Presses Universitaires de France

  • En 2018, le festival d'Avignon était dédié aux questions de genre et la Manifesta de Palerme à l'écologie. Parallèlement à ce nouvel art militant émergent de nouvelles formes de censures (boycott des films de Woody Allen ou de Roman Polanski, pétition pour le retrait d'un tableau de Balthus, annulation de la pièce Kanata de Robert Lepage...). Après des décennies d'art formaliste, autoréflexif ou transgressif, l'art le plus contemporain se trouve plongé dans une atmosphère globale de moralisation. Or, l'art peut-il s'assigner des buts éthiques et peut-il être jugé sur des critères moraux ? Ces questions, que l'on pensait réglées, retrouvent une brûlante actualité. Carole Talon-Hugon procède à un état des lieux de ce nouvel agenda sociétal de l'art contemporain (cause décoloniale, minorités raciales et sexuelles, inégalités...) et procède à une mise en perspective historique qui fait ressortir la particularité de la situation actuelle, avant de procéder à une analyse de la censure éthique. La question est finalement de savoir ce que l'art et l'éthique ont à gagner et à perdre dans ce tournant moralisateur de l'art contemporain.

  • Peut-on enseigner les arts plastiques ? Une didactique des arts plastiques est-elle possible ? Est-elle seulement pensable ?
    La présente contribution tente de mettre au jour l'« ailleurs didactique » qui caractérise probablement l'enseignement des arts plastiques en France. Eu égard à la fluidité permanente et au caractère désormais inévident des objets dont elle a à connaître, elle envisage l'hypothèse de concevoir cette pratique comme une conduite, elle aussi, plastique et artistique.
    Face à la supposée « crise » de l'art contemporain, comment opèrent les enseignants pour donner accès à la compréhension de l'art ? Ce livre s'adresse à tous ceux qui veulent mieux comprendre la radicale mutation de l'enseignement des arts plastiques durant ces trente dernières années. Plus particulièrement destiné aux professeurs d'arts plastiques et aux candidats aux concours de recrutement, fondé sur un vaste ensemble de situations d'enseignement, l'ouvrage réunit :
    - un rappel des principales références conceptuelles qui ont contribué à définir la discipline ;
    - l'avancée de quelques modèles théoriques permettant de penser la spécificité didactique des arts plastiques ;
    - une mise en débat des principaux enjeux de cet enseignement si particulier.

  • Comment bien éduquer ? En réponse à cette question fondamentale, les auteurs présentent un modèle de besoins psycho-pédagogiques tenant compte des éléments nécessaires à la construction de l'identité de l'individu : besoins affectifs, cognitifs, sociaux, idéologiques. Ils proposent un " système pédagogique multiréférentiel et intégré ", car, selon eux, les divers courants de pensée pédagogique développent plus ou moins un seul de ces besoins. Dans une démarche éducative, il est nécessaire de faire appel à tous ces courants, les pédagogues deviennent sujets-auteurs de leur projet éducatif.

  • La déscolarisation, tout comme les violences scolaires, touche de plus en plus de collègiens pour la majorité issus de milieux populaires. Dans ce livre, les auteurs reconstruisent ces parcours de ruptures scolaires et analysent les différentes causes. Ils insistent sur l'articulation et l'enchaînement des processus au sein de plusieurs parcours de collégiens. Ils mettent ainsi en évidence les failles du collège unique, la dégradation des conditions d'existence de nombreuses familles et les effets directs sur la scolarisation des jeunes enfants.

  • Depuis deux décennies, dans la majorité des pays développés, des réformes scolaires d'envergure se sont multipliées. Elles ébranlent les fondations historiques des États-enseignant, marquant peut-être, dans l'éducation, le « tournant néo-libéral » observé dans d'autres politiques publiques. La France, longtemps apparue en retrait, fustigée par les observateurs pour son immobilisme et son néo-corporatisme paralysant, constitue-t-elle encore une exception face à la montée de cette vague néo-libérale qui uniformiserait les systèmes scolaires des pays développés ? Pour répondre à ces questions, l'auteur évalue, à l'aune des expériences étrangères, les politiques éducatives françaises.

  • Il suffit d'un mot... un seul mot et le sens de l'énoncé s'échappe ; un seul mot, au contraire, et les enjeux du sujet deviennent clairs. Ce mot, encore faut-il le connaître, l'apprécier exactement, en saisir les effets multiples de signification, sentir sa connotation.
    C'est donc pour aider à ce premier pas dans la composition d'une dissertation d'un exposé oral ou d'un commentaire que ce petit lexique trouve sa raison d'être. Il rappelle comment d'une étymologie, des circonstances particulières d'un néologisme, commence à se déplier le sens d'un mot d'usage, usé déjà sans qu'on y prenne garde. Éric Cobast, à partir des difficultés rencontrées par ses étudiants, a conçu ce lexique d'un maniement simple et que chacun peut mémoriser aisément. Ce petit « outil » n'a d'autre ambition que de servir et d'engager la réflexion.

  • Cet ouvrage est né d'une profonde insatisfaction concernant les discours en vigueur sur la scolarisation en banlieue. Tout semble avoir été dit et pourtant des dimensions essentielles de l'action politique et administrative ainsi que de l'expérience des différents acteurs qui y travaillent quotidiennement restent dans l'ombre :- les perspectives adoptées a priori ne permettent pas de saisir la complexité des transformations en cours ;- ces perspectives se focalisent souvent sur un seul phénomène ;- ces perspectives se contentent souvent de constater l'érosion du modèle de l'École républicaine sans chercher à saisir les processus émergents.

  • Le travail a beau être malmené aujourd'hui, il demeure le lieu où la majorité des humains peuvent retrouver du développement. C'est ce fil rouge que la didactique professionnelle, née dans les années 1980, entend dérouler. Son but est l'analyse du travail en vue de la formation. Dans la lignée de Piaget et Vergnaud, l'auteur montre comment la théorie de la conceptualisation dans l'action, qui voit dans la connaissance un instrument pour s'ajuster aux situations de la vie, permet de comprendre à la fois l'activité professionnelle dans son organisation et l'apprentissage que cette activité génère. Des dispositifs didactiques fondés sur des situations de travail permettent de mettre en oeuvre cette perspective.

  • Apprendre : un terme foisonnant de sens divers, et dont on peut tenter, pourtant, de saisir l'unité profonde. Quel rapport établir entre l'information et la formation, l'apprentissage et l'étude, l'initiation et l'enseignement ? Les analyses de l'auteur aboutissent à la thèse suivante : si l'on peut apprendre bien des choses, souvent essentielles, hors de l'enseignement, celui-ci constitue néanmoins une manière spécifique d'apprendre. Les critiques radicales qu'on adresse aujourd'hui à l'institution enseignante permettent en fait de comprendre a contrario ce qu'elle a d'irremplaçable : « S'il existe des écoles, c'est précisément parce que la vie n'en est pas une... »
    En confrontant les auteurs les plus divers, en analysant des notions comme l'information, le savoir-faire, le savoir, le pouvoir enseignant, le maître, la discipline, la non-directivité, la motivation, l'évaluation, la compétence... cet essai tente de poser de façon philosophique la question à laquelle tout éducateur se heurte un jour ou l'autre : qu'est-ce qu'apprendre ?

  • Les apprentissages sont au coeur des préoccupations et des pratiques de l'institution scolaire et sont l'un des enjeux fondamentaux pour notre société. Ils sont aussi l'un des objets privilégiés de la recherche en sciences cognitives. Une collaboration s'établit entre chercheurs en sciences cognitives et chercheurs et praticiens de l'éducation et de la formation. Cet ouvrage présente un bilan des acquis et des lacunes concernant certains apprentissages.

  • Dans les métiers de l'enseignement, la déontologie est une notion nouvelle qui n'est pas encore reconnue. Dans un premier temps, l'auteur précise les concepts d'éthique, de morale, de déontologie, de valeur et de norme, concepts-clé du projet déontologique. Comment penser leur articulation ? Entre l'obligation morale et la contrainte juridique, il y a place pour ce que l'on peut appeler une exigence professionnelle. Puis sont analysés le sens et la place de l'école. Il s'agit, d'une part, de dégager les propriétés propres au lieu scolaire, lieu irréductible à l'espace domestique, au monde du travail et à celui de la délibération publique ; d'autre part, de préciser le contexte sociétal actuel où la juridicisation va de pair avec une désymbolisation croissante du droit, faisant de celui-ci à la fois une promesse et une menace. Dans ce contexte, une orientation déontologique est une attitude raisonnable, relevant moins d'une aspiration morale que d'une attitude lucide prenant acte des changements intervenus dans la société et dans l'exercice du métier d'enseignant.

  • La seconde massification scolaire au seuil des années 1990 a conduit un certain nombre d'enfants d'ouvriers et d'employés au baccalauréat puis à l'enseignement supérieur. Or, ces « nouveaux étudiants » ne se sont pas répartis au hasard des filières et ont trouvé, dans les BTS, une voie de poursuite d'études privilégiée. À l'heure actuelle, les BTS continuent d'accueillir en plus forte proportion que les autres filières les minorités de l'enseignement supérieur que sont les bacheliers d'origine populaire, les bacheliers technologiques et les bacheliers professionnels. Comment expliquer la conversion aux études longues d'élèves qui en étaient jusque-là tenus à distance ? Comment comprendre leur orientation massive vers les BTS ? Quels effets la position marginale des BTS au sein de l'enseignement supérieur a sur ces publics, sur leurs parcours et sur leurs aspirations ?

  • Au cours du XXe siècle, la massification de l'enseignement s'est accompagnée d'un processus de bureaucratisation qui a donné aux organisations scolaires la structure cellulaire qu'on leur connaît. Des transformations des modes de régulation amorcées dans les années 1980 ont pourtant modifié la place de l'établissement comme lieu d'orientation des politiques et des pratiques d'enseignement. C'est dans ce contexte institutionnel en mutation que nous nous interrogeons sur les établissements scolaires en tant qu'organisations. L'objectif de cet ouvrage est de mieux comprendre comment les nouvelles politiques scolaires, qui s'incarnent en particulier dans les figures de l'État évaluateur et du marché scolaire, transforment les établissements d'enseignement. La notion d'identité organisationnelle y est mobilisée comme référent conceptuel facilitant la lecture et l'interprétation de ces transformations.

  • Les élèves aiment-ils l'école ? aiment-ils apprendre ? aiment-ils leur professeur ? Qu'est-ce qui fait l'essence de la relation maître - élève ? Cet ouvrage voudrait mettre en valeur l'affectivité des élèves dans leurs rapports à l'école, au savoir et au maître par le moyen d'entretiens auprès d'élèves qui réussissent ou non leur scolarité.Puisque le processus enseignement / apprentissage se mesure en terme de réussite ou échec, il est intéressant de s'interroger sur les déterminants de la réussite ou de la difficulté scolaire. Ces déterminants sont à rechercher dans la situation scolaire elle-même. Une meilleure connaissance des voies et des mécanismes de l'apprentissage en classe ainsi que du rôle et de la place de l'enseignant dans le processus de construction des savoirs chez les élèves est le sujet de ce travail. La place de l'affectivité dans l'expérience scolaire de l'élève. Le rapport au maître peut-il être vu comme élément déterminant de la réussite ou de l'échec scolaire ?

  • Éduquer, pour quoi faire ? Faire un homme. Mais quel homme ? Si les spécialistes parlent volontiers des moyens de l'éducation, il n'y a guère que les philosophes pour aborder la question des fins. Parce que tout philosophe développe une certaine conception du monde, de l'homme et de la société ; il possède, même implicitement, une certaine conception de l'éducation. À quoi peut alors ressembler le projet éducatif d'un philosophe sceptique ? Post-moderne ? Nihiliste ? Tragique ? Eudémoniste ? etc. François Châtelet, Paul Ricoeur, Jean-François Lyotard, Emmanuel Levinas, Robert Misrahi, Kostas Axelos, Marcel Conche, Clément Rosset, Raymond Polin, Étienne Balibar, Jacques Bouveresse et Olivier Revault d'Allonnes se sont risqués à y répondre. Que disent, de leur côté, les anthropologues ? Qu'on ne naît pas Sara (Robert Jaulin), Yanomami (Jacques Lizot), Baruya (Maurice Godelier), Lébou (Georges Balandier), Diola (Louis-Vincent Thomas) ou Athénien (Pierre Vidal-Naquet), mais qu'on le devient. Ainsi, sous la catégorie de culture, parlent-ils d'autre chose que d'éducation ? Sociétés sans école, voire contre l'école, les sociétés de la tradition ont quelque chose à nous apprendre sur nos propres choix d'une société tout-école, dominée par le livre (Emmanuel Le Roy Ladurie). Mais le panorama ne serait pas complet sans les pédagogues eux-mêmes. Jacques Ardoino, Daniel Hameline, Georges Snyders, interviennent ici, moins comme spécialistes ès qualités que comme éducateurs-philosophes. Au total, une vingtaine d'entretiens portant sur les finalités de l'éducation et à inscrire dans les débats actuels sur l'École.

  • Le rapport à l'école des familles populaires s'est profondément transformé au cours de ces dernières décennies : gagnées par la montée de la préoccupation scolaire, elles se sont profondément restructurées autour des enjeux scolaires. Ce livre se propose d'éclairer un aspect singulier et encore méconnu de leur investissement pour l'école : leur mobilisation autour des devoirs et des enjeux d'apprentissage.
    S'appuyant sur une enquête ethnographique conduite auprès de familles populaires, Séverine Kakpo analyse la manière dont leur foyer se transforme en institution de sous-traitance scolaire mais aussi en institution pédagogique autonome puisque les parents sont bien souvent prescripteurs de travail « en plus ». Si ces familles offrent, sur le plan social, tous les gages de conformité aux attentes de l'école, l'enquête montre toutefois que beaucoup font l'expérience d'une profonde désorientation face aux méandres du cur-riculum scolaire contemporain. Certaines développent en outre des formes actives de résistance pédagogique. Ouvrant la « boîte noire » des pédagogies familiales, l'ouvrage analyse la manière dont les parents réinterprètent le curriculum et met en évidence l'existence de dissonances entre codes scolaires et codes familiaux.

  • À travers l'étude des trois oeuvres majeures que sont La gran Semíramis de Cristóbal de Virués, El castigo sin venganza de Lope de Vega et El médico de su honra de Calderón de la Barca, cet ouvrage propose une analyse détaillée du théâtre espagnol de l'âge classique entre 1580 et 1630.
    La première partie de l'ouvrage examine la conception de la tragédie qui pouvait être celle des poètes et du public du théâtre du Siècle d'or afin de confronter la pratique des trois auteurs étudiés aux différentes théories alors disponibles. La seconde partie présente, en trois grands chapitres, des éléments d'analyse textuelle, indispensables à l'étude approfondie des textes telle qu'elle est demandée aux étudiants préparant l'agrégation.

  • Dans un premier temps, on distingue la systémique de la conception structuraliste dont elle semble provenir ; dans un second temps, des textes choisis développent l'application de la systémique à l'éducation.

  • La psychologie scientifique peut-elle aider les enseignants et formateurs du XXIe siècle ? Les auteurs de cet ouvrage sont unanimes pour répondre que la science ne peut répondre à toutes les interrogations mais peut aider à identifier les conditions nécessaires pour « apprendre et faire apprendre ». On ne parle plus en effet d'apprentissage mais de « faire apprendre » ce qui sous-entend une implication de l'apprenant lui-même mais aussi de celui qui transmet les connaissances et les compétences. Cet ouvrage pluridisciplinaire est fondé sur les travaux les plus récents dans différents pays francophones.

  • Évaluer est une activité que tous les enseignants pratiquent, presque tous les jours, avec des méthodes différentes mais avec, la plupart du temps, la conviction de mesurer l'étendue de l'apprentissage. Ce livre présente une série de recherches qui montrent que l'évaluation a aussi des effets importants sur la vie des apprenants : en particulier, elle peut induire une menace de la compétence de soi et s'avérer nuisible pour la performance et l'estime de soi des apprenants, favorisant ainsi des comportements antisociaux.
    Il s'adresse à tous les enseignants et formateurs d'enfants, d'adolescents ou d'adultes, mais aussi à tous les professionnels de l'éducation (inspecteurs, responsables d'établissements, politiciens) et aux chercheurs qui s'intéressent aux questions liées à l'évaluation.

  • Innover en enseignement supérieur, parce qu'« il faut que ça change » ? Innover, changer, mais quoi au juste ? Il est ici question d'innovation pédagogique, c'est-à-dire d'un changement qui vise l'amélioration des apprentissages des étudiants par une transformation des pratiques d'enseignement, mais également du parcours de formation proposé pour encadrer ces pratiques. Trois questions à la base de ce projet : Par où commencer ? Comment s'y prendre ? Que faire pour pérenniser le changement ?
    Ce livre, fruit d'un projet collectif, se veut le déclencheur d'une réflexion soutenue sur les trois temps forts de l'innovation pédagogique dans l'enseignement supérieur : sa conception, son implantation et sa révision. Plus généralement, cet ouvrage vise à offrir au lecteur un regard particulier sur les facteurs de changement qui encouragent ou freinent les réformes des filières de formation tout au long de leur déploiement. Construit à partir de l'état des lieux des recherches internationales issues de plusieurs domaines d'expertise, ce livre devrait permettre à toute personne concernée par le changement de réfléchir à ces trois temps forts du déroulement des innovations pédagogiques, temps qui s'enchevêtrent plus qu'ils ne se succèdent.

  • Que faire pour prévenir les violences à l'école ? Face à des situations fortement chargées émotionnellement, symboliquement et idéologiquement, ce livre présente des outils d'analyse pour comprendre ce qui se joue et identifier clairement les problèmes, afin de proposer des réponses pertinentes et efficaces. Des chercheurs français, belges, suisses, luxembourgeois et québécois, issus de plusieurs disciplines, ont collaboré à cet ouvrage dans le but d'articuler résultats de recherches et pistes pour la prévention et l'action. Leurs travaux montrent qu'agir sur la violence, c'est à la fois réduire les faits et travailler sur le vécu et la perception dont ils font l'objet. Les auteurs soulignent également la nécessité de coordonner les interventions à deux niveaux complémentaires : les comportements individuels et les contextes dans lesquels ils prennent sens.

  • Une recherche menée à partir d'observation de classes permettant de mieux comprendre les contradictions dans lesquelles les instituteurs construisent leur action.

  • Le système éducatif a connu des transformations très profondes ces trente dernières années, en lien notamment avec les politiques visant à mener 80 % d'une classe d'âge au niveau du baccalauréat mais aussi avec les transformations du système productif. Les promesses de démocratisation scolaire ont fait long feu. Non seulement la majorité des enfants appartenant aux classes populaires continue d'être orientée, au sortir du collège, vers l'enseignement professionnel, mais ces réformes n'ont en rien remis en cause la division entre filières générales et professionnelles, renforçant au contraire la domination symbolique des premières sur les secondes.
    L'enseignement professionnel constitue ainsi un cas privilégié pour étudier l'évolution de l'emprise des hiérarchies scolaires, ainsi que les modalités selon lesquelles les jeunes d'origine populaire s'approprient leurs destins scolaires et sociaux. Comment s'opèrent leur orientation scolaire et leur socialisation aux rôles subalternes qu'ils seront amenés à jouer dans la division sociale du travail ? Comment s'y prennent-ils pour aménager leur condition présente ? Quels clivages internes aux classes populaires l'étude de l'enseignement professionnel permet-elle de révéler ?

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