EDK Editions

  • Cet ouvrage s'emploie à montrer pourquoi une théorie psychosomatique relationnelle est possible en psycho-motricité. Celle-ci doit cependant s'ouvrir pour inclure la pathologie organique s'inscrivant dans le corps réel et relevant de la psychomotricité relationnelle. Si la psychomotricité se singularise par l'intérêt qu'elle porte à la constitution des fonctions, sa démarche ne signifie pas qu'elle doit exclure de son champ des troubles instrumentaux dus à l'inhibition d'une fonction déjà constituée. Car souvent la symptomatologie est mixte, complexe, rétive aux réductions. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il n'existe réellement aucune coupure, aucune solution de continuité entre la psycho-motricité et certaines psychothérapies spécialisées avec de jeunes enfants présentant, à la lisière du psychique et du somatique, des perturbations massives des repères spatio-temporels. L'unité d'une conception conduit ainsi à concevoir ce qui peut unifier des pratiques différentes.

  • Par rapport à l'entrée directe dans la vie dite active, le cadre des études supérieures offre la possibilité d'un espace d'expérimentation et de mise à l'épreuve entre l'adolescence et l'âge mûr. Une période plus ou moins prolongée s'ouvre ainsi, durant laquelle peut s'organiser une aire de transition, « combinaison d'immaturité prolongée et de précocité provoquée » (E. Erikson, 1972).
    Si l'université est un cadre qui présente en apparence de nombreux attraits socio-affectifs, notamment en terme de liberté, ce sentiment peut se heurter à la difficulté de maîtriser les contours propres à ce nouvel univers; véritable « passage » au sens ethnologique, avec son « temps d'étrangeté », « d'apprentissage » des règles, voire des rites, l'étudiant devra en décrypter les contours, « s'affilier », et en faire transitoirement son « métier » (A. Coulon, 1997). Dans ce contexte, l'intégration sociale reste déterminante, et le risque d'isolement et de rupture toujours possible.
    Mais que peut-on dire, spécifiquement, du phénomène de mal-être chez les étudiants ? Essentiellement, qu'il se situe dans un entre-deux : entre les manifestations symptomatiques de l'adolescence, faites d'investissements et de désinvestissements massifs, et la psychopathologie de l'adulte. Ni tout à fait l'un, ni tout à fait l'autre.
    Si notre société offre aux adolescents et jeunes adultes la possibilité d'un sas aux limites aussi floues que de plus en plus étendues, dans le même temps, le droit à l'erreur académique est limité, tout échec pouvant conduire à une sortie du système sans grande possibilité de retour ultérieur. Ajouté à cela qu'aujourd'hui les jeunes vivent dans un climat de grande liberté, avec pour consigne : « Fais ce que tu veux mais sois performant ! », et nous avons là les ingrédients d'une situation anxiogène non négligeable.

  • Des psychanalystes français et étrangers proposent dans ce livre une approche psychanalytique des drames de notre société contemporaine. Leur réflexion porte sur certaines situations extrêmes qui ont marqué et bouleversé notre époque : guerres mondiales, totalitarismes et génocides répétés qui ont causé des millions de morts, mais aussi des séquelles psychiques durables auxquelles sont confrontés les psychanalystes dans leurs pratiques. Ainsi les échos des traumatismes de la Shoah ou du génocide arménien parviennent-ils jusqu'à nos divans actuels après plusieurs générations, tout comme ceux des patients ayant subi des tortures, notamment en Amérique latine. Les analystes ont dû parfois travailler sous les bombes comme dans la guerre du Liban, ou participer à un travail de groupe auprès de personnes déplacées pour raisons de guerre. Dans les sociétés totalitaires comme les ex-pays communistes, la pratique de la psychanalyse a été contrainte à la clandestinité, un espace analytique devant être reconstruit après la chute de ces régimes.
    Si à l'origine la psychanalyse s'est appuyée sur la sexualité infantile et la cure analytique sur l'élaboration des traumas infantiles, à partir du début des années 1920 leur champ s'est élargi. En effet avec « Au-delà du principe de plaisir » Freud a enrichi sa théorie avec la pathologie des traumatismes de guerre. La psychanalyse moderne s'intéresse à la réalité de ces traumatismes psychiques, leur nature extrême, leur violence, ainsi que leur caractère collectif, d'où l'attention portée dans les travaux rassemblés dans cet ouvrage aux développements théoriques concernant les relations que le sujet entretient avec le groupe.

  • Depuis cinquante ans, Michel de M'Uzan occupe une place à part dans la psychanalyse française. Grand clinicien, chercheur infatigable, théoricien de la pensée freudienne, cofondateur de la psychosomatique, il n'a cessé de remettre en question les données freudiennes de base, tout en restant strictement et rigoureusement freudien. Notre ouvrage, actes d'un colloque qui a eu lieu à l'Université de Paris Ouest Nanterre La Défense en 2009, présente l'état des derniers débats sur les questions qui l'animent. Son texte inaugural reprend ses derniers renouvellement, tout à la fois révolutionnaires et controversés, de la métapsychologie, dont la proposition de réserver la notion de pulsion au seul ordre psychosexualité / « vital-identital », ou bien encore l'idée que la pulsion « s'invente » par l'intermédiaire de la séduction de l'infans.
    Les thèmes abordés ici (pulsion de mort, psychosomatique, organisation des névroses et des psychoses, science des limites indéfinies, etc.), se présentent sous la forme de réponses de psychanalystes d'orientations variés au texte inaugural de Michel de M'Uzan, réponses auxquelles celui-ci à son tour répond, le tout constituant, sur un mode tout à la fois familier et rigoureux, une discussion des avancées théoriques proposées par Michel de M'Uzan et le débat que ces avancées produisent chez ses collègues. Sorte donc de « work in progress » de la psychanalyse d'aujourd'hui où s'articulent clinique et métapsychologie.

  • Croisant leurs regards sur la question des Ancêtres, des psychanalystes et des anthropologues ont choisi de mener une réflexion commune autour de la transmission, de la filiation, de l'ancestralité et des processus d'ancestralisation.

    Représentant d'une

  • Eddy Proy, PDG d'un empire industriel et financier, la THEBES, est trouvé un matin hébété et aveugle, près de sa femme pendue. Le couple semblait uni,malgré une considérable différence d'âge. Suicide, accident, crime maquillé ? On recherche un mystérieux visiteur de l'aube. L'affaire, digne d'une tragédie antique, passionne l'opinion et inquiète au sommet de l'Etat. Sofocle Aristotelides enquête par des voies étranges. Son esprit vagabonde, de sorte qu'il laisse placidement la vérité se dégager d'elle-même, sans en gêner l'éclosion par du raisonnement. Apprenez, mortels, comment Eddy Proy et sa mère devaient, de toute éternité, être victimes d'une machine infernale montée par des dieux sans pitié.

  • À n'en pas douter Balthus (1908-2001) aura été l'un des peintres les plus singuliers du XXe siècle. Les décors étranges où évoluent ses personnages l'ont longtemps inscrit dans la mouvance surréaliste, influence pourtant qu'il rejetait. Les poses suggestives de ses modèles, jeunes filles en fleur, adolescentes à peine pubères, ont incité maints commentateurs à le considérer comme un peintre érotique. Mais là encore Balthus réfutait pareille définition réductrice de son art, lui qui se revendiquant fervent catholique, affirmait : « Le peintre doit être religieux ou n'être pas. » Philippe Gutton, psychanalyste spécialiste de l'adolescence, reprend la question à ses racines dans un souci de ne pas réduire à une interprétation simplificatrice une création si originale. Quelle énigme recèle cette oeuvre ? Que nous disent les figures troublantes qui la hantent ? Que révèlent celles-ci de ce temps charnière qu'est l'adolescence ? Qu'en tant qu'âge de découverte de la génitalité et de la mort, elle est paradigmatique de la créativité à laquelle tout être humain est tenu de croire s'il veut échapper à la mélancolie ; qu'elle ouvre au mystère de la femme advenante, au secret du vivant, bref qu'interrogeant la puberté féminine en tant qu'elle symbolise l'origine, Balthus, selon la meilleure esthétique, tente et réussit à rendre visible l'invisible de l'humain se faisant.

  • Qu'en est-il du sexuel aujourd'hui ? Dans la perspective psychanalytique, sexualité et organisation du psychisme sont consubstantielles. Plus précisément, la théorie des pulsions place la sexualité au centre du psychisme, ce qui constitue la révolution copernicienne initiée par Freud. La sexualité est la condition même du devenir humain, c'està- dire du développement du psychisme et de la culture dans la mesure où il n'y pas de sexualité sans culture, ni de culture sans fondement pulsionnel. La problématique abordée dans ce livre est celle de la nécessité structurale de la reconnaissance de la différence des sexes, qui s'articule en aval à la différence moi/non-moi et en amont à la différence des générations. Avec la question du genre, les théories « queer » s'y opposent : elles remettent en cause les distinctions proposées en avançant qu'elles sont imposées par l'ordre social et sa répression, et elles prônent les bienfaits de la désexualisation.

  • En instaurant un espace de jeu, le psychodrame permet l'accès à la figuration, étape nécessaire à la représentation des conflits. La prise en compte de la dimension corporelle facilite la dramatisation des conflits et leur intériorisation. Le psychodrame est réservé à des cas difficiles qui nécessitent la présence de plusieurs analystes, ce qui permet d'alléger la massivité d'un transfert projeté sur un seul analyste et d'un contre-transfert qui peut être difficilement supportable. Il s'adresse à des enfants, des adolescents ou des adultes névrosés graves, psychotiques ou états limites.
    Ecrit par des psychanalystes membres de l'Association Psychanalytique Internationale qui ont une longue expérience de l'analyse et du psychodrame, ce livre expose les aspects fondamentaux du psychodrame : son histoire, sa spécificité, le jeu, les acteurs, le meneur de jeu, les doubles.
    Un chapitre important est consacré aux bases théoriques du psychodrame qui sont celles de la psychanalyse mais avec des particularités en ce qui concerne le transfert, la régression, la figuration, la dramatisation, le corps, le groupe, l'interprétation.

  • Le clinicien ne peut que s'incliner devant la réalité contraignante de la destructivité. Intrapsychique ou intersubjective, s'exprimant somatiquement ou psychiquement, souvent énigmatique, elle questionne et fait théoriser nous laissant dans de nombreuses incertitudes. La névrose traumatique et son syndrome central : la compulsion de répétition. Les résistances dans les cures sans fin et l'observation d'un enfant qui joue en mettant en scène la disparition de sa mère constituent les hypothèses cliniques qui vont permettre à Freud d'introduire en 1920 le concept de pulsion de mort qu'il nomme d'emblée pulsion de destruction. Tout au long de son travail, il insistera de plus en plus sur l'importance de cette pulsion. Ainsi écrit-il dans « Le malaise dans la culture » ; « Je ne peux pas comprendre comment nous avons pu négliger l'universalité de l'agression non érotique et de la destruction».
    La pulsion de mort est alors définie comme une manifestation de la tendance à la réduction absolue des tensions, au retour vers l'état inorganique, vers la mort et rend compte de la compulsion de répétition dans la vie psychique qui se place « au-delà du principe de plaisir ». Elle représente ce qu'il y a en nous de plus originaire, d'élémentaire et de pulsionnel. Elle pousse à la déliaison, à la séparation. Elle sera aussi considérée par Freud comme pulsion d'emprise et volonté de puissance. Partant de cette conceptualisation, des cliniciens, pour la plupart psychanalystes, s'interrogent sur la destructivité psychique. Serait-elle un représentant de la pulsion de mort, un signe de désintrication pulsionnelle , une marque de l'agressivité primaire ? Les auteurs de cet ouvrage (Dominique Arnoux, Maurizio Balsamo, Dominique Cupa, Bernard Golse, Sylvain Missonnier, Denys Ribas, Jean-François Saucier, Claude Smadja) proposent différentes réponses et en tirent les conséquences pour leur pratique.

  • Les addictions interrogent les cliniciens par leur situation au carrefour du soma et de la psyché, car elles détournent les fonctions physiologiques, les sensations et les émotions de leurs conduites de régulation pour des conduites d'excès. Pour certains, ces conduites dont la source d'excitation est externe, ou du moins perçue comme telle tant le sujet semble soumis à la contrainte, ont pour but de combler un besoin primordial ou de relayer les défaillances internes liées au vécu d'une absence de l'objet primaire. La remise au goût du jour par la psychanalyse du vieux terme d'addiction a permis de souligner l'importance de la composante corporelle de ces manifestations en même temps que l'avancée de la connaissance des neuro-transmetteurs, des mécanismes neurophysiologiques et de la psychologie cognitiviste est venue affiner la connaissance des mécanismes psychologiques. Ces différents cheminements cliniques, théoriques, thérapeutiques, mais aussi administratifs et politiques créent les conditions d'un débat fructueux, sans oublier que les addictions peuvent être considérées comme sources de création en permettant la libération d'états émotionnels et leurs mises en représentations. Le tissage agencé entre le soma et la psyché où s'entremêlent ubris et procédés auto-calmants, telle est la trame de cet ouvrage organisé selon le double paradigme de l'addictologie bio-psycho-sociale et de la psychanalyse. Des cliniciens et chercheurs de ces deux champs ont croisé leurs expériences cliniques et leurs hypothèses afin de repérer les possibles stratégies thérapeutiques avec ces sujets.

  • Claire est une femme de la génération de toutes les chances : trop jeune pour avoir souffert consciemment de la guerre, elle a grandi dans un monde apaisé ; elle a pu choisir ses études, la médecine, et exercer comme elle voulait le métier qu'elle voulait, la psychanalyse. Elle a trouvé dans le milieu étudiant une nouvelle liberté sexuelle et bénéficié plus tard de la contraception pour limiter ses maternités. Débarrassée du carcan des préceptes religieux, elle a cru que les valeurs qu'elle avait intériorisées se transposeraient dans un monde dont l'homme serait le centre, méritant qu'on se batte pour lui sans référence à Dieu. Mais le monde n'est pas devenu ce qu'elle avait espéré. Les femmes, particulièrement elles, n'ont pas transmis leurs acquis à la génération suivante : elles n'ont pas su user de leur indépendance matérielle fournie par l'accès au travail rémunéré, et de leur indépendance morale appuyée par la révolution de mai 68, pour influer sur le monde construit par les hommes.
    C'est en psychanalyste que Claire tente de comprendre ce qui s'est passé ; puis dans ses échanges avec les autres femmes, patientes, collègues, amies, femmes d'ici et d'ailleurs ; en se questionnant sur le monde enfin, régi par la même conflictualité, sans doute à notre époque plus narcissique que sexuelle. Après avoir cessé de recevoir des patientes elle s'est donné la liberté de parler de ce qu'elles ont eu à affronter et résoudre, en tant que représentant les problèmes de toutes les femmes. C'est une liberté de parole dont aucun patient actuel n'a à craindre le mésusage et dont, espère-t-elle, ceux qui s'y reconnaîtront comprendront la motivation : contribuer si peu que ce soit à inciter à changer le monde, à résister à une mondialisation déshumanisante de la pensée, et à permettre aux femmes d'y insuffler leurs valeurs. Même si l'on considère que ces valeurs ne sont que la résultante à un moment donné de l'histoire toujours en devenir des sociétés.

  • Ll est suffisamment rare qu'un ouvrage soit le premier dans son champ de recherche à être publié pour ne pas le souligner. Psychologie en néphrologie est en effet la première publication consacrée à l'approche psychopathologique en néphrologie. Dirigé par D. Cupa, professeure de psychopathologie et directrice de l'Unité de psycho-néphrologie de l'AURA, ce livre rassemble des textes concernant des recherches récentes sur la souffrance psychique, sur les appréhensions et les craintes, ainsi que sur la qualité de vie des patients dialysés ou transplantés. Réalisés par des néphrologues, transplanteurs et une généticienne, des psychiatres, psychologues et une psychanalyste, ces travaux établissent que somaticiens et psy peuvent travailler, voire créer ensemble. Mieux, ils démontrent qu'en psycho-néphrologie, seul un travail élaboratif entre somaticiens, psychiatres et psychologues permet aux patients d'être reconnus dans leur réalité somato-psychique douloureuse. De fait cliver corps et psyché revient à produire chez ces malades des effets délabrants confirmant que qualité des soins et qualité de vie des patients ne sont pas dissociables.

  • D'aventure en aventures, rimbaud trace une frontière étroite entre l'être de sa poésie et son propre être au monde. Atteint d'un cancer du genou prématurément, les lignes d'une destructivité sont déjà tracées dans son oeuvre. A la fois biographique et psychanalytique, cet historique rimbaldienne qui se lit comme un roman, partant de l'hypothèse qu'il existe une continuité entre l'ordre psychique et lordre somatique, entre la poésie de Rimbaud et son cancer du genou, trace des ouvertures, des chemins de la pensée à la fois dans l'esthétique du poète et dans sa propre vie. L'itinéraire approfondi et réexpliqué d'un être mythique qui nous échappait encore. Un voyage indispensable au coeur d'un si bel inconnu.

  • L'existence d'un fonctionnement psychique plus archaïque que les processus primaire et secondaire se retrouve en filigrane dans les textes psychanalytiques depuis Freud. C'est aussi la mission de l'analyse de découvrir, mettre en fantasmes et en mots, l'archaïque que le corps révèle.

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