Grasset

  • Ecrit par un non-spécialiste passionné, ce petit livre vif et brillant s'adresse à tous, et entend fournir un manuel de résistance au discours sur l'art contemporain. Ce dernier fonde son emprise sur une vision mythifiée de l'histoire de l'art  : le XXe siècle aurait été avant tout le siècle des avant-gardes, chacune ayant été plus loin que la précédente dans la remise en cause de notions comme la figuration, la beauté, et même l'oeuvre. Or non seulement ces notions anciennes ont continué d'exister dans les arts dits mineurs, mais surtout, il y a eu un autre XXe siècle artistique, une tradition de peinture qui s'est obstinée à représenter la réalité et qui réémerge aujourd'hui, de Bonnard à Balthus, de Morandi à Hopper, de Giacometti à Lucian Freud.
    Cet essai présente cette autre histoire de l'art, dont l'existence infirme le discours, le mythe ... et le marché de l'art contemporain. Cette histoire s'est prolongée secrètement jusqu'à nous  : il y a eu en France, au cours du dernier demi-siècle, de très grands artistes, dont certains sont encore vivants, qui ont continué de représenter le monde et de chercher la beauté. Connus d'un petit milieu de collectionneurs, de critiques, de poètes, mais ignorés des institutions culturelles et du grand public, ces artistes sont les sacrifiés de l'art contemporain, les véritables artistes maudits de notre époque. Comme les artistes maudits de jadis, ce sont eux pourtant qui rendent notre modernité digne d'être aimée et sauvée. Ils sont la gloire de l'art français.

  • Que devient le chant d'un artiste après qu'il a disparu et n'est plus là pour s'occuper de son oeuvre ? Les héritiers décrit et analyse la succession de vingt-deux grands artistes et écrivains célèbres de génération en génération, qu'il y en ait huit (comme pour Montaigne et Diderot) ou dix (Mme de Staël). 
    Fierté ou indifférence, défense ou dénigrement, affection ou haine: tous les comportements se rencontrent et s'expliquent. Charles de La Fontaine égare la correspondance de son père, Pauline de Simiane détruit volontairement celle de sa grand-mère Mme de Sévigné, Carl-Philip Emmanuel Bach publie les partitions de son père qui lui sont échues tandis que son frère Wilhelm Friedmann vend les siennes au premier venu. Michel Monet et Paul Cézanne junior alimentent des vies de nababs en vendant les toiles de leurs pères alors que Jean Renoir trouve le temps, entre deux grands films, d'écrire une magistrale biographie de son père. Le frère et héritier universel de Maurice Ravel se laisse dépouiller de l'héritage par un couple de domestiques machiavéliques, les  fils de Chagall et de Simenon consacrent des livres à leurs relations chaotiques avec leurs géniteurs, à l'opposé d'Anne Wiazemsky qui a consacré plusieurs livres où apparaît, de manière tendre, son grand-père François Mauriac. 
    Premier livre sur ce sujet, Les héritiers, fondé sur une recherche rigoureuse et précise, livre une passionnante galerie de portraits parmi les plus grands artistes, et, bien au-delà, une réflexion sur notre rapport à l'art.
    Les artistes, par ordre chronologique : Michel de Montaigne, Françoise de Sévigné, Jean de La Fontaine, Jean-Sébastien Bach, Denis Diderot, Germaine de Staël, Alexandre Dumas, George Sand, Gustave Flaubert, Alphonse Daudet, Paul Cézanne, Claude Monet, Auguste Renoir, Henri Matisse, Maurice Ravel, Francis Picabia, Fernand Léger, Amedeo Modigliani, Marc Chagall, François Mauriac, André Malraux, Georges Simenon.

  • « Mes mains, je veux bien vous les montrer. Blanches, veineuses, rien d'extraordinaire. »
    C'est avec la modestie des grands artistes qu'Alexandre Tharaud, pianiste phare de sa génération, nous parle de son métier. Souvenir après souvenir, il nous livre ses doutes, ses convictions profondes, ses habitudes les plus intimes.
    Quelles sont les différences entre Bach et Ravel, au contact du public ? Entre la loge du Symphony Hall de Boston et celle du Musikverein de Vienne ? Entre le public de Tokyo et celui de Paris ? Quelle est la sensation des touches sous les doigts ?
    Au fil des réponses apparaît un homme qui consacre chaque mesure de la partition de sa vie - chaque note, chaque silence, chaque soupir - à la musique.

  • Premier ouvrage d'historiographie artistique de l'Occident moderne, les Vies des peintres en demeurent un de ses chefs d'uvre. Depuis cinq siècles, il contribue à la séduction persistante du goût occidental pour la Renaissance italienne, toscane en particulier. Suivant une pratique littéraire traditionnelle, le recueil se compose dune suite de biographies : il commence au 13e siècle avec Cimabue et Giotto, étudie tous les grands peintres, architectes et sculpteurs de la Renaissance, Masaccio, Fra Angelico, Botticelli, Léonard de Vinci, Raphaël, Bramante, et apporte une mine dinformation sur la vie de ses grands contemporains, Michel-Ange et Titien. Ecrites dans un style alerte, émaillées de multiples anecdotes, ces Vies sont encore aujourdhui linstrument idéal pour connaître la Renaissance artistique italienne et faire revivre les grandes personnalités qui lont forgée. Léopold Leclanché publia à Paris en 1841-1842 la première traduction française dont l'essentiel est repris dans ce volume, accompagné d'un léger appareil de notes qui aide à identifier les oeuvres survivantes. Louvrage est présenté et la traduction révisée par Véronique Gerard Powell, qui enseigne lhistoire de lart à luniversité de Paris IV.

  • Une histoire d'amour de plus de trente ans unit Patrick Barbier à l'époque baroque. Cet ouvrage en témoigne. Sous forme d'un dictionnaire de 60 entrées, l'auteur tente un tour d'horizon très personnel d'une époque passionnante quant à l'évolution des arts, de la musique,  de la société et des mentalités. Il donne à ceux qui aiment le baroque, comme à ceux qui le connaissent mal, des clés de compréhension pour mieux apprécier les oeuvres et les lieux. Pourquoi la courbe, le contraste, l'éphémère, l'illusion ou la mort sont-ils les maîtres-mots de cette période? Quelles différences y a-t-il entre castrat et eunuque, contre-ténor et haute-contre, rocaille et rococo? Quelles sont les caractéristiques essentielles du premier courant artistique vraiment universel?
      Dans un style vif, nourri d'anecdotes et d'exemples précis, Patrick Barbier n'aide pas seulement le lecteur à s'immerger dans le monde baroque, mais il en montre également les retombées actuelles dans les fêtes populaires, le cinéma, la joaillerie ou l'art contemporain.

  • Dora Maar, Henriette Theodora Markovitch de son vrai nom, est née à Paris en 1907 d'un père croate, architecte, et d'une mère catholique fervente. Après une enfance austère passée à Buenos Aires, elle retourne à vingt ans dans sa ville natale et s'y impose comme photographe surréaliste. Muse de Man Ray, compagne du cinéaste Louis Chavance puis de Georges Bataille, elle ne tarde pas à faire sien un cercle esthétique qui révolutionne le monde de l'art durant l'entre-deux-guerres. Intellectuelle torturée, artiste à la conscience politique extrême, elle deviendra « la femme qui pleure », amante de Picasso livrée aux exigences du génie que leur rupture rendra folle, cloîtrée dans un mysticisme solitaire jusqu'à sa mort, en 1997. Ses portraits peints par Picasso seront alors vendus aux enchères, et son héritage âprement disputé puisque Dora choisit de tout léguer à l'Eglise.
    De Cocteau à Lacan, c'est toute une époque que dépeint Alicia Dujovne-Ortiz. Au détour d'une enquête psychologique passionnante, elle fait défiler dans ces pages une pléiade d'artistes d'avant-garde et de grands esprits et dresse le portrait d'une femme-image toujours mystérieuse, à laquelle la critique contemporaine attribue enfin le rôle qui lui revient.

  • «  Au 5 avenue Marceau, toutes les formes du silence pouvaient s'écouter  :  le silence des lignes,  le silence crème des toiles, le doux silence des ateliers, le silence heureux des mains, le silence minéral de l'attente, quand il n'était pas là, le silence d'un sourire esquissé dans le miroir, la beauté, comme une histoire d'amour entre lui et les mannequins, son studio de création... Et puis le silence de la peur, du doute - son école.
    J'ai rencontré Yves Saint Laurent en 1986 à travers son métier, et c'est seulement un an plus tard que nous avons été présentés. Publiée en 1993, cette biographie a été rééditée en 2002 lors de la fermeture de la maison Yves Saint Laurent, puis en 2010. Un jour il m'avait lancé: "Mais vous connaissez bien mieux ma vie que moi...." Faux, évidemment. Car écrire la vie de cet  homme de son vivant, c'est refuser de tomber dans certains pièges. " Je n'ai jamais cherché à éviter ses zones d'ombres, mais à privilégier sa lumière, ce qui l'a rendu si différent.
    Yves Saint Laurent est à la fois l'astéroïde et le noyau d'une vieille comète, une planète monstre ayant modifié la perception du système solaire de la mode. Du soleil cher à Chanel, et de l'étoile - talisman de Dior, Yves Saint Laurent a fait une boule de feu, il est ce météore qui continue à éclairer la galaxie, bien après sa mort.  »
    L.B.
     
    Le 1er  juin 2008, Yves Saint Laurent laissait derrière lui bien plus qu'un nom et une maison de couture... A l'occasion du dixième anniversaire de sa mort, Laurence Benaïm nous confie l'édition définitive de sa légendaire biographie  : l'ascension d'un jeune garçon né en 1936 à Oran,  qui  s'écriait à l'âge de treize ans : « Un jour, j'aurai mon nom gravé en lettres de feu sur les Champs-Elysées. » L'itinéraire d'un peintre de la vie moderne, oeil à vif, traversant les époques pour en habiller l'ambiguïté dans un parfum de luxe, de vertiges et de décadence. La vie d'un homme libre, provocateur, secret, malheureux, génial, toujours échappé vers d'autres vies...
      La  biographie du dernier des classiques. Le roman de la mode de 1958 aux débuts des années 2000.

  • Adolf Loos (1870-1933) ne fut pas seulement l'architecte révolutionnaire que l'on sait. Il fut aussi un brillant chroniqueur qui entendait réveiller l'Autriche du xxe siècle en lui inculquant les principes de la modernité. On trouvera rassemblés dans ce volume l'ensemble des textes qu'il a écrits sur le thème du vêtement et de la mode. Les chapeaux, les chaussures, les sous-vêtements, la terrible apparition de la femme-enfant, rien n'échappe à cet analyste aussi fin que spirituel. Selon quels critères choisir son manteau de fourrure ? Comment avoir l'air d'un gentleman quand on fait du vélo ? Les femmes doivent-elles porter les cheveux courts ? Une leçon de style.
     
    InéditTraduit de l'allemand (Autriche) par Anatole Tomczak

  • Michel Piccoli, acteur mythique du cinéma français, figure charismatique et mystérieuse, est au coeur de films inoubliables comme Le Mépris de Jean-Luc Godard, La Grande Bouffe de Marco Ferreri, ou encore Max et les ferrailleurs de Claude Sautet, pour n'en citer que trois parmi plus de 200. Véritable lieu de mémoire du cinéma, il se retourne aujourd'hui sur ses propres souvenirs et considère avec une profonde lucidité ce qui l'a construit, le temps qui passe et ce qui reste d'un parcours exceptionnel. Habité, personnel, intense, ce récit évoque l'enfance, l'apprentissage du théâtre, des souvenirs de cinéastes et de ses plus grands films, ses réflexions sur le métier de l'acteur, la mélancolie... S'adressant à son grand ami et complice Gilles Jacob, Michel Piccoli se livre pour la première fois en toute liberté, sans complaisance et avec franchise.
     
    « Parvenir à étonner les gens par mon travail sans prétention, avec simplicité, aura été mon idéal.  Je suis un éternel enfant, heureux de raconter une histoire. Donner à vivre un texte provoque en moi un plaisir inouï, et j'ai toujours été émerveillé de vivre ce métier extravagant. Faire l'acteur est  tellement étrange !  D'abord il faut beaucoup travailler, ensuite il faut se mettre à jouer et que cela ne soit plus vécu comme un travail. »

  • Godard

    De Baecque-A

    Jean-Luc Godard, le cinéaste culte d'A bout de souffle et de Pierrot le fou, le chef de bande de la Nouvelle Vague, l'agitateur politique des années gauchistes, le publicitaire de lui-même, le provocateur misanthrope, l'archiviste, et enfin l'ermite de Rolle qui sera âgé de 80 ans en 2010, bref tous ces visages souvent contradictoires réunis en un seul : la première biographie en France de l'impossible M. Godard, dont Serge Daney disait qu'il y a « toujours chez lui une matière biographique, coriace et finalement mal perceptible. » On l'aime/on ne l'aime pas : qu'importe, JLG a tissé l'histoire culturelle du vingtième siècle et ses images (Belmondo le visage bleu dans Pierrot le fou, les fesses de Brigitte Bardot dans Le mépris, Johnny Halliday, Anne Wiazemsky dans La Chinoise, mais aussi un quatuor de Beethoven ou un nuage sur le lac Léman) ont marqué notre époque. Du hussard droitier, rejeton de la haute société protestante qui marche sur les mains pour épater Bardot au contestataire cinéphile qui écrit à Malraux « ministre de la Kultur » une lettre sur « la censure, gestapo de l'esprit », du réalisateur tyrannique humiliant ses acteurs à l'amoureux peintre des femmes dans Prénom Carmen, du moraliste politisé en treillis de combat au King Lear sépulcral cigare en bouche, de l'historien des images « relié au passé » au kinoclaste « shooté au show-business », défilent ici quatre-vingt années de vie, de cinéma, de travail et de passions brûlantes. « Son génie est plus fort que sa volonté d'auto-destruction » disait Daniel Cohn-Bendit. C'est aussi la résurrection d'une époque française : la cinéphilie, d'une fraternité (avec Truffaut), d'une rivalité sous l'oeil des caméras.

  • De Zeuxis à Picasso, en passant par Chardin, Vélasquez, Van Dyck, Ingres ou Chagall, de la Rome antique au Paris des années folles, sans oublier la Florence de la Renaissance ni le Versailles du Grand Siècle, Maurice Rheims, un des plus grands historiens d'art de son temps, raconte les artistes de tous les lieux et de tous les temps. Comment vivaient-ils vraiment ? De quels milieux venaient-ils ? Quelle était leur formation ? Qui fabriquait leurs couleurs ?  Comment Franz Hals a-t-il exploité son apprenti en le séquestrant et lui faisant peindre des tableaux qu'il signait ? De l'école du génie à l'école des bonnes (ou mauvaises) manières, le premier tome de cet indispensable classique raconte ce que veut dire « être un artiste ».

  • Tout au long de l'époque baroque, Venise, Naples et Rome jouent un rôle essentiel sur le plan musical, tout en poussant l'art de la fête à des sommets inégalés.
    Dans cet essai vagabond, coloré et joyeux, Patrick Barbier nous plonge dans la vie quotidienne de cette Rome pontificale des XVIIe et XVIIIe siècles, théâtre d'un gigantesque bouleversement artistique.
    Le lecteur voyage, guidé par Patrick Barbier, au coeur des chefs-d'oeuvre musicaux de la Rome baroque. Entre anecdotes historiques et documents inédits, nous découvrons l'aristocratie romaine et ses plaisirs, les courses de chevaux et les carnavals, les palais privés et les soirées à l'opéra, mais aussi l'étonnante vie culturelle et les cérémonies somptueuses du Vatican.
     

  • Ce second tome du grand classique de Maurice Rheims aborde les artistes dans la société, loin des clichés de la Bohème et de la vie de rapin. Quelle était leur place ? Étaient-ils pauvres ou riches, méprisés ou adulés, simples faiseurs ou vedettes célébrées ? Quand sont-ils sortis de l'artisanat pour inventer l'art ? Quand ont été créés les premiers salons, quels ont été leurs rapports avec les marchands ? Et les hommes d'Etat ? Cette anecdote de Charles Quint ramassant le pinceau tombé de Titien, est-elle vraie ou légendaire ? Les artistes sont-ils aussi admirés que nous le disons, que nous le croyons, que nous le voudrions ? Princes arrogants, galeristes malhonnêtes, critiques malveillants, il faut parfois triompher d'un milieu avant d'y triompher. Un indispensable de l'histoire de l'art.  La Vie d'artiste ou que signifie et qu'a signifié pratiquement : être un artiste.  
    Le livre est divisé en deux tomes, le premier portant sur l'artiste, ce qu'il est et a été dans les différents temps et différentes sociétés, le second, sur l'art et son monde, critiques, collectionneurs, marchands , amateurs...

  • Qui se souvient de Kurt Gerron, de son destin inouï et tragique ? Né dans une famille juive à Berlin en 1897, il est le comédien, le metteur en scène et le réalisateur le mieux payé d'avant-guerre (L'Opéra de Quat'sous avec Brecht, L'ange bleu avec Marlène Dietrich). Courtisé par Hollywood, il refuse de partir. La Gestapo l'arrête en 1940. Comme beaucoup d'autres artistes juifs, il est enfermé au camp de Therensienstadt. Là, Rahm, SS-Obersturmführer, lui commande un film de propagande sur la vie du camp : Le Führer offre une ville aux juifs.
    Pourquoi Gerron accepte-t-il de tourner ce film ? C'est la question récurrente et aussi le point de départ de ce roman vrai. Le pacte que Gerron accepte livrera à jamais au monde une image ignoble et mensongère, déformera la vie qu'il a connue à l'intérieur de Theresienstadt, bafouera la souffrance et l'horreur vécues par tant de milliers de gens. Son film sera une trahison, jusque dans la promesse de lui valoir la vie sauve.

  • La République de Venise vit au XVIIIème siècle ses dernières heures de gloire. Jamais on ne s'est autant diverti, jamais la fête et la musique n'ont occupé une telle place dans la vie quotidienne. Le carnaval (qui dure entre cinq et six mois), les fêtes officielles, le jeu, mais aussi les concerts, les cérémonies religieuses et l'opéra provoquent l'admiration et l'envie des visiteurs étrangers. Vivaldi, dont le nom est inséparable de Venise, écrit ses concertos pour les jeunes filles des Hospices et se comporte au théâtre en homme d'affaires, aussi doué que rusé.

  • A Londres, en janvier 2005, l'exposition consacrée à la photographe Diane Arbus s'achève en gloire. La presse entière acclame ce travail longtemps jugé dérangeant, voire « pervers » comme le disait Susan Sontag. Les collectionneurs s'arrachent les tirages à prix d'or : « Boy with a toy grenade in his hand », cliché légendaire, se vend à 350.000 dollars. Nan Goldin, Steven Meisel ou Cindy Sherman sont les disciples de ce style noir et blanc, au format carré sans concessions, parfois dévoyé entre le « porno-chic » et le trash. Il manque quelqu'un pour le happy end. Diane Arbus n'est plus là pour savourer la revanche sur le milieu frelaté de la mode où les directeurs artistiques l'exploitaient au rabais. En juillet 1971, à l'âge de 48 ans, un jour de moite chaleur new-yorkaise, un ami la trouve les veines tranchées, dans sa baignoire. Diane Arbus, née Nemerov sur Central Park West, petite fille gâtée de l'upper-class juive américaine, puis mère de famille se levant à 5 heures du matin pour courir les cirques ou les asiles psychiatriques, est une artiste en photographie. Passée par la photographie de mode, travaillant pour Condé-Nast, Harper's Bazaar ou Vanity Fair, fréquentant Richard Avedon et Irving Penn, elle consacre son temps aux frivolités qu'on maquille. Elle s'émancipe vite, se brûle au contact des damnés de la ville. C'est l'une des premières, sinon la seule avec Lisette Model, à saisir les ombres errantes de Manhattan : elle saisit au vif avaleurs de sabre, femmes à peau de serpent, nudistes militants, aliénés hilares, géants, jumelles sibyllines au regard de glace, photographiés au flash dans des hôtels miteux ou des recoins hors la loi de Central Park. Le Barnum américain, côté coulisses. « Je suis née tout en haut de l'échelle, et depuis toute ma vie, j'en ai dégringolé aussi vite que j'ai pu » disait-elle. Alors, comment rester intacte quand l'ambition d'une artiste est de traverser le miroir des apparences. Au risque de le briser. Se briser, aussi.

  • Le temps des Bohèmes est le roman vrai des aventuriers de l'art moderne, quand Paris était la capitale du monde. Ils étaient peintres, poètes, écrivains, sculpteurs, musiciens. Leurs vies furent flamboyantes comme leurs oeuvres. Et leurs oeuvres, belles comme la vie. Ils demeurent à jamais les personnages de leurs propres légendes.
    Première saison : Bohèmes. Sur les trottoirs de Montmartre et de Montparnasse, entre le Bateau-Lavoir et la Closerie des Lilas, allaient les sublimes trublions: Jarry, son hibou et ses revolvers, Picasso sympathisant anarchiste, Apollinaire l'érotomane, Max Jacob et ses hommes, Modigliani et ses femmes, Aragon le flambeur, Soutine le solitaire, Man Ray, Braque, Matisse, Breton et les autres... Ils venaient de tous les pays. Fauves, cubistes, surréalistes, fêtards, amoureux - libres.
    /> Deuxième saison : Libertad ! Les héros s'appellent Malraux, Saint-Exupéry, Dos Passos, Prévert, Hemingway, Orwell, Dali... Un éventail d'enthousiasmes et d'illusions tendu entre la montée du fascisme et la guerre d'Espagne. Ici, Aragon vend son âme à Staline ; là, Gide pontifie aux obsèques de Gorki ; ailleurs, Gala passe des bras d'Eluard à ceux de Dali tandis que Picasso peint et que Robert Capa photographie tout ce qui bouge - ou meurt. Nous sommes entre Paris, Madrid, Berlin et Moscou, dans une époque qui hésite entre l'espoir et le chaos...
    Troisième saison : Minuit. L'épopée des écrivains, des artistes et des intellectuels sous l'Occupation. Sartre et Beauvoir, Camus, René Char, Vercors, Aragon et Elsa, Prévert, Desnos, Saint-Exupéry, Drieu La Rochelle, Picasso, Prévert, Cocteau et tant d'autres : le grand bal de la France qui écrit, peint, dessine, filme, joue, publie, collabore, résiste, s'accommode. De Paris à Marseille dans la débandade de l'exode, de Marseille à New York dans les bateaux de l'espoir, de Paris à Berlin dans les trains de la honte, des gares de la déportation aux camps de la nuit et du brouillard, autant de destins d'une génération dont la tragédie de l'Histoire a transformé la vie en roman.

  • Qui a pu être assez fou pour avoir eu, un jour, l'idée de faire de la musique avec de l'électricité ? Et comment est-ce possible d'ailleurs ? Qui se cache derrière ces instruments loufoques, ancêtres des pianos numériques actuels, ces immenses orgues criblés de fils électriques ou ces claviers surréalistes aux notes futuristes, dont les noms insensés - télégraphe harmonique, théâtrophone, Telharmonium, Audion Piano, Ondes Musicales, Orgue B3, Clavivox ou Polymoog - disent déjà la folie ?  Des amoureux du son, très certainement, mais surtout d'immenses inventeurs.
    Ils s'appellent Edison, Cahill, Martenot, Mathews, Moog ou encore Zinovieff et Kakehashi, ils sont américains, anglais, français, russes ou japonais, et ils ont en commun un esprit insatiablement curieux et créatif, un amour des circuits électriques et des notes harmoniques, et une vision révolutionnaire de la musique. Successivement, ensemble et parfois en s'opposant, ils vont changer le visage du son en nous faisant passer, en près d'un siècle et demi, du piano acoustique aux bijoux technologiques d'aujourd'hui. De 1870 à nos jours et du premier microphone au dernier synthétiseur, Laurent de Wilde nous emporte dans la formidable épopée du son en retraçant les incroyables destins de ces magiciens. A travers cette galerie de portraits truculents (les inventeurs ont une légère tendance à divorcer et vivre selon des règles étranges), c'est toute l'histoire du XXe siècle que l'on revit au rythme des avancées de la modernité et de leurs milliers d'inventions (de la radio à Internet, du phonographe au microprocesseur), à mesure que l'on plonge dans l'univers impitoyable de la musique, où la course aux brevets et la concurrence font rage.

  • Au XVIIIè siècle, la vie bat son plein dans les ruelles de Naples. Du fond des théâtres, des opéras, de la Cour du roi et des Conservatoires, la musique des plus grands compositeurs se mêle en une infinie rumeur. C'est le beau siècle napolitain. Celui des arts, de la création et des chantiers grandioses. La fête est partout. De la rue aux institutions, l'art n'est jamais cloisonné, mais toujours vivant. Carnaval et bals populaires fleurissent aux côtés des prestigieux opéras buffa et des sensationnelles divas du seria. C'est aussi et surtout la période glorieuse des castrats, fleur de la production musicale italienne, qui connaissent alors leur apogée.
    Il faudra au Roi Charles Bourbon peu de temps pour exacerber la splendeur de cette terre nouvellement libre après des siècles de soumission à des puissances étrangères, et lui offrir une renommée culturelle extraordinaire.
    Avec ce livre lyrique qui est aussi un hommage, Patrick Barbier compose à Naples l'insoumise son plus bel écrin.

  • Il avait un visage d'ange et un look de dandy rock'n'roll, ce qui, ajouté à son génie de photographe, fit de lui une légende mondiale de l'art contemporain.Mais qui était vraiment le génial et scandaleux Robert Mapplethorpe ?Un virtuose du noir et blanc ? Un enfant terrible du trash sexuel du New York des Seventies ? Une brebis galeuse du Queens ? Un mondain qui dînait avec Saint Laurent, Loulou de la Falaise ou la soeur de la reine d'Angleterre ? L'enfant chéri de sa mère ? Le fils honni de son père ? La coqueluche des galeristes branchés ?Pour saisir sur le vif le destin de cet artiste, Judith Benhamou-Huet a choisi d'interroger une quarantaine de personnes qui l'ont rencontré ou fréquenté. De son premier boy-friend officiel à son dernier - qui le veilla sur son lit de mort. De son avocat à son frère cadet. En passant par Ken Moody, son modèle mythique... tous racontent le parcours déterminé et exceptionnel de l'artiste qui mourut en 1989 sur l'autel du sida.Variation sur la création, l'argent, l'art, ce récit biographique éclaté et stylisé tente de traquer la vérité d'un être hors normes.Et qui, par-delà les effets de mode, reste aussi un explorateur incomparable des âmes errantes entre le Bien et le Mal.

  • Pialat

    Pascal Mérigeau

    " Si vous ne m'aimez pas, je ne vous aime pas non plus. " Ainsi, le poing levé, mais l'hommage accepté de la palme d'or à Cannes, Maurice Pialat reçoit-il les sifflements et les bravos. Du réalisateur atypique, solitaire, de l'auteur de Nous ne vieillirons pas ensemble, La Gueule ouverte, Sous le soleil de Satan, en tout dix films pour une vie entière passée à réinventer génialement le cinéma français, on sait l'essentiel. La réputation de Maurice Pialat ? Un tempérament jupitérien, tournages violents et émouvants, gifles qui claquent. Certes mais en quoi cela modifie-t-il son cinéma d'auto-fiction, ses personnages creusés jusqu'à l'os, ses tourments qui alimentent même un film de commande comme Van Gogh ? Aucun cinéaste n'a comme lui, jusqu'à l'obsession, transcrit sur l'écran sa vie, ses hésitations, ses divorces, ses chagrins.
    Pascal Mérigeau, remonte à la source : depuis l'Auvergne natale, les années de dèche chez Olivetti jusqu'à la rencontre avec Claude Berri et Jean-Louis Trintignant, il remue le terreau autour de lui : ce peintre-amateur, ce fils qui déterre sa mère pour les besoins d'un film, ce cinéaste qui débute à 40 ans. Les anecdotes sont ici multiples, et souvent drôles. Il quitte le tournage de Loulou, pour revenir le lendemain. Il poursuit l'acteur Dominique Besnehard une scie à la main, sur A nos Amours. Il épuise sept monteurs différents sur le même film. Quel est le secret de l'Impossible Maurice Pialat pour qu'une Sandrine Bonnaire, qu'il révèle au public, dise : " Je ne me sentais pas jugée. " Et cette phrase du monteur, Yann Dedet : " Maurice vous place sur les rails mais sans dire que les rails existent. "
    Pascal Mérigeau écrit cette biographie, sans complaisance pour les égarements de Pialat quand il parle politique, mais avec de l'admiration pour cette rage au coeur qui ne l'a jamais quittée.

  • Marcel duchamp

    Housez-J

    Nous connaissons tous le nom de Marcel Duchamp, lhomme qui inventa lart contemporain, le créateur du « (al)ready-made », de Rrose Scélavy, et dune Joconde moustachue outrageusement rebaptisée LHOOQ, lauteur, surtout, du plus grand scandale du XXe siècle, qui éleva (ou abaissa ?) un simple urinoir au rang duvre dart. Et pourtant, que sait-on de lui ? Rien, ou si peu, et pour cause : il nexistait pas, à ce jour, de biographie en français de Marcel Duchamp. Duchamp meurt en 1968, à lâge de 81 ans, encore méconnu dans son propre pays : son décès est annoncé dans Le Figaro à la rubrique « échecs », quand il fait la une du New York Times. Sa vie ses vies pourrait-on dire, à limage de ce portrait dédoublé à linfini qui fait la couverture du livre , partagée entre les Etats-Unis et la France, fut longue dactivités diverses et non pas seulement artistiques, de rêveries et de projets, de rencontres et damitiés indéfectibles, avec Henri-Pierre Roché, lauteur de Jules et Jim quil inspirera, avec Picabia, Man Ray, Alfred Stieglitz, Brancusi. Une vie damours nombreuses aussi le premier pour la femme de son grand ami Picabia ! -, car Duchamp courait les jupons, « célibataire » avant tout épris de liberté, qui pourtant deux fois labdiqua il épousera en secondes noces la fille du galeriste Pierre Matisse, petite-fille du peintre. Fils dun notaire rouennais, il était le cadet dune fratrie dartistes, les peintres Jacques Villon, Suzanne Duchamp, et le sculpteur Raymond Duchamp-Villon, qui linitièrent à la peinture. Héritier de Jarry, marqué par la lecture de Nietszche et de Raymond Roussel, il était fasciné par lobjet industriel et sa production en série, par les découvertes récentes sur le mouvement et la vitesse le rayon X, la quatrième dimension, les chronophotographies dEtienne Jules-Marey. A 26 ans, dès lors quil la maîtrise, il abandonne pour toujours la peinture, sautoproclame « anartiste », fait prévaloir lidée sur son exécution, la « beauté dindifférence » sur le (bon) goût, et bouleverse radicalement le statut de lartiste et de luvre dart : un défi à lavant-garde de son époque plus encore quà lacadémisme. Sacré par Breton « phare du surréalisme », ingénieur malheureux (on lui doit dextraordinaires machines optiques, ancêtres de lart cinétique, dont les brevets ne rencontreront pas le succès), joueur déchecs passionné, il fut aussi lincontournable courtier de lavant-garde européenne aux Etats-Unis, le conseiller intime des grands philanthropes new-yorkais, comme les époux Arensberg ou Katherine Dreier, avec qui il fonda au début des années 20 La Société anonyme, ancêtre direct du MOMA. En un dernier clin dil facétieux et visionnaire, lhomme sans qui Andy Warhol naurait pas existé, fit graver sur sa tombe : « Ce sont toujours les autres qui meurent ». On ne saurait le contredire.

  • à Paris

    Jeanne Damas

    It-girl au demi-million de followers, Jeanne Damas est considérée comme l'incarnation de La Parisienne. De Vogue à Marie-Claire en passant par Elle, et de New York à Paris en passant par l'Asie, les journalistes n'ont de cesse de l'interroger sur ce qui fait d'elle la nouvelle figure de la mythique Française. Ce à quoi elle répond   qu'il y a autant de Parisiennes que de femmes vivant à Paris. C'est le point de départ de ce livre. Non pas essayer de décrypter pour la énième fois «  La Parisienne  », souvent aussi peu réelle qu'une légende peut l'être, mais faire le portrait de vingt d'entre elles, dont chacune incarne à sa manière l'élégance, la désinvolture, le charme et l'esprit de la légendaire femme de Paris.
    Ecrit par la journaliste et féministe Lauren Bastide (suivie par 30 000 personnes) et illustré de photos prises par Jeanne Damas, à Paris offre à lire vingt portraits de Parisiennes d'origines, d'âges, de parcours et de quartiers différents, dont les destins sont une ode à la ville qu'elles habitent et la vie qu'elles y mènent. Elles ont de 14 à 70 ans, sont réalisatrice, auteur, libraire, militante ou antiquaire, vivent dans des chambres de bonne, des appartements ou sur une péniche, et elles nous ouvrent les portes de chez elles pour nous faire sillonner Paris et découvrir leurs vies. Croqué avec grâce et talent, chaque portrait est accompagné de 4 à 6 photos en couleurs et d'annexes drôles et légères sur l'art de vivre des Parisiennes et les quartiers de la capitale, également illustrées. Les lecteurs y retrouveront de nombreuses photos de Jeanne (réunies pour la première fois dans un livre), des listes de restaurants, de boulangeries, de boutiques ou de vins, et le portrait, en pointillés, des auteurs qui y confient leur style de vie et leur amour des femmes de cette ville.

  • " Il y a mon Noureev, ton Noureev, son Noureev, notre, votre, leur, à chacun le sien.
    Pour moi il était tout à la fois, j'ajouterais qu'il avait même, ce qui est rare, le don de l'amitié.
    Si j'écris ce petit livre sur mon ami Noureev, c'est pour me retrouver près de lui et faire revivre quelques instants de travail et de complicité que nous avons partagés. Surtout pas de langue de bois pour raconter une star empaillée qu'il n'a jamais été, mais un homme brûlant la vie par le travail, l'humour ravageur qui déstabilisait son interlocuteur l'amour de son art et de la vie dans laquelle il mordait à pleines dents, avec excès, jusqu'à en mourir. "

empty