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  • Dans le contexte actuel de mondialisation, la notion de « communauté » ne cesse d'évoluer, notion au coeur de laquelle se trouve invariablement celle du « sentiment d'appartenance ». Du monde postindustriel et postcolonial est née l'affirmation d'une multitude de voix et d'identités issues du patrimoine : c'est l'héritage patrimonial. Plus précisément, la mise en valeur de la contribution de cet héritage à la reconnaissance et aux politiques identitaires met en lumière le phénomène de « communauté patrimoniale ». S'il existe de nombreuses définitions de cette communauté, la Convention de Faro, pour sa part, la décrit comme un groupe « de personnes qui attachent de la valeur à des aspects précis du patrimoine culturel qu'elles souhaitent [...] soutenir et transmettre aux générations futures ». Les communautés ont pour fonction de se réunir - en marge des autorités publiques et sur l'amorce d'un mouvement citoyen - afin de participer à l'instauration de mesures nécessaires à la protection d'éléments du patrimoine. De fait, en reconnaissant que les biens patrimoniaux peuvent favoriser le développement d'une identité collective, elles sont à même de déterminer les ressources patrimoniales utiles à leur développement territorial.

    Le présent ouvrage explore les questions suivantes : De quelles manières émergent les communautés patrimoniales ? Comment ces groupes fonctionnent-ils au sein des structures de gestion du patrimoine ? Sont-ils influencés par celles-ci et, si oui, de quelles façons ? Les auteurs cherchent ici à démontrer à quiconque s'intéresse au patrimoine comment des communautés patrimoniales ayant émergé dans différentes régions du monde peuvent apporter une contribution considérable à plusieurs champs d'études, ainsi qu'à l'ouverture de nouvelles voies de recherche sur le patrimoine.

    Myriam Joannette est doctorante en études urbaines au programme conjoint du Département d'études urbaines et touristiques de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et de l'Institut national de la recherche scientifique - Urbanisation Culture Société (INRS-UCS).

    Jessica Mace, Ph. D., est professeure associée au Département d'études urbaines et touristiques de l'UQAM et rédactrice en chef du Journal de la Société pour l'étude de l'architecture au Canada.

  • Dans la rencontre entre l'architecture contemporaine et le patrimoine bâti, l'actualisation en tant que phénomène culturel se propose comme solution à la polarité conservation-création.

    L'explosion des formes en architecture contemporaine, parallèlement à la montée d'une prédominance de la signature de l'architecte, semble a priori difficilement réconciliable avec l'extension de la notion de patrimoine. Or, que ce soit pour des raisons économiques, environnementales, fonctionnelles ou patrimoniales, les insertions d'éléments d'architecture contemporaine sur des bâtiments patrimoniaux contribuent au développement urbain et font partie de la praxis actuelle.

    Dans cet ouvrage, le phénomène de l'actualisation est décomposé pour comprendre comment celui-ci contribue à reformuler le sens des sites patrimoniaux transformés. Ce processus communicationnel se pose comme une réponse à l'obsolescence patrimoniale. D'objet-relique, le patrimoine devient un pro­­­jet dynamique, constituant ainsi un genre architectural particulier et indépendant.

  • La tenue récente de méga-événements sportifs au Brésil entraîna, dans bien des villes du pays, la conclusion de vastes campagnes de régénération urbaine dont les conséquences demeurent incertaines à ce jour. Entre autres choses, l'importance accordée à l'image dans la gestion du patrimoine urbain fut maintes fois critiquée et nous fournit aujourd'hui une occasion de réfléchir à la question du spectacle du patrimoine. Comment valoriser les actifs patrimoniaux alors que leur survie dépend de plus en plus de leur visibilité dans le flux d'images qui nous assaillent ?

    Dans cet ouvrage, les délicates questions entourant la spectacularisation du patrimoine urbain sont abordées à l'aide d'exemples tirés de l'expérience du Brésil, mais aussi de celles de diverses villes à travers le monde.

    The recent sporting mega-events held in Brazil have given rise to widespread urban regeneration strategies, the consequences of which remain uncertain. In particular, it is the image-centric approach to urban heritage, the much-critiqued notion of spectacle in urban space that gives us cause for comment and reflection. How do we valorize heritage sites when their survival is increasingly contingent upon their visibility on an already crowded stage ?

    With examples drawn from Brazil, as well as from other cities around the world, this collection investigates the sometimes difficult questions raised by the spectacularization of urban heritage.

  • Le patrimoine est aujourd’hui multiscalaire, présent à toutes les échelles territoriales, depuis le quartier, voire la rue, jusqu’à l’espace globalisé par la mondialisation et le tourisme. Le présent ouvrage invite à une réflexion sur les variations du sens du patrimoine et des dimensions qu’il prend dans diverses situations, de même que sur ses enjeux au point de vue praxéologique ou théorique – particulièrement dans le contexte quotidien. Plutôt que de présenter une succession de cas de patrimonialisation, les auteurs privilégient l’analyse de tensions entre des conceptions patrimoniales issues des milieux territorial, politique ou culturel. Les textes rassemblés ici permettent à ceux qui étudient le patrimoine, qui cherchent à le protéger ou qui, simplement, s’y intéressent, d’explorer :
    - les discordances entre des perceptions du patrimoine et des modes de gestion de cet héritage 
    - les différenciations linguistiques des représentations et des cultures différenciées du patrimoine 
    - la transformation de la notion et des objets patrimoniaux sur un territoire ou au sein d’une communauté 
    - la perméabilité des conceptions du patrimoine entretenues par des communautés culturelles variées.

    Né d’une volonté d’explorer les conceptions du patrimoine, cet ouvrage nous entraîne ainsi aux confins et dans les confins de cette notion.
    Martin Drouin est professeur au Département d’études urbaines et touristiques de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (ESG UQAM).
    Lucie K. Morisset est professeure au Département d’études urbaines et touristiques à l’ESG UQAM et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain.
    Michel Rautenberg est professeur de sociologie à l’Université Jean Monnet Saint-Étienne et membre du Centre Max Weber.

  • Dès qu'une église ferme ses portes et est démolie, c'est toute la société qui subit une perte patrimoniale. Faut-il dès lors continuer à croire que leur seul statut de monument historique suffit à toutes les conserver ou à donner l'illusion qu'elles ne sont pas menacées ?

    Un simple coup d'oeil à la réalité montre qu'il est nécessaire de réfléchir plus avant à ce vouloir de conservation, à ses mécaniques financières et à ses logiques sociétales. La Neuvième Rencontre internationale des jeunes chercheurs en patrimoine, dont est issu le présent ouvrage, portait sur le devenir civil des églises ainsi que sur les stratégies de passage qui l'étayent.

    When a church closes or is demolished, the entire society suffers a loss of heritage. Should we then go on believing that the historic monument status can save all churches or giving the illusion that they are not threatened ?

    A glance at reality however emphasizes the need to think further on that spirit of preservation, its financial mechanisms and societal rationale. The Ninth International Young Scholars Conference on Heritage from which this book comes up scrutinized the communal future of churches as well as the underlying transition strategies.

  • L'avenir des églises catholiques du Québec est gravement menacé, et le sort des objets mobiliers à caractère religieux qu'elles abritent est plus qu'incertain. Dans le contexte actuel de fermeture des églises, ces objets sont en effet retirés de leur lieu d'origine, déplacés, entreposés, vendus ou simplement détruits. La statuaire religieuse en plâtre représente une grande part de ces objets. Longtemps considérées comme des objets de second ordre, compte tenu de leur nombre élevé et de leur fabrication en série, les statues de plâtre sont pourtant omniprésentes dans les églises et les chapelles depuis plus d'un siècle et elles ont tenu une place importante au sein de la pratique religieuse et des dévotions populaires. Que faire aujourd'hui de ce vaste éventail de statues de plâtre ? Comment préserver ces objets du passé socioreligieux et artistique témoins d'une grande période de l'histoire du Québec ?

    La réponse se trouve dans le processus de documentation et de valorisation de ces objets. Cet ouvrage propose ainsi de montrer que ce corpus d'objets comporte des valeurs artistiques, historiques et de proximité qui leur confèrent un intérêt patrimonial certain. En s'appuyant sur la notion de significativité développée dans l'approche sociologique de l'histoire de l'art, l'auteure présente les diverses caractéristiques patrimoniales de ces statues et la manière dont elles se construisent. C'est dans cette perspective qu'elle préconise la conservation in situ de ces objets ainsi que le maintien de certains lieux de culte dans leur intégralité, tout en soulevant les difficultés et les limites de la muséalisation de la statuaire religieuse.

  • Si le patrimoine culturel peut prendre différentes formes, c'est surtout dans les villes qu'il se concentre. Les auteurs interrogent ainsi la notion de patrimoine urbain en analysant les processus par lesquels les acteurs privés et publics donnent du sens à cet environnement particulier et, ce faisant, comment ils le transforment.

  • Le patrimoine a longtemps été étudié pour construire, analyser, penser, comprendre et interpréter un objet qui est fédérateur pour une nation, un groupe ou une communauté. Mais, avec l'accroissement de la mobilité spatiale, la fluidisation des frontières entre les États-nations, de même que les technologies de communication, cette vision essentialisant les faits patrimoniaux se heurte de plus en plus à des phénomènes de diversification identitaire. L'unicité patrimoniale fait place à la diversité des patrimoines.

    Qu'en est-il de la rencontre ou de la coexistence des patrimoines fondés sur des références identitaires divergentes, alors que la patrimonialisation vise le plus souvent la stabilisation et l'affirmation identitaires au singulier ? De quelle façon le patrimoine s'articule-t-il sur le plan de la diversité ? Que révèle cette diversité sur les tendances idéologiques et culturelles des sociétés à l'étude et, plus encore, sur le patrimoine lui-même ?

    Telles sont les questions que cet ouvrage collectif aborde au moyen d'études microethnographiques dans une multitude de contextes géoculturels et géopolitiques, allant des Amériques à l'Europe du Sud-Est en passant par l'Afrique. Plus précisément, cet ouvrage vise à dépasser les discours sur le couple patrimoine et diversité inscrits essentiellement dans une réflexion sur la migration et à transcender la territorialité géographique associée à celle-ci. Au-delà de la polyphonie patrimoniale, ce sont les défis territoriaux, sociaux, économiques, politiques et symboliques de la diversité patrimoniale qui sont interrogés.

  • Le patrimoine est né d'un mélange de préoccupations, de rencontres, d'incendies, de législations, d'inventaires, de répertoires, d'intérêts financiers... Produit d'une rupture puissamment ressentie dans l'évolution des sociétés occidentales depuis la fin du XVIIIe siècle, il s'est graduellement imposé comme objet de réflexion pour les sciences humaines et sociales. Les disciplines du patrimoine - anthropologie, archéologie, architecture, archivistique, histoire, histoire de l'art, notariat, tourisme, urbanisme, etc. - contribuent à la création d'un domaine d'études complexe et multiforme.

    Le présent collectif se veut un point de rencontre entre des chercheurs de différents horizons (ethnologie, études littéraires, géographie, histoire, histoire littéraire, muséologie, sociologie) qui, pour la plupart, ne se réclament pas d'emblée des Heritage Studies. Issus de traditions disciplinaires variées, formés dans des programmes souvent non associés aux études patrimoniales mais préoccupés par des questions qui convergent vers la nébuleuse du patrimoine, ils ont accepté de réfléchir à leur compréhension du phénomène, aux liens qui unissent leur spécialité à ce vaste champ de connaissance et à l'originalité que le regard disciplinaire peut apporter à ces études toujours en structuration. À la lecture des dix contributions de cet ouvrage, on constate que les différents champs d'études qui y sont associés ne se partagent pas tant un objet patrimonial unifié qu'ils ne s'en créent un à leur mesure.

  • Comment penser l'association entre patrimoine mondial, développement et tourisme? Le tourisme, orienté autour de sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, peut être au service du développement des communautés. C'est à ce nouveau paradigme de tourisme durable que s'intéressent les auteurs, en examinant les acteurs et les bénéficiaires de ce développement local et les recompositions territoriales auxquelles celui-ci donne lieu.

  • Sous la forme de discours, de mythes, d'histoires ou de mémoires, le récit participe à toutes les étapes de la patrimonialisation. Utilisant la ville comme laboratoire, les auteurs explorent les rôles et les contributions du récit dans la patrimonialisation et déterminent les caractéristiques et les modes de fonctionnement des récits patrimoniaux.

  • Pourquoi certains aliments ou pratiques alimentaires, qu'il s'agisse du pâté chinois, de l'agneau de Charlevoix, de la poutine ou des rituels du temps des sucres, en arrivent-ils à être dotés d'une valeur patrimoniale? Les auteurs étudient ce phénomène de patrimonialisation, en cherchant à comprendre les voies par lesquelles elle se concrétise, en interrogeant les lieux communs et les évidences qu'elle génère, mais aussi les significations nouvelles qu'elle produit.

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