• Tanger, au début des années 2000. Un pédophile abuse de jeunes filles en leur faisant miroiter la publication de leurs poèmes dans son journal. Il agit en toute impunité, sans éveiller le moindre soupçon.
    Ce roman raconte l'histoire d'une de ses victimes, Samia, une jeune fille de seize ans. Elle ne se confie pas à ses parents, mais consigne tout dans son journal intime, qu'ils découvriront bien après son suicide.
    À partir de cette tragédie, les parents de Samia basculent dans un désordre qui révélera leurs lâchetés et leurs travers. Le père, homme intègre, rejoint la cohorte des corrompus. Ensemble, ils s'abîment dans une détestation mutuelle aussi profonde que leur chagrin.
    La lumière viendra d'un jeune immigré africain, Viad. Avec douceur et bienveillance, il prendra soin de ce couple moribond. Viad panse les plaies et ramène le souffle de la vie dans la maison. Le pauvre n'est pas celui qu'on croit. Et le miel peut alors venir adoucir l'amertume de ceux qui ont été floués par le destin.

  • L'insomniaque

    Tahar Ben Jelloun

    'J'ai tué ma mère. Un oreiller sur le visage. J'ai appuyé un peu. Elle n'a même pas gigoté. Elle a cessé de respirer. C'est tout. Ensuite j'ai dormi, longtemps, profondément.'

    Grand insomniaque, un scénariste de Tanger découvre que pour bien dormir il lui faut tuer quelqu'un. Sa mère est sa première victime. Hélas, avec le temps, l'effet s'estompe et il doit récidiver. Le scénariste se transforme en dormeur à gages. Il commet des crimes qu'il rêve aussi parfaits qu'au cinéma. Mais une erreur de scénario, et tout peut basculer...

  • Qu'est-ce que l'amitié ? L'imagination ? L'égalité ? Le racisme ?

    Parce qu'il n'est jamais trop tôt pour apprendre à penser, Tahar Ben Jelloun invite le lecteur à s'initier dès le collège aux notions clefs de la philosophie. Une leçon de sagesse lumineuse et nécessaire qui, dans un monde toujours plus complexe, nous aide à mieux comprendre notre rapport à nous-même, à l'Autre et à notre planète.

  • Tahar Ben Jelloun
    Le racisme expliqué à ma fille
    " Un enfant est curieux. Il pose beaucoup de questions et il attend des réponses précises et convaincantes. On ne triche pas avec les questions d'un enfant. C'est en m'accompagnant à une manifestation contre un projet de loi sur l'immigration que ma fille m'a interrogé sur le racisme. Nous avons beaucoup parlé. Les enfants sont mieux placés que quiconque pour comprendre qu'on ne naît pas raciste mais qu'on le devient. Parfois. Ce livre qui essaie de répondre aux questions de ma fille s'adresse aux enfants qui n'ont pas encore de préjugés et veulent comprendre. Quant aux adultes qui le liront, j'espère qu'il les aidera à répondre aux questions, plus embarrassantes qu'on ne le croit, de leurs propres enfants. "
    TBJ
    Vingt ans après la publication de l'édition originale de ce livre (1998), alors que plus d'un million d'exemplaires se sont écoulés de par le monde, une nouvelle édition s'imposait.
    La voici, enrichie par l'expérience tragique de ces deux décennies, vingt années marquées notamment par l'entrée en scène du terrorisme islamiste et ses conséquences sur l'expression de la haine de l'autre.
    Une édition refondue et augmentée pour comprendre mieux encore et pour mobiliser.

  • La punition

    Tahar Ben Jelloun

    'Des ordres fusent, des insultes du genre "on va l'éduquer ce fils de pute". Le moteur de la jeep militaire crache une fumée insupportable. C'est l'époque où l'on vit dans la peur, où l'on parle à voix basse, en soupçonnant les murs de retenir les phrases prononcées contre le régime, contre le roi et ses hommes de main. Avant de repartir, l'un des deux soldats dit à mon père : "Demain ton rejeton doit se présenter au camp d'El Hajeb, ordre du général. Voici le billet de train, en troisième classe. Il a intérêt à ne pas se débiner."'

    En 1965, sous le règne d'Hassan II au Maroc, quatre-vingt-quatorze étudiants sont arrêtés pour avoir manifesté en faveur de la démocratie. Pendant dix-neuf mois, ils sont enfermés, humiliés, maltraités. Tahar Ben Jelloun a été l'un d'eux. La punition raconte au plus près ce que furent ces longs mois, qui le marquèrent à jamais et le firent secrètement naître écrivain.

  • Sur une place de Marrakech, un conteur relate l'histoire d'Ahmed, un homme au destin aussi troublant que fabuleux. Élevé dans le mensonge pour sauver l'honneur de son père, Ahmed n'a de masculin que le nom. Un sexe et une condition imposés qu'il finit par revendiquer : à vingt ans, il pousse le zèle jusqu'à s'unir à une fille délaissée, bientôt complice de sa vertigineuse descente aux enfers... Écrivain d'origine marocaine mondialement connu, Tahar Ben Jelloun est né à Fez en 1944. Il a écrit des romans, des essais et des recueils de poésie. Il a obtenu le prix Goncourt pour La Nuit sacrée en 1987 et le prix international IMPAC en 2004 pour Cette aveuglante absence de lumière, également en Points. « Une aventure qui semble sortie tout droit des Mille et Une Nuits. » J. M. G Le Clézio

  • Dans l'islam, il est permis à un homme qui part en voyage de contracter un mariage à durée déterminée pour ne pas être tenté de fréquenter les prostituées. On le nomme "mariage de plaisir". C'est ainsi qu'Amir, un commerçant prospère de Fès, épouse Temporairement Nabou, une Peule de Dakar, où il vient s'approvisionner chaque année en marchandises. Mais voilà qu'Amir se découvre amoureux de Nabou et lui propose de la ramener à Fès avec lui. Nabou accepte, devient sa seconde épouse et donne bientôt naissance à des jumeaux. L'un blanc, l'autre noir. Elle doit affronter dès lors la terrible jalousie de la première épouse blanche et le racisme quotidien.

    Puissante saga s'étalant sur trois générations entre Dakar, Fès et Tanger, Le mariage de plaisir est aussi un grand roman d'amour.

  • " Rappelez-vous ! J'ai été une enfant à l'identité trouble et vacillante. J'ai été une fille masquée par la volonté d'un père qui se sentait diminué, humilié parce qu'il n'avait pas eu de fils. Comme vous le savez, j'ai été ce fils dont il rêvait. Le reste, certains d'entre vous le connaissent ; les autres en ont entendu des bribes ici ou là. Ceux qui se sont risqués à raconter la vie de cet enfant de sable et de vent ont eu quelques ennuis : certains ont été frappés d'amnésie ; d'autres ont failli perdre leur âme. On vous a raconté des histoires. Elles ne sont pas vraiment les miennes. Même enfermée et isolée, les nouvelles me parvenaient. Je n'étais ni étonnée ni troublée. Je savais qu'en disparaissant je laissais derrière moi de quoi alimenter les contes les plus extravagants. Mais, comme ma vie n'est pas un conte, j'ai tenu à rétablir les faits et vous livrer le secret gardé sous une pierre noire dans une maison aux murs hauts au fond d'une ruelle fermée par sept portes. " Ahmed, " l'enfant de sable ", a grandi. Il (ou elle) a vieilli et prend, à son tour la parole. Dans cette Nuit sacrée, Tahar Ben Jelloun livre peut-être la clé de l'un de ses romans les plus troublants de ces dernières années. L'Enfant de sable avait été salué par toute la critique et lu par des dizaines de milliers de lecteurs.

  • Les jeunes sont une proie privilégiée pour la peur qui s'est installée au coeur de l'Europe, et en France en particulier, depuis les derniers attentats djihadistes. Comment les aider à s'en libérer ? En mettant des mots sur la chose. En retraçant l'histoire du mot terrorisme et des réalités qu'il désigne, depuis certains des épisodes les plus sanglants de l'histoire jusqu'au déchaînement actuel du fondamentalisme islamiste, auquel l'essentiel du dialogue est consacré. A nouveau, c'est avec sa fille que Tahar Ben Jelloun s'explique ici. Écrivain, romancier, Tahar Ben Jelloun a reçu le prix Goncourt en 1987 pour La Nuit sacrée (Seuil). Le Racisme expliqué à ma fille et L'Islam expliqué aux enfants (et à leurs parents) ont connu un succès public considérable.

  • Casablanca, début des années 2000. Un peintre, au sommet de sa gloire, se retrouve du jour au lendemain cloué dans un fauteuil roulant, paralysé par une attaque cérébrale. Sa carrière est brisée et sa vie brillante, faite d'expositions, de voyages et de liberté, foudroyée.
    Muré dans la maladie, il rumine sa défaite, persuadé que son mariage est responsable de son effondrement. Aussi décide-t-il, pour échapper à la dépression qui le guette, d'écrire en secret un livre qui racontera l'enfer de son couple. Un travail d'auto-analyse qui l'aidera à trouver le courage de se libérer de sa relation perverse et destructrice. Mais sa femme découvre le manuscrit caché dans un coffre de l'atelier et décide de livrer sa version des faits, répondant point par point aux accusations de son mari.
    Qu'est-ce que le bonheur conjugal dans une société où le mariage est une institution? Souvent rien d'autre qu'une façade, une illusion entretenue par lâcheté ou respect des convenances. C'est ce que raconte ce roman en confrontant deux versants d'une même histoire.

  • L'ablation

    Tahar Ben Jelloun

    "Témoins vigilants, observateurs attentifs, il arrive parfois que les romanciers se voient confier des vies pour les raconter dans leurs livres. Ils font alors fonction d'écrivain public. C'est ce qui m'est arrivé il y a deux ans lorsqu'un ami, qui avait été opéré de la prostate, m'a demandé d'écrire l'histoire de son ablation.
    Je l'ai écouté pendant des heures. Je l'ai accompagné dans ses pérégrinations hospitalières. Je suis devenu ami avec le professeur d'urologie qui le suivait. L'idée d'un livre s'est imposée peu à peu. Un livre utile qui rendrait service aux hommes qui subissent cette opération, mais aussi à leur entourage, leur femme, leurs enfants, leurs amis, qui ne savent comment réagir.
    Mais la situation était délicate : fallait-il, comme le demandait mon ami, tout raconter, tout décrire, tout révéler ? Après réflexion, j'ai choisi de tout dire." Tahar Ben Jelloun.

  • L'auteur de L'Enfant de sable et de La Nuit sacrée (Prix Goncourt 1987) est un grand familier de la tradition des contes et légendes, lui qui puise dans les rites et les mythes ancestraux une bonne partie de sa matière romanesque. Et c'est avec une évidente gourmandise qu'il a entrepris de réécrire dix contes de Perrault (Riquet à la houppe, Le Petit Poucet, Barbe-Bleue, La Belle au bois dormant, Les Fées, Le Chat botté, Peau d'âne, Le Petit Chaperon rouge, Les Souhaits ridicules et Cendrillon) en les installant dans un contexte " arabe et musulman ", en les orientalisant en quelque sorte.
    La réussite est totale. Surprises en tous genres, clins d'oeil et savoureux rebondissements sont au rendez-vous. Pour le plus grand plaisir des petits et des grands.

  • L'insomnie

    Tahar Ben Jelloun

    'S'il vous plaît... un petit peu de sommeil... un petit peu de cette douce et agréable absence... Une simple échappée, une brève escapade, un pique-nique avec les étoiles dans le noir...'
    Grand insomniaque, un scénariste de Tanger découvre que pour enfin bien dormir il lui faut tuer quelqu'un. Sa mère sera sa première victime. Hélas, avec le temps, l'effet s'estompe... Il doit récidiver. Le scénariste se transforme en dormeur à gages. Incognito, il commet des crimes qu'il rêve aussi parfaits qu'au cinéma. Plus sa victime est importante, plus il dort. Et c'est l'escalade.
    Parviendra-t-il à vaincre définitivement l'insomnie? Rien n'est moins sûr. Une erreur de scénario, et tout peut basculer.

  • Un travailleur immigré, reclus dans une malle, noue une relation avec une femme rêvée à laquelle il livre son histoire intime et les souvenirs de son pays. Pour échapper à son fantasme qui l'isole, il décide de retourner vers le monde des vivants. Dans la rue, il subit la violence, la haine et le racisme mais rencontre aussi Gazelle, une jeune Palestinienne, qui l'aide à rompre avec sa solitude.

  • Toi qui viens
    Donne-moi le sens des choses
    La direction des vents
    Le nom de ce que je ne connais pas
    La couleur de l'espérance
    La plénitude de l'amour
    Et la présence

    Donne-moi ce que tu as
    Car je suis ce que je peux.

  • L'amitié est une religion. Fidèle ou occasionnelle, elle est la source des plus grandes joies. Silencieuse ou démonstrative, elle ne supporte aucun manquement et se retrouve parfois la cible de trahisons et de blessures jamais apaisées. De l'école coranique au prix Goncourt, la vie de Tahar Ben Jelloun est jalonnée de rencontres d'une vie ou d'un soir.
    Écrivain d'origine marocaine mondialement connu, Tahar Ben Jelloun est né à Fès en 1944. Auteur de romans, d'essais et de recueils de poésie, il a obtenu le prix Goncourt en 1987 pour La Nuit sacrée et le prestigieux prix international Impac en 2004 pour Cette aveuglante absence de lumière. Ses livres sont disponibles en Points.
    " Édité par le légendaire Maurice Nadeau, il a trouvé des admirateurs en Roland Barthes et Samuel Becket. "
    The Independent

  • Dans l'âpre dénuement d'un village berbère du Sud marocain, une petite fille - la narratrice - s'affronte à sa tante, incarnation du mal, découvre la cruauté, rêve à son père parti travailler en France et porte en elle un indicible secret, laissé par l'arrière-grand-père : celui du trésor enfoui dans la montagne et qu'elle seule, au nom du village, pourra découvrir... Un jour d'après drame, le père revient de " Lafrance " pour arracher toute sa famille au désastre du village et la ramener à Paris, dans le quartier de la Goutte d'Or. La narratrice, dès lors, découvre un univers qu'elle ne soupçonnait pas : les voitures et la pluie, mais aussi les livres et la langue française, l'égoïsme raciste des uns, la générosité des autres, et l'amour... Ce long apprentissage, cette " deuxième naissance ", marque aussi un lent, un irrésistible déracinement, qui laissera l'ancienne " petite fille " dans l'ambiguïté d'un territoire nouveau : un " troisième lieu " qui n'est ni la terre natale ni le pays d'adoption. Dans ce grand et ample roman de la maturité, Tahar Ben Jelloun conjugue tous les thèmes qui ont nourri son oeuvre : le déracinement et l'exil, la fatalité du malheur, le déchirement entre deux cultures, la condition des femmes, celles qui vivent encore les yeux baissés...

  • "Suivez-moi, nous quittons la terre rouge de Marrakech pour nous poser un jour de pluie sur le bord de la Méditerranée, oui j'ai osé tout quitter, j'ai fait le saut, je ne suis plus l'homme figé par la peur, à présent je suis ailleurs : je vous dirai Naples et ses bas-fonds, la gare de Naples un jour de vent et d'averse, une gare aussi immense et sale que toute la ville, une place des miracles avec des couleurs changeantes, des odeurs venues du lointain, des épices d'Afrique mélangées à la sueur des hommes qui ne savent pas où se poser, où se faire oublier, je vous dirai le bruit transporté par le vent, les cris des enfants de Gitans courant derrière des Anglaises apeurées, je vous dirai la Vieille, une peau toute ridée, enflée et bourrée de bonté, un personnage de roman tel que je l'ai toujours rêvé, une grande dame, sale et fardée, une mémoire qui a du mal à se taire, c'est à cause de l'asthme, à cause des illusions de la vie, je vous dirai Momo, le Sénégalais clandestin, colosse au petit cerveau, vendeur de bricoles sur les trottoirs, je vous dirai l'histoire d'Idé et Gino, Iza et moi, oui, moi aussi je me suis perdu dans les histoires des autres." T B. J.

  • Pour des hommes obligés de s'expatrier afin de vendre leur force de travail, l'absence d'affectivité se traduit quotidiennement ; abstinence forcée, refoulement croissant de leurs désirs sexuels. La misère matérielle dans laquelle ils vivent est de plus en plus connue et souvent dénoncée. Mais que dire de l'autre misère, moins visible, aussi évidente, celle de la solitude, celle qu'ils subissent dans la rue, dans la chambre, dans le sommeil ? C'est de cette misère vécue que Tahar Ben Jelloun témoigne, en transcrivant le discours de ces hommes venus le consulter dans le centre de médecine psychosomatique où il a exercé trois années durant.

  • Un destin funeste a voulu que Zina, lhéroïne de ce roman, soit conçue durant une nuit frappée de malédiction, « une nuit de lerreur » durant laquelle il ne fallait rien concevoir. Elle naîtra le jour de la mort de son grand-père. Ainsi ce qui devait être une fête fut un deuil. Frappée par le sort, maudite à jamais, elle sera un enfant, puis une femme en marge, celle par qui le malheur arrive. Zina fera de la cruauté sa façon dêtre au monde et se vengera des hommes captivés par sa beauté. « Les femmes sont cruelles, dira-t-elle, parce que les hommes sont lâches. » Zina semploiera à séduire puis à détruire ses amants. Trois lieux magiques, trois villes marocaines servent de décor à cette histoire : le Fès des années quarante, Tanger dix ans plus tard et Chaouen daujourdhui. Tahar Ben Jelloun met en scène plusieurs conteurs pour conjuguer les thèmes qui, depuis toujours, habitent son uvre : la violence des rapports entre lhomme et la femme, liberté « Comme par hasard, écrit-il, cest dans le désastre du monde que je me retrouve, dans les souffrances des innocents que je me reconnais. »

  • Après la prière solennelle du vendredi, il arrive que quelqu'un demande à l'assemblée de prier pour l'âme d'un corps absent, un corps qui n'a pas été retrouvé. C'est une prière brève, un recours et un renoncement, comme une conspiration de l'oubli. C'est aussi le signe d'une étrange destinée que celle de Yamna, ancienne prostituée et mendiante, de Sindibad et de Boby, deux vagabonds vivant au cimetière Bab Ftouh à Fès. Chargés d'un enfant qui vient de naître dans ce cimetière, ils entreprennent la traversée du Maroc, du nord au sud, et vont, comme en pèlerinage, de ville en village, d'histoire en histoire, vers la tombe de Cheïkh Ma-al-Aynayn, héros de la résistance marocaine (1830-1910) qui est aussi le marabout de leur mémoire. Pour chacun, il n'y a pas d'issue ; il n'y a pas non plus d'impasse, mais l'itinéraire inlassable à l'intérieur du pays et d'eux-mêmes. L'auteur, lui aussi, cultivé à la fois la fragilité et la passion du souvenir, et le récit s'inscrit, à l'image de l'histoire, comme un livre égaré que Tahar Ben Jelloun restitue au fil des pages.

  • Le dernier ami

    Tahar Ben Jelloun

    C'est à Tanger, ville internationale, cosmopolite et étrange, vers la fin des années cinquante. Deux adolescents, Mamed et Ali, se rencontrent au lycée français; se fréquentent et se lient d'amitié. Étalée sur une trentaine d'années, leur relation sera tissée de malentendus, d'épreuves dures subies ensemble, mais aussi de jalousie muette et de trahison. Cette amitié incandescente ressemble à une histoire d'amour qui tourne mal. Dans ce roman, cependant, chacun des personnages donne tour à tour sa version des choses. On constate qu'ils n'ont pas vécu la même histoire. A la naïveté de l'un, répond un égoïsme pervers et destructeur de l'autre. L'amitié elle-même serait-elle un malentendu ? Ce roman, écrit dans une langue directe et limpide, est aussi un portrait cruel du Maroc des années de répression et des désillusions qui s'ensuivirent. Audelà de ce paysage humain et politique, et jusqu'au retournement final, Le Dernier Ami laisse entrevoir une société complexe et contradictoire, archaïque et moderne. Même lorsqu'on s'exile du Maroc, on y revient pour mourir.

  • L'ange aveugle

    Tahar Ben Jelloun

    Dans le sud de l'Italie, là où l'Etat de droit n'est plus qu'une absence, règne une terrifiante fatalité : on l'appelle camorra à Naples, ndrangheta en Calabre et mafia partout ailleurs. A cause d'elle, insaisissable et omniprésente, triomphent la peur et les désespoirs. Les enfants eux-mêmes apprennent la loi du sang dans une région devenue celle du désastre et de la détresse. Au terme d'une longue enquête, après des milliers de kilomètres parcourus, Tahar Ben Jelloun propose ici le roman de la mafia. Tableaux enchaînés où apparaissent, de la veuve courage au juge désenchanté, de l'assassin à l'immigré venu d'Afrique, du criminologue amoureux à la Napolitaine fatale, tous les personnages d'une des tragédies les plus singulières de ce temps. C'est ce Sud caché que le regard "naïf et peut-être innocent de l'écrivain" permet de redécouvrir. "Il s'agissait, écrit l'auteur, de faire de la fiction avec les matériaux de la réalité et de reconnaître à la littérature une fonction primordiale : celle de "cambrioler" le réel apparent."

  • Vertueux dans un monde corrompu, consciencieux sans que l'on reconnaisse ses mérites, Mourad a toujours résisté aux tentations. Sa femme et sa belle-mère lui reprochent d'être resté pauvre. Au bureau, on ironise sur son train de vie minable. Mais les fonctionnaires comme lui ne sont-ils pas les derniers remparts protégeant l'État ?Un jour cependant, Mourad finit par craquer et accepte « une enveloppe ». Puis une deuxième. Il découvre avec ivresse les délices de l'argent facile, prend une maîtresse et emmène sa fille à la mer. Aussitôt, d'étranges malheurs s'abattent sur sa tête. On le soupçonne. On le traque. On l'interroge. Est-il si difficile d'entrer dans la tribu ?

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