Julliard

  • Vendu à plusieurs millions d´exemplaires dans le monde, sans cesse réédité depuis sa première parution et adapté au cinéma, La Planète des singes, le chef-d´oeuvre de Pierre Boulle, est l´un des plus grands classiques de la science-fiction et du roman d´aventures.Y´a-t-il des êtres humains ailleurs que dans notre galaxie ? C´est la question que se pose les passagers d´un vaisseau spatial survolant une planète proche de Bételgeuse : on y aperçoit des villes, des routes curieusement semblables à celles de notre Terre. Après s´y être posés, les trois hommes découvrent que la planète est habitée par des singes. Ceux-ci vont les capturer et se livrer sur eux à des expériences. Il faudra, devant les singes, faire la preuve de son humanité...

  • Dans le Kaboul de l´an 2000, alors que les talibans font régner sur l´Afghanistan un régime atroce, quatre personnages inoubliables.
    Il y a Mohsen, qui descend d´une famille de commerçants prospères que les talibans ont ruinée; Zuneira, sa femme, qui fut une enseignante brillante et qui n´a plus le droit de sortir de chez elle... Ils survivent dans des conditions morales et matérielles abominables, soutenus par l´amour qu´ils se portent et le respect qu´ils doivent à l´intelligence et à la connaissance. Il y a aussi Atiq, gardien de prison qui a adhéré à l´idéologie des talibans avec sincérité et qui tente d´assurer son service dans le respect de sa foi, et Mussarat, sa femme, qui se meurt de maladie et de désespoir.
    Désespéré, oisif, exténué, Mohsen erre dans Kaboul quand il est entouré par une foule qui s´apprête à lapider une femme adultère. Comme anesthésié par l´atmosphère hystérique qui le cerne, Mohsen va, lui aussi, balancer de toutes ses forces quelques pierres au visage de la femme enterrée jusqu´à la taille. Ce geste insensé va faire basculer le destin de tous les protagonistes dans la tragédie... jusqu´au sacrifice ultime - et vain - de Mussarat, cette femme qui donnera sa vie pour permettre à l´homme qu´elle aime de retrouver sa capacité d´aimer.
    Rarement un écrivain a su mettre au jour avec autant de clarté et de lucidité la complexité des comportements et des situations dans les sociétés musulmanes déchirées entre le féodalisme et la modernité.

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  • Amine, chirurgien israélien d´origine palestinienne, a toujours refusé de prendre parti dans le conflit qui oppose son peuple d´origine et son peuple d´adoption, et s´est entièrement consacré à son métier et à sa femme, Sihem, qu´il adore. Jusqu´au jour où, au coeur de Tel Aviv, un kamikaze se fait sauter dans un restaurant, semant la mort et la désolation. Toute la journée, Amine opère les victimes de l´attentat, avec pour tout réconfort l´espoir de trouver le soir l´apaisement dans les bras de Sihem. Mais quand il rentre enfin chez lui, au milieu de la nuit, elle n´est pas là. C´est à l´hôpital, où le rappelle son ami Naveed, un haut fonctionnaire de la police, qu´il apprend la nouvelle terrifiante: non seulement, il doit reconnaître le corps mutilé de sa femme mais on l´accuse elle, Sihem, d´être la kamikaze...Amine ne peut tout d´abord admettre que sa femme, qui n´a jamais manifesté un attachement particulier à la cause palestinienne, ait pu commettre un acte aussi barbare. Pourtant, il doit se résoudre à accepter l´impossible quand il reçoit le mot qu´elle lui a laissé. Alors, pour comprendre comment elle a pu en arriver à une telle extrémité, il s´efforce de rencontrer tous ceux qui l´ont poussée à ce geste fou. Et doit écouter sans répit une vérité qu´il ne peut pas entendre.En retraçant le cheminement cauchemardesque de cet homme confronté à l´intolérable qui le frappe au plus intime de son être, Yasmina Khadra aborde avec beaucoup de brio un des sujets le plus douloureux de notre époque et nous livre un roman d´une incroyable audace.

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  • Entreprise familiale, le Magasin des Suicides prospère dans le malheur jusqu'au jour où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre.0300Imaginez une petite entreprise où l´on vend depuis dix générations tous les ingrédients pour se suicider. Bienvenue dans le Magasin des Suicides, au célèbre slogan : "Mort ou remboursé!" Mishima Tuvache, le père, spécialisé dans les morts violentes, dirige la maison d´une main de fer. Lucrèce, la mère, adepte de l´empoisonnement, confectionne elle-même des mixtures fatales. Vincent, le fils aîné, projette la création d´un parc d´attractions sur le thème du suicide. Sa soeur, Marilyn, qui se croit moche et inutile, voudrait en finir avec l´existence, mais ses parents lui rappellent que : "Chez les Tuvache, on ne peut pas se suicider parce que sinon qui tiendrait le magasin?"Dans cette famille malheureuse et contente de l´être, le destin a frappé le jour où Mishima et Lucrèce ont testé un préservatif poreux destiné à ceux qui veulent mourir par contamination sexuelle. C´est ainsi qu´est né le petit dernier, Alan, que la nature a doté d´un horrible défaut : il adore la vie. Un enfant pareil, c´est un coup du sort. Il console les clients, sème une joyeuse pagaille avec son sens de l´humour et ses chansons. Mishima en fait une dépression et doit s´aliter quelques jours, le temps pour Alan de métamorphoser la boutique avec l´aide de sa mère, sa soeur et son frère, atteints par son optimisme.Dorénavant, le M.D.S. (Magasin des Suicides) devient une sorte de M.J.C. locale où les clients se retrouvent pour faire la fête et chercher des solutions à l´avenir du monde. Tout cela se terminera peut-être dans une sorte d´apothéose, car, finalement, le pire n´est jamais sûr!

  • La vie quotidienne d'un jeune couple des années soixante issu des classes moyennes, l'idée que ces jeunes gens se font du bonheur, les raisons pour lesquelles ce bonheur leur reste inaccessible - car il est lié aux choses que l'on acquiert, il est asservissement aux choses.

    " il y a, dira georges perec, entre les choses du monde moderne et le bonheur, un rapport obligé. une certaine richesse de notre civilisation rend un type de bonheur possible : on peut parler, en ce sens, comme d'un bonheur, d'orly, des moquettes profondes, d'une figure actuelle du bonheur qui fait, je crois, que pour être heureux, il faut être absolument moderne. ceux qui se sont imaginé que je condamnais la société de consommation n'ont vraiment rien compris à mon livre.
    Mais ce bonheur demeure un possible ; car, dans notre société capitaliste, c'est : choses promises ne sont pas choses dues ".

  • En 1663, Louis-Henri de Montespan, jeune marquis désargenté, épouse la somptueuse Françoise " Athénaïs " de Rochechouart. Lorsque cette dernière accède à la charge de dame de compagnie de la reine, ses charmes ne tardent pas à éblouir le monarque ? à qui

  • N'ayez les coeurs contre nous endurcis.
    Il est peut-être né le jour de la mort de Jeanne d'Arc. On a pendu son père et supplicié sa mère. Il a appris le grec et le latin à l'université de Paris. Il a joui, menti, volé dès son plus jeune âge. Il a fréquenté les miséreux et les nantis, les étudiants, les curés, les prostituées, les assassins, les poètes et les rois.
    Aucun sentiment humain ne lui était étranger. Des plus sublimes aux plus atroces, il a commis tous les actes qu'un homme peut commettre. Il a traversé comme un météore trente années de l'histoire de son temps et a disparu un matin sur la route d'Orléans.
    Il a donné au monde des poèmes puissants et mystérieux et ouvert cette voie somptueuse qu'emprunteront à sa suite tous les autres poètes : l'absolue liberté.

  • " J'ai souvent repensé à la mise en place du piège qui allait se refermer sur nous. À cet étrange ballet à quatre, dans lequel parfois s'immisçait un étranger. À ces va-et-vient d'une maison à l'autre, du jardin à la chambre, de la fraîcheur de la véranda à la chaleur de la plage ; ces déplacements infimes que nous accomplissions et qui tissaient à leur manière une toile où nous allions nous empêtrer. À cette langueur de juillet, lorsqu'on succombe à la paresse et que le désir s'insinue. À ces abandons progressifs : de la morale, du discernement, du sens commun.
    Nous aurions pu facilement tout empêcher mais aucun d'entre nous n'a pris la décision d'arrêter la machine folle. Aucun d'entre nous n'y a songé. " Philippe Besson, auteur de L'Arrière-saison et de De là, on voit la mer, nous livre un roman tout en nuances et en violence contenue, une tragédie moderne dissimulée sous les apparences d'un innocent marivaudage, le récit d'une vengeance qui doit s'accomplir.

  • Le héros de ce roman est un jeune Irakien de vingt ans, né dans un village au milieu des sables où perdure depuis toujours un mode de vie archaïque. En 2002, il part faire des études à Bagdad, mais l´invasion des troupes américaines le renvoie dans son bled. Pendant plusieurs mois, il végète en écoutant palabrer les gens du village qui se partagent entre les nostalgiques de Saddam, ceux qui espèrent tout des Américains et les tenants du radicalisme islamique. Jusqu´au jour où un attentat ayant eu lieu à quelques kilomètres de là, les G.I. débarquent en force dans la petite communauté et contraignent brutalement les habitants à sortir de chez eux. Aux yeux de ce jeune homme, ils commettent l´irréparable en jetant hors de son lit son père, à demi nu. Le spectacle d´une telle humiliation détruit irrémédiablement l´image que ce garçon avait de lui-même.
    Fuyant son village, dérivant jusqu´à Bagdad, il se retrouve dans une ville déchirée par une guerre civile féroce. Sans repères ni ressources, miné par la honte, il devient une proie rêvée pour les Islamistes radicaux. Recruté, manipulé, il décide de se sacrifier pour la Cause, mais ne sait pas encore qu´au lieu d´une bombe traditionnelle, c´est d´un virus dévastateur pour l´humanité dont il sera le porteur...
    Depuis plus de dix ans, Yasmina Khadra explore inlassablement l´histoire contemporaine et l´affrontement meurtrier, incompréhensible à ses yeux, entre l´Orient et l´Occident. Sans répit, il milite pour l´intelligence et le triomphe de l´humanisme. Inlassablement, il rappelle que l´humanité ne peut surmonter l´horreur de sa misérable condition qu´à travers l´observation objective et lucide de la réalité.

  • Http://www.philippebesson.com 0600«Il y a parfois, rarement, des premiers romans qui paraissent, signés d´illustres inconnus, et qui annoncent, sans hésitation, sans contestation, l´apparition d´un véritable écrivain. Ce dut être la certitude des premiers lecteurs de «L´Étranger», ou de «La Nausée». C´est celle que nous avons à la lecture de «En l´absence des hommes», de Philippe Besson. Un romancier, et de talent, est apparu.Tout y est. L´aventure, le style, l´humeur, la respiration, les atmosphères, les personnages, la vérité et l´illusion romanesques, la construction. Un monde. [...]Ce qui frappe dans «En l´absence des hommes», c´est la maîtrise. Maîtrise des personnages, de la progression des sentiments. Le roman, pour certains, n´est pas quelque chose qui s´apprend, où l´on progresse, de livre en livre. Le premier est un coup de maître, d´emblée.»Jean-Jacques Brochier, «Magazine littéraire»«"En l´absence des hommes" est un superbe roman éclatant, inventif et audacieux. La culture, l´amour de la littérature, l´originalité du propos, l´intrigue insolite, la drôlerie du pastiche, l´ambiguïté des situations et la gravité de l´Histoire qui en est le décor s´y conjuguent avec subtilité pour la plus grande jouissance du lecteur.»Hugo Marsan, «Le Monde des livres»«Étonnant, envoûtant premier roman que celui de Philippe Besson! Tout y est dit, raconté avec pudeur et sensualité. L´écriture d´une réelle maîtrise court, fluide, légère. [...] Le charme opère sans cesse. »Michèle Gazier, «Télérama»«Ce roman élégant est une curieuse gageure que Philippe Besson a gagnée. Chapeau claque et chapeau bas!»André Rollin, «Le Canard enchaîn黫Tout cela est raconté par Philippe Besson avec une finesse et une sensibilité fort prometteuses. C´était un défi, cette double histoire d´amour: Philippe Besson a su le relever sans effet, sans pathos. Voilà une fort belle surprise de janvier.»Michel Crépu, «L´Express»«Impressionnant de maîtrise, le premier roman de Philippe Besson joue avec différents registres narratifs, évitant ce qui pourrait le faire pencher du côté du roman historique.»Sébastien Lapaque, «Le Figaro littéraire»«Il fallait à Philippe Besson de l´audace, de la sensibilité, de la pudeur pour imaginer cette histoire et nous la rendre crédible, attachante, prenante. Toutes ces qualités, il les possède manifestement. Et d´autres encore.»Nathalie Crom, «La Croix»«Philippe Besson est un inconnu. Son premier roman, «En l´absence des hommes», est une divine surprise.»Edmonde Charles-Roux, de l´académie Goncourt, «La Provence»«Il est peu de premiers romans impeccables. «En l´absence des hommes» est du nombre.Pascale Haubruge, «Le Soir, Bruxelles»

  • La vie de Verlaine fut extravagante, mais ses derniers mois touchèrent au surréalisme. Il n'avait que cinquante et un ans, perclus de maux : syphilis, altération sanguine, diabète, souffle au coeur, cirrhose du foie, erysypèle infectieux, hydarthrose, pneumonie (il fallut ajouter une seconde pancarte au pied de son lit d'hôpital pour en dresser la liste complète). Et c'est au moment où il ne lui restait qu'une poignée d'admirateurs inconditionnels (dont le préfet Lépine qui interdit aux policiers du Quartier latin d'arrêter Verlaine quelles que soient ses frasques), au moment de la pire déchéance matérielle et morale, au moment où les gloires de l'époque l'accablaient de leur mépris, qu'une vague de sympathie naquit chez les étudiants qui en firent leur idole. Ils aimaient sa liberté de ton, la force de ses anathèmes, le désordre de sa vie, le génie de sa poésie. Ils se battaient pour l'écouter dans les cabarets, étripaient les mauvais esprits qui ne partageaient pas leur passion, encombraient sa chambre d'hôpital pour l'écouter déclamer et lui assurèrent à sa mort des funérailles grandioses. Ce jour-là, le Destin poussa la générosité jusqu'à faire tomber le bras de la Poésie après que le corbillard fut passé sous la statue de Carpeaux qui orne la façade de l'Opéra?Fol amoureux de cet homme magnifique et terrifiant, Jean Teulé raconte ces derniers mois extravagants à travers les yeux d'un personnage réel, le jeune Henri-Albert Cornuty, cet adolescent de Béziers qui décida de monter à Paris à pied dans le seul but de rencontrer Verlaine.

  • Une histoire simple et déchirante par l'auteur de «En l'absence des hommes».0300Thomas meurt.Thomas accepte de mourir. C´est ici, dans la maison de Saint-Clément, la maison de l´enfance, qu´il choisit d´attendre de mourir. Je suis auprès de lui. C´est encore l´été. J´ignorais qu´on pouvait mourir en été.Je croyais que la mort survenait toujours en hiver, qu´il lui fallait le froid, la grisaille, une sorte de désolation, que c´est seulement ainsi qu´elle pouvait se sentir sur son terrain. Je découvre qu´elle peut tout aussi bien exercer sa besogne en plein soleil, en pleine lumière. Je songe que Thomas l´accueillera en pleine lumière.»Un jour, Thomas apprend qu´il est gravement malade et qu´il va probablement mourir. La nouvelle touche en plein coeur ce jeune homme si vivant, si amoureux. Comment supporter une telle épreuve? Lucas, son frère va l´accompagner pendant ces quelques mois. Ils iront se réfugier dans la maison d´enfance, la maison blanche de l´île de Ré. Non pas pour attendre la mort mais pour vivre intensément chacune des heures qui leur est donnée.On retrouve dans ce nouveau roman les qualités de «En l´absence des hommes», premier roman très remarqué de Philippe Besson paru en janvier 2001."Son frère" a été adapté par Patrice Chéreau, avec Eric Caravaca et Bruno Todescini. Le film sera diffusé sur Arte au printemps 2003, puis sortira en salle. Il a reçu l'Ours d'argent du Festival du film de Berlin (la Berlinale).http://www.philippebesson.com0400Le 31 juillet,Thomas meurt.Thomas accepte de mourir. C´est ici, dans la maison de Saint-Clément, la maison de l´enfance, qu´il choisit d´attendre de mourir. Je suis auprès de lui. C´est encore l´été. J´ignorais qu´on pouvait mourir en été.Je croyais que la mort survenait toujours en hiver, qu´il lui fallait le froid, la grisaille, une sorte de désolation, que c´est seulement ainsi qu´elle pouvait se sentir sur son terrain. Je découvre qu´elle peut tout aussi bien exercer sa besogne en plein soleil, en pleine lumière. Je songe que Thomas l´accueillera en pleine lumière.Je croyais que cela commencerait par un engourdissement des membres, une contraction et qu´il y aurait soudain une urgence, une précipitation, une violence. Mais non: c´est la nonchalance, une sorte de vacance, une lenteur, un renoncement dans la chaleur. Une chaleur jaune et vibrante.Cette mort prévisible, attendue, causera pourtant, à n´en pas douter, un cataclysme. Elle rejaillira sur nos existences à tous. Elle les modifiera, leur fera prendre une direction imprévue. Elle opérera un dérèglement de nos vies, sans qu´aucun d´entre nous ne parvienne à s´y opposer. Cette mort sera le plus grand événement. L´onde de sa douleur se propagera pendant des années. Nous serons hantés, dévastés.Mon frère meurt.Saint-Clément-des-Baleines, c´est la dernière ville, celle qui se loge à la pointe ouest de l´île de Ré, à son extrémité, celle qui regarde le plus vers les Amériques. Après ça, il n´y a plus rien, ce n´est plus l´île, ce n´est plus la terre, c´est l´océan à perte de vue, c´est l´Atlantique indéfiniment. La lumière du phare montre la direction.Saint-Clément, c´est la terminaison d´un monde, comme l´était dans mon imaginaire enfantin le cap Horn. C´est le point au-delà duquel les eaux prennent le dessus, à partir duquel les hommes doivent déposer les armes. On raconte que des bateaux se sont perdus dans les eaux mauvaises, au large, malgré le phare, que des marins se sont noyés, que leurs cadavres ont été charriés par les marées, ramenés par elles à la terre ferme. On raconte des histoires extraordinaires.Ici, on peut facilement éprouver une manière d´abandon, comme si on était le dernier homme, et comme s´il suffisait de se laisser aller désormais, de n´avoir plus aucune prise sur rien. Ce sentiment, c´est autant celui du relâchement que celui de l´offrande, autant celui de la solitude imposée que celui de l´exil choisi.Le regard se perd, loin. Je sais que derrière moi, il y a les chemins, les pins, les marais, les églises, les cimetières. Mais devant: rien, rien que l´océan. Tout. L´enfance s´est jouée ic

  • «L´été finit à Florence, ville des princes et des énigmes.Mon histoire, elle, commence.Je m´appelle Luca et j´ai disparu.Deux êtres sont à ma recherche: Anna, ma compagne, tout en courage et en douleur, et Leo, jeune homme mystérieux qu´on voit souvent rôder aux abords des gares. Que je vous dise: Je suis mort. Pourtant c´est bien moi qui parle.» Luca a été retrouvé noyé, à Florence, dans les eaux de l´Arno. Anna Morante, sa compagne, cherche à connaître les causes exactes de ce décès: accident, suicide, meurtre ? Pourquoi trouve-t-on des traces de somnifères dans le sang de Luca, lui qui n´en prenait jamais? Au cours de son enquête, Anna découvre l´existence d´un nommé«Leo Bertina»... Une autre voix conduit le roman, celle du disparu. Si Luca est mort, ça ne l´empêche pas de commenter les conséquences de son décès, et de s´apercevoir qu´il n´est peut-être pas si souhaitable de survivre à sa propre mort... Il se désole d´infliger aux survivants une si lourde douleur. Il se désole plus encore de voir Anna se démener pour apprendre un secret qui va l´anéantir.

  • Médecin à Francfort, Kurt Krausmann mène une existence ordinaire, limitée à ses allers-retours entre son cabinet de consultation et son appartement bourgeois. Jusqu´au drame familial qui va le précipiter dans le désespoir. Afin de l´aider à surmonter son chagrin, son meilleur ami, Hans, un riche homme d´affaires versé dans l´humanitaire, lui propose de l´emmener sur son voilier jusque dans les Comores, pour les besoins d´une bonne cause. Au large des côtes somaliennes, leur bateau est assailli par des pirates. Kurt et Hans sont enlevés puis transférés dans un campement clandestin. Dans leur geôle improvisée, se trouve déjà Bruno, un otage français que tout le monde semble avoir oublié, et qui tente péniblement de concilier sa passion pour le continent africain avec l´angoisse de sa captivité. Une détention à l´issue incertaine, des conditions de vie innommables, une promiscuité dangereuse avec des mercenaires sans pitié, c´est le début d´une descente aux enfers dont personne ne sortira indemne. Mais parce que le drame est propice aux revirements de situation, c´est aussi pour Kurt le début d´une grande histoire d´amour.En nous offrant ce voyage saisissant de réalisme, qui nous transporte, de la Somalie au Soudan, dans une Afrique orientale aux multiples contradictions - tour à tour effrayante, irrationnelle, sage, fière, digne et infiniment courageuse -, Yasmina Khadra confirme une fois encore son immense talent de narrateur. Construit et mené de main de maître, ce roman décrit la lente et irréversible transformation d´un Européen, dont les yeux vont, peu à peu, s´ouvrir à la réalité d´un monde jusqu´alors inconnu de lui. Un hymne à la grandeur d´un continent livré aux pires calamités.

  • A 36 ans, Robert est un doux géant de deux mètres dix doté d'une âme d'enfant.
    Il vit avec ses parents à Charleville-Mézières. Robert se prend pour Arthur Rimbaud. Son bateau ivre à lui est une armoire dans laquelle il dort. Lorsque son père décide de se débarrasser du meuble, Robert part aussitôt pour Paris. Gare de l'Est, il rencontre Isabelle, standardiste à la SNCF. La passion ne tarde pas à naître entre ces deux êtres si sensibles et si différents des autres. Ensemble, les voilà partis pour un voyage au long cours, avec l'amour fou et Rimbaud pour seuls bagages.

  • À quoi rêvent les loups raconte un itinéraire insensé, et pourtant presque banal, aujourd'hui, en Algérie Nous sommes à la fin des années 80. Nafa Walid est un jeune Algérois d'origine très modeste qui rêve d'une très improbable carrière d'acteur international. En attendant la gloire, il devient chauffeur de l'une des plus prestigieuses familles d'Alger. Il découvre du même coup l'univers totalement corrompu de la nomenklatura algérienne. Pour ces gens riches au-delà de l'imaginable, les lois communes ne s'appliquent pas. Naja va en faire la très cruelle expérience.
    Une nuit, on lui donne l'ordre de faire disparaître le cadavre d'une adolescente morte d'une overdose dans le lit du fils de la maison. S'il refuse, c'est lui qui sera accusé de meurtre et il sera condamné car jamais la police ni la justice n'oseront s'attaquer à une famille aussi influente. Terrorisé, Nafa obéit mais cette nuit d'horreur le fait tomber dans un mécanisme qui va le broyer et le conduire, quelques années de cauchemar plus tard, à égorger un bébé.
    Parce que des hommes totalement corrompus l'ont humilié et lui ont fait perdre le respect de lui-même.
    Parce que les Islamistes qui recrutaient à tour de bras dans cet énorme réservoir de jeunes gens vulnérables ont su l'accueillir et lui donner le sentiment que sa vie pouvait avoir un sens.
    Parce que les fanatiques musulmans qui prêchaient la guerre totale contre le pouvoir ont su jouer sur tous les ressorts de sa virilité et l'ont convaincu de céder à la tentation de la violence.
    Parce que la confusion mentale dans laquelle il était plongé l'a conduit à s'opposer à ses parents, à sa famille, à ses amis et à perdre tous ses repères.
    Parce que la guerre civile qui a opposé les militaires algériens et les bandes armées islamistes a été d'une violence et d'une sauvagerie incroyables, l'abominable est devenu concevable et il l'a commis.
    Les Agneaux du seigneur (Julliard, 1998) ont révélé en Khadra un écrivain visionnaire. Un souffle épique donne à son oeuvre une dimension universelle.
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  • Un soir, une jeune femme aborda Jean Teulé.

    Curieusement affublée, elle semblait sortir d´un sketch des Deschiens mais son regard, sa démarche et son assurance gouailleuse intriguèrent l´écrivain.

    Elle dit s´appeler Darling, vouloir raconter son histoire afin qu´il en tire un livre. Elle estimait qu´ils rendraient tous les deux un grand service à leurs contemporains en montrant qu´on peut toujours s´en sortir en dépit de la violence et des catastrophes qui vous tombent sur la tête.

    En écoutant le récit de Darling, Jean Teulé a entendu l´éternelle lamentation de ceux qui traversent les déserts abominables des vies sans affection, sans respect, sans ressource. Mais il a discerné aussi la voix d´une personnalitéétonnante, la voix d´une femme capable de dévisager le malheur avec insolence et d´en parler avec des mots étonnamment justes. De son frère, mort bizarrement dans un accident de la route, elle dira : Quand je l´ai vu, la tête transpercée par une barre de fer tombée d´un camion, j´ai trouvé qu´il ressemblait à un joueur de baby-foot.

    Succession de coups durs, de rebuffades, d´humiliations, de rêves salopés, de tortures morales et physiques, sa vie a été une longue et lente chute sur le toboggan social d´une France impitoyable, descente aux enfers dont chaque étape lui a laissé une cicatrice incurable.

    Jean Teulé n´a pas voulu écrire une biographie, il a tenté de rendre, à travers l´écriture romanesque, la trajectoire baroque et tragique d´une femme exceptionnelle que le sort accable, que la société ignore et méprise et qui, pourtant, continue inlassablement à se battre pour redonner à sa vie une cohérence et un but.

    Grâce à ce roman tendre et terrible, drôle aussi, Jean Teulé- dont le premier livre Rainbow pour Rimbaud a rencontré un immense succès - confirme toute la profondeur et la richesse de son talent.

  • Après les succès des «Jours fragiles», d'«Un garçon d'Italie» et de «L'Arrière-saison», fidèle au rendez-vous, Philippe Besson confirme avec ce sixième roman l'étendue de son talent.0500Je suis né au milieu d´un automne, un jour de brume, un jour comme un autre, en somme. La brume, elle est là presque tout le temps. Elle recouvre tout, elle nous accompagne, elle sera là jusqu´au jour de notre mort. Elle est notre unique certitude. Ce voile sur nos visages. Ce gris dans nos regards. Ces gouttes qui perlent sur l´avant de nos bras.J´ai habité toute mon enfance dans une des maisons de poupée alignées sur le rebord de la côte, vous savez, ces maisons identiques les unes aux autres, au point qu´on pourrait rentrer chez un voisin sans s´en rendre compte. Ces maisons qui possèdent des bow-windows et un jardinet. On gare la voiture sur le côté.Je n´ai pas d´âge. Les années ont passé, je les ai perdues. Si je ne devais compter que les années heureuses, je serais encore un enfant.Je suis Thomas Sheppard, les gens m´ont toujours appelé Tom. Les gens, ce sont mes parents, les garçons qui ont grandi en même temps que moi, les vieux, les commerçants. Et Marianne, bien sûr. Personne ne m´appelle Thomas. Sauf ma grand-mère. Elle ne va pas tarder à mourir, à ce qu´on m´a dit. Alors, pour de bon, je ne serai plus Thomas pour personne.Je suis Thomas Sheppard et je n´avais jamais quitté Falmouth jusqu´à ce que les hommes m´emmènent.Aujourd´hui, je reviens.Je n´avais nulle part où aller.0300 http://www.philippebesson.com

  • Http://www.yasmina-khadra.comGhachimat est un village de l'Algérie d'aujourd'hui : on se connaît depuis l'enfance, on se jalouse et on se jauge. On s'affronte en secret pour obtenir la main d'une jeune fille. On déteste ceux qui ont réussi, on méprise ceux qui sont restés dans la misère. On étouffe sous le joug d'une tradition obsolète. On ne s'émeut guère des événements qui embrasent la capitale. Mais il suffit du retour au pays d'un enfant fanatisé, pour que les habitants de Ghachimat basculent dans le crime collectif, portés par le ressentiment et la rancoeur. Et c'est ainsi que progressivement, des garçons bien tranquilles deviennent des tueurs en série...

  • Caché « quelque part en Algérie », Yasmina Khadra a signé trois romans policiers, ce qui lui a valu d´être « le pseudonyme le plus recherché » par les islamistes de son pays. Depuis, il n´a cessé de susciter des interrogations en France, en Europe et dans le monde arabe. Dans son pays, notamment, la presse unanime a loué son authenticité de romancier et de témoin de la tragédie algérienne.
    Aujourd´hui, il a le pouvoir de décliner son identité, de lever le voile sur un mystère qu´il n´a pas voulu, et de raconter enfin comment il fut embrigadé dans une carrière militaire, lui qui s´est toujours voué à devenir poète.
    « J´ai été éjecté de ma famille, c´est un fait : une initiative malheureuse de mon père. Et j´ai été adopté par l´armée, que je quitte sans rancune ; elle m´a élevé, je l´ai servie, je crois, avec dignité et courage. Je n´ai jamais cherché à dévier de la voie qu´on m´avait tracée. Je ne me suis jamais rebellé. Mais je n´ai jamais renoncé à ce que j´estime être plus fort qu´un destin : ma vocation d´écrivain. J´ai continué à écrire dans un monde qui me refusait cette liberté-là, et j´ai réalisé mon rêve, peut-être grâce à lui : les interdits forgent les volontés inflexibles. » http://www.yasmina-khadra.com

  • Dans trois heures, le lieutenant Pontoise pourra quitter son commissariat. Il sera alors libre d'oublier pendant deux jours les turpitudes et les angoisses qu'inflige à ceux qui l'exercent le dur métier de policier.À cet instant précis, une femme entre dans le commissariat désert et demande à être arrêtée pour avoir assassiné son mari.«Comment l'a-t-elle occis?» En le poussant pas la fenêtre de leur appartement du 11e étage. «Quand?» Il y a dix ans. «Pourquoi?» Parce qu'il était sadique, irresponsable et qu'il la battait, elle et ses enfants. «Comment se fait-il qu'elle n'a jamais été inquiétée?» Parce qu'elle a dit qu'il s'agissait d'un suicide et comme son mari sortait d'un hôpital psychiatrique après avoir plusieurs fois tenté de se tuer, tout le monde l'a crue. «Pourquoi se dénoncer si longtemps après?» Parce qu'elle a des remords. «Et pourquoi justement ce soir?» Parce que c'est, jour pour jour, le dixième anniversaire du décès et que demain le crime sera prescrit?Le lieutenant Pontoise n'en croit pas ses oreilles. Il refuse d'entendre de telles âneries. Voilà une femme qui, en tuant un franc salaud, a protégé l'avenir de ses enfants, que personne ne soupçonne et qui veut aller en prison pendant des années alors qu'elle a commis le crime parfait. Jamais il ne l'arrêtera. Qu'elle s'en aille cuver ses remords chez elle. Pendant quelques heures, la meurtrière et le policier vont s'affronter avec une violence rare. Elle veut qu'on l'arrête. Il s'y refuse absolument.Dans ce roman étrange, tiré d'une histoire authentique, Jean Teulé continue cette minutieuse exploration des mystères du coeur humain qui lui a inspiré ses plus beaux romans comme «Darling», «Bord cadre» ou «Longues peines».

  • " au commencement, il y a cette peinture d'edward hopper qu'on peut voir à chicago.
    J'ai dû l'apercevoir à plusieurs reprises avant de m'en procurer une reproduction, un dimanche d'ennui. un soir, sans intention particulière, j'ai observé la femme en robe rouge de la peinture, assise au comptoir d'un café nommé phillies, entourée de trois hommes. alors, ça s'est imposé à moi, sans que j'aie rien cherché. j'ai eu l'envie impérieuse de raconter l'histoire de cette femme et des trois hommes autour d'elle, et d'un café de cape cod.
    ".

  • «Cousine K me trouvait une nuque de pendu. Elle se gaussait de moi, me persécutait. La jupe retroussée sur ses genoux roses, elle picorait dans une terrine de friandises, lentement, interminablement, à petites dents, aussi sournoise qu´un rongeur; elle cherchait à m´humilier, à me voir tendre la main. "Hum! dé-li-ci-eux. Le raisin sec est si tendre qu´on n´a pas le temps de mordre dedans. Tante est aux petits soins avec moi. Elle m´a promis du coulis de dattes, rien que pour moi; et tu crèveras de jalousie." On la disait ange.
    Elle n´en était pas un.
    K était méchante et égoïste, fielleuse et rancunière. Une vraie peste. Ne craignant pas de décevoir, elle n´en faisait qu´à sa tête. Le pot au miel dérobé, c´était elle. Le gros mot proféré dans l´étable, c´était encore elle. Pourtant, inévitablement, machinalement, c´était vers moi que l´on se retournait.
    Je les déteste.
    Je la déteste.» Un enfant négligé par une mère qui sait si bien adorer le frère aîné devient le souffre-douleur d'une cousine tellement admirée. Des années plus tard, enfermé dans sa solitude et hanté par les souvenirs douloureux de son enfance, un homme se rappelle...
    Yasmina Khadra démonte ici les mécanismes de la frustration et les ravages que peut provoquer chez un enfant sensible le manque d'amour. Avec une précision cruelle, il décrit la lente descente de cet homme vers la folie. Il suffira d´un rien: un bruit, une grille qui ferraille pour déclencher un geste irréparable.

    Http://www.yasmina-khadra.com

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