• Naples et la Campanie sont dominées par la criminalité organisée - la camorra - sur fond de guerre entre clans rivaux et de trafics en tout genre : contrefaçon, armes, drogues et déchets toxiques. C'est ainsi que le Système, comme le désignent ses affiliés, accroît ses profits, conforte sa toute-puissance et se pose en avant-garde criminelle de l'économie mondialisée. Roberto Saviano, au péril de sa vie, a choisi l'écriture pour mener son combat contre la camorra. Il met au jour les structures économiques et territoriales de cette mafia surpuissante.

  • Jouir

    Sarah Barmak

    • Lizzie
    • 12 Novembre 2020

    "Un manuel sur la sexualité féminine et une jouissance décorrélée de la fécondation. Drôle, percutant, l'ouvrage a aussi une visée politique. Car l'égalité sexuelle participe du combat pour l'égalité tout court. Aux orgasmes, citoyennes !", Aurélie Marcireau, Le Nouveau magazine littéraireLibérée, la sexualité des femmes d'aujourd'hui ? On serait tenté de croire que oui. Pourtant, plus de 50 % d'entre elles se disent insatisfaites, que ce soit à cause d'un manque de désir ou de difficultés à atteindre l'orgasme. Si tant de femmes ordinaires sont concernées, peut-être qu'elles n'ont rien d'anormal et que ce n'est pas à la pharmacie qu'il faut aller chercher la solution. Le remède dont elles ont besoin est plus certainement culturel, et passe par une réorientation de notre approche androcentrée du sexe et du plaisir.
    Tour à tour reportage, essai et recueil de réflexions à la première personne, cet ouvrage enquête sur les dernières découvertes scientifiques ayant trait à l'orgasme féminin. On y apprend ainsi qu'une chercheuse en psychologie clinique a recours à la méditation de pleine conscience pour traiter les troubles à caractère sexuel. On y découvre aussi diverses façons dont les femmes choisissent de redéfinir leur sexualité. Cette aventure aux confins de la jouissance nous emmène jusqu'au festival Burning Man, où l'orgasme féminin est donné à voir sur scène, ou encore dans le cabinet feutré d'une thérapeute qui propose de soigner les traumatismes liés au viol à l'aide de massages sensuels.

  • Un document unique sur ce que représente le fait d'être l'enfant d'un des plus hauts dignitaires du IIIe Reich, dans une langue brutale.

    Voici un livre d'une violence extrême, dirigée contre un père, mais pas n'importe lequel : Hans Frank, ministre d'Hitler, puis gouverneur général de la Pologne occupée par les nazis - responsable, à ce titre, de la majeure partie des camps d'extermination -, pendu à Nuremberg.
    Niklas Frank, trop jeune à l'époque pour comprendre ce qui se passait, était cependant déjà habité par un sentiment d'amour/haine à l'égard d'un père dont il avait très vite décelé les mensonges. Plus tard, devenu adulte, il consacrera une grande partie de sa vie à travailler sur son histoire familiale dans le but d'établir la vérité sur les crimes de son père, largement niés par sa mère, ses proches et tous ceux qui ont gravité autour de lui.
    Cette tentative d'emblée vouée à l'échec de « comprendre » débouche sur une sorte de lettre au père, écrite dans une langue imaginative et brutale, qui s'attache à débusquer tous les faux-fuyants, tous les travestissements de la réalité. En creux, il s'agit aussi du portrait d'une enfance abusée, contrainte de participer à son insu à une entreprise d'anéantissement de l'être humain.

    À ce titre, c'est un témoignage historique de premier ordre à la fois sur la période nazie, sur l'occultation dont elle a été ultérieurement l'objet dans une partie de la société et de l'administration allemandes, et sur les ravages que provoquent les guerres et les crimes dans les générations suivantes.

    Niklas Frank est né en 1939. Journaliste au Stern pendant une grande partie de sa vie, il est aussi un des personnages important de Philippe Sands dans Retour à Lemberg et La Filière.
    « Un des livres les plus impressionnants que j'aie jamais lus. » - Philippe Sands

  • Les enfants invisibles Nouv.

    Une enquête d'une ampleur inédite sur la prostitution enfantine en Allemagne, Grande-Bretagne et États-Unis.

    Ils s'appellent Cassie, Gaby, Annette, Rup... Ils ont entre 13 et 17 ans, et vivent aux États-Unis, en Allemagne, en Angleterre. Un jour leur famille leur a paru insupportable et ils ont fugué, puis, pour survivre, se sont prostitués. Ce sont des enfants.
    Gitta Sereny, avec son incomparable talent pour saisir la vérité d'une vie, leur fait raconter leurs histoires, rencontre leurs parents, leurs proxénètes, cherche à les aider.
    Cela se passe dans les années 1980 - il n'y a pas si longtemps. Une époque où des hommes, ici, dans notre partie du monde, pouvaient presque impunément avoir des relations sexuelles avec des mineurs, où la pornographie commençait à devenir un produit de consommation de masse.

    À travers ces portraits, Sereny tente de lutter contre cet état de fait. Certains de ces enfants ont été sauvés, d'autres non.

    Avec leur colère, leur ingéniosité, leur mauvaise foi, leur innocence, ils incarnent cette enfance qui, toujours avide de liberté et pressée de grandir, risque de tomber entre les mains de ceux qui veulent lui faire oublier qu'elle est aussi, et surtout, vulnérable.
    Gitta Sereny (1921-2012), journaliste et écrivaine britannique, est l'auteure de classiques de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, comme Au fond des ténèbres, sur Franz Stangl, le commandant de Treblinka, et d'Une si jolie petite fille, dont la traduction française a connu un grand succès critique et public en 2015. George Steiner écrivait d'elle : « C'est, sans conteste la plus brillante de nos journalistes d'investigation. »

  • En 1906, une épidémie de fièvre typhoïde se déclare dans une famille de l'État de New York . Chargé d'en découvrir la source, George A. Soper enquête. En examinant les antécédents de Mary Mallon, la nouvelle cuisinière, il découvre que sept des huit familles pour lesquelles elle a travaillé ont été frappées par la maladie.

    La voici désormais identifiée comme la première porteuse saine de la fièvre typhoïde. Elle se voit confinée pour trois années sur l'île North Brother. Finalement, en 1910, Mary Mallon est libre à condition de changer de métier. Elle reprend néanmoins du service sous divers pseudonymes. Démasquée, la voici de nouveau en quarantaine à compter de 1915, où elle restera confinée jusqu'à la fin de ses jours, en 1938.

    George A. Soper (1870-1948) était un éminent ingénieur et épidémiologiste américain, docteur de l'université Columbia. Il s'est notamment illustré en 1938, en identifiant Mary Wallon comme le premier humain porteur sain de la fièvre typhoïde. Il est l'auteur de Leçons d'une pandémie paru chez Allia.

  • Découvrez en images les dernières innovations en intelligence artificielle !
    Jérémie Dres, reporter et auteur de BD, part à la rencontre des chercheu-res de l'Inria, l'Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique, qui lui livreront leurs dernières découvertes et partageront avec lui l'avancée de leurs travaux. Voitures autonomes, imagerie médicale, protection des données sur le web, robots collaboratifs, vous découvrirez l'étendue de la recherche française dans le domaine artificielle et des projets aussi passionnants qu'étonnants.

  • À partir de 1881, Guy de Maupassant se rend à plusieurs reprises au Maghreb pour le journal Le Gaulois. Il fait le récit des paysages, des villes et du désert, des moeurs et des cultures qu'il découvre... Il est avant tout un observateur curieux et avide de transmettre.

    Ces articles alternent avec une veine plus engagée, sous la signature "Un colon". Le ton se fait incisif, accablant l'ignorance de l'administration française. Face aux conflits générés par la colonisation, Maupassant condamne la violence de l'État et défend une position qui respecterait les colonisés, croyant une entente possible... tout en ayant conscience des cruautés et des absurdités de l'entreprise française : "C'est nous qui avons l'air de barbares au milieu de ces barbares, brutes il est vrai, mais qui sont chez eux."

    Guy de Maupassant (1850-1893) poursuit des études de droit, est mobilisé lors de la guerre de 1870 puis occupe des postes dans divers ministères avant de se consacrer à l'écriture. Sa vie est d'échanges avec les auteurs majeurs de son temps (Flaubert, Mallarmé, Huysmans...), de liaisons, de voyages qui l'aident à fuir ses troubles de santé et ses angoisses. Il est l'auteur, notamment, de Boule de Suif, Bel-ami, Le Horla. Il est interné à Passy en 1892 où il mourra des suites d'une syphilis.

  • Lorsqu'en 2008, le juge Castresansa s'empare de l'affaire du meurtre de Rodrigo Rosenberg, avocat guatémaltèque estimé, il ne sait pas qu'il va ouvrir une boîte de Pandore. Dans un pays où le complot est de règle et la corruption une éthique, la suspicion règne. Car cette enquête retrace aussi l'histoire d'un pays. Par une minutieuse reconstitution des faits, Grann montre que le crime s'accomode autant de vrais mensonges que de fausses vérités. Le moteur du récit : de multiples retournements de situation. D'autant que David Grann parle par la voix. de la victime. Voix d'autant plus gênante que l'homme est mort. La vidéo devient alors l'outil de la confession, en l'occurrence publique, car diffusée sur YouTube. Cet ouvrage est aussi la chronique d'une véritable crise politique.

  • En mai 1941, Annemarie Schwarzenbach embarque à Lisbonne pour Brazzaville, désormais la capitale de la France libre, dans l'espoir de rallier la Résistance. Mais au Congo, la guerre de propagande fait rage entre Vichy et les forces de la libertéAnnemarie, suspectée d'être un agent nazi, n'échappe pas à la censure.

    Les Forces de liberté regroupe des textes écrits par Schwarzenbach durant les neuf mois et demi que dure son voyage en Afrique. Pour la plupart inédits en français, ces reportages, récits et poèmes questionnent le rapport du journalisme à la vérité et donnent à lire la réalité méconnue du continent africain durant la Seconde Guerre. Ils offrent aussi à l'écrivain des moments de grâce, de plénitude, la description de contacts miraculeux avec le fleuve, la jungle ou la brousse.

    Journaliste de génie, écrivain, archéologue, Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) fut une femme libre, grande voyageuse. Ses reportages la menèrent sur les routes du monde, d'Istanbul à Persépolis, de l'Europe centrale à New York, de Lisbonne à Brazzaville, de Madrid à Tanger. Les grands lointains l'attiraient irrésistiblement, mais elle ne perdait jamais de vue le dramatique combat du moment en Europe, la lutte contre le nazisme.

  • Bourlingueuse des années folles, Titaÿna parcourt le monde à la recherche d'expériences extrêmes et de sujets hors du commun. Au fin fond de la jungle indonésienne, elle rend visite aux Toradjas, aussi surnommés « les chasseurs de têtes ». Depuis la Perse, elle traverse le désert et accompagne des cadavres pour un dernier pèlerinage à la Mecque. Aux États-Unis, c'est à bord des « avions ivres » qui transportent l'alcool de contrebande pendant la prohibition que Titaÿna survole le pays. Pour compléter ce triptyque, ses « Mémoires de reporter », publiés pour la première fois, révèlent les coulisses de sa carrière de femme journaliste au long cours.

  • Voici le récit en détail du braquage, par Jan-Erik Olsson, de la Kreditbank en Suède, en 1973, fait divers à l'origine de la notion de "syndrome de Stockholm", syndrome d'identification à l'agresseur, voire d'affection vis-à-vis de son ravisseur. Mitraillette en main, Olsson, qui vient tout juste de s'évader de prison, retient sous la menace quatre employés, trois jeunes femmes et un homme. Plein d'aplomb, Olsson va jusqu'à obtenir de la police que celle-ci fasse sortir de prison son complice, un braqueur patenté, Clark Olofsson. Criminels et otages se replient dans la salle des coffres, confinement qui dure plusieurs jours. Peu à peu, les otages développent un sentiment d'empathie très fort pour leurs geôliers et, à l'inverse, une hostilité grandissante pour la police...

    Journaliste et auteur de plusieurs ouvrages - Early Tales of the Atomic Age, The Man in the Thick Lead Suit, From Hiroshima to the Moon, A Summer's Duckling,An Inquiry Into Enoughness ou encore Patriotism without Flags -, Daniel Lang (1913-1981) a collaboré durant quarante années au New Yorker, pour lequel il a notamment été correspondant de guerre. En 2018, a paru aux éditions Allia Incident sur la colline 192, reportage qui a inspiré Brian de Palma pour son film Outrages.

  • Au bagne

    Albert Londres

    • Motifs
    • 28 Mars 2012

    Cayenne. Guyane française. Le bagne. C'est l'absolue folie d'une institution qu'Albert Londres, missionné par sa rédaction, va découvrir, entre l'Ile du diable et l'Ile du Salut. Dans cet espace d'exotisme et de misère crue, c'est derrière les barreaux que se rencontrent les hommes. Les tatoués, les parias, les bandits, innocents et criminels, ils sont tous là, inoubliables. Enquête, reportage, Au bagne est un de ces livres majeurs qui, par sa vérité, force les choses. Un an après sa parution, la France fermait pour toujours les portes du bagne.

  • Peleliu

    Jean Rolin

    Assis sur ce banc, écoutant glouglouter dans leur fuite des créatures aquatiques (ou amphibies) dérangées par mon arrivée, je pensais au gag - un classique - du type qui s'assoit sur un tronc d'arbre et découvre, trop tard, qu'il s'agit en fait d'un crocodile, et je me disais que ces derniers ayant la réputation de vivre vieux, il s'en trouvait encore probablement, dans la mangrove, qui avaient été témoins de la bataille, et peut-être avaient saisi cette opportunité d'introduire un peu de variété dans leur alimentation.

    De septembre à novembre 1944, l'île de Peleliu, dans l'archipel des Palaos, a été le théâtre d'une des batailles les plus meurtrières de la guerre du Pacifique.

  • "Les forçats de la route" est un reportage d'Albert Londres publié en 1924. Initialement paru comme une série d'articles dans "Le Petit Parisien" pendant l'été 1924, "Les forçats de la route", parfois connu sous le titre "Tour de France, tour de souffrance", est un reportage exceptionnel sur les temps héroïques du Tour de France : coureurs face à leur solitude, luttant en permanence contre la douleur physique, le long d'étapes sans fin...Pour l'anecdote, le Tour de France 1924 fut remporté par un Italien, Octavio Bottechia, et c'est aussi la première fois qu'un coureur conserva le maillot jaune de la première à la dernière étape.

  • Bienvenue à Valdez, en Alaska, à prononcer Valdiiiz pour que ça rime avec disease ("maladie" en anglais). Le ton est donné ! L'atterrissage ne se fera pas en douceur : le pilote, quasi imberbe, a appris le boulot sur le tas et s'allume une clope d'une main tandis qu'il contrôle de l'autre l'avion pris dans la tempête. Au programme à l'arrivée : nuits en dortoir avec les ouvriers, constat du conflit d'intérêts entre les caribous et les constructeurs de l'oléoduc, pêche au saumon en compagnie d'un Indien ivrogne, timide apprentissage de la danse two-step, et surtout, rencontre avec un échantillon représentatif de la population locale. Vous voilà dans la peau d'Harry Crews. Chargé par Playboy d'écrire un reportage sur le très controversé oléoduc trans-Alaska, Crews, qui fait ses classes en tant que journaliste sur le terrain, se heurte à des autochtones peu amènes. Mais plus la bière coule, plus les langues se délient. Place à Hap, le cuistot du camp, à la table duquel Crews fait la connaissance d'un contremaître furieux de s'être fait arnaquer avec des réveils défectueux pour les ouvriers, à Lynn, qui cuit des gâteaux pouvant dissimuler une fiole d'alcool, interdit sur le chantier, ou encore à deux tatoueurs exerçant leur art sur notre auteur une fois son taux d'alcoolémie suffisamment élevé. Les dialogues sont truculents, les situations rocambolesques et le récit de cette virée en pays hostile complètement déjanté. Le tout sur fond de conflit géo-écolo-politique : 15 ans plus tard, en 1989, les États-Unis connaissent leur plus importante marée noire. Le pétrolier Exxon Valdez échoue sur les côtes de l'Alaska, y déversant 40 000 tonnes de pétrole brut.


  • Albert Londres (1884-1932) a laissé son nom a un des grands prix internationaux de journalisme.


    On connaît ses reportages sur les bagnes : journalisme d'investigation, mais qui passe d'abord par la capacité de l'écriture à proposer après coup le chemin même de l'enquête et son enjeu humain. Grandeur de ceux-là à ce qu'ils ne jugent pas, mais construisent l'humain au point exact où la révolte même, ou la peine, ou le partage, deviennent incontestables.


    En 1925, pas question de forcer officiellement la porte des asiles. Il y entrera quand même (et s'en fera 9 fois expulser), parfois se faisant passer pour l'assistant du dentiste. C'est plus facile en province.


    Et c'est hallucinant. La folie est une punition, qu'on redouble dans le traitement asilaire. Misère de ces mouroirs sans hygiène, et 80 000 enfermés... Hauteur d'Albert Londres : ne pas contourner les internements forcés, familiaux ou administratifs, suivre un patient guéri, quand son village d'origine se referme devant lui comme devant une bête malfaisante. Et entrer dans les cachots - sculpter visages, mots et voix avec la même attention et la même ouverture.


    Une psychiatrie tâtonnante, qui garde les cerveaux dans des pots de chambre (hallucinant chapitre), qui peut laisser tremper les gens 36 heures dans l'eau tiède, la tête seule dépassant, ou nourrir de force les patients par intubation nasale, mais qui ne dispose d'aucun médicament contre l'angoisse.


    On ne vient pas ici lire et publier Chez les fous par besoin d'exotisme, ou se rassurer sur la psychiatrie d'aujourd'hui. On est dans le même choc et la même densité humaine que Raymond Depardon a rapporté de San Clemente. On croise aussi, en ouverture et clôture du livre, un précurseur : le Dr Toulouse, la même année qu'il accueille le jeune Antonin Artaud à Paris. La dénonciation politique d'Albert Londres quant aux lois de 1838 qui organisent le système asilaire est violente.


    Mais, parmi les patients, il aurait pu croiser Camille Claudel. Et tous ces visages qu'on vient accueillir dans ce livre, on sait le traitement que leur réserve, en masse, le régime de Pétain en 1940.


    Ce livre est aussi une part de notre inconscient.

    FB

  • « Il y a des pays en voie de développement et des espèces en voie de disparition. La république des Kiribati est un pays en voie de disparition. Perdu au milieu de l'océan Pacifique, ce petit paradis semble promis à l'engloutissement par le réchauffement climatique. J'ai organisé ma vie autour d'une ambition saugrenue, le quadrillage méthodique de la planète. Moteur : toujours voir un pays en plus. Ce qui se profile ici, c'est un pays en moins. Je dois m'y rendre avant qu'il ne soit rayé de la carte. »

  • La race des orphelins

    Lalo Oscar

    • Belfond
    • 20 Août 2020

    Rentrée littéraire 2020 " J'ai longtemps rêvé que l'histoire de ma naissance exhibe ses entrailles. Quelle que soit l'odeur qui en surgisse. La pire des puanteurs, c'est le silence. "
    Je m'appelle Hildegard Müller. Ceci est mon journal. Je m'appelle Hildegard Müller. En fait, je crois que je ne m'appelle pas. J'ai soixante-seize ans. Je sais à peine lire et écrire. Je devais être la gloire de l'humanité. J'en suis la lie. Qui est Hildegard Müller ? Le jour où il la rencontre, l'homme engagé pour écrire son journal comprend que sa vie est irracontable, mais vraie.
    J'ai besoin, avant de mourir, de dire à mes enfants d'où ils viennent, même s'ils viennent de nulle part. Oscar Lalo poursuit son hommage à la mémoire gênante, ignorée, insultée parfois, toujours inaccessible. Il nous plonge ici dans la solitude et la clandestinité d'un des secrets les mieux gardés de la Seconde Guerre mondiale.

  • Sorti quelques mois après la mort de Kubrick, Eyes Wide Shut est depuis nimbé d'une aura de mystère et de démesure : un tournage homérique de presque deux ans, le couple Tom Cruise-Nicole Kidman dans la tourmente, des acteurs qui quittent le projet, un réalisateur mythique connu pour ses méthodes hors du commun... Le cocktail est explosif, encore agrémenté d'un parfum de scandale lorsque surgit la rumeur d'un film toujours en cours de montage à la mort de Kubrick, et donc terminé in extremis par sa garde rapprochée.



    Vingt ans plus tard, cet ouvrage nourri d'une soixantaine d'entretiens revient sur la conception d'une oeuvre à part, peut-être la plus personnelle et hypnotisante du cinéaste. Avec en ligne de mire cette question clé : que nous apprend Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick ?

    Axel Cadieux est journaliste pour les magazines Sofilm et Society, et réalise des sujets pour les émissions Court-Circuit (Arte) et Viva Cinéma (Ciné+). Il est l'auteur de plusieurs livres consacrés à Michael Mann, Paul Verhoeven, Twin Peaks ou la chaîne HBO, et d'un documentaire sur le jeu vidéo Street Fighter.

  • Terre d'ébène est un des grands textes anticolonialistes. Il nous vient d'un des plus grands journalistes, pourtant aux idées politiques plutôt de droite, assez favorables à la politique coloniale. Oui, mais voilà, il s'agit d'Albert Londres. Alors, il part en Afrique pendant quatre mois, il en fait le tour, exploitations forestières, agricoles, train Congo-Océan, Dakar, Bamako, Tombouctou, Libreville, il va partout. Et sa langue, en dépit de la chaleur, il ne l'a pas dans sa poche ! Il a beau être « haut comme une pomme », il s'en prend à tout le monde : blancs de l'administration, blancs des affaires, gouvernement, petits blancs fonctionnaires de « la colonie en bigoudis » ; et se livre à un réquisitoire en règle contre un système révoltant, le « moteur à bananes », qui trahit la réalité de l'époque : « L'esclavage, en Afrique, n'est aboli que dans les déclarations ministérielles d'Europe ».

  • Si le fromage m'était conté...Savez-vous ce qui fait qu'un bon Comté est certifié AOP ? Ou de quelle vache provient le lait dont il est issu ? Fred Bernard non plus. Mais en grand curieux de nature - et amateur des bonnes choses -, il décide avec ces Chroniques de la fruitière de répondre à ces questions dans un voyage au pays du Comté. Ainsi, par le biais d'anecdotes historiques, de témoignages et d'observations personnelles, l'auteur, en reporter candide, relate les secrets de ce fromage emblématique du massif du Jura, de son histoire collective et solidaire à ses techniques d'affinage, en passant par ses critères d'appellation ou ses multiples occasions de consommation... De rencontre en rencontre, il nous rappelle que ce sont des hommes et des femmes qui travaillent chaque jour à l'élaboration de ce fromage authentique et unique.En bref, après Chroniques de la vigne, un nouvel ouvrage rafraichissant qui nous permet de découvrir, avec tendresse et humour, un autre fleuron de notre patrimoine gastronomique.

  • La DGSE - Direction générale de la Sécurité extérieure - est l'un des seuls services de renseignement au monde à recourir de manière intensive à la clandestinité. Son but : la défense des intérêts de la France. Engagés dans les régions les plus hostiles, ses agents peuvent se dissimuler sous une fausse identité et opérer avec une fausse activité pendant une longue période.
    Pour la première fois en France, mais également dans le monde, des agents clandestins de la DGSE acceptent de briser le silence. Jean-Christophe Notin donne la parole à ces « espions » qui courent les plus grands dangers. Leur expérience, complétée par celle de chefs de poste et de membres du Service action, permet de brosser un portrait de l'officier de la DGSE sur le terrain. Un portrait intime de ces hommes et ces femmes, engagés souvent seuls, sans arme, où les fantasmes sont confrontés à la réalité, les réussites professionnelles aux échecs sentimentaux, les motivations aux risques encourus...
    Un document choc.

  • En 1929, alors que l'antisémitisme est très présent en Europe, il se rend en Palestine. Il rencontre la communauté juive et tombe face à un peuple exclu. Il se prononce alors pour la création d'un État israélien mais doute sérieusement d'une possible entente entre Juifs et Arabes. Ce livre rassemble vingt-sept articles sur les juifs qu'Albert Londres a écrit. Extrait : Ce n'étaient pas des israélites, mais des Juifs. Je répète cela parce qu'il faut bien comprendre. Les assimilés français, anglais, allemands, hollandais, hongrois, etc., ont renoncé depuis plus ou moins de temps à la vie purement juive. Chez eux, beaucoup plus d'Occident que d'Orient. Les pays qu'ils ont adoptés et loyalement servis les ont baignés de leur génie. Et maintenant, ils sont Français israélites, à peu près comme on est protestant ou catholique français. À notre génie ils ajoutent le leur. C'est tout ce que l'on peut dire. Ceux de Moravie, de Pologne, de Russie, nos Juifs des Carpathes ne sont pas des israélites, mais des Hébreux. Ils sont Hébreux plus que Déroulède ne fut Français. Et c'est leur vie d'Hébreux qu'ils sont venus cacher dans ces montagnes, la même -- la même avec des amendements en accentuant encore le caractère -- que leurs ancêtres menèrent dès leur sortie d'Égypte, l'an 1500 avant Jésus-Christ. Où donc se sont-ils préservés de la contagion européenne~? Dans le ghetto.

  • Ce récit reprend les textes publiés par Jean Eimer dans les pages du journal Sud Ouest lors de sa randonnée en solitaire sur le GR10 à la fin des années 1980. Le reportage avait ensuite donné lieu à la publication d'un album : La Traversée des Pyrénées.
    Cette nouvelle édition, revue et largement augmentée grâce aux nombreuses notes restées inexploitées dans le cadre contraint d'un reportage, ne prétend pas concurrencer les topoguides. L'intérêt du témoignage n'est pas là. Il est dans la perception qu'un randonneur peut se faire d'une montagne, certes fragile dans son écosystème comme dans son économie, mais si riche d'enseignements sur les hommes et les femmes que l'on y rencontre.
    Pourquoi venir marcher ou vivre dans cet univers magnifique mais ô combien difficile? Et si c'était précisément parce qu'il est ainsi ?
    Cette prime à l'humain dans ses plus nobles comme dans ses plus curieuses aspirations témoigne d'une aventure sans âge. Donc actuelle.

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