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  • Comme toutes les autres, elle a modifié son physique pour plaire à Hollywood et joué le jeu des prétendues rivalités entre actrices. Comme toutes les autres, elle avait des jambes magnifiques et un regard de vamp à faire fondre les coeurs. Comme les autres, sa vie sentimentale était aussi incroyable que dissolue.Pourtant, Marlene demeure unique. La parfaite création cinématographique. Un mythe, dira-t-on. Car le secret de Dietrich, ce qui la différencie des autres, c'est sa voix grave inimitable. Suave et cajoleuse. Celle-ci n'est pas la plus belle ni la plus puissante. Mais la star saura l'utiliser mieux que quiconque pour envoûter le public, se construire une carrière à l'épreuve du temps et vivre quelques aventures rocambolesques.

    Journaliste et intervenant cinéma dans les lycées, Camille Larbey est également l'auteur de Berlin mis en scène (éditions Espaces & Signes, 2017).

  • Je suis le frère d'un génie de la musique aléatoire, le père d'une belle astronome qui choisit sa voie à 5 ans, le cousin au 11e degré d'un mec qui tua le maire, la mairesse et le garde champêtre (lequel avait déplacé sa chèvre de 8 mètres) de son village, le mari d'une femme équilibrée et séduisante qui me supporte depuis 52 ans. Je suis un highbrow et un Lenny (Des souris et des hommes). Grâce à Truffaut, j'ai écrit sur le cinéma pendant 65 ans, et, lancé par Godard, j'ai fait durant 54 ans des films qui font rire sur des sujets sérieux, marxisme et taylorisme, vagin et clitoris. J'ai bossé dans tous les genres filmiques. Ce qui restera de moi, c'est une formule : LA MORALE EST AFFAIRE DE TRA¬VELLINGS. On me situe entre Brecht et Courteline, entre Buñuel et Tati. Je suis un maverick issu de ploucs préalpins, un marathonien capable de monter en vélo à 5390 mètres, mais qui ne sait pas skier, ni danser, ni nager, ni conduire. Puisse ce livre m'aider à me définir. Connais-toi toi-même, disait Socrate.Luc Moullet

    Né en 1937, Luc Moullet débute comme critique aux Cahiers du cinéma. En 1960, Jean-Luc Godard lui propose de réaliser son premier court métrage, Un steak trop cuit, qu'il tourne chez lui dans une économie de contrebande. Il ne cessera ensuite d'alterner une activité de réalisateur, de producteur et de critique. Son oeuvre insolite est composée d'une quarantaine de courts et longs métrages parmi lesquels Anatomie d'un rapport, Genèse d'un repas ou La Comédie du travail.

  • C'est l'histoire d'un vieux malentendu. Tous les grands comiques en ont souffert, de Jerry Lewis à Robin Williams : plus on vous demande de faire le clown, plus vous vous sentez glisser dans le gouffre du désespoir. Bill Murray, lui, a fait de ce malentendu une profession de foi.
    Après ses débuts avec la bande du Saturday Night Live, les comédies à succès des années 80 ont fait de lui une star mondiale. Il a fui, pour ne revenir que des années après, plus rare, plus évanescent. C'est devenu une légende urbaine à lui tout seul. Un gentil zombie, un spectre souriant, une mascotte du cinéma d'auteur bon teint et affranchi de l'industrie. Mais sans se départir de sa mine de vieux chien las, en promenade trop loin de chez lui.

    Yal Sadat est journaliste et critique de cinéma (Sofilm, Première, Carbone et anciennement Chronic'art).

  • De Scorsese à John Woo en passant par Tarantino, Jarmusch ou encore Michael Mann, nombreux sont les cinéastes à se réclamer de Jean-Pierre Melville, tant celui-ci aura renouvelé en profondeur le cinéma de genre. Dans ce livre d'entretien devenu un classique de l'édition de cinéma, le cinéaste revient généreusement sur son parcours et sur la genèse de ses films. Il y aborde notamment ses influences cinématographiques et littéraires, certains points peu connus de sa biographie, les grands thèmes de son oeuvre et son travail de metteur en scène. Peu à peu se profile une personnalité complexe, parfois contradictoire : le portrait d'un homme secret et orgueilleux, réputé pour ses brouilles et ses colères, mais porté par un amour inconditionnel du cinéma.

    Rui Nogueira est un journaliste et critique de cinéma né en 1938 au Portugal. À son arrivée à Paris dans les années 1960, il devient le collaborateur d'Henri Langlois à la Cinémathèque française et écrit pour diverses publications sur le cinéma, françaises ou étrangères, dont la célèbre revue anglaise Sight and Sound.

  • Voici enfin le premier livre consacré à l'ensemble de l'oeuvre de Marco Ferreri (1928-1997), le portrait inédit d'un artiste culte, sulfureux et original. Cinéaste de l'absurde, critique de la société de consommation, Ferreri a vu sa réputation taillée par le scandale de La Grande Bouffe ; mais son cinéma radical accueille aussi les rôles les plus controversés des grands acteurs de son époque : Gérard Depardieu, Annie Girardot, Michel Piccoli, Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni, sans oublier Ugo Tognazzi et d'autres figures incontournables de la culture italienne.

    Au-delà du scandale, de Rabelais à Camus, du néoréalisme italien au féminisme, du grotesque au sublime, ce livre permet d'approcher l'un des secrets les mieux gardés de la cinéphilie mondiale.

    Docteure en histoire de l'art, Gabriela Trujillo enseigne depuis près de dix ans le cinéma et la photographie et travaille dans d'importants musées parisiens. Elle publie régulièrement sur le cinéma et la littérature.

  • Actrice, Gena Rowlands est surtout connue pour ses rôles dans les films de son mari John Cassavetes : il réinventait le cinéma, elle réinventait une façon d'être actrice et femme. Ce livre se fixe pour but de penser Gena Rowlands sous tous les angles possibles : analyse formelle et littéraire, retour sur les pans oubliés de sa carrière, recontextualisation historique. Il s'agit de montrer comment son jeu transfigure par la folie toute une série de destins féminins : la vieille fille, la femme au foyer, l'actrice vieillissante... Comme tout grand artiste, Rowlands a fabriqué un espace à elle et à nous, qui puisse accueillir la nouveauté de ses gestes, la fulgurance de son apparition.

    Murielle Joudet est critique de cinéma. Elle écrit pour Le Monde, Les Inrockuptibles, Chronic'art, participe régulièrement aux émissions La Dispute sur France Culture et Le Cercle sur Canal+, et présente des entretiens sur le cinéma pour le site Hors-Série.Son premier livre, Isabelle Huppert, vivre ne nous regarde pas, est paru aux éditions Capricci en 2018. Elle a également coécrit l'ouvrage Hitchcock, la totale (E/P/A, 2019).

  • Josef von Sternberg est à l'origine d'une des carrières les plus accidentées de l'histoire du cinéma américain. Après des années d'assistanat, il tourna l'un des premiers films indépendants, claqua la porte de plusieurs plateaux, partit filmer en Allemagne puis au Japon, dénicha Marlene Dietrich, fut monteur pour d'autres et directeur de la photographie pour lui-même, réalisa un peu partout des morceaux de films, dégringola plusieurs fois les marches de la gloire pour les remonter une à une. Il légua au cinéma un gisement de chefs-d'oeuvre éblouissants, parfois reconnus, parfois oubliés ou demeurés secrets. Cet ouvrage est un exercice d'admiration au sujet d'une oeuvre parmi les plus farouchement insolites et tragiquement sensuelles jamais tournées au sein de l'industrie hollywoodienne.

    Mathieu Macheret est critique de cinéma au journal Le Monde. Il a écrit aux Cahiers du cinéma entre 2011 et 2014 et collabore actuellement aux revues Trafic et Études, ainsi qu'à l'émission Plan Large sur France Culture. Il a également contribué à des ouvrages collectifs sur les cinéastes Otto Preminger, Francis Ford Coppola, Jacques Tourneur, Manoel de Oliveira, Guy Gilles, Samuel Fuller, Jean-Marie Straub et Danièle Huillet.

  • Pourquoi La Chambre claire, dernier livre de Roland Barthes, parut-il sous triple pavillon, Gallimard, Cahiers du cinéma et Seuil ? Pourquoi est-il organisé en deux fois 24 sections, d'« un jour » à « un soir » ? Quelle logique guida le choix des illustrations, et pourquoi fallait-il que la première d'entre elles soit, seule, en couleurs ? Quel rôle déclencheur y tient le Casanova de Fellini, alors même que Barthes décrète d'emblée aimer la photographie contre le cinéma ? Qu'est-ce que l'incident du Saint-Claude ? Quel drame se joue dans ces pages, et quelle confrontation secrète avec la pensée d'André Bazin ?


    Rédacteur en chef des Cahiers du cinéma entre 1963 et 1973, Jean Narboni y a ensuite fondé les Éditions du même nom, où il a notamment publié des ouvrages de Roland Barthes, Jean-Louis Schefer, Serge Daney, Eric Rohmer, Jean Douchet, Pascal Bonitzer. Il est l'auteur de livres sur Mikio Naruse, Ingmar Bergman, Charlie Chaplin ou encore Samuel Fuller.

  • Compagnon de route de Charlie Chaplin, Mack Sennett, Fatty Arbuckle, Harold Lloyd ou des Marx Brothers, Buster Keaton commence sa carrie

  • « Mon amie Ava Gardner m'a demandé un jour si je pensais qu'elle pouvait incarner Billie Holiday au cinéma. Je dus lui répondre que, même si elle avait sans doute tout ce qu'il fallait pour ça - elle était assez courageuse, honnête et belle -, il était presque certain qu'on ne le tolérerait pas, puisqu'il était de notoriété publique que Billie Holiday était noire et qu'elle, Ava Gardner, était blanche. Ce n'était pas vraiment une plaisanterie, ou alors une plaisanterie amère, car je connais assurément certaines filles noires bien plus blanches qu'Ava. »
    Paru aux États-Unis en 1976 et jusqu'ici inédit en français, Le Diable trouve à faire révèle une autre facette du grand écrivain James Baldwin : celle d'un critique au regard incisif, attaché à explorer les fantasmes, illusions et préjugés des films qui ont marqué sa vie.
    Dans son style à la fois vif et lyrique, il parcourt ses premiers souvenirs de cinéma, indissociables des difficultés familiales et de sa découverte de la société dans laquelle il vit. Naissance d'une nation, Lawrence d'Arabie, Devine qui vient dîner..., Dans la chaleur de la nuit, L'Exorciste, ou encore le physique de Bette Davis sont autant d'occasions de confronter son monde à celui d'Hollywood, et de constater le gouffre qui les sépare.

    Romancier, dramaturge, essayiste et poète afro-américain, héros du mouvement des droits civiques, ami de Martin Luther King et de Malcolm X, James Baldwin est l'un des grands écrivains contemporains.
    Le film I Am Not Your Negro, sorti en 2017, s'inspire de ses écrits.

  • Que signifie l'expression "cinema noir" ? Ce livre explore cette notion en se concentrant principalement sur les cinemas americain et europeen, a travers des films relevant des genres les plus divers, et qui tous contribuent a redefinir la representation des Noirs et a bouleverser les idees preconcues. Les films des grands cineastes noirs (d'Oscar Micheaux a Spike Lee), les "race movies" des annees 20-30, la Blaxploitation des annees 70, mais aussi les oeuvres de cineastes blancs qui ont marque un tournant dans cette histoire (de Jean Rouch a Tarantino) sont abordes, au fil de deux longs essais signe par Michael Gillespie et Adrienne Boutang, ainsi que de notules critiques sur une vingtaine de films importants.

    Livre collectif (contributions de Michael Gillespie, Adrienne Boutang, Nicole Brenez, Claire Diao, Elvan Zabunyan, Greg de Cuir Jr., Ashley Clark, Lili Hinstin, etc.).

  • Il a publié son premier poème à 8 ans, été condamné aux travaux forcés à 15, a menti pour avoir son premier rôle, a été arrêté pour possession de stupéfiants, a giflé Otto Preminger, est devenu ami avec Marilyn Monroe, a chanté avec Elvis Presley, était plutôt pour la guerre du Vietnam et franchement contre certains journalistes, qu'il aurait volontiers enterrés vivants. Mais il l'a fait sans avoir l'air de vraiment s'y intéresser, à la fois complètement dedans et totalement à côté, l'oeil alangui et un sourire en coin.Éternel vagabond qui se considérait toujours entre deux trains, Robert Mitchum n'attachait que peu d'importance au métier d'acteur. Comme si, malgré le bruit, la gloire et l'agitation, il n'avait jamais été vraiment là.

    Lelo Jimmy Batista est auteur, scénariste, réalisateur et journaliste.

  • Au début des années 70, le monde entier observe, fasciné, un jeune chinois jongler avec un nunchaku. Le fléau danse autour de son corps à moitié nu, il souffle et pousse descris féroces, portant au fond du regard une étincelle de folie. The Big Boss (1971), La Fureur de vaincre (1972), La Fureur du dragon (1972), Opération dragon (1973). En quatre films vite moulinés, Bruce Lee bondit aux yeux du monde entier... A 32 ans seulement, il est à la veille de sa mort.

    Du Hongkong de l'après-guerre au San Francisco des sixties, des studios de Hollywood à ceux de Kowloon, ce livre raconte son parcours, ses amitiés-rivalités avec Steve McQueen ou Roman Polanski, sa vie sentimentale complexe mais aussi l'aube de la mondialisation des arts martiaux, et toutes les folles ambitions d'une vie inachevée.

    Adrien Gombeaud est journaliste et critique de cinéma. Diplômé de chinois et docteur en langue et civilisation coréenne, il écrit notamment pour Les Échos, Le Figaro Magazine, Vanity Fair et Positif. Il est l'auteur d'une dizaine de livres, dont : L'Homme de la place Tiananmen (Le Seuil), Une blonde à Manhattan (Le Serpent à plumes), Dans les pas du Petit Timonier (Le Seuil), 30 secondes en Arizona (Espaces & Signes). Il a coordonné un Dictionnaire du cinéma asiatique (Nouveau Monde Editions).

  • Dès son premier rôle sur les planches new-yorkaises, Marlon Brando a changé à jamais la manière de jouer au théâtre comme au cinéma. Originaire d'Omaha dans le Nebraska, fils d'un père rêche et d'une mère dépressive, débarqué à Broadway presque par hasard, il est devenu, en une poignée de grands rôles, rien de moins qu'un des plus grands acteurs du monde. Une icône sensuelle, fantasque et imprévisible avec une voix nasale et un marmonnement empêché, reconnaissable entre tous. Puis, plus rien, sinon des résurrections magnifiques dans Le Parrain, Le Dernier tango à Paris, Apocalypse Now et quelques autres. Comme si Brando était arrivé trop tôt, seul au sommet.
    Ce livre tente de cerner différentes facettes du mythe Brando et de saisir quelques instants d'une vie rongée par la mélancolie.

    Arthur Cerf est journaliste pour les magazines Society et Sofilm depuis 2015.

  • Sorti quelques mois après la mort de Kubrick, Eyes Wide Shut est depuis nimbé d'une aura de mystère et de démesure : un tournage homérique de presque deux ans, le couple Tom Cruise-Nicole Kidman dans la tourmente, des acteurs qui quittent le projet, un réalisateur mythique connu pour ses méthodes hors du commun... Le cocktail est explosif, encore agrémenté d'un parfum de scandale lorsque surgit la rumeur d'un film toujours en cours de montage à la mort de Kubrick, et donc terminé in extremis par sa garde rapprochée.



    Vingt ans plus tard, cet ouvrage nourri d'une soixantaine d'entretiens revient sur la conception d'une oeuvre à part, peut-être la plus personnelle et hypnotisante du cinéaste. Avec en ligne de mire cette question clé : que nous apprend Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick ?

    Axel Cadieux est journaliste pour les magazines Sofilm et Society, et réalise des sujets pour les émissions Court-Circuit (Arte) et Viva Cinéma (Ciné+). Il est l'auteur de plusieurs livres consacrés à Michael Mann, Paul Verhoeven, Twin Peaks ou la chaîne HBO, et d'un documentaire sur le jeu vidéo Street Fighter.

  • Qu'est-ce qui rapproche Le Guépard, La vie est belle, Lola, Mother, Le Grand Bain, La Poursuite infernale, Gilda, My Own Private Idaho, Naissance des pieuvres, La Ruée vers l'or et tant d'autres ? Sans relever de la comédie musicale, tous ces films appartenant des genres les plus divers (western, comédie, mélodrame, thriller, fresque historique, etc.) sont traversés par des moments de danse et de chorégraphie. Entrer dans le cinéma par la danse, comme on dirait « par la bande », en examinant ces moments où les corps sont touchés par la grâce, tel est le but de cet ouvrage, illustré et en couleur.

    Critique chorégraphique et critique d'art, Hervé Gauville a dirigé la rubrique arts plastiques de Libération jusqu'en 2006. Il a été chroniqueur cinéma à Art Press et collabore régulièrement à la revue Trafic.

  • « Je ferme les paupières, je me bouche les oreilles, je pressurise mes tempes. Mais j'entends, je perçois encore, de plus en plus distinctement, le bruit des bottes qui reviennent. Serais-je donc le seul à l'entendre ? »

    Ne croyez surtout pas que je hurle est un essai cinématographique de Frank Beauvais. Le cinéaste a réuni des plans issus de plus de 400 films sur lesquels il a monté en voix off le récit autobiographique qui évoque les jours sombres qu'il a traversés en 2016. Il y exprime le désarroi dans lequel il était plongé, isolé dans un village alsacien après une rupture amoureuse, terrifié par le climat sécuritaire qui régnait alors dans une France en état d'urgence. C'est ce cri de rage désespéré, ce bouleversant désir de retour à la vie d'un cinéphile reclus, qui est ici publié.

    Né en 1970, Frank Beauvais est l'auteur de nombreux courts métrages. Ne croyez surtout pas que je hurle, sorti en salle en septembre 2019, est son premier long métrage.

  • En 2016, le succès public et critique rencontré par Elle a remis Paul Verhoeven sur le devant de la scène internationale. Le cinéaste néerlandais raconte son parcours dans cet entretien exhaustif réalisé chez lui, à La Haye. Il évoque ses controverses et ses succès, Arnold Schwarzenegger, Sharon Stone et Isabelle Huppert, la Hollande et Hollywood, le triomphe de Basic Instinct et l'échec de Showgirls, la liberté de Starship Troopers et la vitesse de Black Book... Il revient sur ce qui le lie aux femmes - plus qu'aux hommes -, sur sa passion pour Jésus et pour Jean Moulin, ainsi que sur ses nombreux projets de films.
    Cet entretien est précédé d'un essai d'Emmanuel Burdeau portant sur l'ensemble de l'oeuvre de Paul Verhoeven.

  • C'est l'histoire d'une actrice qui a toujours témoigné d'un goût prononcé pour le désastre et la catastrophe. Pour les héroïnes qu'elle incarne, cette catastrophe emprunte plusieurs noms : mari, enfant, France, amour, famille, réalité. Leurs moyens d'y répondre s'appellent masochisme, rêve, travail, perversion, poison, sévérité, humour, absence, folie.
    Violette Nozière, Madame Bovary, La Pianiste ou encore Elle : à travers ses plus grands rôles, Isabelle Huppert n'a cessé de livrer une bataille fictionnelle aux versions étriquées de la vie et de la féminité pour leur préférer la quête d'un idéal impossible, l'élan tragique et une forme salvatrice de monstruosité. À l'image d'un bonheur trop conventionnel, elle a toujours su opposer ce que l'on a appelé sa « plénitude malheureuse ».

    Murielle Joudet est critique de cinéma. Isabelle Huppert. Vivre ne nous regarde pas est son premier livre.

    Murielle Joudet est critique de cinéma. Elle écrit pour Le Monde, Chronic'art, participe régulièrement à l'émission La Dispute sur France Culture et présente des entretiens sur le cinéma pour le site http://hors-serie.net.

  • Du haut des 40 films réalisés par Youssef Chahine en 50 ans de carrière, c'est l'histoire mouvementée du 20ème siècle qui nous contemple. A la différence - fondamentale - que le plus connu des cinéastes égyptiens voyait le monde depuis le phare d'Alexandrie. Et le Monde apparaît sensiblement différent quand la Gare Centrale du Caire devient soudain son centre de gravité. Originaire de la région du globe la plus malmenée par l'histoire durant le siècle dernier, Chahine n'a jamais désespéré du genre humain pour autant. Progressiste et joyeux, son cinéma a épousé tous les genres (comédie musicale, drame social, fresque historique, film intimiste) pour nous entraîner dans les mondes disparus et les paradis perdus qu'a connu ce levantin né en 1926 et mort en 2008 - chez lui en Egypte.

    Tewfik Hakem est journaliste et producteur à France Culture. Ami de Youssef Chahine, il a assisté à plusieurs tournages du cinéaste après avoir fait sa connaissance en 1985.

  • En cinquante ans et bientôt soixante-dix films, Werner Herzog a battu mille records et échappé autant de fois à la mort. Il est le seul cinéaste de l'histoire à avoir tourné sur les sept continents. Signes de vie et Grizzly Man, Aguirre, la colère de Dieu et Bad Lieutenant : Escale à La Nouvelle-Orléans : l'immensité de son oeuvre éclaire le cinéma moderne. De préhistoires en apocalypses, de traversées du désert en retours triomphaux, l'itinéraire qu'il a tracé est unique. Comment ressaisir celui-ci dans sa totalité ? Et comment épouser les continuités et les évolutions du voyant, de l'écrivain, du marcheur que Herzog est aussi ? En allant non pas film à film mais période par période, idée par idée : pas à pas.

  • Disparue en 2015, Chantal Akerman est l'une des figures de proue du cinéma moderne, dont se réclament de grands cinéastes comme Gus Van Sant ou Todd Haynes. Unique, son oeuvre l'est par son hétérogénéité: la fiction s'y mêle au documentaire, le cinéma à la vidéo, les adaptations littéraires y côtoient des essais expérimentaux, un film peut y donner naissance à une installation artistique... Expérience du temps (des 13 min. de Saute ma ville aux 3h40 de Jeanne Dielman), ce cinéma est aussi l'exploration de lieux: chambres, appartements, hôtels, entre Europe et Amérique, de Moscou à New York... Ce livre se propose de visiter à nouveau les lieux que son cinéma nous a fait habiter. D'une scène, d'un geste, d'un motif à l'autre, il tâchera de se souvenir: qu'a-t-on vu dans les films d'Akerman?

    Jérôme Momcilovic est critique au magazine Chronic'art dont il dirige les pages cinéma. Il est l'auteur de Prodiges d'Arnold Schwarzenegger (prix du meilleur livre français sur le cinéma en 2016) paru chez Capricci.

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