Capricci Editions

  • Disparue en 2015, Chantal Akerman est l'une des figures de proue du cinéma moderne, dont se réclament de grands cinéastes comme Gus Van Sant ou Todd Haynes. Unique, son oeuvre l'est par son hétérogénéité: la fiction s'y mêle au documentaire, le cinéma à la vidéo, les adaptations littéraires y côtoient des essais expérimentaux, un film peut y donner naissance à une installation artistique... Expérience du temps (des 13 min. de Saute ma ville aux 3h40 de Jeanne Dielman), ce cinéma est aussi l'exploration de lieux: chambres, appartements, hôtels, entre Europe et Amérique, de Moscou à New York... Ce livre se propose de visiter à nouveau les lieux que son cinéma nous a fait habiter. D'une scène, d'un geste, d'un motif à l'autre, il tâchera de se souvenir: qu'a-t-on vu dans les films d'Akerman?

    Jérôme Momcilovic est critique au magazine Chronic'art dont il dirige les pages cinéma. Il est l'auteur de Prodiges d'Arnold Schwarzenegger (prix du meilleur livre français sur le cinéma en 2016) paru chez Capricci.

  • Le cinéma d'animation est au-delà du réel : canonique comme la beauté de Blanche-Neige ; iconoclaste comme Le Roi et l'Oiseau de Prévert et Grimault ; chimérique comme une créature de Ray Harryhausen ; mimétique et rebelle comme Jerry Lewis ; émerveillé comme une enfant de Miyazaki ; ectoplasmique comme Final Fantasy ; vif comme l'esquisse. Cet ouvrage traverse plus d'un siècle d'animation et démontre que le réalisme est loin d'être une affaire de prise de vues directe.

  • Dans l'espace, au-delà de la mince pellicule d'atmosphère terrestre, il n'y a pas de son ; et y en aurait-il que personne ne resterait vivant pour l'entendre. Que font alors les films qui s'y déroulent, très nombreux jusqu'à First Man de Damien Chazelle, pour respecter ou contourner cette loi scientifique, et ne pas être silencieux ? Ce livre raconte une histoire qui peut sembler anecdotique, mais qui s'entrecroise avec l'histoire de notre vie sur Terre, de nos communications, de notre rapport avec le Cosmos. Il s'agit de parler du cinéma sans le séparer de la vie. Laquelle comporte aussi le mythe, le symbole, et le rêve - dans les fantaisies spatiales héroïques à la George Lucas, certes, mais aussi dans les films « plausibles » et rigoureux, comme 2001, de Kubrick, parmi d'autres.

    Né en 1947, Michel Chion est compositeur, écrivain, réalisateur, chercheur et enseignant. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, sur la musique et le cinéma, dont Ecrire un scénario (éd. Cahiers du cinéma), L'Audio-vision : Son et image au cinéma (Armand Colin) et Les Films de science-fiction (éd. Cahiers du cinéma).

  • Béla Tarr, né en 1955 en Hongrie, a commencé à filmer à la fin des années 1970. Ses films les plus marquants sont Damnation (1988), Les Harmonies Werkmeister (2000), et plus récemment L'homme de Londres (2007), adaptation de Georges Simenon.D'Almanach d'automne (1984) au Cheval de Turin (2011), les films de Béla Tarr ont suivi la faillite de la promesse communiste. Mais le temps d'après n'est pas le temps uniforme et morose de ceux qui ne croient plus à rien. C'est le temps où l'on s'intéresse moins aux histoires, à leurs succès et à leurs échecs qu'à l'étoffe sensible du temps où elles sont taillées. Loin de tout formalisme, la splendeur des plans-séquence de Satantango ou de Werckmeister Harmonies est faite d'une attention passionnée à la façon dont la croyance en une vie meilleure vient trouer le temps de la répétition, au courage avec lequel les individus en poursuivent le rêve et en supportent la déception. Pour Jacques Rancière, le temps d'après est notre temps et Béla Tarr est l'un de ses artistes majeurs.

  • Quand ils marchent dans les rues de New York, Tanger, Detroit, Séville, Paterson, les héros des films de Jim Jarmusch fabriquent un secret. Une autre allure, pour un autre temps.

  • Toy Story, Wall-E, Vice-versa, Coco... Le studio Pixar est devenu le bon génie de l'animation numérique. Cet essai en dresse un portrait inédit. Au-delà des prouesses technologiques, voici comment les ordinateurs font leurs adieux à l'homme.

    Ancien critique aux Cahiers du cinéma et à la revue Vertigo, Hervé Aubron est aujourd'hui rédacteur en chef adjoint du Magazine littéraire. Auteur notamment d'un essai sur Mulholland Drive de David Lynch, il a cosigné avec Emmanuel Burdeau, chez Capricci deux ouvrages d'entretien : un avec Werner Herzog, Manuel de survie, l'autre avec Benoît Delépine et Gustave Kervern, De Groland au Grand soir. Il a également participé à l'ouvarge collectif Quentin Tarantino. Un cinéma déchaîné.

  • Les Soprano mettent en scène la vie d'une bande mafieuse dirigée par Tony Soprano, tiraillé entre ses activités illégales et sa vie familiale. Les saisons suivent plusieurs années de la vie des personnages, particulièrement la famille de Tony, dont les enfants - personnages et acteurs - grandissent en temps réel jusqu'à la fin de leur adolescence. Créée en 1999 par David Chase, cette série a été saluée comme le meilleur programme de l'histoire de la télévision. Des livres ont paru, sur la philosophie de Tony Soprano ou sur ses plats préférés, mais il manquait un essai critique sachant répondre à une triple question. En quoi Les Soprano sont-ils une grande oeuvre de notre temps ? En quoi permettent-ils de comprendre ce qu'est devenue la série télévisée ? Pourquoi les cinéphiles se tournent-ils de plus en plus vers ce genre ? Écrit par Emmanuel Burdeau, ancien rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, cet essai tient à la fois de l'exercice d'admiration et de l'analyse, de l'étude de cas et de la réflexion sur la situation contemporaine des images.

  • Et si les films de Tom Cruise ne parlaient que de Tom Cruise ? Chaque nouveau projet de la star semble être l'occasion de commenter sa vie, ou plutôt ses vies, magma de signes et de rumeurs, à cheval entre plusieurs réalités : celle de ses rôles, celle de ses apparitions médiatiques, celle de l'existence qu'on lui prête... De ses débuts d'American teenager jusqu'à ses plus récents succès, cet essai retrace le parcours de l'acteur, dont le rayonnement trouble a fini par contaminer les films eux-mêmes.

  • Que faire en 1972 quand on débute dans le cinéma à New York, au moment où l'industrie pornographique domine la production locale, et qu'on reste marqué par son éducation puritaine ? Un film d'horreur, littéral et naturaliste, à l'opposé de tout ce qui se fait à Hollywood : La Dernière Maison sur la gauche.
    Que faire ensuite, quand on décide de travailler pour l'industrie hollywoodienne ? Ce que font parfois les étrangers quand ils veulent s'intégrer : donner des gages, faire profil bas, en attendant qu'une occasion se présente pour réaliser Les Griffes de la nuit ou Scream - des films, ironiques, romantiques, grâce auxquels Wes Craven a pu concilier ses propres exigences avec l'horreur ludique, en vogue à Hollywood dans les années 1980-1990.
    Ce livre interroge l'évolution du cinéma horrifique à travers les films et le parcours d'un de ses plus grands maîtres.

    Emmanuel Levaufre est né en 1971. Il a collaboré à La Lettre du cinéma et à Trafic.

  • Stéphane Bouquet parcourt les vingt dernières années de l'oeuvre, d'Impitoyable (1992) à J. Edgar (2012), et cherche à comprendre les causes de cette réputation, étant entendu que la qualité des films ne saurait suffire à l'expliquer. Il propose le portrait à la fois admiratif et acerbe d'un artiste américain qui a produit une série inlassable d'auto-portraits et fini par devenir, pour beaucoup de spectateurs français, le rêve américain en soi. Ou ce qu'il en reste.

  • "Jouer à résoudre des énigmes (The Game, Seven, Zodiac), à gagner au Monopoly (The Social Network), à se cacher (Panic Room, Alien 3), à se battre (Fight Club) ou à explorer des vies différentes en changeant de costumes (Benjamin Button). Entraînés dans le jeu, provoqués par les signes miroitant sous leur regard, les personnages de Fincher veulent leur donner sens ou bien les maîtriser. Dans les thrillers, les questions morales n'ont finalement que peu d'importance, évacuées au profit d'enjeux cognitifs : quelle signification dégager de ce brouillard d'informations ? Y répondre, c'est se définir, comme l'expérimente Benjamin Button dont l'exploration du monde éprouve la liberté et défie l'étrange pliure du destin sur son corps. Comprendre les signes, en évaluer le sens et la direction, c'est avant tout trouver quelle est sa place sur ce vaste terrain de jeu."Le premier grand succès public de David Fincher date de 1996 : Seven. Trois ans plus tard, Fight Club fait scandale et devient culte. En 2007, les deux heures et demi sans résolution de Zodiac changent la donne : Fincher s'est apaisé, il prend désormais son temps. Suivront L'Étrange Histoire de Benjamin Button (2009), The Social Network (2010) et Millenium, Les Hommes qui n'aiment pas les femmes (2012). Autant de films racontant la même histoire d'hommes perdus dans une tempête de signes et se demandant comment les interpréter et les maîtriser. En plus de quinze ans, le statut du jeune cinéaste américain a donc changé : le faiseur est devenu un maître, le réalisateur de clips et de publicités un cinéaste comptant parmi les plus respectés de l'industrie et les plus admirés des cinéphiles, ayant encore élargi son audience grâce à la série à succès House of Cards. Son obsession est toutefois restée la même : reformuler pour notre époque les obsessions et les paranoïas propres au Nouvel Hollywood des années 1970 ; montrer les puissances et les cauchemars d'un monde toujours plus livré aux forces du numérique ; être à la fois un réformateur et un pionnier. C'est donc la continuité et la nouveauté d'une oeuvre que met en valeur cet essai, alors que sort en salles le nouveau film événement de David Fincher, Gone Girl.Guillaume Orignac travaille dans le financement du cinéma et collabore à Philosophie Magazine.

  • Juan Branco en décrit les épisodes principaux, mais aussi les manoeuvres et les coups bas. Il analyse le débat autour d'une loi vue par certains comme le miroir de la Présidence Sarkozy, par d'autres comme la seule solution pour sauver la création.Engagé de longue date contre Hadopi, rédacteur de la "Lettre aux spectateurs citoyens" publiée dans Libération le 7 avril 2009, il démontre son inapplicabilité et explique en quoi ce qui devait sauver la culture et le cinéma en est devenu l'ennemi. Il prouve aussi que d'autres solutions sont possibles.

  • Réalisateur de plus de trente films, metteur en scène de soixante-quinze opéras, à la fois cinéaste underground et héritier de Visconti et Pasolini, Werner Schroeter, mort en avril dernier, reste encore à découvrir. Les défenseurs du cinéma de Schroeter sont aussi illustres que divers : Michel Foucault, Isabelle Huppert, Bulle Ogier, Fassbinder, Wim Wenders, Jean-Jacques Schuhl... Le livre décrit en soixante-dix fragments le fonctionnement intime, la respiration musicale, les constructions folles d'une oeuvre unique.

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