• La fédération des «Six Corps des marchands de Paris», composée des drapiers, épiciers-apothicaires, merciers, pelletiers, bonnetiers et orfèvres, constitue la première force économique du royaume durant l'Ancien Régime. Ce livre est centré sur le dialogue mais aussi sur le rapport de forces qui n'a cessé de s'instaurer entre ce corporatisme institutionnalisé et la construction de l'Etat absolu. Il s'attache à la période qui s'étend du règne de Henri IV jusqu'à la suppression des corporations par Turgot en 1776. Esssai totalement original, il repose sur l'étude des archives inédites, notamment celles du collège de phramacie et celles des orfèvres, mais aussi l'exploitation du fonds manuscrit des six corps ainsi que sur une foule de factums, suppliques, mémoires, remontrances et requêtes.

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    Mathieu Marraud, chargé de recherche CNRS, effectue des recherches sur les rapports entre structure sociale et structure politique dans la ville d'Ancien Régime. Il a notamment publié:
    - La noblesse de Paris au XVIIIe siècle, Paris, Seuil, coll. « Univers historique », 2000, 574 p.
    - De la Ville à l'État. La bourgeoisie parisienne XVIIe-XVIIIesiècle, Paris, Albin Michel, coll. « Bibliothèque histoire », 2009, 575 p.
    Il est membre du Comité de rédaction de la revue Histoire & Mesure.

  • Longtemps assimilée à la libre conscience et à la naissance de lindividualisme, la bourgeoisie saccommode mal de lAncien Régime. Quelle place pour elle dans une société organisée par le privilège, quincarnent à eux seuls le clergé et la noblesse ? Peut-elle exister avant une Révolution qui aurait permis son avènement ? Alors que la théorie monarchique échoue à lui donner corps, létude des pratiques, des parcours sociaux offre une réponse.
    Entre la Fronde et la réforme des corporations par Turgot, en 1776, lunivers marchand fait la démonstration à Paris de son unité grâce à des thèmes dont laristocratie ne détient pas le monopole : honneur, lignage, discipline collective, puissance publique. Reliant les institutions urbaines, dont il défend lautonomie, un entrelacs de familles affirme la constance dun espace politique, fondé sur des usages anciens et contraires à labsolutisme royal. Ici la communauté est régie par lélection, par la délibération, et non par la transmission héréditaire des charges. Elle se renforce dans la spiritualité. Elle se construit encore sur sa capacité à refuser un seul modèle hiérarchique. À ses côtés, les familles qui cèdent à lappel de lanoblissement, des dignités de Cour, sabîment dans la ruine et lisolement.
    Tout en soutenant son appartenance aux cadres de pensée de lAncien Régime, la bourgeoisie parisienne révèle ici un jeu social inédit, tiraillé entre la Ville et lÉtat.

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