• 18 juillet. Hier à midi, sur la plage de Tipaza, un employé de bureau dénommé Meursault, demeurant rue Bab-Azoun à Alger, a tué de cinq balles de revolver un Arabe non encore identifié. Les motifs du crime restent inconnus. Arrêté, Meursault a été transféré à la prison d'Alger. Jugé, reconnu coupable de meurtre avec préméditation, condamné à mort et exécuté, on ne saura jamais pourquoi Meursault a tué. Il assiste à son procès comme si c'était un autre qu'on jugeait. Une profonde réflexion sur l'être et la vie.

    Michael Lonsdale donne une interprétation magistrale de ce texte âpre et dense. Il nous fait toucher du doigt cette distance vis-à-vis de la réalité qui confine à l'indifférence et finalement perd Meursault.

  • " Encore six heures et je serai mort. Est-il bien vrai que je serai mort avant la fin du jour ? " Bientôt, sa tête roulera dans la sciure. Jugé, emprisonné, enchaîné, il attend dans l'épouvante. Sa grâce lui a été refusée. " J'ai peur " - et notre peur grandit avec la sienne. L'aumônier viendra, puis les assistants du bourreau. Il montera dans la charrette, traversera la foule hideuse buveuse de sang. Au bout de la marche au supplice, l'apparition de la guillotine, et l'échelle qui mène à l'échafaud. On dit qu'on ne souffre pas, que c'est une fin douce, mais qui le sait ?
    On ne sait rien de cet homme que la justice va assassiner, sinon qu'il est trop jeune pour mourir. Avec lui, nous vivons ce cauchemar, cette absurdité horrifiante de la peine capitale que, personne avant Victor Hugo n'avait songé à dénoncer.

  • Ce qu'il nous faut de remords et d'espérance est la chronique d'une tragédie politique, sociale et familiale. Ses personnages sont le miroir de nos haines mais aussi de notre résilience et de notre capacité à nous dresser face à l'injustice. À l'heure où les réseaux sociaux servent de catalyseurs aux jugements hâtifs et de simulacre de vérité à l'opinion publique, l'auteur nous met en garde contre nos propres dérives, en appelant à notre humanité. C'est aussi un livre de tous les combats et de toutes les victimes, qu'il s'agisse d'abus sexuels ou de délits de mauvaise gueule.
    Céline Lapertot mène avec un souffle romanesque magistral cette tragédie contemporaine et nous offre un livre coup de poing, criant de vérité.

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    Céline Lapertot est professeur de français à Strasbourg. Depuis l'âge de 9 ans, elle ne cesse d'écrire. Elle est aussi l'auteure de - Et je prendrai tout ce qu'il y a à prendre (2014), Des femmes qui dansent sous les bombes (2016), Ne préfère pas le sang à l'eau (2018), Ce qui est monstrueux est normal (2019) - et s'est imposé comme un écrivain à suivre de la littérature française contemporaine.

  • Robert Badinter occupe une place aussi singulière qu'importante au sein de la société française. Un homme juste. Celui qui a aboli la peine de mort et qui, à ce titre, figure déjà dans les livres d'histoire.

    Avocat, professeur d'université, ministre de la Justice, président du Conseil constitutionnel, sénateur, essayiste, Robert Badinter s'est toujours refusé à écrire ses mémoires, lui qui aime tant cultiver le secret. Qui sait que son destin s'est joué un jour de février 1943 quand, à Lyon, la Gestapo a arrêté son père ? Qui connaît la véritable nature de sa longue amitié avec François Mitterrand ? D'où vient cette volonté tenace de combattre l'injustice ? Comment devient-on la dernière icône de la gauche française ?
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    Robert Badinter s'est confié aux auteurs, l'une historienne, l'autre journaliste, expliquant en particulier ses combats. Répondait-il à toutes leurs questions ? À sa façon. D'où ce portrait, cet essai biographique à la fois fouillé et critique d'un personnage hors du commun.

  • Quelle serait la validité morale de la violence en tant que moyen dès lors que les fins sont justes ? Pour le droit naturel, seule la justesse de la fin compte. Pour le droit positif, tout droit s'établit sur la critique des moyens. Or, il convient de distinguer les différents types de violence indépendamment des circonstances de leur exercice. Pour Benjamin, c'est in finele droit qui s'octroie le privilège de la violence vu qu'il serait menacé si elle venait à s'exercer en dehors de lui. La violence peut être fondatrice de droit ou lui être inhérente, raison pour laquelle le pouvoir y recourt. Le droit positif constitue aux yeux de Benjamin un obstacle à une justice véritable et plaide pour l'usage de moyens d'action "purs", parmi lesquels la grève générale.

    Proche de Theodor Adorno, Gershom Scholem et Bertolt Brecht, Walter Benjamin (1892-1940) a d'abord été critique littéraire, avant de publier en 1928 Rue à sens unique (Allia, 2015) et Origine du drame baroque allemand. Il publie également dans des revues Petite Histoire de la photographie (Allia, 2012), préfiguration de L'OEuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique (Allia, 2011). Exilé à Paris en 1933, il gagne l'Espagne. Or, menacé d'être remis aux Allemands, il se suicide en 1940.

  • Le 21 août 1831, en Virginie, des esclaves prennent les armes contre leurs maîtres blancs. Sus aux esclavagistes ! En deux jours, ils vont de plantations en plantations et assassinent de sang froid hommes, femmes et enfants. L'instigateur du massacre est arrêté. Il se nomme Nat Turner.Emprisonné, il reçoit la visite de l'avocat Thomas R. Gray et lui raconte la ferveur religieuse qui a motivé son "oeuvre de mort". Depuis son enfance, Nat a l'étoffe d'un prophète : l'Esprit lui parle, lui envoie des signes et, bientôt, lui confie une mission. Il décrit, impassible et troublant, les préparatifs, la fuite, les morts et la soif de violence. Insurgé ou fanatique ? Libérateur ou illuminé criminel ?Après son exécution en novembre 1831, Thomas R. Gray publie le récit qu'il a recueilli sous le titre de Confessions de Nat Turner. Au-delà de la "littérature de potence", c'est un document historique incontournable : pour éviter d'autres rebellions, les États du Sud durciront la législation sur l'esclavage qui mènera à la guerre de Sécession... Ce texte, l'un des premiers à faire entendre une voix noire, éclaire aujourd'hui la place de ce personnage dans l'histoire des États-Unis et de la culture afro-américaine.En 1967, l'adaptation littéraire de ce témoignage par William Styron lançait une polémique. Cinquante ans plus tard, l'histoire de Nat Turner devient un film, The Birth of a Nation, qui sortira en janvier 2017. À l'époque des émeutes de Ferguson et du mouvement Black Lives Matter, ces Confessions restent d'une actualité radicale.

  • Depuis le début de sa carrière de bourreau en 1891, Anatole Deibler a pris pour habitude de noter dans des carnets d'écolier de toile grise, en face de la date et du lieu de la condamnation, les noms de chaque condamné à mort et leur « curriculum vitae ». Une liste interminable de parricides, de satyres, d'égorgeurs, d'assassins, d'empoisonneurs de tous âges et de toutes conditions. Une fois l'exécution menée à son terme, Anatole Deibler complète son catalogue : en face du nom du condamné une croix tracée à l'encre bleue signifie qu'il a été gracié, le texte rayé d'un trait bleu, que le verdict a été cassé, enfin, une croix rouge cerclée de noir, qu'il a été guillotiné... Ces derniers auront le privilège de constituer ce qu'Anatole appelle « son palmarès ». Les extraits de ces carnets sont complétés par des photos inédites : les derniers portraits des condamnés à mort exécutés tels que conservés par les archives de la police nationale. Au-delà du témoignage historique, cette litanie de visages hallucinés ou résignés, apeurés ou bravaches, et ces fragments de vies brisées donne un éclairage tout particulier sur cette « Belle Époque », dont la nostalgie fait oublier la violence.

  • La Peine de mort

    Jules Simon

    Trois frères sont accusés d'avoir sauvagement assassiné le maire de Vannes. Tout semble prouver leur culpabilité : l'absence d'alibi, les déclarations des témoins à charge, ou encore les agissements de leur père réfractaire à la monarchie de Juillet. La sentence est formelle : la peine de mort. Le jeune Jules Simon, narrateur et ancien camarade de classe des condamnés, se refuse à croire à leur responsabilité dans l'affaire. Indigné, il mène sa propre enquête...

    Ce récit relate l'événement qui convainquit Jules Simon de s'opposer à la peine de mort. Il est dédié à Victor Hugo.

    Cette nouvelle, véritable enquête policière, est suivie d'un dossier consacré à la peine de mort dans le monde.

    Couverture : Scène d'exécution illustrant la traduction allemande d'un poème d'Aristide Bruant, 1890 © Selva/Leemage
    © E.J.L., 2014 pour le dossier pédagogique

  • Au carrefour des paroles, des écritures et du spectacle, Pascal Bastien entend expliquer les rituels de l'exécution dans le Paris du xviiie siècle: bourreaux, condamnés, greffiers et confesseurs partagèrent et échangèrent, avec la foule et les magistrats, un «savoir-dire» du droit qu'on aurait tort de réduire trop simplement à la potence ou au bûcher. Hors des tribunaux, où la procédure était tenue secrète jusqu'au droit révolutionnaire, l'exécution publique fut un moyen de communiquer le droit par une mise en mots et en images du verdict. Elle fut aussi un instrument dynamique et efficace du lien social entre l'État royal et ses sujets; de fait, la peine devint au XVIIIe siècle l'espace et l'instant d'un nouveau jugement, celui des justiciables à l'égard de leur justice. Plus que le châtiment à proprement parler, il s'agit ici de reconstituer et d'analyser les différentes articulations du spectacle de la peine à Paris au xviiie siècle.

  • Régine Deforges revisite un fait divers historique qui fit grand bruit : Aimée Millot, la bergère d'Ivry, assassinée à dix-neuf ans, le 25 mai 1827, par un amoureux éconduit. Pris de remords, Honoré Ulbach se rend à la police et est guillotiné le 10 septembre suivant. Cette histoire inspira Victor Hugo qui se trouvait parmi les témoins de l'exécution. Il commença aussitôt Le Dernier Jour d'un condamné, qui parut en 1829, la même année que Notre-Dame de Paris, et marqua le début de son combat contre la peine de mort, un combat qui n'est jamais définitivement gagné.
    C'est la puissance créatrice du jeune Hugo (il a alors vingt-cinq ans) qui a passionné Régine Deforges, sans oublier son engagement contre le crime légal.
    La disparition soudaine de Régine, le 3 avril dernier, nous laisse un roman qui nous entraîne dans le Paris du XIXe siècle et nous permet de rencontrer, en plus de Victor Hugo, sa femme Adèle, Lamartine, Chateaubriand, Sainte- Beuve, Béranger, Daumier, La Fayette... Nous assistons même, avec Juliette Drouet, à la bataille d'Hernani.
    Régine Deforges, écrivain et éditrice, est née à Montmorillon dans la Vienne. D'un ton très libre, ses romans sont souvent des plaidoyers invitant les femmes à s'assumer seules, y compris dans leur sexualité. Éditrice sulfureuse, elle a publié de nombreux textes qui ont été saisis par la censure. Ses romans ont tous eu un immense succès populaire, notamment La Bicyclette bleue qui a été vendu à plusieurs millions d'exemplaires. Les Éditions de la Différence ont publié en 2013 Les Filles du cahier volé, un livre d'entretiens de Leonardo Marcos avec Régine Deforges et son amie Manon Abauzit.

  • « - En voyant la multitude des vices que le torrent de la Révolution a roulés pêle-mêle avec les vertus civiques, j'ai tremblé quelquefois d'être souillé aux yeux de la postérité... L'immortalité s'ouvrait devant nous. - À tes appels je suis venu, fantôme de la postérité - Et avec qui crois-tu dialoguer ici ? - Avec un fantôme, une figure du passé que j'ai poursuivie parmi des archives. - Avec un Robespierre de papier : tu viens de le suggérer. » Un Robespierre de papier, est une adaptation très libre de Robespierre, derniers temps de Jean-Philippe Domecq, paru aux Éditions du Seuil en 1984. De l'oeuvre originale, Pierre Béziers a gardé l'esprit, et souvent la lettre, tout en inventant de toutes pièces les personnages du drame

  • Trop jeunes pour voter, mais déjà assez vieux pour mourir... Aux États-Unis, Sandra et Troy attendent de passer sur la chaise électrique. Ils ont 15 ans. Une enfance brimée n'est pas une circonstance atténuante pour le tribunal. Et la couleur de leur peau est un fait aggravant. Ils ont tué, donc ils méritent d'être tués, selon les juges. Deux témoignages émouvants, accompagnés d'un dossier actualisé, pour mieux comprendre ce douloureux problème.

  • Hiscoutine, 1370

    Le bourreau Louis Ruest et sa jeune épouse Jehanne d'Augignac se sont installés dans leur existence de couple marié et s'efforcent, autant que possible, de s'y habituer. Si le partage de leur lit se fait aussi aisément que celui de leur toit, le partage d'idées et d'émois est pour sa part ainsi dire inexistant. Les communications de Louis s'en tiennent au strict minimum. Il s'absente des jours durant pour se vouer à toutes sortes de travaux. Et Jehanne, emprisonnée par son statut de maîtresse de maison, souffre en silence de cette incompréhension mutuelle, car elle aime son époux de tout son être, ne souhaitant que son bonheur qui est aussi le sien.

    Or, voilà qu'avec la période des nombreuses festivités hivernales survient une série d'événements dont le dessein semble être de mettre la solidité de leur union à rude épreuve. En outre, l'arrivée dans leur domaine d'une personne que nul n'attendait donne le signal au dévoilement d'aveux qui risquent de fissurer une cellule familiale déjà fragile.

    Louis s'instituera alors en juge de qui dépendra le sort des siens. Choisira-t-il l'option qu'il connaît si bien, soit celle de repousser leur amour, de les faire condamner, de leur donner la mort et, ainsi de se condamner lui-même au néant, ou sera-t-il prêt à pardonner, à naître vraiment, pour vivre enfin? La réponse viendra par l'aveu bouleversant d'un secret longuement gardé, dans lequel réside pour Louis un terrifiant remède possédant le pouvoir soit de le guérir soit de le tuer.

  • Pas une ligne de ce livre qui n'ait été écrite pour aider Brigitte Hemmerlin dont je ne connaissais même pas le nom il y a six mois. J'interviens dans une affaire en cours. Oui. Parce que cette affaire a fait l'objet d'une manipulation si monstrueuse de l'opinion que seuls des hypocrites oseraient prétendre que l'intime conviction des jurés sera vierge de tout préjugé. L'avocate était amoureuse d'un truand qui lui a demandé de passer un revolver à un condamné, voilà l'image que des millions de gens ont gardée d'une femme courageuse affrontée à un effroyable cas de conscience. Personne n'a bougé, personne n'a cherché à comprendre. Même pas les femmes, pourtant deux fois méprisées en elle. Démaquillée des fards de la culture, Antigone est-elle si différente ? Un être comme tout le monde qui, un jour sait dire non à ce qu'elle ne peut pas accepter, qui introduit dans l'univers de la peur et de la lâcheté la fracture décisive du je ne tuerai pas. Seule. A ses risques. Dans l'angoisse. Trop facile de chanter Antigone et de jeter Brigitte Hemmerlin en prison : une telle culture radote. Trop facile de se cacher derrière la souffrance d'un gardien innocent : cet homme est la victime des menteurs qui l'ont décoré et qui allaient répétant qu'on ne pouvait raisonnablement abolir la peine de mort... Il s'agit ici de Brigitte Hemmerlin, sans doute. Mais prenez garde. Je ne m'apitoie pas. C'est à chacun que je m'adresse, à tous ceux que la nullité des copinages, des assurances, des carrières, de l'existence managée condamne à la peine de vie. Remuer la boue d'un passé déjà si éloigné est vil : lui sacrifier un être digne de respect et d'amitié est plus vil encore. Jean Sur

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • En 1976, le septennat de Valéry Giscard d'Estaing bascule avec l'exécution de Christian Ranucci. A partir de cet événement, le giscardisme change de visage. Estompant son image libérale, le pouvoir refuse le débat sur l'abolition que réclame une partie de l'opinion. Pendant quatre ans, il va biaiser. Pourquoi cette dérobade ? Pourquoi les jurys populaires sont-ils plus répressifs depuis deux ans ? Comment peut-on condamner à mort en 27 minutes un criminel de 22 ans, déséquilibré mental ? Que se passe-t-il dans le huis-clos des délibérations d'une cour d'Assises ? Comment vit-on dans le couloir de la mort de nos prisons ? Comment se sont réellement déroulées les trois dernières exécutions ? Des témoins parlent : d'anciens ministres de la Justice, des avocats, des gardiens de prison, le bourreau et son aide. Ce dossier, où faits, précisions, révélations, anecdotes abondent, tombe en pleine actualité, au moment où le Parlement vient d'examiner ce grave problème qui secoue l'opinion.

  • Ce guide, destiné à tous les curieux de la civilisation maya, apporte les éléments indispensables à l'approche d'un autre univers, tout en soulignant les difficultés de son appréhension. En incorporant la culture maya au monde méso-américain et à la totalité américaine, ce livre ouvre de nouveaux horizons pour mieux comprendre cette civilisation fantastique encore pleine de mystères.

  • Que fera la droite pour reprendre le pouvoir, si elle le perd en 1978 ? Que fera la gauche pour le garder ? Autour de neuf grands thèmes, qui seront demain les champs de bataille où s'affronteront la nouvelle majorité et la nouvelle opposition, dix-huit personnalités responsables de notre proche avenir polémiquent. Sur chaque thème, un ténor étiqueté à droite et un ténor étiqueté à gauche s'affrontent sans se voir ni s'entendre. À eux d'anticiper les arguments de l'adversaire. Le journaliste qui conduit l'interview, à coups de questions pièges et de « oui, mais... », empêche ses interlocuteurs de fignoler paisiblement une affiche électorale. Juxtaposées, recoupées, comparées, les dix-huit interviews contradictoires finissent par décrire, avec ses fausses certitudes et ses vraies équivoques, le climat politique d'avant les élections. Pour bien lire ce livre, il faut traquer entre les lignes les réticences, les pirouettes et même les silences. Ils sont au moins aussi riches que les accès de sincérité ! Les partisans et les adversaires de la révolution promise ne sont ni tout blancs, ni tout noirs, et même, ils se rencontrent assez souvent au fil de leurs discours opposés. Que le lecteur compte les coups. Et que ce livre, qui n'est en soi ni de droite, ni de gauche, nous aide à réfléchir. C'est, en dernière analyse, la condition de toute démarche démocratique.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le rôle de visiteur (ou de visiteuse) des prisons ne saurait être défini comme une tâche professionnelle. La différence peut de ce fait paraître considérable entre, d'une part, l'approche des délinquants par le travailleur social, l'éducateur, le psychologue ou le médecin, et d'autre part, les modes de présence et d'action de bénévoles dont un bon nombre appartient simplement à l'OEuvre de la Visite des Détenus dans les Prisons. Ainsi, lorsque Marie-Jeanne Rosé demande à son mari et à son fils aîné leur accord avant d'engager les longues démarches nécessaires pour obtenir sa carte de « visiteuse », aucune expérience préalable n'avait préparé cette jeune institutrice à ses rencontres avec les femmes et par la suite avec les hommes détenus dans la prison de sa petite ville. Ce qui lui tenait lieu de « formation », c'était la vigueur de ses motivations, essentiellement éthiques et spirituelles. Depuis son premier entretien avec une jeune femme condamnée pour vol, Marie-Jeanne Rosé demeura déterminée au point que rien ni personne n'avait pu l'arrêter. Son témoignage se lit ainsi comme le récit d'un apprentissage hors profession, l'histoire d'une maturation. Se sachant et se disant elle-même issue d'un milieu bourgeois et catholique, elle abordait le monde de la délinquance de fort loin. Mais tout porte à croire qu'elle devait précisément à cette distance culturelle la qualité de son bon sens et sa capacité d'apprendre, de faire comprendre et d'agir. Les premiers appuis lui étaient apportés par des magistrats à un moment où la maison d'arrêt ne disposant ni d'assistante sociale, ni d'éducateur, elle devait s'efforcer d'assumer ces tâches au jour le jour. Par la suite, à travers les trente ans d'exercice de sa fonction de visiteuse, une heureuse circonstance historique fit émerger une sensible humanisation du régime carcéral français, et surtout un début d'accompagnement postpénal, si bien que, avec les progrès de son expérience coïncidaient des conditions plus favorables à la réintégration des détenus libérés. Ainsi ce témoignage porte sur trois aspects d'une même évolution concernant le rôle de visiteuse de prison, l'efficacité éducative de l'appareil judiciaire et le développement personnel de ceux qui, bénévolement, contribuent à ce résultat. « J'étais en prison et vous êtes venu jusqu'à moi »... Cette phrase toute simple énonce l'appel auquel Marie-Jeanne Rosé n'a pas cru pouvoir se soustraire. Sa réponse, exprimée clairement par sa présence auprès des détenus et notamment par ses correspondances avec certains d'entre eux, mérite une grande attention.

  • « Le poissonnier de la Guille, hold-up chez Berliet, le crime de l'hôtel de la Croix d'Or... » ; c'est sans nul doute lorsqu'il dirige la Sûreté Urbaine de Lyon que, pendant 10 ans, le Commissaire Durin connaît les enquêtes les plus marquantes. Avec rigueur et précision il narre les faits dans toute l'intensité dramatique des situations, ébauchant au passage une analyse de la psychologie du coupable et du policier. La guerre des polices, la peine de mort, l'erreur judiciaire font aussi partie de ses préoccupations ; témoin la lettre, qu'en termes vifs, il adressa à Maître Lombard dans l'affaire De veaux, commis boucher accusé du meurtre de la fillette de ses employeurs.

  • Récits de vingt affaires célèbres ou oubliées de l'Aveyron trouvées dans les archives et les chroniques judiciaires du département.

  • Peu d'hommes ont eu à approcher d'aussi près, à connaître aussi intimement un tel nombre d'assassins, d'escrocs, de voleurs, de maîtres chanteurs, de kidnappeurs et de voyous de tout crin. Président de la cour d'assises de Paris de 1972 à 1977, Jean Ullmann a jugé plus de trois cent cinquante affaires criminelles. Qui ne se souvient des procès Jubin (mai 1973, réclusion perpétuelle), Hervé (septembre 1973, réclusion perpétuelle), Villaret (juin 1975, vingt ans de réclusion criminelle), Willoquet (mars 1977, vingt ans de réclusion criminelle), Zampiéri (juin 1977, réclusion perpétuelle)...

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