Eres

  • Alors que Roger Gentis et Jean Oury nous ont maintenant quittés, Patrick Faugeras a redécouvert le texte d'une rencontre qui les a rassemblés à La Borde en 2005. Leur objectif de départ était de dialoguer sur la naissance du mouvement de psychothérapie institutionnelle, son importance quant au traitement des pathologies mentales dans un cadre institutionnel mais aussi de revenir sur la nature d'une pensée et d'une clinique qui, au-delà des particularités et dissemblances générées ici et là selon les contextes, font encore communauté.

    Assez tôt, cet échange prit l'allure d'un vagabondage où chacun sut mêler et entrelacer ses souvenirs personnels avec l'histoire d'un mouvement qui produisit une véritable révolution dans le champ de la psychiatrie.

    Tout au long de cet entretien, ces acteurs de premier plan d'une psychiatrie qui se voulait profondément à l'écoute d'êtres en souffrance psychique soulignent à l'usage des générations à venir combien l'engagement dans cette clinique ne peut se concevoir sans le souci de la singularité du sujet et un certain sens du collectif soignant. Leurs témoignages prennent, dans le contexte actuel, des allures de manifeste pour une « psychiatrie à visage humain ».

  • Un grand clinicien doublé d'un théoricien d'envergure expose avec modestie et simplicité les fondements d'une thérapeutique des psychoses au cours d'un dialogue approfondi et sans concessions.  Créateur de la clinique de La Borde, Jean Oury a consacré sa vie à prendre soin de personnes psychotiques. Il livre ici avec humilité et pertinence son cheminement, à la fois professionnel et personnel, et les fondements de sa pratique. Avec générosité, il permet au lecteur d'accéder à des théorisations psychanalytiques et philosophiques d'une grande complexité tout en l'invitant à reprendre les grands textes psychiatriques. Et au-delà, il lui fournit les outils nécessaires pour échafauder et développer par lui-même une conception du soin en institution. Cet ouvrage historique, épistémologique et clinique n'échappe jamais, par la forme choisie du dialogue, à une intention didactique. Jean Oury, psychiatre à la clinique de La Borde, est l'un des fondateurs du mouvement de psychothérapie institutionnelle. Personnalité de premier plan, ses conceptions cliniques concernant le soin apporté aux personnes en grande difficulté psychique ont révolutionné le champ de la psychiatrie et demeurent aujourd'hui le contre-point le plus pertinent par rapport aux dérives scientistes et techniques.  Patrick Faugeras est psychanalyste, traducteur, auteur de plusieurs ouvrages traitant du soin en institution et de la clinique des psychoses, directeur de collections chez érès. Mise en vente le 23 août 2012

  • Psychanalyste au sein d'une équipe éducative de la Protection judiciaire de la jeunesse, Danièle Epstein livre une réflexion sur l'embrigadement djihadiste guettant des adolescents déstructurés, qui, à l'issue d'un acte délinquant, ont à rendre des comptes à la Justice.

    Trauma, errance, violence, exil sont ici abordés à travers la présentation de cas, des analyses  théoriques et  institutionnelles qui témoignent d'un combat clinique dans l'ordre judiciaire : faut-il donc « mettre au pas » ces jeunes quand l'enjeu de leur vie est de « prendre pied » en s'enracinant dans un monde habité de liens, de mémoire et de projets ?

    Garantir l'espace psychique en institution est un combat, une lutte permanente pour que la clinique ne se laisse pas incorporer dans l'ordre judiciaire, pour que la logique institutionnelle n'écrase pas la logique du Sujet. Loin de décrire un mode d'emploi normatif ou de souscrire à une exigence de transparence informative, l'auteur montre comment les jeunes adressés par le juge peuvent ne pas rester objets de la demande judiciaire, et s'engager dans une démarche qui leur est propre.

    Là où le quotidien prend la couleur de l'échec, de la menace et de la peur, l'objectif est de permettre à ces adolescents de s'inscrire dans une re?alite? psychique et sociale vivante et vivable. Ce souci éthique nécessite la cohérence de l'équipe éducative, utilement soutenue par une écoute analytique.

  • Douze rencontres comme autant de nouvelles qui mettent en scène patients et soignants dans lieux de soins dits intermédiaires, groupes d'accueil, communautés thérapeutiques et centre de crise, créés à Villeurbanne par l'association Santé mentale et communautés.

    C'est parce qu'il s'engage en personne, avec sa créativité, sa spontanéité, mais aussi une réflexion sur soi-même, qu'un soignant en psychiatrie peut espérer soigner, c'est-à-dire accueillir et accompagner une souffrance psychique pour aider à l'élaborer et à l'atténuer, parfois à la surmonter. C'est parce qu'il voit dans celui qu'il rencontre le sujet de son histoire et non l'item substituable d'une population, qu'il peut espérer construire une relation d'aide. Cet ouvrage en est l'illustration littéraire, en même temps qu'un travail d'analyse approfondie de l'essence du soin psychique.

  • Très tôt les inventions et les progrès de la psychanalyse ont été liés à sa confrontation avec des patients psychotiques, même si Freud tenait ceux-ci pour réfractaires à son dispositif. Des praticiens se sont ainsi régulièrement efforcés d'implanter la psychanalyse dans des cadres de soins plus ou moins réceptifs, non sans contradictions et au prix d'incessants remaniements, tant de l'institution que des concepts majeurs de la métapsychologie freudienne. L'auteur s'inscrit dans cette tradition, qu'il revisite, en dressant le bilan des points de butée et d'innovation, des acquis et des chantiers ouverts à de nouvelles investigations. Chacune de ses propositions, introduites par des « entrées thématiques », est illustrée par des monographies cliniques qui montrent aussi en quoi les choix (théoriques, éthiques, esthétiques et politiques) du thérapeute infléchissent constamment le processus de soins. Psychiatre, psychanalyste, Jean Claude Polack a travaillé une douzaine d'années aux côtés de Jean Oury et de Felix Guattari à la clinique de La Borde.

  • Cet ouvrage n'est ni un pamphlet contre la psychiatrie américaine et ses classifications, ni un panégyrique. Il a l'ambition de donner au lecteur la possibilité de se forger son propre avis à travers une histoire foisonnante et une actualité agitée, relatée avec humour et précision par l'auteur. Un livre captivant qui se lit comme un roman. Le souci de l'auteur est de replacer la naissance et le développement de ces classifications - qui ont ébranlé la psychiatrie internationale - dans l'histoire de la psychiatrie américaine et dans l'histoire de l'Amérique, des premières tentatives de Benjamin Rush au début du xixe siècle jusqu'au tout nouveau dsm-v. Il le fait en brossant des portraits pittoresques des hommes et des femmes qui furent et qui sont les acteurs de cette histoire.

  • Exercice d'insoumission, entre récit et réflexion, l'ouvrage témoigne, non sans une certaine passion, en faveur des dépaysements, d`engagements dé-calés, auxquels invitent une psychiatrie et une psychanalyse qui acceptent de prendre en considération des confins de la psyché volontiers tenus à l'écart des parcours coutumiers.

    A l'opposé des mouvements visant à une capture des psychismes en souffrance, de tels engagements permettent, par chance, d'établir des accords qui se concluent sur des bases incertaines, fragiles et fortes comme la vie.

    Les chemins s'y révèlent jalonnés d'étapes hospitalières à des étrangetés radicales ou à des folies ordinaires qui révèlent, du coup, leur dimension proprement humaine.

    Alors parfois, "à l'horizon se dessinent quelques transversalités et réciprocités, lieux de chimères sans lesquelles il n`est guère de rencontre qui vive.

  • L'histoire de l'expression, plutôt située classiquement comme un débat philosophique (Aristote, Spinoza et Nietzsche), rejoint l'histoire de la psychiatrie en Europe dans les années soixante-dix. Dépassant la seule ambition de collectionner des oeuvres d'aliénés, au-delà de la fascination réciproque entre génie et folie, l'expression constitue un champ de pratique et de théorie qui a sa légitime part dans le traitement des maladies mentales. Dans le sillage de la psychothérapie institutionnelle, elle a pris son élan en devenant une nouvelle manière de vivre le lien entre société et culture. Elle a ainsi revendiqué sa place dans la pédagogie (F. Oury, A. Stern), dans le changement social (M. Pagès), dans la philosophie et la psychanalyse (JF Lyottard, J. Kristeva) mais aussi dans la littérature et les arts contemporains (de P. Sollers à I. Xenakis). L'expression, sous la forme d'ateliers thérapeutiques, contribue au traitement approfondi des patients psychotiques. Dans un cadre habituellement associatif, elle propose aussi des ateliers de créations pour aider à la citoyenneté par développement du lien socioculturel. Interface entre soin et création, l'expression doit tenir une place privilégiée dans l'esprit d'une véritable politique de secteur, ce à quoi l'auteur porte tous ses efforts.

  • Au cours de l'histoire européenne, trois grands intervenants vont se préoccuper de l'hébergement des fous : le pouvoir politique et judiciaire, le clergé, la médecine. De la bienveillante indifférence du Moyen âge pour les malades mentaux à la répression féroce des siècles qui ont suivi, de Pinel qui les libère à Hitler qui les gaze, de l'enfermement dans les asiles à l'ouverture sur la cité, autorisée par la découverte des psychotropes, Claude Meyers nous conte l'évolution de l'attitude de la société européenne envers ses fous, en nous guidant à travers les lieux où ils ont été maintenus ou accueillis. Que la connaissance des erreurs du passé évite les pires bévues aux décideurs de demain, qu'ils soient politiques, juges ou médecins, tel est au final l'objectif de ce livre. Claude Meyers, neuropsychiatre, expert auprès de l'OMS, chef de service, fondateur de la psychiatrie dans les hôpitaux du Sud-Luxembourg belge, président fondateur des Habitations protégées.

  • A travers le labyrinthe des psychothérapies corporelles contemporaines, Roger Gentis dessine un chemin, sans a priori ni
    exclusive, guidé essentiellement par des soucis éthique et épistémologique.

    Il s'agit ici d'une lecture critique d'un certain nombre de pratiques cliniques ayant le corps pour médiation, pratiques le plus souvent pragmatiques c'est-à-dire sans aucun fondement théorique sinon un vague discours idéologique, une quelconque rationalisation venant recouvrir une absence de pensée. Mais il s'agit d'une lecture ouverte, car Roger Gentis sait percevoir, sous les pseudo-conceptualisations et les pratiques empiriques, les vraies questions qui s'y cachent encore.

    Car ces pratiques psychothérapiques ayant le corps comme médiation constituent parfois le seul moyen d'accès, la seule possibilité d'une rencontre avec ces existences retranchées, comme retirées du monde, que la parole articulée n'arrive plus à atteindre.

    Roger Gentis convie le lecteur à un véritable travail de théorisation, fidèle en cela à Penseignement freudien et à la praxis psychanalytique selon lesquels représentations et concepts sont toujours effectivement « mis en crise >> par la singularité de toute approche, aussi bien théorique que relationnelle.

  • Sur les bases d'une déconstruction historique et épistémologique, l'auteur propose une lecture clinique de la schizophrénie et du traitement psychanalytique de cette catastrophe psychique. La schizophrénie est une expérience de mise à nu de l'humain, un abandon des évidences « naturelles », qui nécessite de repenser totalement la cure analytique plutôt que d'adapter la méthode analytique à une souffrance dans le but quelquefois trop prudent de simplement contenir les débordements qu'elle occasionne. L'auteur montre qu'il est possible de formuler, à partir de l'analyse des formes de transfert, une hypothèse théorique permettant de guider la conduite thérapeutique du psychiatre vis-à-vis des personnes réputées schizophrènes confiées à ses soins, dans un contexte culturel scientifique, social et économique donné, car il n'est pas possible d'ignorer toutes ces dimensions de l'exercice de la psychiatrie.

  • Ordinairement, les enfants grandissent, s'élèvent pour ainsi dire corps et âme vers un statut idéalisé d'adulte autonome. Les enfants dont il est question ici semblent bouger à l'envers de cette construction. Ils tendent à se rétracter, s'affaisser, se déformer jusqu'à perdre parfois leur apparence humaine. Une vie ne saurait aboutir et se soutenir sans un désir de la vivre. Donner au sujet de quoi advenir avec des mots qui lui sont propres, sa vie fût-elle emprisonnée dans un corps aux formes altérées, c'est là que s'oriente la pratique analytique de l'auteur dont elle rend compte ici avec humanité. Michèle Faivre-Jussiaux est psychanalyste en Franche-Comté

  • Il y a nécessité aujourd'hui, au-delà des polémiques stériles, d'énoncer la toujours nouvelle scientificité introduite par la psychanalyse au regard des neurosciences, et plus particulièrement du neurocognitivisme. Si l'homme peut être appréhendé comme homme-machine par une fausse science qui tente de l'y réduire, ce n'est qu'au prix de l'oubli de sa caractéristique essentielle, celle d'être le sujet d'une « mise en sens », celle que la psychanalyse précisément explore. Gérard Bazalgette est psychiatre, psychanalyste à Bordeaux. Il est vice-président du IVeme groupe.

  • médecin psychiatre, psychanalyste de surcroit, l'auteur est une dame âgée. Suite à une chute malencontreuse, elle se démet l'épaule. Rien de plus banal, sauf que, de diagnostics erronés en fausses réparations (opérations, prothèses, greffe, etc.), la patiente va se trouver prise dans une spirale : non seulement elle va être l'objet et la victime de pratiques médicales aussi péremptoires qu'incertaines, mais elle va être la proie d'une bouffée délirante (d'origine toxique) qui l'amènera aux portes de la psychose, et dont elle ne sortira, avec difficulté, que grâce à l'aide de quelques amis. Un document clinique rare et précieux : la description de l'intérieur , par une femme professionnellement avertie, de l'émergence et de l'efflorescence d'une bouffée délirante. L'auteure interroge là les conditions de possibilité sociales et institutionnelles de cette émergence délirante.
    Diane Chauvelot est psychiatre, psychanalyste (Paris).

  • Le génocide des Juifs, le génocide des Tutsi au Rwanda et la guerre d'Algérie, trois situations extrêmes dont certains restent traumatisés, d'autres pas, mais toujours les nuits des rescapés demeurent marquées du sceau du malheur par les rêves traumatiques. Tous les rêves, du rêve de désir au rêve traumatique, sont infiltrés par la mort, tous se nourrissent d'un fond d'horreur partagé par tout le groupe. Si chaque aire culturelle se construit des représentations différentes des rêves classiques, les rêves traumatiques revêtent, dans chaque culture, avec plus ou moins d'intensité, une dangerosité extérieure au sujet. Décrire, comprendre les mouvements psychiques que représentent l'avènement de ces différents rêves, leur forme, le rythme de leur survenue, leur fonction, doit permettre à ceux qui les entendent, les psychanalystes, les psychothérapeutes, d'accompagner ce mouvement vers la vie. Marie-Odile Godard est psychologue, psychanalyste, maître de conférences à l'université Jules Verne de Picardie. Elle effectue des missions pour le compte d'associations humanitaires.

  • Postface de Pierre Vermeersch

    L'auteur engage la clinique psychanalytique au coeur de la question de l'oeuvre dans son rapport à la structure psychotique et aux perspectives de résolution de certaines de ses manifestations. En s'appuyant sur les écrits cliniques des psychiatres de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, qui anticipent le travail de Lacan, elle brosse le parcours du sujet depuis la souffrance psychotique jusqu'à son essai de résorption par la création dans un travail psychanalytique. Quelles qualifications accorder aux productions de la folie ? Symptômes ? Créations artistiques ? A mi-chemin entre l'esthétique et la clinique ?

    L'auteur s'attache ici à étudier les phénomènes de création permettant aux sujets psychotiques un arrimage pacifié à l'Autre. Elle dresse une généalogie de la fonction de la lettre, en amont d'une part, au coeur de la psychiatrie classique et à travers les concepts historiques tels que phénomène élémentaire, délire, stéréotypie, et en aval d'autre part, à partir d'une analyse de la fonction de l'oeuvre comme restauration du lien social. Prendre en compte cette fonction littérale dans le cadre d'une relation transférentielle offre en effet des perspectives thérapeutiques intéressantes.

  • A partir de situations cliniques, l'auteur développe une approche rigoureuse du mode d'existence schizophrénique. Il s'agit avant tout d'un travail de clinicienne qui se soutient de la nécessité d'aborder la psychose telle qu'elle se manifeste. Pourtant même si la logique langagière de la schizophrénie nous parait étrangère, elle est infiniment plus proche de nous que nous le croyons.

    Danielle Roulot est psychiatre à La Borde

  • La psychanalyse est une recherche du monde extérieur, inévitablement conflictuelle, mais dans un effort d'échange avec le monde extérieur. Cet espace intérieur, Salomon
    Resnik le conçoit comme un espace pour vivre, sentir, penser, imaginer, rêver. Transcendant les oppositions catégorielles dedans/dehors, corps/esprit, l'espace mental donne sens, forme, luminosité à la vie.

    Or vivre son intériorité et la multiplicité de son être est difficile à assumer et on observe dans les vécus psychotiques un aplatissement de cet espace qui peut alors être rempli de vide, de fumée ou même de connaissances. La profession de psychanalyste consistera, nous dit Resnik, à utiliser son propre appareil mental, son propre espace mental pour aller à la rencontre de l'affectivitë discordante ou barrée de l'autre.
    />
    Salomon Resnik, nous invite ici, comme il l'a fait avec son public de l'Université à pénétrer dans l'espace qui se crée entre lui et ses patients, à la recherche de suggestions, de réflexions qui puissent donner sens à la vie mentale. Problèmes théoriques, histoires cliniques sont enrichis par la présentation d'oeuvres de Magritte, De Chirico, Van
    Gogh et de dessins de ses patients, qui rendent le lecteur sensible à une expérience sensori-perceptive et esthétique de l'inconscient.

  • Jean Ayme, psychiatre des hôpitaux, psychanalyste, a longtemps exercé des responsabilités au sein du syndicat des psychiatres des hôpitaux. Il nous propose, dans cet ouvrage, le fruit d`un travail important qui, à travers l'étude de la collection complète de l'1nformation psychiatrique et de son supplément syndical, constitue sa contribution à l'histoire de la psychiatrie.

    De la chute du nazisme à celle du mur de Berlin, il nous rappelle, à travers les mille et un événements qui ont marqué sa profession, que le sort des psychiatres est indissolublement lié à celui des malades mentaux. Le syndicat des psychiatres des hôpitaux, tout au long de ses cinquante ans d'existence, défendra inlassablement et l'un et l'autre, en militant pour
    conserver la spécificité de la psychiatrie en tant que médecine de la personne, oeuvrant dans le champ social.

    Ainsi, dans cet ouvrage où se croisent les nombreuses personnalités - Georges Daumézon, Henri Ey, Paul Sivadon, François Tosquelles, Roger Gentis, Lucien Bonnafé et bien d'autres - qui ont participé à l'édification du statut de psychiatre et à la construction de ce qui est aujourd'hui la psychiatrie de service public (de la réforme asilaire à la psychiatrie de
    secteur), nous retrouvons :
    - l'histoire des progrès accomplis sur les plans sémiologique, nosographique, étiologique, thérapeutique, assurant une meilleure compréhension dela maladie mentale et des conduites à tenir ;
    - l'histoire d'un combat pour la défense individuelle et collective, l'obtention de meilleures conditions de salaire et de travail qui, en exigeant des moyens juridiques ou financiers, ont assis une profession ;
    - l'histoire des rapports des psychiatres et de l'Etat, notamment par l'intermédiaire des trente ministres de la Santé qui se sont succédé au cours des deux républiques.

    Il s'agit là d'un ouvrage unique qui devrait passionner tous les psychiatres publics et privés ainsi que les professionnels qui oeuvrent dans le secteur de la maladie mentale.

  • Réédition augmentée d'une préface de Pierre Delion

    Il n'est pas sans signification que François Tosquelles conclue son oeuvre écrite par un ouvrage traitant des équipes de soins. Toute sa vie, il n'aura cessé d'insister sur l'importance de l'équipe de soins, structure essentielle à toute pratique clinique, toujours menacée de disparition du fait de la spécialisation et de la technicisation des rôles soignants, toujours susceptible de s'homogénéiser, de se structurer en îlots de résistance. La réédition du dernier ouvrage paru peu de temps après la mort de son auteur est accompagnée par la préface de Pierre Delion qui témoigne de l'actualité de la pensée de ce maître de la psychiatrie institutionnelle.

  • Traduit du catalan par Antoine Viader
    Tosquelles a toujours affirmé que la folie était un phénomène lié à la condition humaine elle-même. Dans cet ouvrage, il met l'accent sur la fonction de la parole et du langage en tant qu'elle est constitutive du sujet. Il insiste surtout sur la fonction poétique du langage, présente dans tout discours humain, même le plus rationnel ou le plus scientifique. Il développe l'hypothèse selon laquelle le discours d'un patient en psychothérapie ou en psychanalyse suit le même cours que celui d'un poète s'efforçant d'exprimer la réalité du monde ou sa propre vérité dans une oeuvre accomplie. Dans les deux cas, même si la valeur esthétique n'est pas la même, il s'agit pour le sujet de travailler à la recherche de son identité et de sa singularité.

  • Cet ouvrage est une suite de récits qui retracent autant d'itinéraires singuliers, dans le champ de la clinique psychiatrique, que la rencontre avec François Tosquelles a parfois profondément infléchis. Hormis leur passion pour la psychiatrie, ou plus exactement leur respect pour la personne souffrant psychiquement, les personnes ici interviewées ont aussi en commun une liberté de penser et de pratiquer la psychiatrie. Comme si, pour chacun, cette rencontre avait été l'occasion d'une ouverture à un libre cheminement.

    Patrick Faugeras est psychanalyste à Alès.

empty