• Continuité aborde dans ce numéro printanier, un patrimoine dans la fleur de l'âge : les églises modernes. Elles furent érigées dans l'effervescence d'un renouveau liturgique, architectural et démographique, alors que les banlieues étaient en plein essor. Mal aimées parce que mal comprises, ces églises ont toutefois besoin d'être reconnues et appréciées afin d'en assurer l'avenir. C'est donc dans cette perspective que Continuité vous propose le dossier « Églises modernes. OEuvres de pionniers ». Les faire aimer et connaître, les journalistes et les spécialistes invités France Vanlaethem (Docomoco), Marie-Dina Salvione (UQAM) et Denis Boucher(Conseil du patrimoine religieux du Québec) s'y emploient en explorant leur richesse historique et architecturale. Louis Lapierre, pionnier de l'architecture moderne au Québec et concepteur de l'église Saint-Gaëtan de Montréal, qui a accepté de prendre la pose pour la couverture, nous livre un entretien captivant. Enfin, grâce à un don de diapositives de l'historien Lévis Martin, certaines constructions vous sont présentées dans l'éclat de leur jeunesse.

  • L'avenir des églises catholiques du Québec est gravement menacé, et le sort des objets mobiliers à caractère religieux qu'elles abritent est plus qu'incertain. Dans le contexte actuel de fermeture des églises, ces objets sont en effet retirés de leur lieu d'origine, déplacés, entreposés, vendus ou simplement détruits. La statuaire religieuse en plâtre représente une grande part de ces objets. Longtemps considérées comme des objets de second ordre, compte tenu de leur nombre élevé et de leur fabrication en série, les statues de plâtre sont pourtant omniprésentes dans les églises et les chapelles depuis plus d'un siècle et elles ont tenu une place importante au sein de la pratique religieuse et des dévotions populaires. Que faire aujourd'hui de ce vaste éventail de statues de plâtre ? Comment préserver ces objets du passé socioreligieux et artistique témoins d'une grande période de l'histoire du Québec ?

    La réponse se trouve dans le processus de documentation et de valorisation de ces objets. Cet ouvrage propose ainsi de montrer que ce corpus d'objets comporte des valeurs artistiques, historiques et de proximité qui leur confèrent un intérêt patrimonial certain. En s'appuyant sur la notion de significativité développée dans l'approche sociologique de l'histoire de l'art, l'auteure présente les diverses caractéristiques patrimoniales de ces statues et la manière dont elles se construisent. C'est dans cette perspective qu'elle préconise la conservation in situ de ces objets ainsi que le maintien de certains lieux de culte dans leur intégralité, tout en soulevant les difficultés et les limites de la muséalisation de la statuaire religieuse.

  • Dans son édition hivernale, Continuité s'intéresse à l'avenir du patrimoine bâti. Alors que la Loi sur le patrimoine culturel fête son cinquième anniversaire et que le gouvernement travaille au renouvellement de sa politique culturelle, la Table de concertation des acteurs nationaux en patrimoine bâti du Québec a organisé un grand sommet cet automne. Son objectif ? Réunir les forces vives du milieu afin de partager des expériences, de dresser un état des lieux, d'identifier les enjeux actuels du domaine et de proposer des actions pour l'avenir. Continuité profite de l'occasion pour rendre hommage à ces organismes et explorer avec eux le contexte dans lequel ils oeuvrent à la sauvegarde et à la mise en valeur de notre héritage bâti. Également au sommaire, une chronique sur la sauvegarde par la Société d'histoire de Charlevoix de la forge Riverin à La Malbaie, et une enquête sur le patrimoine immatériel de la MRC des Basques.

  • Pour rendre hommage à la carrière exemplaire de l'ethnologue Germain Lemieux, des chercheurs du Québec, du Canada et d´Europe ont participé à un colloque organisé en son honneur par le département de folklore de l´université de Sudbury et le Centre franco-ontarien de folklore. Les actes reprennent les six séances du colloque. / La 1re séance fait connaître le contexte de production de l´oeuvre de Germain Lemieux, en la mettant en parallèle avec celle d'autres religieux qui ont oeuvré en Ontario français et en Acadie. / La 2e séance considère la matière folklorique en tant que source d'inspiration pour les artistes et les enseignants. / La 3e séance, consacrée au conte, explore le jeu des échanges entre l'oral et l'écrit, analyse la gestuelle des conteurs, éclaire la moralité des récits, et apprécie la place et la qualité des sources franco-ontariennes dans le corpus narratif de la francophonie. / La 4e séance, consacrée à la chanson traditionnelle, analyse le répertoire recueilli par Germain Lemieux, étudie la valeur littéraire d'une chanson locale, la « Complainte de Cadieux », les variations d'une chanson type internationale, le « Siège de Mons », et le rôle du chansonnier dans la transmission de la mémoire populaire. / La 5e séance, consacrée à la culture matérielle et sociale, étudie le réseau des artisans forgerons, les caractéristiques de la langue du conte franco ontarien, le patrimoine religieux d'un groupe minoritaire et le rôle de la tradition orale perçue comme acte de communication. / La 6e séance est tournée vers l´avenir. On y dénonce la minorisation culturelle des Franco-Ontariens ; on propose l´économuséologie comme modèle de tourisme culturel ; on critique l´expérience du macro-inventaire du patrimoine québécois, et on suit l´évolution du concept de folklore vers la notion de patrimoine vivant. / Ces actes de colloque, tenus à l´université de Sudbury les 31 octobre, 1er et 3 novembre 1991, ouvrent des perspectives nouvelles pour la compréhension et l´exploitation de l´oeuvre féconde de ce grand ethnologue.

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