Gallimard

  • "Pourquoi inventa Poppaea de masquer les beautés de son visage, que pour les renchérir à ses amants ?" demande Montaigne. Le caché fascine. Voir, regarder, c'est désirer saisir, pénétrer, posséder. Devenir "oeil vivant" : tel est le voeu formulé par Rousseau. Interrogeant quelques grandes oeuvres - Corneille, Racine, La Bruyère, Rousseau, Stendhal -, Jean Starobinski montre comment, dans la création littéraire, l'exigence du regard, dépassant et détruisant la réalité visible, entraîne dans le monde de l'imaginaire ; comment aussi, aiguisée par l'obstacle et la déception, elle incite à toutes les perversions : exhibitionnisme, voyeurisme, sadisme, refus de la réflexion.

  • Suite de L'oeil vivant, cet ouvrage est consacré à la critique. Jean Starobinsky s'attache à établir les principes d'une critique de la relation, capable de coordonner les méthodes de la stylistique, de l'histoire des idées et de la psychanalyse. Une nouvelle interprétation d'un épisode des Confessions de Rousseau illustre le rapport de la théorie critique et de son application. Qu'est-ce qu'interpréter ? C'est déchiffrer, et c'est aussi imaginer. La deuxième partie passe donc en revue les divers champs de l'imagination : la parole, l'image, le corps. Et la troisième, traitant des rapports de la littérature et de la psychanalyse, pose une question déconcertante : quelle est la part d'imaginaire qui s'immisce dans la lecture psychanalytique ? Comme toujours, Jean Starobinski se révèle un maître-lecteur, qui incite à lire ou relire les grands livres.

  • 'Rousseau procéda à la manière des prédicateurs. Il accusa le mal, pour mieux annoncer le remède. C'est "l'indignation de la vertu", assure-t-il, qui marqua le début de sa vocation "philosophique", lorsqu'un concours d'académie souleva la question des co

  • "'J'ai un diable de ramage saugrenu, moitié des gens du monde et des lettres, moitié de la halle.' C'est le Neveu de Rameau qui le dit à son interlocuteur, qui l'écoute et qui lui réplique.
    Car Diderot est un écrivain qui tend l'oreille en tous lieux. À

  • Trois fureurs

    Jean Starobinski

    Jean Starobinski interroge trois figures exemplaires de la folie. Remontant à des documents capitaux, il met en évidence ce qui nous fascine et nous terrorise dans l'aliénation. L'enjeu n'est pas esthétique : il y va de notre principal pouvoir, celui que nous exerçons sur nos actes, et que dissout la fureur. Trois textes sont lus au plus près : l'Ajax de Sophocle ; le récit de l'Évangile de Marc qui relate l'exorcisme du démoniaque de Gerasa par le Christ ; une oeuvre picturale enfin, le Cauchemar de J.H. Füssli, où l'apparition de l'incube provoque l'effet d'étrangeté inquiétante.
    Jean Starobinski met en oeuvre son savoir d'historien, de médecin, de critique et se donne tout entier à l'écoute des textes et de leurs relations internes.

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