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    " Bouleversant " Barack Obama Women's Prize for Fiction 2019Celestial et Roy viennent de se marier. Elle est à l'aube d'une carrière artistique prometteuse, il s'apprête à lancer son business. Ils sont jeunes, beaux et incarnent le rêve américain... à ceci près qu'ils sont noirs, dans un État sudiste qui fait peu de cadeaux aux gens comme eux. Un matin, Roy est accusé de viol. Celestial sait qu'il est innocent, mais la justice s'empresse de le condamner.
    Les années passent, et la jeune femme tient son rôle d'épouse modèle jusqu'au jour où cet habit devient trop lourd à porter. Elle trouve alors du réconfort auprès d'Andre, son ami d'enfance. À sa sortie de prison, Roy retourne à Atlanta, décidé à reprendre le fil de la vie qu'on lui a dérobée...
    Avec ce portrait de la classe moyenne noire du sud des États-Unis, Tayari Jones radiographie le couple et signe une histoire d'amour tragique et contemporaine qui explore les thèmes de la famille, de la loyauté, du racisme. Caustique et rigoureuse observatrice de son temps, cette auteure reconnue outre-Atlantique s'attaque en femme de lettres aux maux qui rongent la société américaine, et parvient à donner à ce texte fulgurant et âpre tous les atours d'un grand roman.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Karine Lalechère

  • 1920. Sur le site minier de Faymoreau en Vendée, un coup de grisou a provoqué l'effondrement d'une galerie. Apprenant la tragédie, Isaure Millet, la fille des métayers du château, s'est précipitée sur les lieux. Thomas Marot, l'homme qu'elle aime depuis toujours, fait partie des mineurs pris au piège. Les secours s'activent. Thomas est sauvé mais le soulagement d'Isaure est de courte durée : le jeune homme est déjà fiancé à une ouvrière polonaise. Comment pourra-t-elle se résoudre à renoncer à lui ?
    Les suites de la catastrophe prennent une tournure inattendue: l'une des victimes retrouvées sans vie au fond de la mine a, en fait, été assassinée d'une balle dans le dos... L'enquête bute sur le mutisme des témoins. La belle Isaure, qui lutte pour dissimuler les sentiments qu'elle voue à Thomas, en sait-elle plus qu'elle ne prétend ? Quel secret cache la petite communauté de gueules noires ?
    Marie-Bernadette Dupuy est l'auteur d'une oeuvre extrêmement riche et variée, traduite jusqu'en Russie, qui lui a permis de conquérir le coeur de nombreux lecteurs. Elle revient avec une époustouflante saga, dédiée au monde de la mine, sur les pas d'une héroïne extraordinairement attachante.
     

  • Dans le village minier de Feymorau, en Vendée, dans les années vingt, Isaure, fille de paysans de la région, et Thomas, un mineur dont la femme, d'origine polonaise, est repartie vivre dans sa patrie, décident de faire fi de la morale et de leur culpabilité : ils s'aiment et se retrouvent en cachette sous le vieux chêne qui abritait leurs rendez-vous adolescents.
    Un dimanche, alors qu'elle vient de passer la nuit avec Thomas, Isaure est appelée d'urgence au chevet de sa mère, Lucienne. Celle-ci est au plus mal. Avant de mourir, elle tient à avouer à sa fille le secret de sa naissance : le véritable père d'Isaure n'est autre que le châtelain local, le comte de Régnier, l'amour de jeunesse de Lucienne.
    Cette terrible révélation bouleverse Isaure, qui voit ses tourments familiaux s'éclairer d'un jour nouveau. Mais elle ignore encore à quel point cet aveu va faire basculer son destin...
    Marie-Bernadette Dupuy  nous entraîne dans une époustouflante saga dédiée au monde de la mine, sur les pas d'une héroïne extraordinairement attachante.

  • Marie, l'orpheline du bois des Loups, est devenue une femme accomplie. En Corrèze, à Aubazine, le village de son enfance, elle mène de front son métier d'institutrice et sa vie de famille. Mais les rancoeurs du passé la rattrapent... Suite de L'Orpheline du bois des Loups.
    Epouse comblée, mère de quatre enfants aimants, institutrice consciencieuse, Marie s'épanouit dans sa vie à Aubazine, le village où elle a grandi. Sa réussite tant privée que professionnelle est incontestable. Pourtant elle n'a pas oublié son enfance difficile, ses jeunes années à l'orphelinat et tous ceux qui lui ont fait du mal. Deux événements vont bouleverser sa tranquillité : la diffusion de lettres diffamantes à l'encontre de son couple et sa rencontre inopinée avec une jeune orpheline, Mélina, font resurgir de douloureux souvenirs... .

  • Une traversée du siècle dernier, de Corrèze en Charente limousine, sur les traces de Marie dont la vie marquée d'épreuves et de joies nous livre un tableau réaliste de la vie des femmes d'autrefois.Orpheline, Marie espère pouvoir un jour goûter à la douceur d'un foyer. Recueillie par une riche famille charentaise, les Cuzenac, elle perd rapidement ses illusions. Elle est employée comme servante dans leur belle propriété, aux Bories. Elle travaille dur, confrontée quotidiennement à l'animosité de sa patronne ainsi qu'au mépris du neveu Macaire. Heureusement, Pierre, son ami et voisin, vient la réconforter et jouer inlassablement avec elle près du bois des Loups. Les années passent, Marie connaîtra la révélation de ses singulières origines. Soulagée de retrouver un pan de sa propre histoire, elle épouse son compagnon d'enfance, Pierre. Une vie somme toute tranquille s'annonce pour eux, n'étaient les mauvais penchants de Pierre, la jalousie de l'imprévisible Macaire mais aussi les affres de la Seconde Guerre mondiale...

  • Toute petite, Violaine, enfant unique, perd son père, mort de la tuberculose, puis, moins d'un an plus tard, sa mère, qui succombe à la même maladie. Dans ce petit village côtier où l'argent manque et où chaque bouche à nourrir représente un défi pratiquement insurmontable, personne ne peut recueillir la fillette cruellement éprouvée. À gauche et à droite, on cherche des solutions, une façon de lui venir en aide, mais le miracle attendu ne se produit pas.

    C'est ainsi qu'elle est envoyée dans les Pyrénées chez sa tante Marcelline et son oncle Albert qui l'accueillent froidement, pour ne pas dire brutalement, et se mettent très vite à lui mener une existence insoutenable. Heureusement, Sidonie Fernandez, une Espagnole aux dons fascinants et surnommée la «brouche» (sorcière), prend la jeune fille sous son aile et ne l'abandonne pas malgré les coups obstinés de cette terrible fatalité qui ne cesse de frapper impitoyablement.

  • Maroussia Dubreuil a une passion, les ultra-riches.
    Elle a donc décidé de les étudier comme le ferait un ethnologue  avec une tribu amazonienne. Cette tribu, ce sera Monaco.
    Deux kilomètres carrés de superficie. La plus forte  concentration de multimillionnaires au monde. Des talons  de quinze centimètres. Des bichons maltais. Un rapport  à l'argent, l'espace, la sécurité, l'éducation, la bienséance,
    qui n'a rien à voir avec le commun des mortels.
    Dans ce reportage décalé, aussi drôle qu'informatif, Maroussia  Dubreuil devient la Lévi-Strauss des grandes fortunes.

  • Jeune et beau gabarier, Hugo, élevé par un père aimant mais taciturne, a toujours cru que sa mère était morte en le mettant au monde. Mais la réalité est tout autre. Lorsqu'il découvre la vérité, le jeune homme voit sa vie prendre un chemin qu'il était loin d'avoir soupçonné. Il va de mauvaises surprises en amères déceptions, se sent trahi à la fois par la personne la plus importante de sa vie et les ombres malveillantes du destin. Et son coeur tourneboulé l'empêche de voir que l'amour et le bonheur sont si près de lui qu'il n'a qu'à tendre la main pour les cueillir.

    Mais celle qui l'aime - et que lui ne voit pas - a la patience et la foi. Elle le sait: un jour, elle et lui, ces deux enfants du Pas du Loup, seront ensemble à jamais, comme les deux âmes soeurs qu'ils sont et ont toujours été.

  • Désordre

    Leslie Kaplan

    Le mois de mai, tout le monde s'y attendait, fut explosif.

  • Dans ce livre, Andrea Cavalletti, un des philosophes italiens les plus doués de sa génération, se propose de répondre à la question suivante : quel est le sujet de la politique ? Autrement dit, qu'est-ce qui fait une classe (et c'est moins affaire de nombre que de constitution et d'intention) et que peut faire une classe (à la politique et à la ville) ? À partir de l'analyse lumineuse d'un texte de Walter Benjamin dont Theodor Adorno a souligné l'importance, Cavalletti montre ce qui distingue la classe de la foule et de la masse entendues comme déterminations compactes et biologiques et qui lui permet de se constituer comme sujet politique : la solidarité. Ce principe de solidarité n'a rien à voir avec une apologie des bons sentiments, mais désigne le processus par lequel la masse monolithique se défait, se différencie et se structure. De cette manière, l'individu n'est plus seul dans la foule ou écrasé par l'entreprise. Il invente un nouveau lien qui lui permet d'exister en société. C'est en ce sens que le philosophe Giorgio Agamben a pu écrire de ce livre : « Tout bouge et s'éclaire sous le regard d'Andrea Cavalletti : la ville, la foule, les masses, la nature, le mythe. Ce qui enfin apparaît, à travers une lecture saisissante de Walter Benjamin, n'est rien de moins qu'une nouvelle figure du politique. »

  • Quelque part au XXIe siècle... L'enfance dorée de Nelly Weatherly, une fillette impulsive, sournoise et gâtée à outrance par son père Phil, risque de prendre une tournure dramatique, alors qu'on lui diagnostique une maladie potentiellement mortelle et, surtout, incurable. Heureusement, bien avant sa naissance, son papa avait prévu le coup et, dans le plus grand des secrets, il avait chargé une entreprise de lui créer un double anonyme grâce à un protocole en marge des lois que l'on appelle Creator. Enfermée comme un animal dans une sorte de prison, la copie de Nelly vit dans des conditions inhumaines en attendant qu'on lui prélève des « pièces de rechange ». Mais lorsqu'une infirmière décide de soustraire celle qu'elle surnomme Laura à son destin, une course mortelle contre la montre s'engage.

    Dans un monde où la science prend parfois des détours qui peuvent sembler immoraux, Le Pacte interdit nous force à nous questionner sur l'abandon des valeurs humaines les plus fondamentales. Alors que les limites de plus en plus floues de cette science sont définies puis redéfinies à la hâte, on peut se demander si l'Humain a toujours confiance en la nature et si parfois, il ne devrait pas se faire une raison avant de corriger ce qu'il juge inacceptable.

  • Olignac est un petit village français des Lances de Gascogne. Au début des années 2000, les élections municipales plongent la commune dans une atmosphère délétère. Incendies nocturnes, chiens abattus, sourdes menaces. Le clan des chasseurs, jusqu'alors dominant, vient de perdre le poste de maire et cherche à faire démissionner Mme Fortier, la nouvelle et vertueuse élue...
    Marie Desmartis conduit son enquête au coeur de la municipalité en crise. Par une minutieuse description des rapports quotidiens de pouvoir, elle démonte pas à pas ce climat d'affrontement. Rumeurs, peurs et violences, s'emparent du village et de l'ethnographe elle-même.
    À l'opposé d'une science politique glacée, Marie Desmartis procède à l'exégèse interne, à chaud, des luttes de pouvoir. La proximité aux acteurs et à leur histoire révèle, dans ce livre percutant, les ancrages, les variations et les excès des pratiques politiques de notre pays.

  • Paru en 1935, ce roman n'a pas été réimprimé pendant près de 70 ans. Ceci à la demande de Nancy Mitford elle-même, qui souhaitait mettre un terme à la brouille que sa publication avait provoquée avec ses soeurs. Unity et Diana lui reprochaient en effet la caricature à peine masquée qu'elle faisait du mari de Diana sous les traits du charismatique et très nationaliste Captain Jack. Car derrière ce qui est en au premier abord une comédie enlevée, portée par le meilleur de l'humour anglais, transparait une critique mordante des moeurs de la bonne société britannique, sur fond d'avènement du fascisme.
    Publié pour la première fois en français, Charivari demeure un régal de lecture et offre un témoignage décalé sur l'atmosphère de l'entre-deux guerres en Angleterre.

    « Etincelant comme Evelyn Waugh, échevelé comme P.G. Wodehouse et absurde comme Saki, ce roman était introuvable depuis 1935, Nancy Mitford refusant toujours une réédition. [...] Elle avait tort : on peut faire une comédie avec le fascisme, et elle l'a prouvé dans ce roman qui brille de mille éclats de rire. »
    Stéphane Hoffman, Le Figaro magazine

  • Préface de Lynda Thalie, lu par Nina Bochelert
    Samia est encore toute petite lorsqu'elle comprend qu'elle n'est pas la bienvenue dans cette riche famille musulmane où la présence d'une fille est une véritable punition d'Allah.
    Son père la domine, sa mère la rejette et ses deux frères aînés, conscients du traitement injuste dont elle est victime, ne peuvent rien pour elle. Elle est seule au monde, et lorsqu'on daigne s'adresser à elle, ce n'est jamais pour la porter aux nues.
    Elle n'a que seize ans lorsqu'on la marie malgré elle à un employé de son père. Un régime de terreur s'installe alors dans sa nouvelle demeure. Elle se tourne vers son père et sa mère pour obtenir de l'aide, mais elle reçoit toujours la même réponse: elle est une femme, et une femme doit respect et obéissance à son mari en n'importe quelle circonstance.
    Battue et violée à répétition, Samia ne peut s'appuyer que sur elle-même pour se sortir de ce cauchemar qui n'en finit plus. Les années passent et la situation ne fait que se détériorer. De surcroît, l'Algérie a basculé dans l'intégrisme religieux; l'usage du chantage et de la peur est devenu quotidien.
    Samia, maintenant mère de plusieurs enfants, n'a désormais qu'une seule idée en tête: fuir vers la liberté; fuir pour respecter sa promesse faite à ses petits qu'un jour la lumière et la paix seront au menu tous les jours de leur vie.
    Mais sa route est jonchée de milliers d'obstacles et de dangers mortels...

  • Novembre1869, dans le village de Messimy, au coeur des monts du Lyonnais. Aiglantine et sa mère, Amélie, travaillent à domicile comme tisserandes de velours de soie. Pour s'assurer un salaire convenable, les canuses doivent se tenir à la tâche pendant de longues journées. Quand Amélie est retrouvée étranglée devant son métier à tisser, la consternation est générale : pourquoi avoir tué cette femme qui ne quittait jamais sa maison-atelieret à laquelle on ne connaissait aucun
    ennemi ?
    Le passé de la victime recèle pourtant bien des mystères. Et plus encore celui d'Aiglantine, revenue d'un séjour à Lyon quelques années auparavant avec suffisamment d'argent pour acheter la maison familiale et faire fabriquer son propre métier à tisser. Une tentative de meurtre sur l'héritier d'un important soyeux de la Croix-Rousse permettra de dénouer les fils d'un incroyable secret...
    Avec Le Secret d'Aiglantine, son sixième roman, Nicole Provence nous entraîne dans le monde pittoresque de la soie lyonnaise, pour un suspense haletant, à la poursuite d'un assassin machiavélique...
     

  • Ce livre est une initiation à la démarche sociologique appliquée aux phénomènes politiques. Ni l'une ni l'autre de ces deux expressions ne sont claires par elles-mêmes. Il est nécessaire de les préciser sommairement au départ, d'abord pour délimiter ce dont on va traiter, ensuite pour aider le lecteur à se débarrasser des illusions du sens commun, qui sont très grandes dans ce domaine. Tout le monde ou presque croit savoir ce qu'est la société, objet de la sociologie, et la politique. Il faut absolument dépasser ce faux savoir si l'on veut aborder d'une façon scientifique les phénomènes sociaux en général et les phénomènes politiques en particulier.

  • Hiscoutine, 1370

    Le bourreau Louis Ruest et sa jeune épouse Jehanne d'Augignac se sont installés dans leur existence de couple marié et s'efforcent, autant que possible, de s'y habituer. Si le partage de leur lit se fait aussi aisément que celui de leur toit, le partage d'idées et d'émois est pour sa part ainsi dire inexistant. Les communications de Louis s'en tiennent au strict minimum. Il s'absente des jours durant pour se vouer à toutes sortes de travaux. Et Jehanne, emprisonnée par son statut de maîtresse de maison, souffre en silence de cette incompréhension mutuelle, car elle aime son époux de tout son être, ne souhaitant que son bonheur qui est aussi le sien.

    Or, voilà qu'avec la période des nombreuses festivités hivernales survient une série d'événements dont le dessein semble être de mettre la solidité de leur union à rude épreuve. En outre, l'arrivée dans leur domaine d'une personne que nul n'attendait donne le signal au dévoilement d'aveux qui risquent de fissurer une cellule familiale déjà fragile.

    Louis s'instituera alors en juge de qui dépendra le sort des siens. Choisira-t-il l'option qu'il connaît si bien, soit celle de repousser leur amour, de les faire condamner, de leur donner la mort et, ainsi de se condamner lui-même au néant, ou sera-t-il prêt à pardonner, à naître vraiment, pour vivre enfin? La réponse viendra par l'aveu bouleversant d'un secret longuement gardé, dans lequel réside pour Louis un terrifiant remède possédant le pouvoir soit de le guérir soit de le tuer.

  • Walya a seize ans, elle vit à Montréal dans un milieu très privilégié. Mais Walya étouffe dans son cocon familial. Son univers va être bousculé par l'arrivée au collège de Liam.

    Une histoire d'amour au-delà des apparences !

  • En mars 1966, une histoire de moeurs et d'espionnage ébranle la Chambre des communes. Quelques années plus tôt, certains anciens ministres conservateurs du gouvernement Diefenbaker auraient fréquenté une certaine Gerda Munsinger, une femme réputée facile. Madame Munsinger est venue s'installer au Canada la décennie précédente. Peu instruite, mais fort séduisante, elle fait rapidement de nombreuses conquêtes et commence plus ou moins à vivre de ses charmes en attendant le grand amour.

    Trois ans après l'arrivée de Gerda Munsinger, le colonel Pierre Sévigny est nommé ministre associé à la Défense. Sa route croisera celle de Munsinger et le destin fera naître entre eux une aventure suivie d'une liaison amicale. Toutefois, Sévigny sera soupçonné d'avoir livré des secrets militaires à la belle Allemande, qui n'aurait apparemment eu aucun scrupule à les dévoiler. C'est ainsi que l'ex-ministre est montré du doigt par les libéraux pour la situation délicate dans laquelle il s'est placé en gardant contact avec cette femme. Encore aujourd'hui, l'Affaire Munsinger constitue le plus important scandale sexuel qui ait ébranlé le Canada.

    Le livre nous fait voir jusqu'où certains politiciens ou conseillers politiques sont prêts à aller pour garder ou reprendre le pouvoir. Également, cette enquête nous permet de constater que les enveloppes brunes, les caisses occultes, les accusations gratuites, les prête-noms et les pots-de-vin n'ont pas été inventés par les « héros » de la commission Charbonneau.

    Paru une première fois aux Éditions JCL en 1993 sous le titre Les Déshonorables, cette enquête journalistique de Gilles-Philippe Delorme et de Danielle Roy, qui se lit comme un véritable thriller, est rééditée en 2014 sous le titre L'Affaire Gerda Munsinger.

  • Marx s'est voulu avant tout le défenseur du prolétariat, c'est-à-dire de la classe ouvrière. Cela signifie, entre autres choses, qu'il ne s'est intéressé à la philosophie, à l'économie politique et à l'histoire que dans la mesure où ces disciplines servaient la cause de cette classe. D'où les rigueurs et les limites du schéma de Marx : il se présente bien plus en effet comme une dialectique matérialiste-historique du prolétariat, que comme un matérialisme dialectique historique des sociétés. D'un autre côté, Marx l'a exposé, de manière fragmentaire et dispersée, dans une suite de travaux qui s'échelonnent de 1844 à 1868. Notre propos a donc été de coordonner et de généraliser ce schéma, de telle sorte qu'il puisse intégrer les travaux empiriques des historiens. En conséquence, ce livre se présente comme une introduction à une théorie d'ensemble du processus historique.

  • La sociologie s'est donnée pour tâche d'analyser le social et elle s'efforce, depuis Durkheim, de comprendre et d'expliquer les faits sociaux. Après avoir défini leur objet.et inventorié leurs domaines, les sociologues, plus récemment, ont tenté de relever systématiquement les données fournies par l'observation, de les classer et d'en présenter un tableau cohérent. Ils ont puisé dans la théorie des notions et les concepts nécessaires à leurs investigations et à leurs explications. Cette démarche est-elle suffisante ? En montrant que le social peut s'appréhender aussi dans une autre perspective, celle de l'inconscient, en précisant les concepts et les procédures requis par cette approche complémentaire, il est possible d'ouvrir à la sociologie et aux sciences humaines un espace de recherche et de réflexion que, trop souvent, les idéologies contemporaines tentent de masquer.

  • Les idéologies ont des noms familiers : nationalisme, libéralisme, socialisme, communisme, fascisme... Des noms qui claquent comme des drapeaux... ou comme des injures. Elles font partie de l'air que l'on respire, du temps que nous vivons. Elles mobilisent les passions, canalisent les enthousiasmes ou excitent la haine ; elles collent si bien à la peau de ceux qui y adhèrent qu'elles sont leur conception du monde, leur manière d'être et d'agir. Vivre en homme et en citoyen conscient le temps des idéologies, vouloir participer activement à l'histoire que tisse l'action des hommes, exige de s'interroger une fois en profondeur sur la question des idéologies, de leur origine, de leur nature et de leurs fonctions dans la réalité sociale qu'elles contribuent à maintenir ou à transformer. Les idéologies font peur : presque toujours, le sang humain a été versé au nom et au cours des affrontements idéologiques ; notre siècle, hélas ! en sait quelque chose. Pourquoi cette face sanglante des idéologies ? Si les idéologies peuvent devenir folles, faut-il vouloir leur dépérissement et rêver d'une société sans idéologies où la raison et la science assureraient le relais et nous protégeraient contre leur retour et leurs débordements ? Ce livre propose un voyage organisé au pays de l'idéologie pour permettre au lecteur de poser ses questions et lui apporter des éléments de réponse. Conçu pour être un instrument de travail commode et facile à consulter, il donne l'essentiel des textes classiques sur l'idéologie et, par le voyage qu'il propose, il voudrait offrir au lecteur l'occasion d'exercer sur ce sujet crucial pour le présent et l'avenir de nos sociétés ses capacités de compréhension, de critique et de jugement.

  • Couronnant la vaste entreprise de dévoilement de la nouvelle société française qu'inaugurait, en 1972, l'« Être et le Code », achevant le triptyque dont le Capitalisme de la séduction et la Bête sauvage sont les deux premiers volets, Michel Clouscard, avec « De la modernité : Rousseau ou Sartre », s'en prend à ce qui selon lui cimente le consensus idéologique aujourd'hui dominant : le néo-kantisme, récupération et même perversion de la philosophie de la Révolution française. Critique impitoyable de ceux qu'il considère comme les maîtres à penser de ce système : Sartre, leur chef de file, mais aussi Lévi-Strauss, Foucault, Barthes, Lacan, « nouveaux philosophes » et autres vedettes du discours à la manière de Bourdieu ou Baudrillard - Michel Clouscard entend mettre à nu, sur leur propre terrain et avec leurs propres catégories, les fondements d'une pensée devenue commune aux libéraux, sociaux-démocrates, contestataires libertaires. À cette idéologie « contre-révolutionnaire » des nouvelles couches moyennes, il oppose le sens révélé par Rousseau de la modernité pour redécouvrir une subjectivité que le marxisme aurait à son sens trop longtemps écartée et pour définir la philosophie révolutionnaire des alliances antisystème dont il a par ailleurs proposé la stratégie politique. Michel Clouscard nous expose ce qu'il estime être la première philosophie de la crise généralisée : revenir aux sources de la Révolution française pour dépasser la « civilisation » pourrissante du libéralisme social libertaire.

  • En 1986, pour la première fois depuis des décennies, l'Éducation nationale n'a pu recruter tous les instituteurs dont elle avait besoin faute de candidats. Crise de recrutement paradoxal car depuis une dizaine d'années un important chômage frappe les jeunes. Malgré ce chômage et la sécurité de l'emploi que le métier d'instituteur assure, ce dernier n'attire plus suffisamment les jeunes gens qui, souvent, le choisissent comme un pis-aller. Une large partie des nouveaux venus l'exercent sans illusions, s'y sentent mal à l'aise, et sont tentés de le fuir. Les anciens n'ont plus tellement le moral. La profession a perdu son statut social, s'est dévalorisée. Le livre de Frédéric Charles explique et montre comment on en est arrivé à la situation actuelle. Il étudie l'évolution et les transformations du recrutement des instituteurs et des institutrices de 1955 à 1984. Statistiques et entretiens montrent l'ampleur de ce que l'auteur appelle « crise de reproduction ». Inquiétante car seul ordre à instruire et socialiser les enfants de toutes les couches sociales, l'enseignement primaire est la pierre angulaire de l'ensemble d'un système qui doit, nous promet-on, amener sept enfants sur dix d'ici l'An 2000 au niveau du baccalauréat.

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