Littérature générale

  • L'étranger

    Albert Camus

    "Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s'est ouverte, c'est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j'ai eue lorsque j'ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n'ai pas regardé du côté de Marie. Je n'en ai pas eu le temps parce que le président m'a dit dans une forme bizarre que j'aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français..."

  • Edition enrichie de Roger Borderie comportant une préface et un dossier sur le roman.

    Victor Hugo a vingt-six ans quand il écrit, en deux mois et demi, Le Dernier Jour d'un Condamné, roman qui constitue sans doute le réquisitoire le plus véhément jamais prononcé contre la peine de mort.
    Nous ne saurons pas qui est le Condamné, nous ne saurons rien du crime qu'il a commis. Car le propos de l'auteur n'est pas d'entrer dans un débat mais d'exhiber l'horreur et l'absurdité de la situation dans laquelle se trouve n'importe quel homme à qui l'on va trancher le cou dans quelques heures.
    Ce roman - aux accents souvent étrangement modernes - a une telle puissance de suggestion que le lecteur finit par s'identifier au narrateur dont il partage tour à tour l'angoisse et les vaines espérances. Jusqu'aux dernières lignes du livre, le génie de Victor Hugo nous fait participer à une attente effarée : celle du bruit grinçant que fera le couperet se précipitant dans les rails de la guillotine.
    Quiconque aura lu ce livre n'oubliera plus jamais cette saisissante leçon d'écriture et d'humanité.

  • Le 21 août 1831, en Virginie, des esclaves prennent les armes contre leurs maîtres blancs. Sus aux esclavagistes ! En deux jours, ils vont de plantations en plantations et assassinent de sang froid hommes, femmes et enfants. L'instigateur du massacre est arrêté. Il se nomme Nat Turner.Emprisonné, il reçoit la visite de l'avocat Thomas R. Gray et lui raconte la ferveur religieuse qui a motivé son "oeuvre de mort". Depuis son enfance, Nat a l'étoffe d'un prophète : l'Esprit lui parle, lui envoie des signes et, bientôt, lui confie une mission. Il décrit, impassible et troublant, les préparatifs, la fuite, les morts et la soif de violence. Insurgé ou fanatique ? Libérateur ou illuminé criminel ?Après son exécution en novembre 1831, Thomas R. Gray publie le récit qu'il a recueilli sous le titre de Confessions de Nat Turner. Au-delà de la "littérature de potence", c'est un document historique incontournable : pour éviter d'autres rebellions, les États du Sud durciront la législation sur l'esclavage qui mènera à la guerre de Sécession... Ce texte, l'un des premiers à faire entendre une voix noire, éclaire aujourd'hui la place de ce personnage dans l'histoire des États-Unis et de la culture afro-américaine.En 1967, l'adaptation littéraire de ce témoignage par William Styron lançait une polémique. Cinquante ans plus tard, l'histoire de Nat Turner devient un film, The Birth of a Nation, qui sortira en janvier 2017. À l'époque des émeutes de Ferguson et du mouvement Black Lives Matter, ces Confessions restent d'une actualité radicale.

  • La Peine de mort

    Jules Simon

    Trois frères sont accusés d'avoir sauvagement assassiné le maire de Vannes. Tout semble prouver leur culpabilité : l'absence d'alibi, les déclarations des témoins à charge, ou encore les agissements de leur père réfractaire à la monarchie de Juillet. La sentence est formelle : la peine de mort. Le jeune Jules Simon, narrateur et ancien camarade de classe des condamnés, se refuse à croire à leur responsabilité dans l'affaire. Indigné, il mène sa propre enquête...

    Ce récit relate l'événement qui convainquit Jules Simon de s'opposer à la peine de mort. Il est dédié à Victor Hugo.

    Cette nouvelle, véritable enquête policière, est suivie d'un dossier consacré à la peine de mort dans le monde.

    Couverture : Scène d'exécution illustrant la traduction allemande d'un poème d'Aristide Bruant, 1890 © Selva/Leemage
    © E.J.L., 2014 pour le dossier pédagogique

  • Régine Deforges revisite un fait divers historique qui fit grand bruit : Aimée Millot, la bergère d'Ivry, assassinée à dix-neuf ans, le 25 mai 1827, par un amoureux éconduit. Pris de remords, Honoré Ulbach se rend à la police et est guillotiné le 10 septembre suivant. Cette histoire inspira Victor Hugo qui se trouvait parmi les témoins de l'exécution. Il commença aussitôt Le Dernier Jour d'un condamné, qui parut en 1829, la même année que Notre-Dame de Paris, et marqua le début de son combat contre la peine de mort, un combat qui n'est jamais définitivement gagné.
    C'est la puissance créatrice du jeune Hugo (il a alors vingt-cinq ans) qui a passionné Régine Deforges, sans oublier son engagement contre le crime légal.
    La disparition soudaine de Régine, le 3 avril dernier, nous laisse un roman qui nous entraîne dans le Paris du XIXe siècle et nous permet de rencontrer, en plus de Victor Hugo, sa femme Adèle, Lamartine, Chateaubriand, Sainte- Beuve, Béranger, Daumier, La Fayette... Nous assistons même, avec Juliette Drouet, à la bataille d'Hernani.
    Régine Deforges, écrivain et éditrice, est née à Montmorillon dans la Vienne. D'un ton très libre, ses romans sont souvent des plaidoyers invitant les femmes à s'assumer seules, y compris dans leur sexualité. Éditrice sulfureuse, elle a publié de nombreux textes qui ont été saisis par la censure. Ses romans ont tous eu un immense succès populaire, notamment La Bicyclette bleue qui a été vendu à plusieurs millions d'exemplaires. Les Éditions de la Différence ont publié en 2013 Les Filles du cahier volé, un livre d'entretiens de Leonardo Marcos avec Régine Deforges et son amie Manon Abauzit.

  • Au milieu du XVIIIe siècle, Alexander Macdonald est soldat de l'armée anglaise en terre de Nouvelle France tout récemment conquise. Amoureux d'une Canadienne française de Québec, Isabelle, il ne peut en aucun cas unir sa destinée avec celle qu'il considère comme la femme de sa vie. Les chemins retors du destin ont fait en sorte que, malgré des sentiments réciproques brûlants, tout les sépare cruellement, inexorablement.

    C'est un amour impossible, qui condamne Alexander à devenir un «chien errant». À l'instar de Pierre-Esprit Radisson quelques années plus tôt, il se retrouve malgré lui chez les Iroquois où il développe une tendre relation avec Tsorihia, une magnifique jeune femme qui l'aime puissamment tout en sachant qu'une autre hante les jours et les nuits d'Alexander.

    Non, il n'a jamais oublié Isabelle, jamais, pas un seul instant depuis que les lois des hommes les ont séparés.

    Tourmenté, obsédé par le besoin de retourner vers celle dont l'absence le consume à petit feu, finira-t-il par quitter la tribu qui l'a adopté ? Cette passion qui le dévore aura-t-elle raison du regard bouleversant de la lumineuse Tsorihia?

  • L'aventure se poursuit.
    Pendant vingt ans, Liam et Caitlin Macdonald ont coulé des jours heureux dans la vallée de Glencoe avec leurs trois enfants, Duncan Coll, Ranald et Frances. Mais leur vie simple est bouleversée en 1715 par le deuxième soulèvement jacobite qui replonge l'Écosse et les Highlands dans le chaos. L'enjeu : remettre un Stuart sur le trône.

    Les clans sont appelés aux armes, et celui de Glencoe n'y échappe pas. Ironiquement, il se voit obligé de se battre aux côtés de son pire ennemi, le clan Campbell de Glenlyon.

    Les aléas de la guerre et ses conséquences frappent cruellement le foyer des Macdonald. Caitlin apprend la mort de son fils Ranald et surprend son mari dans son propre lit avec une autre. Par ailleurs, Duncan Coll tombe follement amoureux de Marion Campbell, petite-fille du laird de Glenlyon qui, jadis, a commandé le massacre du clan de Glencoe. Les souvenirs de cette période maudite sont encore vifs dans la mémoire des survivants, et la haine est tenace, même chez ceux qui n'étaient pas encore nés lors de cette épouvantable nuit.

    Mais la passion qui unit envers et contre tous le fils de Liam et la flamboyante Marion serait-elle un signe qu'il est peut-être enfin temps pour ces ennemis jurés d'enterrer la hache de guerre?

    Le destin n'a pas dit son dernier mot, bien entendu. Caitlin en est quitte pour l'apprendre douloureusement à ses dépens, obligée qu'elle est, impuissante, d'assister à l'accomplissement de la malédiction jetée plusieurs années auparavant par Meghan Henderson sur la tête de son fils aîné.

    Intrigues, déchirements, traîtrises. Les remous des dures et terribles réalités de la guerre et la résurgence de vieilles rancunes risquent d'engloutir chaque membre de la famille Macdonald. Jusqu'au dernier.

  • Une peine capitale

    Christian Astolfi

    « Exécuteur en chef des arrêts criminels de la République. » C'est le métier de son père. Durant son enfance, le jeune garçon attend chaque nouvelle exécution partagé entre la culpabilité complice du drame et le soulagement de rester seul avec la jeune Daria. Quand son père lui demande de venir l'assister pour sa dernière exécution, quatre ans avant l'abolition de la peine de mort, il comprend qu'il n'en fera pas son successeur.
    Avec une précision implacable, Christian Astolfi mêle le roman réaliste et la magie du conte. Il crée une atmosphère saisissante marquée par la présence d'un père qui s'est immiscée dans les moindres recoins de l'enfance.

  • En Écosse, à la fin du XVIIe siècle, Caitlin Dunn, une jeune Irlandaise, a été confiée par son père au manoir Dunning où il espère qu'elle pourra honnêtement gagner sa vie. Or le maître des lieux, Lord Dunning, a fait de Caitlin sa propriété, sa chose. Un soir, n'en pouvant plus, Caitlin finit par le poignarder à mort pendant qu'il était une fois de plus en train de la violer.


    Dans la même journée, au manoir, Liam Mcdonald, un géant highlander dont le clan et une partie de la famille ont été massacrés quelques années plus tôt, avait été arrêté par les hommes de Lord Dunning pour trafic d'armes. Ce délit grave risque de le conduire tout droit à la potence.

    Caitlin abandonne son bourreau inanimé et baignant dans son sang. Elle fonce dans la nuit sans perdre un instant. Dans sa fuite éperdue, elle tombe face à face avec Liam qui vient tout juste de s'évader de sa cellule. Dès lors, leurs vies sont liées. Ensemble, ils regagnent le village natal de Liam dans les Highlands. Un amour brûlant naît entre eux. Cependant, Liam, qui a perdu sa femme adorée et son jeune fils lors de la terrible nuit qui a décimé une partie du clan Macdonald, refuse de laisser cette passion l'envahir. Caitlin n'est pas au bout de ses peines pour gagner le coeur de son géant. Car la plus belle femme du village, la magnifique et rusée Meghan, a décidé de faire de Liam son mari et ne se privera d'aucun plan retors pour arriver à ses fins. Et il y a aussi le beau Colin, frère de Liam, qui aime follement Caitlin, elle-même incapable d'être insensible à ses avances. Sans compter la vie remplie de dangers dans les Highlands, qui oblige Liam à partir souvent en mission...

  • Une vie pleine d'embûches...
    Au milieu du XVIIIe siècle, Alexander MacDonald, dit Alasdair, fils de Marion et Duncan, petit-fils de Caitlin et Liam, porte en lui un secret terrible concernant la mort de son grand-père.

    Comme il se sent rejeté par sa famille, il quitte sa lande natale et son village Glencoe. Errant et vivotant, il finit par être capturé par l'ennemi anglais qui le jette en prison. Alexander est encore tout juste un adolescent et ne doit qu'à sa jeunesse le fait qu'il soit encore vivant tellement sont atroces les conditions de vie au Tollbooth. Par bonheur, il réussit presque par miracle à s'en évader et poursuit son errance pendant quelques années. Son destin, fait de passions dévorantes et de terribles tragédies, le conduit à la fin de la vingtaine dans l'armée anglaise. C'est ainsi qu'en 1758, il débarque en sol nord-américain et participe à la conquête de la Nouvelle-France. Là il rencontre l'amour de sa vie, Isabelle. Mais Isabelle est une Canadienne française, elle personnifie l'ennemi!

    Depuis toujours, Alexander a trouvé le moyen de faire face à l'adversité la plus cruelle et de la surmonter. Mais cette fois, son coeur, prêt à éclater de désir pour cette femme, ne risque-t-il pas de le mener pour de bon à sa perte?

  • Cette histoire remarquable est celle de deux femmes nommées Nazanin, - l'une, Canadienne au sommet de sa carrière et l'autre, une adolescente iranienne incarcérée dans le couloir de la mort -, mais surtout d'un courriel qui a transformé leurs vies à jamais.

    Nazanin Afshin-Jam s'était hissée au sommet. En 2006, elle venait de signer un premier contrat d'enregistrement de disque, avait été élue première dauphine au concours Miss Monde trois ans plus tôt, poursuivait une carrière florissante de mannequin et était devenue une véritable icône de la communauté internationale des dissidents iraniens. Mais un après-midi, elle reçut un courriel qui allait bouleverser son existence.

    Elle apprend alors qu'une adolescente kurde nommée Nazanin Fatehi risque la peine de mort en Iran, suite à une condamnation pour avoir poignardé un homme qui voulait la violer. Peu de temps après, madame Afshin-Jam s'engage à prendre sa défense. Cette décision l`amène à plonger dans le monde de la diplomatie internationale et à affronter le côté sombre du pays qui l'a vue naître, avec ses crimes d'honneur, la violence faite aux femmes et l'exécution d'enfants, sanctionnée par l'État. Pendant que Nazanin Fatehi dépérit en prison, dans des conditions si atroces qu'elle tente de mettre fin à ses jours, madame Afshin-Jam travaille sans relâche à mettre en oeuvre une campagne visant à lui sauver la vie.

  • Ce qu'il nous faut de remords et d'espérance Nouv.

    Ce qu'il nous faut de remords et d'espérance est la chronique d'une tragédie politique, sociale et familiale. Ses personnages sont le miroir de nos haines mais aussi de notre résilience et de notre capacité à nous dresser face à l'injustice. À l'heure où les réseaux sociaux servent de catalyseurs aux jugements hâtifs et de simulacre de vérité à l'opinion publique, l'auteur nous met en garde contre nos propres dérives, en appelant à notre humanité. C'est aussi un livre de tous les combats et de toutes les victimes, qu'il s'agisse d'abus sexuels ou de délits de mauvaise gueule.
    Céline Lapertot mène avec un souffle romanesque magistral cette tragédie contemporaine et nous offre un livre coup de poing, criant de vérité.

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    Céline Lapertot est professeur de français à Strasbourg. Depuis l'âge de 9 ans, elle ne cesse d'écrire. Elle est aussi l'auteure de - Et je prendrai tout ce qu'il y a à prendre (2014), Des femmes qui dansent sous les bombes (2016), Ne préfère pas le sang à l'eau (2018), Ce qui est monstrueux est normal (2019) - et s'est imposé comme un écrivain à suivre de la littérature française contemporaine.

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