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  • En 1658, des religieuses se disent possédées. En 1660, l'« épidémie diabolique » atteint les habitants de la ville. Des exorcismes publics ont alors lieu. Des femmes laïques sont condamnées au bannissement, d'autres sont massacrées par la population. Une « étude de psychologie historique », réalisée d'après des archives exceptionnelles.

  • Le diable au couvent

    Benoît Garnot

    • Imago
    • 11 Février 1995

    Entre 1658 et 1663, le couvent des Ursulines, à Auxonne, près de Dijon, est le théâtre d'une étrange affaire de possession diabolique. Une quinzaine de religieuses, raconte-t-on, sont habitées par les démons. L'épidémie de sorcellerie s'étend peu après sur la ville, et des femmes laïques - jugées responsables de ces faits - sont condamnées au bannissement, brûlées au bûcher ou massacrées par la population. Mais, en octobre 1660, Barbe Buvée, soeur de Sainte-Colombe, reconnue comme la principale coupable, est accusée publiquement - notamment par la mère supérieure - de magie, de sortilège et d'infanticide, et mise aux fers au couvent...

  • Le 29 octobre 1728, alors qu'il rentrait chez lui, Jean Boiveau, « Sieur de Volesvres », est assassiné sur la route. Son épouse, Magdelaine, est accusée du crime - perpétré par tueur à gages - et condamnée, un an plus tard, à la question puis à la décapitation. L'affaire Boiveau, qui défraya alors la chronique, amènera la déposition de cent cinquante témoins. Relatant les faits avec talent, Benoît Garnot s'attache surtout à reconstituer le cadre social et les modes de pensée en oeuvre dans ce fait divers, ceux de la victime et de son entourage, ceux des juges, et enfin ceux du clergé, qui tentera de réhabiliter la « dame de Volesvres » après sa mort. Par les passions qu'elle implique, par la richesse exceptionnelle du dossier judiciaire dont nous disposons, cette affaire criminelle forme un témoignage précieux pour mieux connaître les mentalités au XVIIIe siècle.

  • Aux XVIIe et XVIIIe siècles, plus qu'aux siècles précédents, le pouvoir grandissant de l'État impose à la population des villes, puis des campagnes, des institutions judiciaires efficaces et structurées. Inventant la « police », s'appuyant sur des spectacles de supplices et un usage plus prononcé de l'incarcération, l'époque moderne voit s'affirmer la criminalisation de l'individu, ainsi encadré et contrôlé.

  • Dominer et dresser : tel est, au XVIIIe siècle, le projet politique, social et religieux des élites face au peuple. Conjuguant leurs efforts, l'Église et l'État vont tout faire pour modifier en profondeur les mentalités populaires, entreprenant ainsi une immense oeuvre de remodelage des esprits et des corps. Mais le peuple ne renoncera pas à ses manières d'être et de penser...

  • « Intolérable anomalie », l'erreur judiciaire s'avère riche d'enseignements sur l'application du droit et sur l'état des sociétés qui la génère. Comment, selon les époques, se produit-elle ? Provient-elle d'une simple défaillance humaine ou d'un dysfonctionnement plus profond ? Pourquoi se trouve-t-elle parfois au coeur de véritables luttes idéologiques ? Les pratiques judiciaires seraient-elles flexibles en fonction de la conjoncture politique ou économique ?
    Dans cet ouvrage, historiens et sociologues s'interrogent sur de nombreux cas, les uns célèbres, les autres tombés dans l'oubli, et montrent que l'erreur judiciaire constitue toujours un révélateur de tensions et de conflits, souvent inavoués.

  • La torture judiciaire a pour but de faire avouer un crime à un suspect - voire parfois de lui extorquer les noms de ses éventuels complices - en lui infligeant, selon un processus précis, des sévices physiques très douloureux et insoutenables. Héritage du droit romain, cette torture est réintroduite en Occident dans la procédure pénale au XIIIe siècle. Mais dès le XVIIIe siècle, elle est abandonnée et, par la suite, universellement interdite par le droit international. Cependant, depuis quelques décennies, nous assistons à une nette régression car la voici redevenue une pratique d'État dans des pays tenus pour démocratiques, comme les États-Unis.
    Comment comprendre et expliquer une telle institution ?

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