• La taupe

    John Le Carré

    Londres au temps de la Guerre Froide. Il est devenu évident, sans contestation possible, que quelque part au plus haut niveau des services de renseignements britanniques se trouve un agent double : une "taupe" profondément installée dans leur texture même, depuis peut-être plusieurs décennies, par le Centre de Moscou.
    Et il est non moins évident que ce ne peut être qu'un parmi les cinq hommes : de brillants sujets, complexes, qui ont fait leurs preuves dans l'action, qui ont travaillé en étroite collaboration au long des années, qui se respectent et comptent les uns sur les autres - malgré les heurts de caractère, les différences de caste et de sensibilité, malgré l'impératif fondamental de leur profession : ne se fier à personne.
    C'est George Smiley, un des cinq, le plus brillant peut-être et le plus compliqué de tous, qui est chargé de débusquer la taupe et de la détruire.
    Peu à peu un palais d'illusion s'effondre, un mirage se dissipe. Presque avec nonchalance, à mesure que le roman s'achemine vers son stupéfiant dénouement, le Carré nous donne une vision totale du monde des services secrets. Avec, une fois encore, ce don incomparable pour évoquer les obscurs labyrinthes du monde de l'espionnage international.
    La Taupe est le premier volet de la "trilogie des Karla", l'œuvre d'un témoin lucide et passionné de son temps, qui, mieux que bien des chroniqueurs professionnels, a eu l'art, en trois romans éblouissants d'intelligence, d'évoquer tout un pan de notre Histoire, celui de la Guerre Froide.

  • Tessa Quayle, jeune et belle avocate anglaise, a été sauvagement assassinée près du lac Turkana dans le nord du Kenya. Son compagnon de voyage et amant supposé, médecin africain d'une organisation humanitaire, a disparu sans laisser de trace. Justin, l'époux de Tessa, diplomate de carrière au haut-commissariat britannique de Nairobi et jardinier amateur, se lance dans une quête solitaire à la recherche des tueurs et de leur mobile.
    Sa quête l'entraîne à Londres, puis à travers l'Europe et au Canada, pour le ramener en Afrique jusqu'au Sud-Soudan et se terminer sur les lieux mêmes du crime. Une odyssée pleine de violence et de fureur où se trament les sombres machinations de multinationales pharmaceutiques, où se nouent d'étranges alliances politiques.
    Et tandis que s'éveille la conscience de Justin, tandis qu'il se rallie à la cause de Tessa, allant jusqu'à achever la mission qu'elle s'était assignée, sa plus grande révélation sera la découverte de cette femme qu'il n'a guère eu le temps d'aimer.
    La Constance du jardinier mêle l'histoire bouleversante d'un homme grandi par la tragédie et l'impitoyable exploration de la face cachée de la mondialisation par l'un des romanciers les plus incisifs de notre époque.

  • "Etre inhumain lorsqu'il s'agit de défendre notre sens de l'humanité, impitoyable dans notre défense de la compassion, inébranlable pour défendre nos inégalités."
    George Smiley
    George Smiley est un petit monsieur bedonnant et myope, que sa femme, Ann, trompe parfois et même souvent. Ce personnage un peu effacé, qui se perd facilement dans l'anonymat de la foule londonienne, est aussi le chef des services secrets britanniques, que dans les romans de le Carré on appelle le Cirque. Ayant démasqué le traître, "la taupe", qui s'était infiltré au plus haut niveau dans cette organisation, Smiley a pour mission de "nettoyer les écuries".
    Dès le premier jour de son entrée en fonction, George Smiley passe à l'attaque. Son adversaire, c'est Karla, nom de code de l'officier traitant soviétique, qui a conçu le plan aboutissant à la ruine du Cirque. Et pour soldat, Smiley va choisir Gerald Westerby, vieux routier de l'Asie où l'ont entraîné ses reportages, rescapé de plusieurs journaux et de quelques mariages, et demeuré malgré tout cela un éternel collégien.
    Comme un collégien, deuxième volet de la "trilogie des Smiley", est un des romans les plus riches que le Carré nous ait donnés. Echappant à l'espace confiné des bureaux où les services secrets livrent leur obscur combat, il nous entraîne à travers l'Extrême-Orient. Il brosse un tableau impitoyable de toute cette faune qui peuple les beaux immeubles de Hong Kong, les boîtes de Bangkok ou les baraquements climatisés des bases américaines. Et tout cela avec cet humour corrosif qui ne sert sans doute qu'à masquer la secrète blessure d'une tendresse déçue.

  • "Rien n'est plus dangereux, se plaisait à dire George Smiley aux jeunes recrues du service secret britannique, qu'un vieil espion pressé." Ici, le vieil espion, dans ce roman, c'est George Smiley lui-même toujours aussi replet, aussi prospère, aussi perspicace, aussi inquiet - et, à n'en pas douter, aussi dangereux.
    Un coup de téléphone en pleine nuit vient le tirer de sa retraite. Sur une pelouse de Hampstead, un quartier résidentiel de Londres, on a retrouvé le cadavre d'un vieil émigré balte, un ancien général qui a travaillé jadis pour Smiley. Les nouveaux chefs du Cirque - c'est le nom dont le Carré désigne les services secrets britanniques - ne donnent à Smiley qu'une consigne : étouffer l'affaire et non la résoudre.
    Mais comment faire taire ces fantômes de son passé qui l'appellent du fond des ombres, ces obscurs, ces sans-grade qui jadis étaient ses agents, les gens de Smiley ? Il se trouve une fois de plus déchiré entre des exigences personnelles et les impératifs d'une vieille fidélité à un service dont il a été le chef. On retrouve ici les ingrédients familiers aux lecteurs de le Carré : la tension qui vous dessèche la bouche, le perpétuel sens du paradoxe. Et surtout dans ce troisième volet de la "trilogie des Smiley", ce sens de l'humour, cette humanité, cette compassion pour ce que le Carré appelle la "condition ambiguë de l'agent secret" et que jamais on n'a perçue plus forte que pour ces Gens de Smiley, ces soutiers de l'espionnage, ces défenseurs acharnés de causes éternellement perdues.

  • C'est l'histoire de Camille, une jeune prof de sciences qui s'apprête à passer trois jours à Paris, à visiter musées, monuments et boîtes de jazz. Trois jours qui s'annoncent paisibles... sauf qu'à peine arrivée au musée d'Orsay on l'agresse violemment et on lui vole son sac.
    Le lendemain le précieux bagage est retrouvé aux pieds du cadavre d'un clochard assassiné.
    Pourquoi Camille ne dit-elle pas à la police qu'elle connaissait très bien le SDF, du temps où il était son brillantissime directeur de thèse ? Pourquoi se retrouve-t-elle avec un trousseaux de clés dont elle ignore tout ? Pourquoi file-t-elle au nez et à la barbe du policier qui mène l'enquête vers Chartres et le labo de recherche qu'elle avait du quitter précipitamment quelques années plus tôt ? Pourquoi sa soeur, journaliste au Monde est-elle menacée ? Les réponses à ces nombreuses interrogations semblent se trouver à Dakar où chercheurs, agents secrets, trafiquants et industriels vont se rejoindre.

    Et si toute cette histoire n'était qu'un immense scandale sanitaire et humanitaire ! Les deux auteurs nous livrent un roman policier mélangeant habilement sciences, espionnage, aventures, scandales, amours et rivalités. Littérairement on ne peut s'empêcher de penser à La constance du jardinier de John Le Carré. Une sacrée référence non ?


  • Les faux-semblant des vrais espions révélés par des journalistes.

    Ces histoires ne sont pas nées de l'imagination d'un romancier. Elle ont fait l'actualité - mais une actualité très discrète... jusqu'à ce que des journalistes braquent sur elles les projecteurs, révèlent les identités, les rôles, les buts cachés. On s'aperçoit alors que la réalité dépasse de loin la fiction. Depuis Kim Philby, le modèle de La Taupe de John Le Carré jusqu'à Shi Bejou, cet étrange agent chinois travesti en femme, en passant par Farewell et " la reine de Cuba "... une plongée en eau trouble, dans l'univers de faux-semblant des vrais espions.
    Au sommaire : John Le Carré parle de Philby - Ben Barka a-t-il renseigné Prague ? - Chasse à l'homme à la CIA - Les taupes de Fidel - Des nazis bons pour le service - L'empoisonnement de Litvinenko - Les écoutes de la NSA...
    Textes extraits des archives de L'Express.

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