Littérature traduite

  • Toni Morrison nous plonge dans l'Amérique des années 1950.
    « Home est un roman tout en retenue. Magistral. [...] Écrit dans un style percutant, il est d'une simplicité trompeuse. Ce conte au calme terrifiant regroupe tous les thèmes les plus explosifs que Morrison a déjà explorés. Elle n'a jamais fait preuve d'autant de concision. C'est pourtant dans cette concision qu'elle démontre toute l'étendue et la force de son écriture. »
    The Washington Post
    « Ce petit roman envoûtant est une sorte de pierre de Rosette de l'oeuvre de Toni Morrison. Il contient en essence tous les thèmes qui ont toujours alimenté son écriture. [...] Home est empreint d'une petite musique feutrée semblable à celle d'un quatuor, l'accord parfait entre pur naturalisme et fable. [...] Mme Morrison adopte un style tranchant qui lui permet de mettre en mots la vie quotidienne de ses personnages avec une précision poétique. »
    The New York Times

  • Jiselle, trentenaire et toujours célibataire, croit vivre un véritable conte de fées lorsque Mark Dorn, un superbe pilote veuf et père de trois enfants, la demande en mariage. Sa proposition paraît tellement idyllique qu'elle accepte aussitôt, quittant les tracasseries de sa vie d'hôtesse de l'air pour celle, a priori plus apaisante, de femme au foyer. C'est compter sans les absences répétées de Mark, les perpétuelles récriminations des enfants et la mystérieuse épidémie qui frappe les États-Unis, lui donnant des allures de pays en état de guerre. Tandis que les événements s'accélèrent autour d'elle, l'existence de Jiselle prend un tour dramatique, l'obligeant à puiser dans ses ressources pour affronter cette situation inédite...
    « Ce qui est rare chez Laura Kasischke, c'est ce curieux mélange de maîtrise et d'émotion, d'étrangeté et de simplicité, d'atrocité et de poésie. » (Olivia de Lamberterie, Elle)

  • LAURA KASISCHKE
    ESPRIT D'HIVER


    Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...

    « Et si c'était elle, le grand écrivain contemporain ? Laura Kasischke, s'impose, livre après livre, comme la plus douée des romancières de sa génération. » François Busnel, Lire

    « Douce et inquiétante, experte en malaise phosphorescent et ouaté, de livre en livre, elle a su bâtir un univers sans pareil, suspendu dans la rêverie aveuglante qui précède toujours le drame, ce moment de flottement où la clairvoyance se débat pour se faire entendre. »
    Marine Landrot, Télérama


    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Aurélie Tronchet

    Illustration de couverture :
    John Register, The Light in the Mirror , huile sur toile (détail)
    Courtesy of Modernism Gallery, San Francisco

    ISBN : 978-2-267-02522-4

  • « Les Revenants est une perle rare: un roman littéraire servi par une prose splendide, aussi efficace que les grandes fresques que l'on dévore d'une traite, un défilé de créatures et de situations angoissantes. C'est comme si Les raisins de la colère avaient été réécrits par H.P. Lovecraft. » Chicago Tribune

    « L'écriture de Kasischke agit comme celle d'un bon poème : elle nous laisse entrevoir la possibilité d'un autre monde et nous y transporte... Ses mots nous projettent sur une autre facette de l'existence, tout en reflets. » New York Times Book Review

    « La menace plane sur chacune de ses histoires, sans que l'issue soit jamais celle que l'on pressentait. À coups de symboles discrets, de descriptions à l'acuité troublante, Laura Kasischke épand du rouge sang sur la blancheur immaculée des apparences, et la tension monte, sans que l'on puisse jamais la conjurer. » Sabine Audrerie, La Croix

  • Sa Seigneurerie - Jaume Cabré1799, novembre et décembre. Il n'arrête pas de pleuvoir sur Barcelone, la ville en semble paralysée. Mais la vie superficielle de l'aristocratie bourbonienne poursuit son cours. Son unique souci : fêter le changement de siècle sur le plan religieux et sur le plan civil. Te Deum à la cathédrale, réceptions dans les salons luxueux... L'assassinat d'une cantatrice française émeut le bon peuple et la bonne société. On arrête un suspect, on en fait le coupable. D'autant plus coupable qu'on trouve en sa possession un document qui peut entraîner la chute de « Sa Seigneurie », la plus haute autorité judiciaire de la Catalogne : don Rafel Masso, régent de l'Audience Royale. Au « je ne l'ai pas tuée » d'un accusé auquel on ne donne pas les moyens de se défendre fait écho le « je ne voulais pas le faire » du régent qui, lui, a bel et bien étranglé sa maîtresse et couvert d'or son jardinier pour qu'il cache le cadavre. Peu de temps s'écoule entre la confession du jardinier et celle du régent, c'est-à-dire de la vengeance de l'humble à la déroute du puissant. Assez de temps cependant pour que nous devienne familière une ville qui se reconstitue une santé en dépit et aux dépens d'une aristocratie aussi veule qu'abjecte. Prix Méditerranée 2004« James Cabré brosse le portrait d'une société corrompue à son crépuscule. Somptueux comme un opéra puccinien ou un projet viscontien, Sa Seigneurie (qui a reçu le prix Méditerranée Etranger) bénéficie d'une traduction d'une saveur enthousiasmante. Enfin une grandeur non usurpée. » Philippe-Jean Catinchi, Le Monde« Retenez bien le nom de ce romancier catalan, car on en reparlera. Sa Seigneurie est son premier roman traduit - excellemment - en français. La qualité littéraire époustoufle: intrigue saisissante pleine de rebondissements, longues phrases proustiennes alternant avec des dialogues truffés d'arrière-pensées et des monologues intérieurs, maîtrise des mouvements temporels et des flash-back, art de différer les réponses, de donner comme Balzac vie à une centaine de personnages, de ressusciter comme Dumas l'atmosphère d'une époque abolie: Barcelone entre 1795 et 1800, assez proche de la France pour que des écrits satiriques révolutionnaires y fleurissent contre les Bourbons et Godoy, le favori de la reine Marie-Louise de Bourbon-Parme. Cabré connaît le nom de chaque rue, et de chaque cloche de chaque église. » Jean-Charles Gateau, Le Temps

  • Sélection Prix Femina étranger 2009
    « La veuve est tout simplement un roman superbe et l'on sent dans la finesse de son écriture que Gil Adamson a tout le potentiel pour devenir un grand écrivain. La trame des grands paysages de l'Ouest américain est transposée avec une lumière étonnamment fraîche. La veuve est également fort en suspense, au point que l'on est souvent dans un état proche du malaise physique, une condition que seuls les romans de grande qualité permettent. » (Jim Harrison)
    « Au début du XXè siècle, la cavale d'une jeune veuve dans le Grand Nord. Gil Adamson joint sa voix à un hymne au milieu naturel entonné par bon nombre d'écrivains américains; elle le fait avec une fantaisie poétique, une vigueur expressionniste saisissantes. [...] Réinterprétation du mythe de l'errance en une colonisation d'un genre par le féminin, La veuve n'omet pas de faire un sort au monde moderne. Sa facture classique est une manière de trouver la bonne distance pour aborder les séismes du contemporain. Poignant. » Emilie Barnett, Les Inrockuptibles
    « Dans la nature magnifique où l'être humain se soumet, Mary a peu de chances de survivre mais sa volonté décuple ses forces pour se nourrir, se protéger des animaux et des individus. Sur un rythme endiablé, l'auteur de ce premier roman mène sa jeune veuve et ses lecteurs dans des aventures rocambolesques. » Page des libraires

  • Par une froide journée de janvier une femme disparaît dans l'une de ces banlieues trop propres et trop calmes que le cinéma américain nous a révélées. Katrina, sa fille unique, croit régler avec un soin méticuleux et lucide ses comptes avec l'image d'une mère destructrice détestée en secret. Mais alors pourquoi ces rêves obsédants qui hantent ses nuits ?

  • Avec une liberté de ton qui ne s'interdit aucune fantaisie et est généreusement partagée avec le lecteur, grâce à un brassage unique d'images foisonnantes, de réminiscences et de sensations, António Lobo Antunes signe un nouveau livre d'une grande puissance poétique, écrit dans une langue qui sonde les profondeurs les plus intimes d'un univers (le nôtre) trouble, insaisissable et poignant.

    « Il s'agit probablement du roman le plus réussi de Lobo Antunes. [...] Le lecteur comprend que la grande littérature, comme le disait Victor Hugo au sujet de la musique, c'est du bruit qui pense. La cadence narrative dévoile, avec une splendeur touchante, un auteur obsédé par la quête de la géométrie juste, qui recherche méticuleusement la mesure des mots. » (Filipa Melo, Ler)

    « On reste en suspens. On peut relire, revenir en arrière, s'interroger, se gratter la tête. On se dit : le talent emporte tout, comme la marée, c'est inexplicable, soudain, on lit tranquillement, raisonnable, placide, goguenard même, et puis on est submergé. » (Manuel Carcassonne, Le Magazine littéraire)

  • Une femme sublime à la pâleur surnaturelle, un chasseur de trésor unijambiste, un éléphant de cirque en cavale, un poisson-chat gigantesque, des chercheurs de pétrole tenaces : telles sont quelques-unes des créatures qui traversent ce roman. Entre deux décennies, Rick Bass transforme la région texane d'Odessa et le Mexique en paysages fantastiques où se croisent des personnages mus par des désirs bien réels et des créatures légendaires.Dans les années 1930, Max Omo s'efforce de sortir sa famille de la misère en faisant commerce du sel qu'il extrait d'un lac voisin. Trente ans plus tard, le jeune géologue Richard, chargé de superviser l'exploitation de puits de pétrole, arpente le désert texan à la recherche de fossiles et d'ossements...Toute la terre qui nous possède témoigne ainsi de l'incroyable sens de l'Histoire et de la topographie qui traverse toute l'oeuvre de Rick Bass.

  • « Pourquoi un homme cesse-t-il d'aimer une femme ? Dans un livre dépoli et osseux, Hanif Kureishi raconte l'histoire d'une séparation. 160 pages d'une lumière crue d'une noirceur aveuglante. De bout en bout il y a un parti pris de lucidité et de vérité. Des détails sordides, des pensées meurtrières, des faits et gestes que l'on préférerait ignorer. Ceux de l'intimité d'un couple... Intimité est un récit puissant et rare qui semble écrit dans un grincement de dents. Hanif Kureishi se met à nu et se met en danger pour autopsier la mort d'un couple. Le narrateur - épris de toutes les femmes, en quête de tous les plaisirs - ne veut plus de sa vie. Elle ressemble trop à un vieux vêtement perdu sur un cintre au fond d'une armoire. Personne ne le porte, personne ne le jette. « N'a t-on droit à rien d'autre ? Ne peut-on imaginer mieux ? » Il y a beaucoup de blessures et de peines dans ce livre qui clôture une vie sans en ouvrir une autre » Marie-Laure Delorme, Le Journal du Dimanche (19 avril 1998)

  • À l'aube du xxe siècle, dans une région reculée le long de la côte pacifique des États-Unis, Talmadge prend soin de ses arbres fruitiers. Depuis près d'un demi-siècle, cet homme mène une existence apaisée, rythmée par les saisons des fruits. Jusqu'au jour où deux jeunes filles farouches et abandonnées font irruption dans son domaine... Leur arrivée bouleversera définitivement la vie de ces personnages, les rappelant à leurs douloureux passés. Retraçant l'histoire des êtres liés à ce verger, Amanda Coplin bâtit un récit d'une étonnante maturité littéraire, où l'épique se mêle à l'intime. « Nombreux sont les romanciers contemporains à poser la question de ce qui constitue une famille, mais peu d'entre eux y ont répondu avec une voix aussi résolue et profondément poétique. » Jan Stuart, New York Times. « Amanda Coplin a dépeint le paysage du nord-ouest américain qui lui est familier avec une telle fidélité que les lecteurs en reconnaîtront tous les horizons, les odeurs et les sons. Et, dans cet univers, elle place des personnages captivants, aux histoires non moins captivantes. Un premier roman époustouflant. » Ron Rash.

  • « En contrepoint de ses oeuvres de fiction, António Lobo Antunes, dans Livre de chroniques, ne cesse de laisser penser ses sens. Il bouscule une fois encore nos idées reçues sur l'écriture, fouille les labyrinthes de la mémoire, architecture ses obsessions : la guerre - celle des sexes, celle des États, celle des groupes sociaux, toutes celles qui donnent envie de « regarder, avec une émotion croissante, une gravure poussiéreuse dans le grenier qui montre une jubilante multitude de pauvres autour de la guillotine où l'on coupe la tête de rois » -, la cruauté, la désespérance. « Peut-être qu'il fait toujours nuit quand on a grandi ? » Le Livre de chroniques refermé, comme chaque page écrite par António Lobo Antunes depuis Le Cul de Judas, incite le lecteur à pénétrer dans cette nuit afin de mieux entendre la sienne. » Claire Juliet, Le Passe-Muraille

  • En Angleterre, à la fin du xixe siècle, William Byng se distingue par sa finesse à résoudre des intrigues « sans bouger de son fauteuil ». Femmes éplorées en quête d'explications ou officiers de police, nombreux sont ceux qui mettent les talents de cet ex-sergent et détective amateur à contribution. Car ce raisonneur hors pair, fin psychologue et connaisseur des caractères humains, élabore argumentations et déductions qui s'avèrent infailliblement exactes. « C'est le raisonnement du détective qui constitue l'intrigue de l'histoire policière. » Démonstration est faite avec ce personnage rêveur, philosophe, bon vivant et métaphysicien à ses heures. Reflétant l'admiration que Fernando Pessoa portait à Edgar Allan Poe et à Arthur Conan Doyle, ce recueil regroupe ainsi quatre histoires écrites, en anglais, à partir de 1906.

  • Dans la salle de lecture surchauffée de la bibliothèque municipale ils échangèrent leurs premiers regards. Puis autour d'un café, leurs premiers mots. Il est suisse et fait des recherches sur les wagons de luxe américains. Elle est américaine, étudiante en physique, et rédige sa thèse de Doctorat. Ils dînent ensemble, partent en excursion dans les forêts environnantes, visitent les musées et tombent en arrêt devant une toile de Seurat.
    Un soir Agnès lui demande d'écrire sur elle, un portrait. Soir après soir il confie leur histoire à son ordinateur. Au début c'est un jeu, puis, peu à peu, leur vie se conforme aux aléas du récit qui finalement prend le pas sur la réalité.
    « Le Suisse allemand Peter Stamm nous surprenait en 1999 avec ce premier roman envoûtant. Sur le pouvoir des mots sur la vie, et autour de l'étrangeté des liens que les êtres tissent entre eux, Agnès a imposé Stamm comme l'un des auteurs de l'étrangeté que recèle tout détail en apparence ordinaire, tout geste quotidien. » (Les Inrockuptibles)

  • Un petit village du nord de la Norvège, envahi les trois quarts de l'année par la nuit polaire. Ici vit Kathrine, employée des douanes. Elle a vingt-huit ans, un enfant d'un premier mariage. Jour après jour, elle contrôle les chalutiers qui viennent décharger leur pêche au port. De temps à autre, le soir, elle va boire une bière à l'Elvekroa, l'unique pub du village. Parfois, rompant la monotonie des jours, elle chausse ses skis de fond et va rendre visite au gardien du phare.
    En secondes noces, elle épouse Thomas, chef de production à la conserverie locale : un bon parti. Et puis elle fait une découverte, qui la blesse profondément. Elle s'enfuit, monte à bord du Polarlys, part vers le Sud...
    Avec des mots simples, nus, élaborant une sorte d'alphabet mélodique, Peter Stamm nous introduit par touches, par une suite aléatoire d'esquisses, au coeur de l'univers de Kathrine. Un livre sur la solitude, la fragilité de l'amour, la douleur de vivre et les illusions perdues.

  • Au cours de son premier séjour en Afrique, Jessica Speight fait une découverte prophétique, qui laisse peut-être présager de son avenir : celle d'enfants atteints d'une maladie génétique rare. De retour en Angleterre, tandis qu'elle finit ses études d'anthropologie, elle se retrouve enceinte d'un homme marié, amené à quitter le pays sous peu. Elle décide néanmoins de garder l'enfant. Ainsi naît Anna, un « bébé d'or pur » au caractère angélique, au bonheur presque surnaturel. Rapidement cependant, il s'avère que ce n'est pas une enfant comme les autres : la fillette est maladroite dans ses gestes et ses facultés cognitives sont limitées. Jess doit admettre que sa fille souffre d'un léger retard mental. Commence alors pour elle une vie nouvelle, dans laquelle ses responsabilités de mère ne connaîtront jamais de fin.Malgré cette situation compliquée, Jess ne renonce jamais à sa carrière d'anthropologue ni à sa vie amoureuse riche en rencontres. Ce sont les années 1960 et Jess est pleinement en phase avec cette génération optimiste et idéaliste. Au coeur du Londres multiethnique où elle réside, évoluant au sein des milieux intellectuels et fréquentant un important réseau d'amis, Jess est ainsi le témoin privilégié d'une société en bouleversements permanents.D'une plume alerte et avec une rare lucidité, Margaret Drabble décrit et analyse ce petit groupe : Victoria, la mère haute en couleur d'un garçon autiste ; Steve le poète maudit ; Bob, l'époux américain, superficiel et néanmoins généreux ; Ursula, l'institutrice ayant sombré dans le mysticisme ; Zain, le bel étranger ; Raoul, dont l'amitié n'est peut-être pas désintéressée ; ou encore le Professeur, une fois son mystère élucidé...

  • Que peut avoir à faire un homme de lettres à la Documenta de Kassel, foire mondiale d'art contemporain ? C'est pourtant bien à un écrivain barcelonais que les commissaires de l'événement ont adressé une invitation pour une intervention inattendue : se présenter chaque matin dans un restaurant chinois afin d'écrire en public. La perplexité et la timidité l'incitent d'abord à décliner cette proposition. Mais une jeune émissaire tactiquement envoyée à sa rencontre achève de le convaincre. Oscillant entre optimisme et pessimisme, marqué par une ironie permanente, Impressions de Kassel aborde ainsi, au coeur de la fiction littéraire, la question de la représentation contemporaine et propose un bel éloge de l'art. « Le livre parle de mon voyage et de ma participation à la Documenta de Kassel. C'est une promenade, comme Locus Solus de Raymond Roussel, à travers des lieux très étranges, mais tous imprégnés d'une grande créativité. C'est aussi la découverte d'un art contemporain plus vivant présent à Kassel, un art qui se confond avec la vie, et qui passe comme la vie. »
    Enrique Vila-Matas, La Razón

  • « Vous avez renoncé à un livre sur la guerre en Angola en vous décidant à écrire  Bonsoir les choses d'ici-bas ? - Quand j'ai commencé, le livre n'avait pour ainsi dire rien à voir avec l'Angola. Le sujet, c'était les sectes religieuses. C'était relativement inspiré de faits réels. Mais au deuxième chapitre, le livre s'est modifié et j'ai compris qu'il ne voulait pas de cette histoire... Avant je me lançais dans un livre avec des plans très détaillés, maintenant je m'embarque pratiquement sans rien, celui-ci j'ai commencé à l'écrire sans rien. - Que s'est-il passé ensuite ? - L'idée m'est venue des diamants, des agents... Un livre m'apparaît toujours davantage comme un organisme vivant, il fait ce qu'il veut. Et je dois le suivre à la trace, faire ce qu'il exige. C'est un organisme indépendant. - Il y a au moins dix voix principales dans ce roman. Elles sont apparues au fur et à mesure que vous écriviez le roman ? - Exactement. - Comment faites-vous pour ne pas vous perdre dans ce carrousel de voix, sans un schéma, sans un plan ? - Hum... il se fait tout seul. Toujours plus. - Vous venez de dire qu'il s'agissait d'un Angola inventé... - Tout comme le Portugal est inventé... » (Lucas Coelho, Milfolhas, Novembre 2003)

  • Ils sont cadres de banque, étudiants, mères de famille ou retraités, des gens ordinaires. Ils vivent à New York, ou quelque part en Suisse, vont travailler à Londres ou à Riga, se croisent dans un bar à fado de Lisbonne. Gagnés par le train train quotidien. La banalité même. C'est à eux pourtant que Peter Stamm donne la parole dans son dernier recueil de onze nouvelles.
    A Henry, l'ancien vacher devenu cascadeur qui sillonne le pays en rêvant de rencontrer une femme. A Inger, la Danoise, qui refuse sa vie étriquée et s'est mise en route pour l'Italie. A Regina, si seule dans sa grande maison depuis le départ des enfants et la mort de son mari, qui découvre à nouveau le monde grâce à l'ami australien de sa petite fille et rêve d'un nouveau voyage.
    L'écriture épurée de Peter Stamm exprime leur désespoir sans éclats, en douceur, dans des petits gestes, des répliques désarmantes de dérision et d'infinie tendresse. Là où la vie hésite, où rien n'est encore joué, est près de basculer. Tous ils nous deviennent exceptionnels.

  • Le second livre de Peter Stamm rassemble neuf nouvelles dans lesquelles se retrouve l'atmosphère confinée de son premier roman, Agnès : les mêmes personnages sans attaches, qui voyagent beaucoup et parlent peu. Dans ce recueil, le narrateur, peut-être toujours le même, se trouve en Suisse, à New York, en Suède, sur une île hollandaise ou en Italie. Probablement toujours âgé d'une trentaine d'années, il observe ses amis, la vie autour de lui : les difficultés à aimer, à être aimé, à communiquer et tout ce qui s'ensuit : la résignation, la tristesse, le désespoir, le manque d'ambition, une fatigue de vivre et, bien sûr, la mort. Désespérément ses personnages cherchent à communiquer ou tout simplement à survivre, mais la vie leur échappe sournoisement et les plus fragiles ou les plus lucides, abandonnent en chemin.
    « A partir d'une situation banale, quotidienne, Peter Stamm introduit toujours une atmosphère un peu étrange, parfois déplaisante, parfois plus douce, si bien que l'on aborde chaque nouveau texte avec curiosité. » (Martine Silber, Le Monde)

  • Maria Clara, Mademoiselle, l'homme de la maison, livre pensées et souvenirs. Une villa d'Estoril abritant connivences et conflits entre maîtres et domestiques. Le casino où la grand-mère joue l'argent que lui donne sa dame de compagnie. Une soeur haïe pour sa beauté. Un père aimé, sans famille, retiré dans un grenier dont il défend l'entrée, jusqu'au jour où il part subir à l'hôpital une opération à coeur ouvert. Maria Clara s'empare alors de la clef. Au fond des armoires la relique d'une filiation ignorée : photos, cahiers d'écolier, jouets. Autant d'indices sur lesquels Maria Clara s'arrête et se perd au fil d'une enquête généalogique. Le récit prolifère, bifurque, se contredit dans un jeu de conjectures et de surimpressions.
    Cette chronique mobile d'une enfance enfouie apparaît enfin comme le journal intime de Maria Clara rédigé trente ans plus tard. L'objet du récit devient alors l'histoire de sa propre création, renvoyant au premier genre de l'histoire littéraire : la cosmogonie.

  • Après deux enquêtes menées avec succès, le dandy-détective Friedrich von Allmen est passé maître dans l'art de la recherche d'oeuvres d'art volées. Toujours secondé par Carlos, son fidèle domestique guatémaltèque, c'est sur les rives d'un lac suisse qu'il est appelé pour retrouver un tableau de Fantin-Latour dérobé à Mme Gutbauer, excentrique milliardaire qui occupe tout l'étage d'un vieil hôtel de luxe. Élisant domicile sur les lieux du délit, Allmen devient partie prenante d'un habile huis-clos au sein duquel Martin Suter combine à la perfection suspense, élégance et ironie. « Rien n'est plus agréable que d'être manipulé avec classe. » Gladys Marivat, Chronic'art

  • « De livre en livre, Lobo Antunes affine sans cesse un langage d'une puissance inouïe qui fait de la douleur d'individus égarés au bord d'eux-mêmes le symbole même de la condition humaine. » Hugo Pradelle, La Quinzaine littéraire « Il faut entrer [dans l'écriture d'António Lobo Antunes] et s'y laisser couler. Le rythme, alors, vous hante dès que vous y avez goûté. » Florence Noiville, Le Monde des livres « Lire la prose du plus grand écrivain portugais est une expérience rare, dérangeante et captivante à la fois. Comme un rêve éveillé. Comme entrer dans les ténèbres de Faulkner ou de Virginia Woolf. » Bruno Corty, Le Figaro

  • Paris, 1862. Victorine est brunisseuse dans un atelier d'argenterie. Elle y travaille avec son amie Denise. Inséparables, les deux jeunes filles ont l'habitude de se promener, de dessiner avant de regagner leur chambre misérable, sous les combles. Un jeune trentenaire les observe avec intérêt. Il les invite au restaurant, entreprend de les séduire. Incapable de le partager longtemps, Victorine décide de tout quitter pour rejoindre ce garçon dans son atelier de la plaine Monceau. Très vite, elle trouve sa place auprès de lui, devenant son amante, son modèle, sa conseillère avisée. Combinant habilement faits réels et inventés, Maureen Gibbon nous fait pénétrer dans l'atelier d'Édouard Manet et nous dévoile les secrets de la création d'Olympia, du Déjeuner sur l'herbe et l'existence de la véritable Victorine Meurent.

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