• L'étranger

    Albert Camus

    "Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s'est ouverte, c'est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j'ai eue lorsque j'ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n'ai pas regardé du côté de Marie. Je n'en ai pas eu le temps parce que le président m'a dit dans une forme bizarre que j'aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français..."

  • Edition enrichie de Roger Borderie comportant une préface et un dossier sur le roman.

    Victor Hugo a vingt-six ans quand il écrit, en deux mois et demi, Le Dernier Jour d'un Condamné, roman qui constitue sans doute le réquisitoire le plus véhément jamais prononcé contre la peine de mort.
    Nous ne saurons pas qui est le Condamné, nous ne saurons rien du crime qu'il a commis. Car le propos de l'auteur n'est pas d'entrer dans un débat mais d'exhiber l'horreur et l'absurdité de la situation dans laquelle se trouve n'importe quel homme à qui l'on va trancher le cou dans quelques heures.
    Ce roman - aux accents souvent étrangement modernes - a une telle puissance de suggestion que le lecteur finit par s'identifier au narrateur dont il partage tour à tour l'angoisse et les vaines espérances. Jusqu'aux dernières lignes du livre, le génie de Victor Hugo nous fait participer à une attente effarée : celle du bruit grinçant que fera le couperet se précipitant dans les rails de la guillotine.
    Quiconque aura lu ce livre n'oubliera plus jamais cette saisissante leçon d'écriture et d'humanité.

  • Abolie en 1981, la peine de mort a été appliquée en France pendant des siècles, provoquant toujours réflexions et controverses. Partisans de la peine capitale ou de son abolition, philosophes, juristes et hommes d'État ont débattu, apportant des arguments religieux, moraux, philosophique, politiques voire, très prosaïquement, pratiques.

    Cet ouvrage présente, sur plus d'un millénaire, les grands textes, classiques ou inédits, qui abordent la peine de mort. Il reprend les âpres discussions qui se sont tenues depuis la Révolution, donnant la voix aux hommes et aux femmes qui y ont pris part, souvent avec passion. Chaque texte, présenté par un grand historien de la justice, est un morceau de bravoure et une source de réflexion sur l'une des grandes inflexions de notre histoire.

  • Le 9 juillet 1864, un chapeau, une canne et un sac sont retrouvés sous le siège ensanglanté du compartiment d'un train anglais. Le corps de l'employé de banque auquel ils appartenaient gît entre les voies. Chargés d'élucider le premier meurtre jamais commis à bord d'un train en Angleterre, les célèbres détectives de Scotland Yard doivent aller jusqu'à New York capturer un jeune Allemand, très vite suspecté. Bijoutiers, chapeliers, cheminots, tailleurs, prostituées et cochers se succèdent pour témoigner et tenter de reconstituer les événements, face à des juges dont le pouvoir n'aurait à craindre que celui de la presse. Sur fond de rivalité entre l'Angleterre et l'Allemagne, alors que sévit le débat sur la peine capitale, l'accusé parviendra-t-il à prouver son innocence ? S'inspirant d'un fait divers, Kate Colquhoun retrace à un rythme exalté une affaire de meurtre qui défraya la chronique à l'ère victorienne.
    « Enquête historique d'une grande vivacité sur un meurtre commis il y près de cent cinquante ans, portrait d'une Angleterre post révolution industrielle, et plus précisément de sa capitale tentaculaire, Le Chapeau de M. Briggs semble autant s'inscrire dans la lignée de De sang froid de Truman Capote, que dans la lignée des romans victoriens dont Kate Colquhoun a fait son miel tout au long de l'écriture de son livre. Un « récit sensationnel » à tous les sens du terme. » (Raphaëlle Leyris, Le Monde)

  • De la fin du Moyen Âge au tournant du XIXe siècle, le gibet trône en plein cœur de Paris comme de Londres ; la souffrance et le supplice, le spectaculaire de l'exécution sont parmi les pièces maîtresses du système pénal. Cette omniprésence de la peine de mort est-elle le signe d'une société violente ? D'un processus de civilisation encore inachevé ?
    Loin des idées reçues, ce livre révèle la place centrale et jamais démentie de l'exécution capitale dans l'histoire culturelle de l'Europe. À l'appui d'archives, de récits contemporains, de documents iconographiques, Pascal Bastien dresse une véritable cartographie de la mort à Londres et à Paris et redonne la voix aux suppliciés, tout en restituant le quotidien des bourreaux. On entend s'élever les clameurs de la foule et on comprend, enfin, que la peine capitale a pu constituer et préserver le lien social.

  • Une peine capitale

    Christian Astolfi

    « Exécuteur en chef des arrêts criminels de la République. » C'est le métier de son père. Durant son enfance, le jeune garçon attend chaque nouvelle exécution partagé entre la culpabilité complice du drame et le soulagement de rester seul avec la jeune Daria. Quand son père lui demande de venir l'assister pour sa dernière exécution, quatre ans avant l'abolition de la peine de mort, il comprend qu'il n'en fera pas son successeur.
    Avec une précision implacable, Christian Astolfi mêle le roman réaliste et la magie du conte. Il crée une atmosphère saisissante marquée par la présence d'un père qui s'est immiscée dans les moindres recoins de l'enfance.

  • Au pied de l'échafaud

    Anne Carol

    • Belin
    • 13 Septembre 2017

    Depuis 1981, la peine de mort est abolie en France ; la dernière exécution a eu lieu en 1977. En outre, depuis 1939, les exécutions n'étaient plus publiques et se déroulaient dans l'enceinte des prisons devant quelques témoins. Il nous est donc difficile d'imaginer aujourd'hui ce que ces exécutions ont été. Au mieux, l'image que l'on en a renvoie aux exécutions parisiennes du début du XXe siècle et de leur rituel bien rodé, que les journaux rappellent inlassablement : le réveil, la toilette, le verre de rhum, les quelques pas dans la lumière de l'aube.

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