• Ofer, mon enfant, nous irons ensemble à la frontière palestinienne. Tu rejoindras le camion militaire et je partirai sans me retourner. Je marcherai sur les chemins de Galilée, avançant toujours, jusqu'à ton retour. Je n'irai pas seule. Avram, mon amour de jeunesse, sera avec moi. Je lui parlerai de toi, de tes colères, tes silences butés, ton sourire et tes sanglots. Ofer, mon enfant, reviens-moi.

  • Sur la scène d'un club miteux, dans la petite ville côtière de Netanya en Israël, le comique Dovalé G. distille ses plaisanteries salaces, interpelle le public, s'en fait le complice pour le martyriser l'instant d'après. Dans le fond de la salle, un homme qu'il a convié à son one man show - ils se sont connus à l'école -, le juge Avishaï Lazar, écoute avec répugnance le délire verbal de l'humoriste.Mais peu à peu le discours part en vrille et se délite sous les yeux des spectateurs médusés. Car ce soir-là Dovalé met à nu la déchirure de son existence. La scène devient alors le théâtre de la vraie vie.Un cheval entre dans un bar est un récit vibrant, porté par un souffle dévastateur qui évolue sur une frontière mouvante entre réalité et inconscient, sentiments violents et actes inaboutis, et où l'humour et la dérision infiltrent les épisodes poignants. David Grossman le magicien se fond dans ses personnages, reproduit leurs propos, du plus cru au plus délicat, exhume les souvenirs refoulés. Tient, en somme, la comptabilité des âmes.David Grossman, né à Jérusalem en 1954, est l'auteur réputé d'essais engagés qui ont ébranlé l'opinion israélienne et internationale et de onze romans abondamment primés dont Une femme fuyant l'annonce (prix Médicis étranger 2011). Lauréat en 2010 du prix de la Paix des libraires allemands, il est officier de l'ordre des Arts et des Lettres.Traduit de l'hébreu par Nicolas WeillNicolas Weill, né en 1957, ancien élève de l'École normale supérieure, est journaliste au Monde et traducteur de l'hébreu, de l'anglais et de l'allemand ainsi qu'auteur d'essais relatifs à l'histoire des Juifs et de l'antisémitisme.

  • Un homme quitte soudain la table du dîner, fait ses adieux à sa femme, après avoir gardé pendant cinq ans le silence sur « cette nuit-là ». Il se met en route pour « là-bas », à la recherche de son fils mort.
    De jour en jour, sa marche autour de la ville

  • Le Sourire de l'agneau est le premier roman de David Grossman. Il nous relate l'histoire d'Ouri, jeune soldat israélien idéaliste stationné dans un village arabe de Cisjordanie, et de Shosh, sa compagne, employée dans une institution psychiatrique pour enfants. Déçu, amer, désespéré par la réalité du monde qui l'entoure, Ouri devient étranger à tout ce en quoi il a cru auparavant. Tandis que Shosh le trompe avec son ami Katzman, le cynique, le défenseur des mensonges, il se réfugie auprès de Hilmi, vieux conteur arabe fantasque, et dans son monde fabuleux de légendes.
    Le Sourire de l'agnea u, c'est l'histoire du mensonge et de la fiction, de la manière dont le mensonge envahit la vie d'un être sincère. C'est l'histoire du peuple juif, champion de la justice et de la morale, qui en Israël érode ses propres valeurs en opprimant un autre peuple.
    Ce livre marque un jalon important dans la littérature israélienne, d'abord parce qu'il traite du thème de l'occupation jusqu'alors soigneusement éludé, mais surtout parce qu'il révèle le don exceptionnel propre à Grossman pour évoquer sentiments, situations, paysages, odeurs et couleurs.
    A propos de Voir ci-dessous : Amour
    " Dans quelques livres mythiques comme Le Bruit et la Fureur de Faulkner, Le Tambour de Günter Grass, Cent Ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez, de grandes visions de l'histoire nous sont racontées de manière nouvelle. Voir ci-dessous : Amour pourrait bien être un héritier de cette lignée brève mais impressionnante. "
    Edmund White, The New York Times

  • " Qui suis-je ? Qui suis-je ?" s'interroge Nono Fayerberg, fils d'un célèbre policier de Jérusalem.
    Pourtant quand, à la veille de son treizième anniversaire, il monte dans le train pour se rendre chez son oncle, il ne se doute pas qu'il n'arrivera jamais à sa destination.
    Car dès l'instant où l'enfant rencontre le mystérieux et séduisant Félix, l'inconnu l'entraîne dans une aventure fantastique, avec détournement de train, kidnapping à bord d'une fabuleuse Bugatti – la seul en Israël ! –, dîner en resquille, fuite nocturne pour échapper à la police, visible à la célèbre actrice Lola Chiperolla.
    Mais qui est Félix Glick. Comment est-il si bien informé sir Nono et ses parents, notamment Zohara, la mère qu'il n'a jamais connue ? Pourquoi nourrit-il une telle haine à l'égard de son père ? Dans quel but secret l'embarque-t-il dans cette course folle à travers le pays ?
    Tel est le périple, véritable voyage initiatique au terme duquel Nono parviendra à résoudre toutes les énigmes, obtenir la réponse à sa question " Qui suis-je ? " et exaucer son vœu le plus cher.
    En bref, il sera devenu un homme.
    David Grossman nous offre ici un livre magique, pétillant d'invention. Rarement un écrivain aura su avec autant de vérité, de poésie et de jubilation restituer le monde de l'enfance, pour le plus grand bonheur des adultes.

  • Immense romancier, David Grossman est aussi un intellectuel d'une rigueur morale infaillible et d'une profonde humanité, dont la voix puissante ébranle régulièrement l'opinion israélienne et internationale. Pour preuve, les onze interventions réunies dans ce volume, qui résument dix ans d'écriture et d'engagement.
    Au fil des nombreux thèmes abordés – la recherche inlassable de la paix entre Israël et les Palestiniens, les effets dévastateurs de la guerre sur la société israélienne, le terrorisme, la Shoah et son empreinte persistante sur l'âme juive –, Grossman nous entraîne dans les coulisses de son œuvre littéraire, nous dévoilant combien celle-ci se nourrit du quotidien et de la " situation " (euphémisme israélien pour désigner le conflit au Proche-Orient) ; et, inversement, comment le deuil, l'angoisse existentielle et la violence sous toutes ses formes l'ont incité à écrire.
    Au cœur de la réflexion de l'écrivain, une métaphore récurrente, aussi poignante que riche de résonances : la maison – et l'urgence, pour chacun, de retrouver le sens d'un foyer, dont les murs seraient synonymes non plus de séparation mais de rapprochement, d'harmonie, d'échange et de fraternité.
    Traduit de l'hébreu par Jean-Luc Allouche et Rosie Pinhas-Delpuech
    David Grossman, né à Jérusalem en 1954, est l'un des plus grands romanciers israéliens. Salué par le prix Médicis étranger et le prix du Meilleur Livre étranger du magazine Lire en 2011 pour Une femme fuyant l'annonce, couronné par le Man International Booker Prize en 2017 pour Un cheval entre dans un bar, il est également l'auteur d'essais remarqués (Le Vent jaune, 1988) ainsi que d'ouvrages pour la jeunesse. Lauréat en 2010 du prix de la Paix des libraires allemands, David Grossman est officier de l'ordre des Arts et des Lettres.

  • 1967, Beit-haKerem, un quartier populaire de Jérusalem. L'Histoire et les canons de la guerre des Six-Jours résonnent au loin mais Aharon Kleinfeld ne les entend déjà plus. Second enfant solitaire d'une famille de réfugiés juive-polonaise, cet adolescent

  • Elles sont trois : Véra, sa fille Nina, sa petite-fille Guili, soudées par les liens du sang et déchirées depuis des décennies par un terrible secret. Le jour du quatre-vingt-dixième anniversaire de Véra, célébré avec faste au kibboutz, Guili, brûlant de mettre au jour l'histoire de sa famille, décide de tourner un film sur sa grand-mère. C'est ainsi que les trois femmes s'embarquent pour un long voyage vers le passé, dans la Croatie natale et sur les lieux de souffrance de Véra. Pendant leur périple, celle-ci livre pour la première fois le récit de son existence. Que s'est-il réellement passé, lorsqu'elle a été condamnée à trois ans de travaux forcés sur l'île-goulag de Goli Otok par la police secrète de Tito ? Et pourquoi, refusant de trahir la mémoire de son mari Milosz, exécuté comme espion stalinien, a-t-elle dû abandonner sa fille Nina, alors âgée de six ans, laquelle, jamais remise du traumatisme, a abandonné plus tard sa propre fille, Guili ? C'est par la voix de cette dernière et l'écho de quelques autres que nous cheminons à rebours, sur les traces d'un destin tragique, à la croisée de ces moments de l'Histoire qui forcent les individus à faire des choix impossibles.

    Le douzième roman de David Grossman explore de façon magistrale les rapports mère-fille, la question du silence et de la transmission. Au fil des révélations, le livre nous emporte dans un crescendo qui culmine avec une rare intensité émotionnelle et s'achève avec grâce sur le pardon, dans un élan d'amour et de compassion.

    Traduit de l'Hébreu par Jean-Luc Allouche

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