui composent Là où nous sommes chez nous, Maxim Leo pose des questions fondamentales : quels facteurs influencent et fondent l'identité d'une personne ? Comment l'exil, la fuite, la violence, l'oppression et la guerre imprègnent-ils les générations suivantes ? Et qu'est-ce qui fait qu'un jour, on se sent chez soi quelque part ?

  • Danny et Maeve, un frère et une soeur unis par un amour indéfectible, ne cessent de revenir devant leur ancienne demeure se heurter aux vitres d'un passé douloureux. Cette imposante Maison hollandaise, écrin des joies et des peines de leur enfance, source de leurs malheurs, les attire comme un aimant. À travers le destin de ces deux quasi-orphelins, Ann Patchett, en déchiffreuse éclairée de l'âme humaine, signe un roman pénétrant sur l'abandon, le pardon, les liens filiaux et le rapport que chacun d'entre nous entretient avec le passé.

  • À Port-au-Prince, Ti Tony vit dans une seule pièce qu'il partage avec son frère Franky et leur mère Antoinette. Alors que Franky aime les mots et les histoires, il se lance dans l'écriture d'un livre sur Antoine des Gommiers, cet incomparable devin que les Haïtiens portent aux nues. Mais la popularité de ce chamane n'est pas l'unique raison d'un tel projet littéraire, Antoine des Gommiers serait le grand-oncle d'Antoinette, une filiation qui change tout même si Ti Tony, lui, ne saura jamais s'emparer de la fiction pour voir la vie en bleu.
    Un livre magnifique, où l'amour filial transcende la misère.

  • Janvier 1947. Londres est en ruine, il n'y a rien à manger, et c'est l'hiver le plus froid qu'on ait connu de mémoire d'homme. Pour ne rien arranger, Charlie Grice, immense acteur de théâtre, vient de mourir brutalement, en pleines représentations de La Nuit des rois. Accablée de chagrin, sa veuve, Joan, chef costumière du théâtre Beaumont, tombe passionnément amoureuse de sa doublure dans la pièce, persuadée que ce nouveau Malvolio abrite l'âme de son époux. Jusqu'au soir où elle découvre le terrifiant secret de Gricey. Projetée dans un nouvel univers de ténèbres, Joan comprend que le fascisme peut bien se cacher, il ne meurt jamais. Un roman parfaitement envoûtant, d'une élégance d'écriture rare.

  • Ce recueil circonscrit la partition sensible d'un écrivain qui pose sur le monde un regard humaniste et progressiste. En ces temps tourmentés il est important de publier cette collection d'Odes comme autant de chroniques qui soulignent le besoin inné d'enthousiasme de David Van Reybrouck et son bel esprit d'engagement positif.

  • Une famille décimée par une tornade. Une petite fille dont c'est le premier souvenir, embarquée par son grand frère militant de la cause animale dans une équipée sauvage entre l'Oklahoma et la Californie. Une course-poursuite époustouflante de réalisme sensoriel et d'intelligence narrative. Implacable pilote de grand-huit, Abby Geni (Farallon Islands) est de retour. Accrochez-vous.

  • Dans ce roman des masques et des secrets, on rencontrera des enfants qui étudient le violon dans un château, une actrice mystérieusement disparue, un frère mort trop tôt, une musicienne au crâne rasé qui joue dans les bars. On trouvera surtout une plume saisissante d'inventivité, lyrique et tranchante, qui brouille les perceptions et les temporalités pour écrire le saccage de l'enfance, les traumatismes indicibles, les violences faites aux jeunes filles qu'on ne veut pas voir libres.

  • Un tour du monde animalier sur les traces de Pierre Loti, qui fut l'ami des animaux, leur frère, leur défenseur. Des textes rares où se mêlent la pitié, la colère, l'humour et qui donnent à lire un aspect méconnu et attachant de son oeuvre.

  • C'est dans un documentaire sur Yassin al-Haj Saleh que Justine Augier avait découvert Razan Zaitouneh, à qui elle a consacré son livre précédent, De l'ardeur. Près de cinq ans plus tard, elle rejoint l'intellectuel syrien dont l'épouse a été enlevée en même temps que Razan, désormais exilé à Berlin, à l'heure où des tribunaux français, suédois et allemand, au nom de la compétence universelle, s'apprêtent à juger certains responsables des crimes contre l'humanité commis en Syrie depuis 2011.
    Au cours d'une conversation qui se prolonge sur une année, ensemble ils tentent d'apprivoiser l'inconfort de la survie et de l'exil, les refuges et les ressources de la pensée, d'explorer les points de résonance entre la tragédie syrienne et le passé européen, avec la volonté urgente de croire que la justice pourrait rendre au peuple syrien la dignité que sa révolution écrasée a tenté d'arracher, et dessiner une alternative au désespoir.

  • Dara McAnulty est un naturaliste, un amoureux de la faune et de la flore, un être hypersensible. Cette chronique des quatre saisons, écrite entre 2018 et 2019, relate une année charnière dans la vie de ce collégien nord-irlandais devenu, à tout juste quinze ans, une figure du militantisme écologique et un auteur célébré par ses pairs. Il nous fait partager son émerveillement au contact de la nature et sa lassitude face à l'inconséquence humaine ; il nous dévoile le quotidien d'un adolescent tiraillé entre les préoccupations inhérentes à son âge et un combat pour la conservation de l'environnement. Incantatoire et brutalement honnête, son Journal nous offre la perspective unique d'un jeune autiste sur le monde du vivant.

  • Un samouraï au chômage (ou selon une terminologie plus romantique un "samouraï sans maître") sabre en pleine rue un pauvre vieillard pèlerin qui ne lui avait rien fait accompagné de sa fille aveugle. Un autre samouraï, dûment appointé par le seigneur du lieu, lui, lui demande ce qui lui prend. Le samouraï sans maître improvise alors le récit d'un complot délirant, organisé par une secte très très mystérieuse des "secoueurs de ventre" dont l'idéologie du salut par l'excrétion des fidèles hors du ténia-monde mettrait en danger l'ordre social et politique. Contre toute attente, son coup de poker est pris au sérieux. Sur sa lancée, il se dit qu'il peut monnayer ses connaissances sur ce complot contre rétribution auprès du seigneur. Il se retrouve ainsi consultant pour sauver le pouvoir d'un seigneur borné et lâche. Quand soudain, dans une contamination très borgésienne de la réalité par la fiction, la secte et son complot commencent à montrer des signes d'existence... Un roman épique et fantastique, entre Don Quichotte et Calvino.

  • "Je rêve un roman doué d'ubiquité", disait Hélène Frappat en commençant à écrire Le mont Fuji n'existe pas. Les écrivains devraient se méfier de leurs rêves. Le mont Fuji n'existe pas n'est pas exactement un roman. Il est plusieurs romans qui ne sont ni tout à fait là, ni tout à fait ailleurs. Comme une cartouchière neuve porte la promesse du carton plein, c'est une série de rencontres comme un défilé de romans fantômes, ou pire : possibles. L'exploration ludique (on pense à ce jeu si dangereux : Action ou vérité ?) de la très mouvante frontière entre vérité et fiction, secrets et littérature. Tour à tour magicienne et mécanicienne, Hélène Frappat, qui s'est longtemps identifiée à Fantômette, mène l'enquête. Elle éclaire ici pour nous les rouages du moteur de sa propre écriture. Quand elle ne les plonge pas dans l'ombre. 

  • Ce roman va vous parler de révolution, d'exil, d'illusions, de sororité, d'amour. Son ambition est d'être une fresque de notre époque, une fresque de notre culture, un miroir des dilemmes et des paradoxes que chacun de nous doit s'employer à résoudre. Il est telle une interrogation sur ce que sont les moteurs et les motifs de nos vies.

  • Sous notre blafard ciel contemporain, dans un monde qui a vendu son âme au ricanement, un professeur de lycée qui a apprivoisé ses désillusions trouve peu à peu la forme de sa propre résistance à cette dégringolade spirituelle. Sébastien Lapaque transcende la mélancolie et la lucidité du constat pour nous offrir une épiphanie douce, et son roman le plus lumineux, le plus intimement universel.

  • Décembre 2014, le capitaine Hammarstedt engage l'quipage du Bob Barker dans un voyage inédit à la poursuite du Thunder, le tristement célèbre bateau de pêche. En suivant la trace de ce navire, ils se retrouvent sur la piste des chevilles ouvrières de la criminalité, de la corruption rampante, de l'esclavage moderne et d'une communauté internationale qui se contente de détourner le regard.
    A la poursuite du Thunder relate une histoire vraie empreinte de courage et de persévérance et lance un appel à agir contre la destruction de notre environnement.

  • Après les blessures faites à la terre dans La Malchimie, Gisèle Bienne élargit le cercle creusé dans la plaine foudroyée autour de sa famille désunie par un héritage inéquitable et dévoile les blessures que les hommes-frères se font au nom du droit au salaire différé.

  • Par l'auteur de La Famille royale et de Central Europe (National Book Award 2005), une incursion aussi magistrale qu'envoûtante dans les territoires infinis du surnaturel à travers des histoires de fantômes, de vampires ou autres créatures démoniaques vaquant à leurs magiques ou funestes besognes des Balkans au Japon en passant par le Mexique ou les États-Unis. Au fil de ce kaléidoscope narratif placé sous le double signe de la mort et de l'érotisme, William Vollmann met à contribution la diversité culturelle des mythologies et joue avec les codes du roman d'aventures, du thriller politique, du fantastique, de l'horreur, ou de la "simple" fiction littéraire, pour transporter le lecteur dans un univers fantastique où l'amour et le désir ne cessent de rendre possible l'inimaginable même.  

  • Un road trip funèbre cocasse et furieux qui interroge la mémoire officielle de la dictature chilienne à travers les séquelles  des enfants des "héros", les héritiers du désastre.

  • Janvier 1944. Les bombardiers alliés sillonnent sans fin le ciel de l'Eifel, cette région frontalière de l'Allemagne avec la Belgique. Depuis son jardin, l'apiculteur Egidius les observe et pense à son frère, pilote, dont il n'a plus de nouvelles. Tous les matins, Egidius porte un soin amoureux à ses abeilles. L'après-midi, il va à la bibliothèque, où il a entrepris de traduire les écrits d'un moine du XVe siècle racontant le retour dans l'Eifel du coeur de saint Cusanus, conservé dans du miel. Le soir, il entretient des aventures avec plusieurs femmes du village dont les hommes sont au front. Et la nuit, parfois, il transporte clandestinement des Juifs dans ses ruches jusqu'à la frontière. Écrit sous la forme d'un journal qui s'étend de l'hiver 1944 à l'hiver 1945, Les Abeilles d'hiver est tout à la fois un traité poétique d'apiculture, une réflexion sur la nature de la liberté, une absorbante chronique de l'arrière et le portrait touchant d'un homme sans qualité sur le point d'être englouti par la fureur aveugle de l'histoire.

  • Autobiographie imaginaire d'un artiste-peintre, Chehab al-Chamandar (1958-2018) qui, à soixante ans, juste avant sa mort, se décide à raconter son itinéraire depuis son enfance dans une famille au passé politique glorieux. Défile ainsi sous nos yeux, en une trentaine de séquences portant chacune le titre d'un de ses tableaux, la vie tumultueuse d'un homme avide de tous les plaisirs, la sensibilité à fleur de peau, avec ses enthousiasmes, ses doutes, ses innombrables aventures amoureuses et surtout sa passion dévorante pour l'art moderne. Fort différent de Taxi ou de L'Arche de Noé, tant par le milieu social qu'il explore que par sa construction et son style, ce roman foisonnant sur les affres de la création artistique est probablement le seul du genre - ou l'un des très rares - dans la littérature arabe.

  • La révolution féministe sera violente ou ne sera pas...
    Prenant conscience des combats encore nombreux à mener pour une égalité des sexes, "l'allié" décide de passer à l'attaque. Le prix à payer ? Devenir l'homme qui déteste le plus la femme qu'il aime.

  • Après avoir connu la gloire et la guerre à Bâle, Jean Jambecreuse va réaliser son rêve de mettre son art au service d'un roi, et quel roi ! Henri VIII, le Barbe-Bleue britannique, qui change de femme plus vite que de chemises : il en répudie une, divorce d'une autre, en fait décapiter deux... Jambecreuse doit peindre leurs traits avant que leur tête ne tombe et il est envoyé sur le continent pour ramener les effigies des possibles nouvelles fiancées... Rude métier ! Venu du peuple, Jambecreuse s'attable aux banquets des princes, sans cesser pour autant de leur préférer les cabarets et les bordels. Une vie d'artiste dans l'Europe tumultueuse du XVIe siècle, où s'affrontent dans le sang les empires finissants et les nations naissantes.

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