Société des écrivains

  • « Vingt-cinq ans, cela fait vingt-cinq ans que je souffre dans un corps qui ne correspond pas à mon physique et à l'image que je renvoie. Mon apparence est celle que vous, vous voyez ou que vous voulez bien voir ! » À travers ce récit, l'auteur dénonce le stéréotype du handicap, forcément visible. Exorcisant son mal-être, elle nous relate son périple, des premiers symptômes de la « fibromyalgie » aux étapes multiples de son difficile combat contre cette maladie rare et incurable. Instructif et édifiant, son témoignage poignant est un véritable appel à la compréhension et pousse le lecteur à la réflexion sur la notion du handicap autant qu'il lève le voile sur cette pathologie encore trop méconnue.

  • « Écrire est en réalité vouloir lutter contre la fatalité, cette sorte de prédestination qui déterminerait le cours des événements de l'histoire des hommes d'une manière irrévocable et contre le hasard, cette imprévisibilité des péripéties qui arrivent insidieusement. » Il n'existe pas de mot pour désigner le sort d'un parent qui affronte la mort de son enfant. Jean-Claude Parcot a recours à la philosophie et à la théologie pour tenter de poser des mots sur l'indicible et comprendre dans quelle mesure une part de divin infuse nos vies. Comment accepter la tournure tragique du destin lorsque la mort frappe dans la fleur de l'âge ? La disparition de son fils et de son petit-fils laisse un vide impossible à combler, mais il trouve dans l'amour de ses proches l'énergie de poursuivre son chemin de vie. Ce récit sur l'expérience du deuil inspire une profonde compassion et constitue pour tous une leçon de sagesse.

  • « La retraite ? Je n'y serai jamais. J'ai quatre-vingt-dix-huit ans. Quatre-vingt-dix-huit ans et toutes mes dents ! Les praticiens disent que c'est le fait d'avoir "travaillé en mâchoire" qui les a rendues si solides. Travailler en mâchoire c'est lorsque nous nous portons, nous-même ou notre partenaire, à la force de la mâchoire. Mon frère et mon oncle, qui avaient cette même spécialité, ont gardé une belle denture toute leur vie, eux aussi. Nous étions trapézistes et l'histoire que je vais vous raconter est la mienne, mais aussi un peu la leur. » À travers des mots vibrant de passion et une mémoire étonnante des détails, Pierre Bergam nous relate avec émotion son extraordinaire parcours, ainsi que celui de son frère, pour entrer dans le cercle circassien sans être des « enfants de la balle », c'est-à-dire nés de parents artistes. Le travail, les innombrables heures de répétition et le soutien de leur oncle leur permettront, à force d'acharnement, d'aller au bout de ce qu'ils voulaient devenir, de vivre leur amour pour la scène et le spectacle, malgré les difficultés ainsi que les risques du métier. Continuant à transmettre sa passion dévorante en l'enseignant à merveille, Pierre Bergam nous fait partager d'authentiques anecdotes familiales et professionnelles, riches de galas, de rencontres avec des célébrités, mais aussi de récits tragiques, comme les accidents de pistes. Un ouvrage qui nous fait découvrir les coulisses d'un monde de strass et de paillettes, et nous démontre que la persévérance et la ténacité permettent de réaliser les rêves les plus inaccessibles et, aussi, de concrétiser ceux des autres dans une belle aventure humaine.

  • « La cité, c'est aussi la forêt. Pour s'y rendre, il suffit de traverser ce fameux ruisseau des houillères, qui charrie une eau noire comme le charbon, puis passer devant les résidences individuelles ("les chalets") des employés de la mine. Nous savons que nous ne sommes pas très appréciés dans ce quartier, mais à dix ans, il n'y a pas de complexe, le monde nous appartient. Aussi nous prenons tout notre temps pour gravir un petit sentier qui débouche sur un dernier obstacle, avant d'accéder à notre jungle ! » Années soixante, est de la France. La famille Schaab vit alors dans la cité du Kobenberg. Une période faite de découvertes et d'amitiés, d'émois et d'aventures pour le jeune Roland qui fait de cet espace celui de son initiation au monde, aux femmes, aux différences sociales aussi. Un espace qu'il revisite aujourd'hui, par la mémoire et l'écriture, dans ce texte autobiographique qui, par-delà la recomposition heureuse des souvenirs, livre aussi une analyse juste de la déliquescence de ces quartiers.

  • 10 mars 1939, banlieue est de Rouen. Pour Thérèse, tout commence bien. Mais six mois plus tard, la guerre éclate. Elle a quinze mois lorsque son père, officier, est fait prisonnier. Direction l'Oflag IIB, en Pologne. Avec sa mère et son frère, Thérèse quitte la zone occupée et rejoint Montpellier. Au-delà du cercle familial, le monde paraît fou, la France sombre dans la collaboration. Hiver 1945, à Arnswalde, trois colonnes de neuf cents hommes, amoindris après cinq années de privations, quittent définitivement le camp sous une tempête de neige et entament à -12 °C un long périple. Leur errance durera près de trois mois... S'accrocher à la vie, espérer que la vie reprenne un jour son cours... Pour la fillette de six ans, tout reste à construire...

  • « J'observe que, de même qu'à Bangkok où j'éprouvais partout une impression de déjà vu d'où découlait un étrange sentiment de "revenir à la maison", ici, je me sens parfaitement à l'aise, tout me plaît, tout me semble déjà familier, et il va sans dire que maintenant, l'utilisation des baguettes n'a plus de secrets pour moi ! »

  • Bacau, Moldavie, années 1930. Les jours paisibles de la famille Lipan vont bientôt prendre fin. Le roi Carol, vénal et corrompu, solde la Roumanie aux Russes et aux Allemands avant d'abdiquer. L'été 1941, les alliances se déchirent, et la Roumanie, aux côtés de l'Allemagne, déclare la guerre au communisme arrivé à ses frontières. Ecaterina a quatorze ans, et son entrée forcée à l'internat n'est rien face aux horreurs qui l'attendent. Car après les combats, un coup d'État communiste installe une dictature qui sévira plus de quarante ans...

  • « J'aime les couleurs gris et rose, qui sont douces et s'harmonisent parfaitement. N'oubliez pas que je suis d'origine flamande bien que francophone, et que j'aime beaucoup le rose ! et là vous comprenez le titre de mon livre. Perché sur une patte, c'est un animal gracile d'une grande élégance et fragilité en même temps. Sous cette apparence, il dégage une grande force et puissance et je m'y retrouve bien puisque je ne peux compter que sur une jambe et que j'ai une certaine force mentale. » Après trente-six années d'exercice en tant que psychologue et psychothérapeute EMDR, Marie-Claire de Hemptinne se confie à "coeur ouvert" dans son autobiographie. Le récit de sa douloureuse enfance et adolescence nous apprend ce qui a motivé les choix de sa future vie d'adulte. Véritable manuel de savoir-vivre, cet ouvrage donne accès à des approches très diverses visant à se remettre d'un choc émotionnel ou d'un traumatisme. L'auteure prouve qu'il existe des moyens d'affronter ses démons, comme par exemple en exprimant ses souffrances au travers du mental, des émotions et du corps pour se libérer de leur emprise et trouver le bonheur. Grâce à sa riche expérience et ses conseils avisés, elle donne les clés permettant de mieux apprécier l'instant présent pour mener une existence harmonieuse et épanouie.

  • Pendant sept ans, Louis Suarez a vécu les tourments du second grand conflit mondial. Sept années au cours desquelles il a d'abord subi les mois d'attente de la « drôle de guerre » et les tragiques semaines du désastre de mai 1940, de la Blitzkrieg, de l'effondrement de la France et de la débâcle ; puis il a connu les années d'exil et de captivité dans un camp de Prusse Orientale - Stalag 1B à Hohenstein - et le travail en commando dans un grand domaine agricole allemand. Il a enfin survécu à trois mois de terreur dans le piège des atrocités et des crimes que les « libérateurs » soviétiques infligèrent à la population civile et aux prisonniers alliés dans les territoires d'Europe de l'Est.

  • Un accident de moto et, à vingt ans, toute la vie de John bascule... Avec elle, ce sont celles des membres de sa famille qui volent en éclats, qui se mettent à trembler, à balancer entre la peur et l'espoir que les choses - le handicap, le mal, l'éloignement - pourront se résorber. Et contre toute attente, John se bat, remonte patiemment la pente, surprend les siens, au point qu'il peut réintégrer le domicile familial... Jusqu'à ce que l'effroyable frappe de nouveau...

  • « La France me faisait rêver pour plusieurs raisons. Nous avions étudié la langue française, l'histoire, la littérature et un peu de sa géographie. J'étais fasciné par la Révolution de 1789. Égalité, Fraternité, Liberté : cette devise commençait à s'imprimer dans ma mémoire - c'est dans cet ordre-là que je la préfère ; en effet, j'ai toujours pensé que, sans les deux premières, nous ne pouvons pas avoir de liberté. Les Français, un grand peuple, le seul qui soit arrivé à se hisser au-dessus des autres dans le monde. Ils ont été imités par d'autres, mais des hommes qui avaient cette envergure, il n'y en avait plus, c'était mes observations du moment. »

  • « Bizarre, mais je n'ai pas encore conscience d'être papa. Encore quelques minutes et tout ça va bien changer... Enfin, on vient chercher Élise pour la conduire dans sa chambre. Elle doit rester allongée car elle est K.-O. Le transbordement sur le lit roulant se fait limite au transpalette (je décooooonne !). La sage-femme pousse son lit dans le couloir. Je les suis en silence. On n'a pas fait trois mètres que la sage-femme se retourne vers moi et me dit : "Vous n'oubliez pas quelque chose ?" Je la regarde. Elle me regarde puis du menton me signale de me retourner. MERDE ! J'oubliais mon fils dans son berceau roulant. Punaise, Rosen ! Ça démarre fort. La sage femme rigole (elle en a vu d'autres). Élise aussi. Je me précipite et commence à pousser le berceau. Je regarde Antoine, et là, ça me saute aux yeux. ON EST TROIS !!! »

  • « Le curé attendait, et moi je n'avais qu'une envie, c'était qu'il me laisse tranquille. Comme il insistait pour que je lui confesse quelque chose, j'ai explosé, en alsacien : "Mais dites-moi ce que je dois vous raconter ! Je suis tout le temps assise sur cette chaise, je ne fais rien de ma journée, je n'ai pas d'activité, à part mes tâches ménagères ! Vous voulez que je vous confesse des carottes, des pommes de terre et des petits pois ? Je n'ai rien à vous dire ! Vous pouvez repartir quand vous voulez !" Ce jour-là, je lui en ai sorti de toutes les couleurs. » Cette situation, cette existence au bord de la route, L. Fuhrer-Syda ne l'acceptera même jamais... Tout simplement pas dans son tempérament. Aussi, malgré le handicap, les coups du sort, les échecs, empoignera-t-elle toujours la vie à pleines mains. Une volonté de fer dans un corps certes fragile, mais capable d'exploits sportifs, de danser, de pratiquer l'escrime, de donner naissance à deux enfants : voilà ce qui caractérise cette femme qui, avec cette autobiographie revient, avec sagesse et humour, mais aussi avec une pointe de fierté méritée, sur une trajectoire qui n'a de cesse de défier les vents et les marées pour mieux tutoyer les sommets et le bonheur. Un récit de vie inspirant et galvanisant !

  • « Je m'arrête de temps en temps pour observer la nature si vaste qui s'offre à mes yeux. "La France est grande, elle est éternelle." Cette phrase qui me vient à l'esprit je la soumets aux lecteurs, elle met en exergue cette dichotomie de la courte vie et de ses insuffisances réservées aux humains par rapport à l'éternel de cette terre. Elle renforce l'idée de cette recherche et de ce besoin des diverses protections humaines à acquérir, des forces morale et physique pour atteindre une certaine forme d'éternité. Et cette grandeur, en profitons-nous réellement et nous donne-t-on les moyens d'en bénéficier, voire d'en être vraiment à l'origine ? » Être attentif au temps et à son rythme, aux variations de la nature, aux hommes et aux femmes que nous croisons et côtoyons. Et de cette observation, en retirer joie et émotions. Double invitation que nous lance l'auteur avec ce texte où l'écriture recueille la beauté des moments paisibles, des rencontres, des paysages et des voyages, vécus d'année en année. OEuvre inclassable, qui se donne pour objet de fixer l'éphémère et le passager, « Sur les chemins... » se lit comme une douce ode à la vie et à la contemplation.

  • « Fouille et refouille, je récupérai mes vêtements et je fus invitée à rendre ceux de l'État et à enfiler mes propres affaires. J'avais aux pieds les gros souliers d'hiver envoyés par ma mère, trois pointures de trop, mais qu'importe. J'étais libre. Ce n'était plus un rêve, je quittais pour de bon cet endroit, j'allais de l'autre côté du mur là où tant de fois j'avais rêvé me retrouver. Avec mon baluchon sous le bras, devant les portes ouvertes, je fis les premiers pas dans le monde libre. Dehors c'était le printemps, nous étions en avril 1954. » Des premiers internements de la République populaire au coup d'État de 1989, en passant par la révolution de 1956, ce sont cinquante années d'histoire de la Roumanie communiste que dévoile le récit terrifiant d'Iléana Landi Goga, à travers le destin de sa tante Ecaterina. Incarcérée de 1949 à 1954, puis à nouveau condamnée en 1959 à vingt-cinq ans de détention, celle-ci sera finalement libérée en 1964... De prison en prison, d'espoir en désillusion, avec une liberté au goût amer à la clef, ce second tome conclut une saga authentique, édifiante, déchirante.

  • Renaud est un homme contemporain banal qui lutte pourtant avec originalité pour vivre dans cette société qu'il décrit comme cruelle. C'est un idéaliste, et l'idéalisme a peu de place dans ce monde. Alors il fuit, consciemment ou non, cette réalité incompréhensible qui l'entoure, celle de l'école, de l'entreprise, fuit les protocoles et les règles... Il se découvre un mode de fonctionnement singulier, un univers atypique, un monde où l'imaginaire envahit le champ de sa pensée. Ce n'est pas sans souffrance qu'il évoluera mais en luttant contre la maladie. À trente-neuf ans, marié, trois enfants, ayant travaillé dans une dizaine de sociétés, créé une entreprise, sans cesse à la recherche d'adrénaline dans les sports extrêmes et autres aventures, voyages à travers le monde, fouillant dans les livres à la recherche de solutions, sa quête du bonheur n'est toujours pas atteinte. Comment progresser sans blessure quand l'idéal recherché n'existe pas ? Le désir du toujours plus s'avère être un leurre. Comment donner un sens à sa vie ? Après un tragique accident qui changera le fil de son existence, il identifiera alors des plaisirs plus purs et plus intenses. Projets humanitaires et caritatifs lui apporteront un nouvel élan... Diagnostiqué intellectuellement précoce à l'âge adulte, mais aussi bipolaire, l'auteur témoigne d'une vie portée par une sensibilité hors norme. Continuellement en manque de sensations fortes et avec un besoin perpétuel d'alimenter ce cerveau en ébullition, il lui faudra sans cesse raviver cette étincelle de passions qui le nourrit, tandis que les périodes de calme et de répit sont considérées comme ses pires ennemis et sources d'un profond mal être. Écrit avec pudeur et sincérité, ce récit sur la maladie est une histoire personnelle vive d'émotion, une aventure humaine passionnante, un message d'espoir sur la force de la vie.

  • « Sous le signe de deux croix se déroulaient mon enfance et ma jeunesse, ainsi que celles de nombreux amis et camarades de classe. Les deux croix - la croix gammée et le symbole chrétien de la rédemption - se trouvaient en opposition. Cependant, les deux nous attiraient sans que nous perçussions au début leurs contradictions. En grandissant, nous commencions à reconnaître ces contrastes et cela nous incitait à la réflexion. La mise en question de la croix gammée nous perturbait car la propagande permanente nous avait influencés. Mais nous étions aussi des chrétiens et entendions le rester. Et c'est ainsi que commença une époque conflictuelle qui nous amena à discuter avec des adultes. La guerre aggravait la situation car, en tant qu'Allemands qui aimaient leur patrie, nous souhaitions la victoire et nous nous investissions pour cela. Avec la fin de la guerre et de la dictature nazie, un monde s'écroula pour beaucoup de gens. La croix gammée avait perdu, étions-nous désormais à nouveau sous le signe d'une seule croix ? Certains ne trouvaient pas leur chemin et restaient attachés au passé. Ils avaient intériorisé des idéaux et ne voulaient pas ou étaient incapables d'admettre qu'ils s'étaient trompés. Parfois, cela marquait toute une vie. » Irmgard a treize ans lorsqu'éclate la Seconde Guerre mondiale. Elle est Allemande et grandit dans l'ombre grandissante du nazisme. Après s'être laissé d'abord influencer par le régime, elle s'en détache face aux doutes grandissants. En 1946, elle part vivre à Cologne, ville en ruine, où elle fera des études de piano... La diversité des points de vue disponibles sur le sujet venant à manquer dans l'hexagone, le récit d'Irmgard Schnellbächer interpelle d'autant plus. Son témoignage vient sonder l'âme d'une Allemagne prise au piège et brisée, questionnant son identité et son devenir face à l'horreur.

  • « Si ce n'était que moi, S'il ne s'agissait que de moi, J'y arriverais. Je m'en sors comme malade, Je peux vivre et penser à la mort. Je supporte les maux, Qu'on me donne à manger et qu'on sèche mes fesses, Mais, c'est aussi tous les autres, La famille, les enfants, les parents, les soeurs et frères, neveux et nièces, tantes, cousins et cousines, amis, voisins, connaissances... et les inconnus. » Mère de trois enfants, Tina Jansson est atteinte de sclérose latérale amyotrophique depuis 2006. Traduit du suédois par sa cousine Hedvig Brorsson-Jakobiak, son témoignage nous invite à partager l'intimité de cette maladie, également nommée la maladie de Charcot, à travers une collection de chroniques écrites au jour le jour. Au-delà de la peur, au-delà de la souffrance, l'auteur pose un regard lucide sur la vie et ses dérapages, avec distance, courage et humour.

  • « On est tous capables de faire quelque chose. Il faut s'en donner les moyens et surtout taper dans la bute, comme on dit chez nous dans la Sarthe, pour réaliser ce qu'on a de plus cher au monde. Pour moi, réussir sa vie, c'est d'abord avoir des projets, les visualiser, les mettre en route et ne jamais abandonner pour atteindre l'objectif. C'est parfois dur. Ça demande courage, ténacité. Mais quel bonheur quand le projet arrive à terme ! La réussite a été au bout du chemin... » Après une enfance riche en épreuves, Christian voit peu à peu le puzzle de sa vie se mettre en place. Porté par la Lumière qui l'accompagne depuis toujours, ce magnétiseur-radiesthésiste, exorciste à ses heures, apprend à se découvrir et à renaître à nouveau. Rencontres extraordinaires, rumeurs ou incompréhension : il dévoile ici ses atouts et ses embûches, nous invitant à découvrir un parcours de vie singulier qui ne manquera pas d'interpeller.

  • « Tous les habitants du quartier le connaissent, et la plupart d'entre eux, du moins ceux qui font partie de sa génération et qui sont encore vivants, reconnaissent volontiers l'ardeur dont il a toujours fait preuve au travail. Il était considéré, autant par ses amis que par ses ennemis, comme un travailleur pugnace, acharné, obstiné ; qui ne s'arrêtait que quand il avait atteint l'objectif qu'il s'était fixé. Chaque matin, on le voyait passer de bonne heure en sifflant ; l'oeil vif et la démarche alerte, il allait d'un bon pas cultiver son champ. » Après une dure vie de labeur, N.F. a été frappé de cécité à 70 ans. Plongé dans une obscurité angoissante, et sentant sa santé se détériorer au fil du temps, il retrouve, à 93 ans, un peu de réconfort et de compagnie pendant les neuf années de visites régulières de son filleul, revenu au pays, lui apportant détente et évasion. Ensemble, ils discutent de nombreux sujets et échangent leurs impressions communes sur la société et ses dysfonctionnements, à commencer par la destruction progressive et régulière du lien social. Ils évoquent et partagent des souvenirs, souvent empreints d'une douce nostalgie, d'une Martinique d'antan que regrette le vieil homme. Plus qu'un bel et poignant hommage à son parrain, le narrateur pousse un véritable cri du coeur. Il nous entraîne dans une profonde réflexion quant à notre rôle d'être humain : faisons-nous suffisamment preuve de patience, d'empathie et de générosité à l'égard des personnes âgées et/ou handicapées pour tenter d'apaiser leur souffrance, les délivrer de leur isolement, rendre moins cruel et plus supportable leur quotidien ?

  • Après la mort de son père, Gaëlle Moreau décide de lui écrire pour lui rendre compte de sa vie et de ses sentiments. Commence ainsi la rédaction de son journal intime. Elle aime voir le monde et accomplit ses rêves : l'Himalaya, le Népal, l'Islande, le Maroc... Nous la suivons dans tous ses périples, où elle déploie une sensibilité singulière ; « Je vois les petites choses de la vie que personne ne remarque », confie-t-elle, avec raison. Mais son don d'observation s'applique aussi en France, dans sa vie quotidienne. À travers les pages, elle entraîne son lecteur, entre le rire et les larmes, le fait de grandir, d'aimer, de souffrir, de se transformer petit à petit, sous les yeux de son père défunt. Ses convictions écologiques, ses amis, ses découragements et ses enthousiasmes, sa découverte de l'amour et de son homosexualité, tout est dit avec pudeur et sensibilité. Et nous lisons la vie de cette jeune femme touchante et parfois si seule avec une attention particulière. En se confiant, c'est souvent de nous qu'elle parle : nous retrouvons nos propres doutes, nos élans, toutes les petites choses qui construisent un destin.

  • «"Il va falloir que je te fasse une biopsie." Je suis sans voix pendant quelques instants... Les prélèvements sont effectués sans douleur, c'est déjà ça! Je me rhabille, c'est tout pour aujourd'hui, mais je dois revenir vendredi sans faute... Je sors de l'établissement et j'ai l'impression d'être devenue quelqu'un d'autre en quelques heures. J'ai sans doute un "CANCER". Quelle merde! Moi qui ai exercé pendant quinze années dans des services d'oncologie, je vais me retrouver de l'autre côté de la barrière... J'arrive à la sortie de l'école et quand j'aperçois mon petit Thibault, les larmes me montent aux yeux et j'éprouve beaucoup de difficultés à cacher ma détresse. Nous rentrons à la maison et j'essaye de reprendre le rythme habituel des choses, le goûter, les devoirs, le bain, la préparation du dîner, un immense gros câlin aux enfants et lorsqu'ils sont "enfin" couchés, je m'effondre...»

  • « Ma tâche devait consister à "viser de compenser l'état de fragilité, de dépendance et de difficulté dû à l'âge, à la maladie, au handicap ou aux difficultés sociales par une aide dans la vie quotidienne." Mon quotidien englobait en réalité la toilette, le ménage, le repassage, les courses, la préparation des repas, parfois le ramassage du courrier, l'achat des médicaments et les démarches administratives. »

  • La grande majorité des homosexuels ruraux ne s'adonnent pas à leur sexualité, ils n'ont aucune identité. Au village, ils dissimulent leur ambiguïté sexuelle qui doit rester secrète. Plus de 90% d'entre eux mènent une existence hétérosexuelle apparente, mariés ou non, avec ou sans enfants, car rares sont ceux qui restent célibataires : la société ne leur laisse pas le choix et les juge sans appel. Dénonçant les dérives du microcosme rural exacerbant les discriminations et le mal-être, le cri de révolte de Benoît Vogel, entre essai et témoignage, étude de moeurs et sociologie pure, dresse un état des lieux effrayant autour d'une petite poignée d'irréductibles stigmatisée comme nulle part ailleurs : ces homosexuels qui assument leur sexualité.

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