• Edition enrichie de Roger Borderie comportant une préface et un dossier sur le roman.

    Victor Hugo a vingt-six ans quand il écrit, en deux mois et demi, Le Dernier Jour d'un Condamné, roman qui constitue sans doute le réquisitoire le plus véhément jamais prononcé contre la peine de mort.
    Nous ne saurons pas qui est le Condamné, nous ne saurons rien du crime qu'il a commis. Car le propos de l'auteur n'est pas d'entrer dans un débat mais d'exhiber l'horreur et l'absurdité de la situation dans laquelle se trouve n'importe quel homme à qui l'on va trancher le cou dans quelques heures.
    Ce roman - aux accents souvent étrangement modernes - a une telle puissance de suggestion que le lecteur finit par s'identifier au narrateur dont il partage tour à tour l'angoisse et les vaines espérances. Jusqu'aux dernières lignes du livre, le génie de Victor Hugo nous fait participer à une attente effarée : celle du bruit grinçant que fera le couperet se précipitant dans les rails de la guillotine.
    Quiconque aura lu ce livre n'oubliera plus jamais cette saisissante leçon d'écriture et d'humanité.

  • Hiver 1910. Jean-Jacques Liabeuf, 24 ans, ouvrier cordonnier dans le quartier des Halles, est injustement condamné pour proxénétisme par des ripoux de la brigade des moeurs. Il entreprend de laver son honneur par ses propres moyens : des brassards cloutés, une lame affûtée et un revolver. Il devient un légendaire « tueur de flics » dont l'action d'éclat fera de nombreux émules, tout en gagnant la sympathie de la presse révolutionnaire. Après un procès retentissant, son exécution donnera lieu à l'une des plus grandioses émeutes populaires du XXe siècle, aux cris de : « Vive Liabeuf et mort aux vaches ! » Un an plus tard naissait la bande à Bonnot.

    Yves Pagès est auteur et éditeur chez Verticales (Gallimard).

  • Le Tribunal révolutionnaire vient d'être institué et la Terreur est imminente... Marie-Antoinette est prisonnière au Temple en attendant son procès dont l'issue ne fait aucun doute. Les gardes nationaux chargés de sa surveillance redoublent de vigilance: ils ont appris le retour du chevalier de Maison-Rouge. Connu pour l'amour qu'il porte à la reine, il est capable de tout pour la soustraire au terrible sort qui l'attend. Extrait : Maurice était rentré chez lui sans savoir comment il y était revenu ; il avait traversé Paris sans rien voir, sans rien entendre ; les choses qui venaient de se passer s'étaient écoulées devant lui comme dans un rêve, sans qu'il pût se rendre compte ni de ses actions, ni de ses paroles, ni du sentiment qui les avait inspirées. Il y a des moments où l'âme la plus sereine, la plus maîtresse d'elle-même, s'oublie à des violences que lui commandent les puissances subalternes de l'imagination. Ce fut, comme nous l'avons dit, une course, et non un retour, que la marche de Maurice ; il se déshabilla sans le secours de son valet de chambre, ne répondit pas à sa cuisinière, qui lui montrait un souper tout préparé ; puis, prenant les lettres de la journée sur sa table, il les lut toutes, les unes après les autres, sans en comprendre un seul mot. Le brouillard de la jalousie, l'ivresse de la raison, n'était point encore dissipé.

  • Édition enrichie (Préface, notes, chronologie et bibliographie)Les dieux ont soif : quand il choisit pour titre ce mot de Camille Desmoulins, Anatole France ne veut nullement rejeter sur une fatalité tragique les atrocités de la Terreur. Ce texte admirable décrit l'horreur du fanatisme, l'obscurantisme gagnant les Lumières elles-mêmes, la barbarie prenant le masque du progrès. En 1912, ce livre du patriarche de la Gauche française qui dénonçait les excès de la Révolution fut accueilli comme un paradoxe. Aujourd'hui, cette représentation alarmée de l'histoire se lit comme une lucide préface à l'horrible xxe siècle, un avertissement contre l'ignorance et la peur qui engendrent la bêtise, la grande tueuse.
    Édition de Pierre Citti. 

  • Biographe de grandes figures féminines, Élisabeth Reynaud décrypte le destin d'une reine, Marie-Antoinette (1755-1793).
    Qui fut vraiment Marie-Antoinette ? Pour le découvrir, il a fallu, par-delà les siècles, entendre sa voix. En s'appuyant sur les correspondances, chroniques, mémoires rédigés au XVIIIe siècle par les ambassadeurs, ministres, gouvernantes, duchesses et femmes de chambre, Elisabeth Reynaud nous donne à lire son journal intime.
    Celui d'une femme, qui eut le courage d'afficher sa singularité et de s'affranchir de l'étiquette pesante de la cour de France, où elle arrive en 1770, à 14 ans, pour épouser le dauphin.
    On y entend ses cris d'amour, d'orgueil, de colère ou d'angoisse. On découvre au plus près celle qui fut l'épouse de Louis XVI, l'amante du comte de Fersen, l'amie passionnée de la Polignac, mais aussi la mère de quatre enfants, dont trois moururent en bas âge.
    Le portrait de celle qui monta à l'échafaud le 16 octobre 1793, à la veille de ses 38 ans, ayant affronté son destin

  • Depuis le début de sa carrière de bourreau en 1891, Anatole Deibler a pris pour habitude de noter dans des carnets d'écolier de toile grise, en face de la date et du lieu de la condamnation, les noms de chaque condamné à mort et leur « curriculum vitae ». Une liste interminable de parricides, de satyres, d'égorgeurs, d'assassins, d'empoisonneurs de tous âges et de toutes conditions. Une fois l'exécution menée à son terme, Anatole Deibler complète son catalogue : en face du nom du condamné une croix tracée à l'encre bleue signifie qu'il a été gracié, le texte rayé d'un trait bleu, que le verdict a été cassé, enfin, une croix rouge cerclée de noir, qu'il a été guillotiné... Ces derniers auront le privilège de constituer ce qu'Anatole appelle « son palmarès ». Les extraits de ces carnets sont complétés par des photos inédites : les derniers portraits des condamnés à mort exécutés tels que conservés par les archives de la police nationale. Au-delà du témoignage historique, cette litanie de visages hallucinés ou résignés, apeurés ou bravaches, et ces fragments de vies brisées donne un éclairage tout particulier sur cette « Belle Époque », dont la nostalgie fait oublier la violence.

  • Juillet 2015, alors que la menace terroriste est à son plus haut niveau, l'adjudant de gendarmerie Éléonore Darras rejoint sa nouvelle affectation, au fin fond de la Lozère, où elle a été mutée pour avoir dénoncé le harcèlement sexuel permanent dont elle était victime de la part de son supérieur.
    À peine arrivée, elle va devoir résoudre une série de crimes abominables, dont les victimes semblent liées à la mouvance anarchiste.
    Parallèlement à cette enquête le sous-officier doit faire face à l'hostilité apparente de sa chef, le lieutenant Sonia Hurni, officier énigmatique à la personnalité pour le moins déroutante.

  • Depuis 1989, date du bicentenaire de la Révolution française, les études sur ce moment fondamental de l'histoire de la France se sont poursuivies et de nouveaux chantiers de recherche ont été ouverts. Les grandes thématiques nées de 1789 fascinent toujours autant, au point d'être sans cesse interrogées et réinterprétées. Dans sa préface, Michel Vovelle écrit avec humour : « Soboul est mort, Furet est mort et moi-même je ne me sens pas très bien. » Pour autant, l'auteur n'en démontre pas moins l'incontestable dynamisme de l'historiographie de la Révolution, comme les contributions ici réunies en témoignent. Pour faire le point de cette vitalité, une trentaine d'historiens réunis par Michel Biard, professeur à l'Université de Rouen, s'emploient à établir chacun dans son domaine l'état des connaissances. La Révolution française a-t-elle été provoquée par les idées des philosophes ? A-t-elle été une catastrophe économique, un désert artistique et scientifique ? Que fut dans cette révolution la place des paysans, des femmes ? En quoi notre actuelle démocratie est-elle encore largement redevable de cette période, via les élections, la sociabilité politique, la presse, le langage, etc. ? Loin des idées reçues, cet ouvrage apporte ici de nouveaux éléments de réponse à ces questions toujours actuelles, fondés sur les études les plus récentes. Autant de synthèses claires et concises qui permettront au lecteur de (re)découvrir la Révolution française. Par décision des auteurs, les droits de cet ouvrage seront versés au profit de la Société des études robespierristes, société savante qui se consacre depuis sa fondation en 1907 à l'histoire à la fois scientifique et républicaine de la Révolution française par ses colloques, études et publications (notamment la revue Annales historiques de la Révolution française).

  • Née du siècle des Lumières, enfant de pensées utopiques, accouchée un soir de séance à l'assemblée par la voix d'un médecin, député d'une assemblée constituante se voulant réformiste et aux idées égalitaires, la guillotine fut longtemps l'instrument porté par un courant de pensée qui prônait l'égalité devant la mort des condamnés et la non-souffrance devant la peine. Guillotin, qui devait à son grand désespoir, lui donner son nom, ne déclarait-il pas : « Le supplice que j'ai inventé est si doux qu'il n'y a vraiment que l'idée de la mort qui puisse le rendre désagréable. Aussi, si l'on ne s'attendait pas à mourir, on croirait n'avoir senti sur le cou qu'une légère et agréable fraîcheur. » Appelée Louisette, La Veuve ou encore la Bascule à Charlot, la guillotine fut longtemps tour à tour détestée, vénérée, admirée, voire déifiée ou vouée aux gémonies de l'Histoire. Grande prêtresse du crime, elle fut l'instrument suprême de la justice jusqu'à sa remise aux archives de l'Histoire en 1981. C'est son histoire, celle des bourreaux l'ayant servie et des condamnés qui subirent son supplice que l'Historien Michel Benoit nous raconte dans ce livre.

  • Episto

    Jean-François Pré

    Une ancienne gloire des hippodromes, un éditeur à succès et un chirurgien briguant un portefeuille ministériel sont assassinés. Les armes utilisées par le meurtrier sortent pour le moins de l'ordinaire, tout comme les missives qu'il adresse à l'ex-commissaire Langsamer pour annoncer chacun de ses crimes. Points communs entre les trois premières victimes - eh oui il y en aura d'autres - leurs visages sont vitriolés post-mortem...

    Des crimes vraiment mystérieux, une atmosphère chic, une écriture presque british, un héros, l'ex-commissaire Langsamer, dont les méthodes rappellent parfois celles d'Hercule Poirot : le successeur d'Agatha Christie est arrivé !

  • Sous la hache

    Elemir Bourges

    Par l'une des plus tristes soirées de la fin de novembre 1793, un officier Républicain revenant de reconnaissance, gravissait à pas lents la rampe qui conduit au petit village de Saint-Judicaël-de-Mer-Morte, dans le pays de Retz. Quoiqu'il eût l'air très jeune encore, sa démarche lasse et ployée, la morne expression de ses traits, et ses yeux attachés au sol, tout trahissait en lui quelque secret accablement. Il fouettait d'un jonc, en marchant, les herbes desséchées au rebord du chemin, et de temps en temps s'arrêtait.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Victor Méric (1876-1933)
    Victor Méric, journaliste et écrivain, fut anarchiste puis communiste. En 1931, il fonde la Ligue Internationale des Combattants de la Paix.
    "Les bandits tragiques" relate l'histoire de la tristement célèbre bande à Bonnot, bande de jeunes gens, qui laissa en très peu de temps une trace sanglante sur son passage, et cela au nom de ses idées. Anarchistes ou voyous ?
    Victor Méric en profite pour dénoncer la justice qui fut implacable avec Albert Dieudonné qui n'avait participé à aucun des crimes.

  • Hiscoutine, 1370

    Le bourreau Louis Ruest et sa jeune épouse Jehanne d'Augignac se sont installés dans leur existence de couple marié et s'efforcent, autant que possible, de s'y habituer. Si le partage de leur lit se fait aussi aisément que celui de leur toit, le partage d'idées et d'émois est pour sa part ainsi dire inexistant. Les communications de Louis s'en tiennent au strict minimum. Il s'absente des jours durant pour se vouer à toutes sortes de travaux. Et Jehanne, emprisonnée par son statut de maîtresse de maison, souffre en silence de cette incompréhension mutuelle, car elle aime son époux de tout son être, ne souhaitant que son bonheur qui est aussi le sien.

    Or, voilà qu'avec la période des nombreuses festivités hivernales survient une série d'événements dont le dessein semble être de mettre la solidité de leur union à rude épreuve. En outre, l'arrivée dans leur domaine d'une personne que nul n'attendait donne le signal au dévoilement d'aveux qui risquent de fissurer une cellule familiale déjà fragile.

    Louis s'instituera alors en juge de qui dépendra le sort des siens. Choisira-t-il l'option qu'il connaît si bien, soit celle de repousser leur amour, de les faire condamner, de leur donner la mort et, ainsi de se condamner lui-même au néant, ou sera-t-il prêt à pardonner, à naître vraiment, pour vivre enfin? La réponse viendra par l'aveu bouleversant d'un secret longuement gardé, dans lequel réside pour Louis un terrifiant remède possédant le pouvoir soit de le guérir soit de le tuer.

  • Le roi Mystère

    Gaston Leroux

    Ce roman débute par le long récit des opérations montées par le Roi des Catacombes, autrement dit roi Mystère, pour faire échapper à la guillotine un condamné à mort innocent. Commandant à l'ensemble de la pègre parisienne, ce personnage est tout puissant. Il dispose de moyens financiers illimités et de complices dans tous les rouages de l'Etat. Il s'offre le luxe, en outre, d'inviter à dîner quelques représentants de la bonne société, dont le procureur impérial Sinnamari, le directeur de l'Assistance publique Eustache Grimm et le colonel Régine, afin de leur faire assister en direct à l'évasion du condamné, qu'il ne peuvent empêcher. Le récit voit ensuite le roi Mystère prendre toute son ampleur. L'homme dispose de trois identités : Robert Pascal, un jeune peintre de Montmartre - le comte de Teramo-Girgenti, vieillard aussi richissime que mystérieux - et roi Mystère auprès de ses troupes. Il apparaît petit à petit que cet individu tout puissant poursuit un objectif très personnel: se venger des trois hommes - Sinnamari, Grimm, Régine - qui, dans leur jeunesse, ont séquestré, violé et provoqué la mort de sa mère et envoyé son père à l'échafaud...

  • ATTENTION ÉVÉNEMENT : Découvrez en exclusivité numérique la toute nouvelle collection CHRONIQUE D'UN JOUR !
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  • Depuis les origines, il semble que l'homme se soit fait une spécialité de l'art qui consiste à liquider son semblable. Dans l'exercice de cet art, la guillotine, fille des « Lumières », marque une rupture avec les pratiques artisanales qui l'ont précédée. Au moment où la machine nous quitte, après deux siècles de bons et loyaux services, il convenait de retracer son histoire ; comment elle fut conçue, dans quel cadre fonctionna-t-elle, qui furent ses servants, qui furent ceux qui passèrent sous sa coupe... Au-delà de la manière radicale dont le peuple perdait la face, la guillotine nous permet d'apercevoir la façon insidieuse dont l'homme risque de perdre la tête. Car avec la guillotine, c'est la machine qui investit le corps social tout entier. De la technologie industrielle mise au service de l'humanité, à l'humanité se mettant au service de la technologie industrielle, c'est aussi, - à travers cette méchante histoire de guillotine, - la voie d'une réflexion sur la mécanique entamant l'homme que l'on a voulu ici désigner.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Anatole Deibler, le célèbre bourreau, a été enlevé.
    Le détective Gaston CERVIER, chargé de l'enquête par le chef de la Sûreté, est persuadé que cette manoeuvre n'a d'autre but que d'empêcher l'exécution le lendemain matin de deux ignobles crapules.
    Gaston CERVIER décide, en compagnie de son jeune assistant Jean TIXIER, d'infiltrer incognito les bars du quartier dans lequel les condamnés avaient leurs habitudes.
    Très vite, les deux policiers sont mis sur la piste du terrible « Le Moko », un ami des truands qui devaient être guillotinés...

  • Lagingeole et Fil-en-Quatre, les fidèles lieutenants du célèbre détective Marc JORDAN, sur les traces d'une association de bandits, se sont installés incognito dans un bouge qu'ils soupçonnent servir de repaire aux malfrats.
    Alors que la nuit est venue, des bruits de pas étouffés provenant de l'étage supérieur les réveillent.
    Soudain, un cri horrible !
    Aux aguets, les deux hommes tendent l'oreille pour tenter de deviner ce qui se passe au-dessus d'eux quand Fil-en-Quatre reçoit une goutte chaude et gluante... puis une autre... une pluie de sang tombe du plafond de leur chambre...

  • L'un des chefs de la terrible association de criminels « Les Amants de la Guillotine » a échappé in extremis à Marc JORDAN, le célèbre détective. Cependant, sa partenaire, la belle Maria, est sous les verrous.
    Ayant appris que le fugitif navigue également dans les hautes sphères et qu'il est l'amant d'une aristocrate, Marc JORDAN, une fois identifiée la noble maîtresse, décide d'user de sa meilleure arme pour faire tomber le gigolo et ses cinq comparses : la rancune et la haine d'une femme bafouée.
    Il faut donc organiser l'évasion de Maria et lui ouvrir les yeux afin que son désir de vengeance la pousse à trahir l'homme qu'elle aime...

  • Paul d'Albagny (1831-1912)

    "Ce n'est point un roman, ce n'est point une oeuvre de pure imagination que nous nous proposons d'offrir à la curiosité de nos lecteurs.
    Le titre seul de cette histoire, à la fois si terrible et si véridique, qui émut si profondément le département de l'Ardèche il y a un demi-siècle, oblige à plus de sincérité, d'exactitude et de vraisemblance qu'il n'en peut entrer d'habitude dans un simple roman d'aventures.
    La réalité est d'ailleurs tellement émouvante par elle-même, qu'il n'est point nécessaire d'y ajouter par un effort quelconque de l'imagination.
    Les faits se déroulant dans leur ordre chronologique et tels qu'ils ont été recueillis dans les dépositions des témoins appelés au procès criminel qui mit fin à cette lugubre série de crimes, suffisent à imprimer au récit cet intérêt à la fois poignant et terrible que les romanciers recherchent et que quelques-uns atteignent dans leurs oeuvres.
    Tout se prête dans cette sinistre histoire à un pareil intérêt."

    L'affaire débute en 1831, sur la commune de Lanarce (Ardèche), avec la découverte du cadavre d'Antoine Anjolras. La rumeur accuse les propriétaires de l'auberge de Peyrebeille (ou Peyrabeille) le couple Martin et leur domestique. Mais la rumeur enfle et ce ne sont pas moins de 50 assassinats qu'on leur attribue...

  • Pierre Bouchardon (1870-1950)

    "Annoncé assez longtemps à l'avance, redouté par beaucoup, plaisanté par d'autres, le choléra fit son apparition à Paris le 26 mars 1832. En quelques heures, il tua quatre personnes, dont le cuisinier du maréchal Lobau. Le 31 mars, on comptait déjà trois cents cas mortels. Alors, ce fut la grande peur et inlassablement le fléau décima la capitale, les corbillards ne suffisant plus à évacuer les cadavres.
    Puis, il s'en alla comme il était venu, mais non sans avoir visité la province. Capricieux du reste et désordonné dans sa marche, car il se plut à enjamber plusieurs départements, épargnant ici et ravageant là, dédaignant une grande ville et s'arrêtant à un village.
    /> Explora-t-il la basse Bretagne ? Peut-être, car, en l'année 1833, sous le toit hospitalier de l'abbé Le Drogo, premier vicaire de la paroisse de Guern, canton de Pontivy, se produisirent, dans un intervalle de quelques semaines, une série de décès foudroyants, mystérieux, inexplicables, accompagnés des mêmes symptômes.
    Le 28 juin, Joseph Le Drogo père succomba le premier, après huit jours de maladie, à la suite d'incoercibles et continuels vomissements. Le 5 juillet, ce fut le tour de sa femme, née Guillemette Eveno. Le 17, la nièce du vicaire, Marie-Louise Lindevat, une fillette de sept ans, périt de la même mort. Le 23 août, une journalière, Marguerite André, habituellement employée et nourrie au presbytère, rendait l'âme après une horrible agonie, identique aux trois précédentes. Le 28 septembre, l'abbé Le Drogo lui-même était emporté en trente-deux heures, et cependant, jeune encore et vigoureusement constitué, il semblait de taille à défier la mort.
    L'épidémie ne s'en tint pas là."

    Hélène Jégado, considérée comme la plus grande tueuse en série française, est née dans le Morbihan en 1803. Sa route est jonchée d'empoisonnements : on en dénombre pratiquement une centaine causant la mort de 60 personnes. Mais ce n'est seulement que pour les cinq derniers meurtres (du fait de la prescription pour certains) qu'elle est jugée et condamnée à mort, en 1851.

  • Pierre Bouchardon (1870-1950)

    "C'était en 1869, dans le département du Haut-Rhin.
    Le 25 août, à onze heures avant midi, un monsieur, d'âge mûr, descendit, à la station de Bollwiller, du train de Strasbourg. Il n'avait que des bagages à main : un carton à chapeaux et deux sacs de nuit recouverts de tapisseries aux couleurs voyantes.
    Un peu plus tard, en la compagnie d'un jeune homme qui l'avait attendu à sa descente de wagon, il grimpa lestement sur l'impériale de l'omnibus des chemins de fer de l'Est qui faisait alors le service jusqu'à Guebwiller et que conduisait, ce jour-là, le cocher Müllier Ferdinand, mais les deux inconnus s'arrêtèrent, en cours de route, à Soultz, un gros chef-lieu de canton.
    - À quelle heure passe la plus prochaine voiture pour Guebwiller ? demanda l'aîné des voyageurs, en posant le pied sur le sol.
    Et comme Müller lui répondait : À neuf heures du soir ! il remercia et prit congé en ces termes :
    - Alors, le temps ne nous manquera pas, à mon ami et à moi, pour notre petite excursion !
    Du consentement de l'employé Sébastien Vogel, il déposa ses trois colis dans le bureau de l'omnibus.
    Les deux amis, puisque amis il y avait, poussèrent ensuite la porte de Joseph Loevert, qui tenait boulangerie et auberge. Ils s'attablèrent à côté de la fenêtre et commandèrent, en allemand, des cervelas."

    Documentaire. L'affaire Troppmann a défrayé la chronique en 1869. Une famille entière, soit 8 personnes, est massacrée à Pantin...

  • L'affaire Pranzini Nouv.

    Pierre Bouchardon (1870-1950)

    "Le jeudi 17 mars 1887, jour de la mi-carême, la femme Toulouse, née Julie Garrier, cuisinière depuis douze ans chez Mme Régine de Montille, descendit, à sept heures du matin, de la chambre qu'elle occupait avec son mari, au cinquième étage, 17 rue Montaigne. Elle s'arrêta au troisième, comme elle en avait l'habitude, afin de prendre son service à l'appartement de sa maîtresse.
    Régine de Montille était un nom de guerre. La personne qui s'était anoblie de la sorte se nommait tout simplement Claudine-Marie Regnault. Entrée, depuis plus d'un mois, dans sa quarantième année, elle avait su défendre contre les ravages du temps ses charmes physiques et, l'ancienneté comme au choix, elle occupait un certain rang dans le monde des courtisanes. Oh ! sans qu'elle s'affichât ou se livrât à des démonstrations tapageuses. Elle savait même garder une réserve de bon goût, sortait peu et ne recevait guère, tout au moins jusqu'à une époque récente, que les visites de ses amis attitrés. Elle était au surplus d'habitudes bourgeoises et tenait le livre de caisse de sa comptabilité d'amour avec beaucoup d'ordre.
    Son personnel domestique comprenait, outre la cuisinière, une femme de chambre, Anne, dite Annette, Gremeret, qui la servait avec un dévouement aveugle depuis quatorze ans, et pour laquelle elle n'avait pas de secrets."

    Le 17 mars1887, rue Montaigne à Paris, Julie Toulouse, cuisinière, découvre les cadavres massacrés de sa patronne Mme Regnault, une courtisane plus connue sous le nom de Régine de Montille, d'Anne Gremeret la femme de chambre, et de Marie-Louise Gremeret, la fille de cette dernière âgée de 9 ans...

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