Presses de l'Université du Québec

  • L'intérêt et la pertinence de la littérature inuite se trouvent non pas dans le nombre de ses productions, mais bien dans le fait qu'elle s'est constituée - de l'extérieur pour l'essentiel - en une institution symbolique qui a valeur d'expérience universelle pour l'être humain. Pour les Inuits, cet engagement témoigne à quel point il est aujourd'hui nécessaire de prendre la parole par l'écriture, pour transmettre et faire connaître leur vision des choses.

    L'essai que nous offre Nelly Duvicq a un caractère pionnier, documentaire et synthétique, à la manière des grands ouvrages publiés par Maurizio Gatti pour les littératures des Premières Nations du Québec au début des années 2000, qui avaient enfin éveillé l'intérêt des lecteurs.

    La plupart d'entre nous connaissent peu le contexte culturel inuit contemporain : ce remarquable ouvrage de Nelly Duvicq doit donc être vu comme une chance, pour nous, lecteurs, de comprendre l'émergence d'une littérature jusqu'ici peu connue, une occasion de partir à la découverte d'auteurs qui dévoilent une vision du monde inédite sur le Nunavik, le Québec, le monde inuit et l'Arctique.

    Avec une présentation de Daniel Chartier.

  • Dans cet essai, Yannick Legault analyse avec finesse la fonction stratégique de la pratique du roman autobiographique chez l'écrivain norvégien Knut Hamsun (1859-1952), récipiendaire du prix Nobel de littérature en 1920 et l'un des écrivains nordiques les plus connus dans le monde. À partir des romans Faim (1890) et de ceux de la « Trilogie du vagabond », composée de Sous l'étoile d'automne (1906), d'Un vagabond joue en sourdine (1909) et de La dernière joie (1912), il dévoile les moments charnières de la carrière de Hamsun, d'un programme moderniste vers une esthétique régionaliste.

    Les romans autobiographiques de Knut Hamsun sont issus de moments lors desquels l'auteur a donné une nouvelle direction à sa pratique d'écriture. Ce serait donc sur ce plan que l'on devrait rechercher l'objectif poursuivi, consciemment ou non, par Hamsun en écrivant ces romans : l'utilisation de ce genre littéraire peut être une stratégie apte à faire valoir de nouvelles esthétiques par la construction de figures d'auteur en fonction de l'état du champ littéraire.

  • Il est incontestable que l'Islande et le Groenland sont deux territoires différents, bien qu'ils soient voisins. Le Groenland a été qualifié de plus grande île du monde. Pendant près de cinq siècles, des Scandinaves vécurent là dans des colonies bien délimitées tandis que sur le reste de l'île, vivaient des Inuits. L'Islande a connu un peuplement modeste. Les Islandais construisirent une société qui ressemblait aux autres sociétés nordiques, même si l'habitat était bien plus dispersé qu'ailleurs, l'économie moins variée et les structures sociales dissemblables. Il existe nombre de différences entre l'Islande et le Groenland, mais également de nombreuses ressemblances. Les deux îles partagent le fait d'être situées aux confins septentrionaux. Elles furent longtemps soumises à une autorité étrangère. Pendant longtemps, elles demeurèrent si éloignées du « centre » européen que c'est à peine si on les mentionnait. L'Islande et surtout le Groenland attirèrent les explorateurs, à l'instar de bien d'autres territoires au Nord du monde. C'est la fascinante histoire de la constitution de l'image de ces deux îles aux confins du monde que l'historien Sumarliði R. Ísleifsson nous raconte dans cet essai remarquable, contribuant ainsi à l'histoire de l'imaginaire du Nord et de l'Arctique, des lieux peu étudiés, et encore souvent représentés par des lieux communs, accumulés par des siècles de discours.

  • Le célèbre dictionnaire Littré définit le froid comme une absence de chaleur. Cette définition, donnée par un regard du Sud et à partir d'un point de vue tempéré, dit beaucoup de notre méconnaissance du monde froid. Elle révèle aussi la complexité que revêt une réflexion sur « le froid » - que l'on souhaiterait ici autodéfinitoire -, réflexion qui doit de plus tenir compte de champs de savoir variés et divergents. Historiquement perçu comme dangereux, hostile et menaçant pour la vie, le froid est aujourd'hui devenu, en raison des changements climatiques, la quintessence de nos inquiétudes et le symbole d'une bataille pour la survie de l'humanité. Le froid est ainsi au coeur des réflexions contemporaines. Pourtant, nous avons constaté que peu d'ouvrages s'y étaient consacrés, et encore moins dans la perspective pluridisciplinaire que nous proposons ici, qui aborde de front la question des effets, de l'adaptation, des représentations et de la production du froid.

  • Comment proposer une « cartographie du Nord » par l'analyse de lieux ou d'espaces qui concentrent une ou plusieurs formes de mémoire, tout en étant parfois laissés à l'abandon, voire condamnés à l'oubli ? Comment ces « territoires discursifs » se sont-ils constitués et, s'il y a lieu, ont-ils été abandonnés ? Comment ont-ils été réinventés ou convoqués par l'art, la photo­graphie, la politique, la muséographie, le tourisme, la musique, l'architecture, le cinéma, la littérature ? Sont-ils partie prenante d'une mémoire septentrionale commune à plusieurs cultures du Nord ou d'une mémoire universelle ? Sont-ils aujourd'hui l'objet de visées prospectives ? Les articles qui composent le présent ouvrage, provenant d'une dizaine de pays, se veulent une réponse, bien partielle, mais tout de même nouvelle, à toutes ces interrogations. Avec des articles de Stéphanie Bellemare-Page, Jan Borm, Daniel Chartier, Florence Davaille, Alice Duhan, Tiffany Johnstone, Sabine Kraenker, Paul Landon, Brian Martin, Carmen Mata Barreiro, Odile Parsis-Barubé, Manon Regimbald, Jette Rygaard, Katri Suhonen, Ulla Tuomarla, Stéphanie Vallières et Maria Walecka-Garbalinska. Ce livre est copublié par les Presses de l'Université du Québec et l'Université de Stockholm.

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