Sciences humaines & sociales

  • Au carrefour des paroles, des écritures et du spectacle, Pascal Bastien entend expliquer les rituels de l'exécution dans le Paris du xviiie siècle: bourreaux, condamnés, greffiers et confesseurs partagèrent et échangèrent, avec la foule et les magistrats, un «savoir-dire» du droit qu'on aurait tort de réduire trop simplement à la potence ou au bûcher. Hors des tribunaux, où la procédure était tenue secrète jusqu'au droit révolutionnaire, l'exécution publique fut un moyen de communiquer le droit par une mise en mots et en images du verdict. Elle fut aussi un instrument dynamique et efficace du lien social entre l'État royal et ses sujets; de fait, la peine devint au XVIIIe siècle l'espace et l'instant d'un nouveau jugement, celui des justiciables à l'égard de leur justice. Plus que le châtiment à proprement parler, il s'agit ici de reconstituer et d'analyser les différentes articulations du spectacle de la peine à Paris au xviiie siècle.

  • Abolie en 1981, la peine de mort a été appliquée en France pendant des siècles, provoquant toujours réflexions et controverses. Partisans de la peine capitale ou de son abolition, philosophes, juristes et hommes d'État ont débattu, apportant des arguments religieux, moraux, philosophique, politiques voire, très prosaïquement, pratiques.

    Cet ouvrage présente, sur plus d'un millénaire, les grands textes, classiques ou inédits, qui abordent la peine de mort. Il reprend les âpres discussions qui se sont tenues depuis la Révolution, donnant la voix aux hommes et aux femmes qui y ont pris part, souvent avec passion. Chaque texte, présenté par un grand historien de la justice, est un morceau de bravoure et une source de réflexion sur l'une des grandes inflexions de notre histoire.

  • De la fin du Moyen Âge au tournant du XIXe siècle, le gibet trône en plein cœur de Paris comme de Londres ; la souffrance et le supplice, le spectaculaire de l'exécution sont parmi les pièces maîtresses du système pénal. Cette omniprésence de la peine de mort est-elle le signe d'une société violente ? D'un processus de civilisation encore inachevé ?
    Loin des idées reçues, ce livre révèle la place centrale et jamais démentie de l'exécution capitale dans l'histoire culturelle de l'Europe. À l'appui d'archives, de récits contemporains, de documents iconographiques, Pascal Bastien dresse une véritable cartographie de la mort à Londres et à Paris et redonne la voix aux suppliciés, tout en restituant le quotidien des bourreaux. On entend s'élever les clameurs de la foule et on comprend, enfin, que la peine capitale a pu constituer et préserver le lien social.

  • Au pied de l'échafaud

    Anne Carol

    • Belin
    • 13 Septembre 2017

    Depuis 1981, la peine de mort est abolie en France ; la dernière exécution a eu lieu en 1977. En outre, depuis 1939, les exécutions n'étaient plus publiques et se déroulaient dans l'enceinte des prisons devant quelques témoins. Il nous est donc difficile d'imaginer aujourd'hui ce que ces exécutions ont été. Au mieux, l'image que l'on en a renvoie aux exécutions parisiennes du début du XXe siècle et de leur rituel bien rodé, que les journaux rappellent inlassablement : le réveil, la toilette, le verre de rhum, les quelques pas dans la lumière de l'aube.

  • Depuis vingt-cinq ans, la politique pénale est en crise dans l'ensemble du monde occidental. La crise devient paroxystique en France : à une augmentation galopante de la criminalité répond mal un arsenal insuffisant de mesures inadéquates. La cause principale de l'échec réside dans l'incertitude sur les droits et les devoirs réciproques de l'État et de l'individu. Pénétré par les théories marxistes, notre droit, qui croit toujours plus ou moins à une culpabilité sociale dans la délinquance, ne punit plus que d'une façon trop clémente sans réussir à réinsérer socialement ceux qui en paraissent dignes. Après avoir présenté d'une façon claire le bilan des connaissances criminologiques actuelles tant en ce qui concerne les causes connues de la délinquance que les moyens possibles d'y remédier, le livre propose une orientation radicalement nouvelle de la politique anti-criminelle. Convaincue que le principal défaut du système actuel tient à un amalgame des différentes catégories de délinquants, l'auteur propose une distinction catégorique de trois types de traitements à appliquer aux trois types de délinquants : les paumés, les coupables, les antisociaux. Personne ne peut affirmer qu'il est en mesure de réduire le phénomène criminel. Ce n'est pas une raison suffisante pour ne pas essayer.

  • Ce guide, destiné à tous les curieux de la civilisation maya, apporte les éléments indispensables à l'approche d'un autre univers, tout en soulignant les difficultés de son appréhension. En incorporant la culture maya au monde méso-américain et à la totalité américaine, ce livre ouvre de nouveaux horizons pour mieux comprendre cette civilisation fantastique encore pleine de mystères.

  • Que fera la droite pour reprendre le pouvoir, si elle le perd en 1978 ? Que fera la gauche pour le garder ? Autour de neuf grands thèmes, qui seront demain les champs de bataille où s'affronteront la nouvelle majorité et la nouvelle opposition, dix-huit personnalités responsables de notre proche avenir polémiquent. Sur chaque thème, un ténor étiqueté à droite et un ténor étiqueté à gauche s'affrontent sans se voir ni s'entendre. À eux d'anticiper les arguments de l'adversaire. Le journaliste qui conduit l'interview, à coups de questions pièges et de « oui, mais... », empêche ses interlocuteurs de fignoler paisiblement une affiche électorale. Juxtaposées, recoupées, comparées, les dix-huit interviews contradictoires finissent par décrire, avec ses fausses certitudes et ses vraies équivoques, le climat politique d'avant les élections. Pour bien lire ce livre, il faut traquer entre les lignes les réticences, les pirouettes et même les silences. Ils sont au moins aussi riches que les accès de sincérité ! Les partisans et les adversaires de la révolution promise ne sont ni tout blancs, ni tout noirs, et même, ils se rencontrent assez souvent au fil de leurs discours opposés. Que le lecteur compte les coups. Et que ce livre, qui n'est en soi ni de droite, ni de gauche, nous aide à réfléchir. C'est, en dernière analyse, la condition de toute démarche démocratique.

  • Récits de vingt affaires célèbres ou oubliées de l'Aveyron trouvées dans les archives et les chroniques judiciaires du département.

  • Ce livre relate le voyage effectué par un groupe de dix juristes (magistrats, avocats, professeur de droit, conseiller juridique d'une centrale syndicale), dans le but d'étudier la police, la justice et les prisons chinoises, premier voyage du genre à avoir été suscité par un organisme officiel de la République populaire de Chine. C'est dire l'importance de ces témoignages : les auteurs rendent compte de deux procès pénaux et d'un procès civil auxquels ils ont assisté, de leurs rencontres avec des magistrats chinois, de la visite des prisons de Shanghaï et de Nanchang et d'une ferme de rééducation par le travail. Ils s'interrogent sur le sens qu'il convient de donner au développement de la codification, et du formalisme juridique, dans une société socialiste en évolution : ils posent, à partir de ce qu'ils ont vu et entendu, les questions fondamentales sur les rapports entre les individus et l'État : les Chinois ont-ils des possibilités réelles d'expression et de contestation ? Quelle est leur degré de participation à la chose publique ? Les organisations de masse représentent-elles un pouvoir ou un moyen de pression, avec lequel doit compter le Parti communiste chinois dirigeant l'État, ou bien celui-ci impose-t-il son emprise sur les masses ? La vie politique et sociale chinoise est riche en rebondissements, voire en revirements, et les codes chinois n'auront peut-être pas la vie aussi dure que nos codes Napoléon.

  • L'objectif de cet ouvrage est de favoriser, à travers des exemples tirés du vécu africain, une mobilisation de l'opinion publique continentale et internationale. Ceux qui luttent pour la défense et la promotion des droits de l'homme en Afrique, pour être efficaces dans leurs actions, devraient avoir comme principale vocation de bloquer le processus de répression ; plutôt que de multiplier les professions de foi sur des violations, contre lesquelles ils n'ont rien pu faire lorsqu'elles se produisaient ; soit par ignorance, soit par inorganisation. Pour cela, il faut favoriser le dialogue entre les pouvoirs publics et les citoyens. En vérité, pour fonder une nouvelle société de tolérance et de libertés en Afrique, il est impératif de modifier les relations actuelles entre gouvernants et gouvernés.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • En décembre 1849, le tsar Nicolas Ier, qui voulait décourager ses opposants, organisa le procès truqué, puis la fausse exécution du groupe Pétrachevski. Fiodor Dostoïevski en faisait partie. Il n'oublia jamais cette épreuve ni les quatre ans passés dans les bagnes du tsar, sous l'uniforme gris et noir, les fers aux pieds, parmi les voleurs et les assassins. Hôtes involontaires du système pénitentiaire russe, tel Dostoïevski, ou poussé par la curiosité comme Tchékhov (qui enquêta sur le bagne de l'île de Sakhaline), les écrivains russes - comme aujourd'hui Soljenitsyne ou Zinoviev - ont informé l'Occident sur son existence et sa nature. En France aussi, le XIXe siècle a vu se créer des bagnes colonisateurs. Mais, annonçant peut-être l'Archipel du Goulag, le bagne sibérien est devenu le symbole de la répression organisée par un régime autoritaire contre les intellectuels. Jocelyne Fenner brosse ici un tableau précis et vivant du système pénitentiaire de la Russie des Tsars entre 1825 et 1905. Des polices illettrées et corrompues, une justice archaïque et un arsenal de peines allant du knout à la déportation et au bagne, voilà en quoi consistait la machine judiciaire russe. Après un voyage qui pouvait durer 18 mois, les exilés, forçats ou déportés gagnaient leur lieu d'assignation : le bagne cerné de palissades ou de ! miradors pour les uns, pour les autres un village sibérien où ils s'installaient, tant bien que mal. Les conditions d'existence de ces exilés sont encore mal connues et réservent des surprises au lecteur. Jocelyne Fenner, dont c'est le premier livre, a dépouillé des archives, des correspondances, des récits de voyage : elle amorce ici la découverte d'une Russie qui n'a pas fini de fasciner et d'étonner.

  • De nombreux ouvrages, certains publiés par l'Unesco, ont analysé, dans ses aspects historiques, politiques ou socio-économiques, l'apartheid tel qu'il est pratiqué par le gouvernement sud-africain. Aucun d'entre eux jusqu'ici n'avait toutefois réellement tenté une étude exhaustive sous l'angle des droits de l'homme. Réalisé dans le cadre du programme que l'Unesco consacre à la promotion des droits de l'homme et à la lutte contre toutes les formes de racisme, cet ouvrage, qui offre une comparaison extrêmement sériée et précise entre les principes proclamés par la Déclaration universelle des droits de l'homme et les réalités sud-africaines, devrait intéresser non seulement les juristes, mais également tous ceux, même non-juristes, qui se sentent concernés par le respect des droits de l'homme et par la lutte contre le racisme et sa forme la plus odieuse qu'est l'apartheid. Il offre notamment l'intérêt exceptionnel de proposer, en un même corps clairement répertorié, un tableau de l'ensemble des violations des droits de l'homme perpétrées en Afrique du Sud selon les normes répertoriées et reconnues du droit international et des droits de l'homme.

  • Après chaque crime particulièrement odieux, se pose, en France, le problème de la peine capitale. Les cours d'assises n'ont pas de jurisprudence bien définie : être ou ne pas être condamné à mort devient un fait du hasard. Les jurés comptent souvent sur une grâce présidentielle. Les partisans de l'abolition et les partisans du maintien de la peine de mort se battent à coups d'arguments plus ou moins fondés, de sondages, de chiffres... Qu'en est-il exactement ? Comment le problème a-t-il été résolu à l'étranger ? Ce dossier tente d'apporter des éléments de réponse à ce problème qui débouche sur des questions bien plus vastes : le problème de la torture, mais aussi celui des libertés, le régime pénitentiaire et le fonctionnement de la justice, mais aussi l'inégalité économique. L'auteur présente une vue d'ensemble sur le problème de la peine de mort, non seulement en France mais dans le monde entier.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Homme politique de centre gauche, laïque et franc-maçon, Henri Caillavet a été, durant les trente années de ses mandats de député ou de sénateur, un législateur audacieux et souvent approuvé. Les lois concernant la greffe d'organe, l'IVG, la commission de l'informatique, le divorce par consentement mutuel, la législation de l'euthanasie, notamment, ont été initiés par lui. Tolérance, dignité, respect d'autrui sont les maîtres mots qui ont conduit ses actions sur tous les plans. Il mène dans cet ouvrage une réflexion philosophique matérialiste, à la lumière des avancées de la science.

  • Faisant la part de la légende et de l'Histoire, l'auteur nous dévoile la geste des bandits corses. Il s'attache au caractère particulier de ces hors-la-loi qu'il lui a plu de baptiser « bandits d'honneur » et qui incarnèrent en effet l'âme corse, farouche et fière, généreuse et intraitable. C'est l'histoire de personnalités hors du commun, de leur vie, de leurs crimes mais aussi de leur combat pour la liberté et l'idée qu'ils se faisaient de leur dignité. Mis au ban de la société à l'issue d'une vendetta fatale, ils choisissaient la loi âpre et violente du maquis, plutôt que de se soumettre aux règles d'un droit pénal qu'ils tenaient pour rien quand leur honneur d'homme était engagé. Confrontant les témoignages, dépouillant la presse du siècle dernier, analysant les circonstances et pesant les mobiles, Élie Papadacci nous restitue avec minutie et panache les servitudes et les grandeurs du maquis, où battit longtemps le coeur de la Corse.

  • Depuis plusieurs années, professionnels et chercheurs s'attaquent au problème de la maltraitance, plus particulièrement en direction de l'enfant battu. Ce n'est que de façon très récente que le thème des abus sexuels à enfant est devenu un thème prioritaire. Après d'autres pays occidentaux, on a cherché en France à évaluer l'importance de ce problème, sa gravité et son éventuelle prévention. L'analyse critique des travaux anglo-saxons présentée par Marcela Montès de Oca, prend ici toute son importance pour attirer l'attention du chercheur sur les biais méthodologiques et la difficulté à définir l'abus sexuel. C. Ydraut montre, dans l'extrait qu'elle présente de ses travaux, les rapports entre la prohibition de l'inceste et les mythes et contes qui en traitent. Enfin, au moment où les pouvoirs publics engagent une campagne de prévention des abus sexuels à l'égard des enfants, la médiatisation de ce problème devant être étudiée : c'est ce qu'a fait Anne Markowitz. Elle saisit à travers les articles de presse la perception radicalement différente du grand public selon que l'abus sexuel est exercé sur l'enfant dans ou hors de sa famille.

  • « Ici-bas, tout le monde admet plus ou moins de se reconnaître capable d'erreur, mais pas la justice ; tout le bas étage du monde, la vile population des savants, des chercheurs, des médecins, des avocats, des journalistes, j'en passe, peut se tromper, se trompe, mais pas le juge. Un signe statistique, voire clinique, de cette perfection judiciaire théorique se voit dans la rareté des procès en révision qui aboutissent. On a l'impression que jamais l'erreur n'existe, puisqu'il n'y a jamais lieu de la reconnaître. Et pourtant que d'erreurs la justice commet... L'histoire des grands procès criminels, transportée dans le savoir moderne, montre l'approximation des prétendues certitudes judiciaires. Les vérités solennelles d'hier apparaissent aujourd'hui comme des erreurs. » Ainsi s'exprime Maître Gilbert Collard, le bouillonnant avocat marseillais qui, avec une liberté de ton époustouflante, reprend huit des plus grandes affaires judicaires du passé (Landru, Petiot, Lafarge, Bougrat, Peytel, Léotade, Gouffé, La Roncière). Quand la rigueur de l'historien, collaborateur régulier d'Historia, se conjugue avec la passion du grand avocat.

  • Nous devons beaucoup aux Américains : nous adorons le jazz, les westerns de John Ford, Marilyn, Faulkner et Paul Auster. Et nous nous souvenons du Débarquement. Merci Oncle Sam ! Mais, dix ans après la chute du Mur, l'Amérique essaie d'imposer son ordre moral, économique et militaire. Elle règne sur le FMI, tient en dépendance les pays les plus pauvres, favorise la corruption en Russie. Elle dicte sa loi à l'ONU, soutient les Talibans d'Afghanistan et veut faire de l'Otan le maître militaire du monde. Voilà, maintenant, qu'elle tente de coloniser nos assiettes avec son boeuf aux hormones et les OGM de Monsanto. Elle rachète nos entreprises avec ses fonds de pension, exigeant de faire fondre la « mauvaise graisse » des salariés. Elle se dote d'une milice planétaire, l'OMC, à laquelle elle donne mission de régenter le commerce mondial, culture et santé comprises... Il y a l'autre côté du miroir. L'Amérique, c'est le record d'obèses, le record absolu d'armes détenues par des personnes privées (233 millions !), la peine de mort appliquée aux mineurs, le poids du puritanisme et des sectes, la dépendance des politiques vis-à-vis des lobbies et de la mafia, de plus en plus de pauvres... Non merci, Oncle Sam ! Dans cet essai percutant, grave et plein d'humour, les auteurs, journalistes et hommes de conviction, en appellent à toutes les forces citoyennes pour réagir à une menace terriblement réelle.

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