CNRS Éditions via OpenEdition

  • Alors qu'il existe plusieurs atlas de l'Égypte ancienne, aucun atlas de l'Égypte contemporaine n'avait encore été publié. Cet ouvrage vient donc combler un vide, en offrant au grand public un panorama illustré de l'Égypte au début du XXIe siècle. Réunissant les contributions d'une cinquantaine de chercheur.e.s, il présente, sous une forme cartographiée et vulgarisée, les faits saillants et les enjeux de l'Égypte actuelle en matière politique, géopolitique, économique, démographique, sociale, environnementale et culturelle. Il s'appuie, à cette fin, sur des ressources documentaires inédites : les cartes notamment, qui exploitent les résultats du recensement officiel égyptien de 2017, offrent une version actualisée du territoire. Pour mieux connaître et comprendre l'Égypte d'aujourd'hui.

  • Gastronomie, food tech, santé, big data et génétique sont, entre autres, au menu de cet Essentiel entièrement inédit. Les chercheurs réunis ici nous éclairent sur les comportements alimentaires et les nouvelles pratiques ou tendances qui façonnent, à travers le monde, l'alimentation de demain. Depuis quelques années, l'alimentation est un objet de controverses... La communication est devenue cruciale pour comprendre les crises alimentaires (scandales sanitaires, OGM, avaries dans la distribution ou la restauration). Le mécanisme est partout le même : pléthorique et contradictoire, l'information circule à la vitesse de la lumière, elle se déforme, affole ou séduit les mangeurs. Les individus, notamment les « millennials », sont pris entre renoncement et pratiques alternatives, nourris par une défiance croissante envers l'industrie agroalimentaire. Ces médiations mettent les chercheurs au défi de comprendre comment les consommateurs construisent leurs systèmes de confiance et réinventent la façon dont nous mangerons demain.

  • 1865 : le 13e amendement abolit l'esclavage sur tout le territoire des États-Unis. 2008 : Barack Obama est élu à la Maison Blanche. Le président américain prononce dans la foulée son célèbre discours engageant les Afro-américains à prendre plus de responsabilités pour conquérir une vie meilleure. Une révolution culturelle est en cours. Cherchant à expliquer cette extraordinaire mutation, Hélène Le Dantec-Lowry décrypte les discours sur le système de parenté noir dans l'histoire américaine. Discours le plus souvent racistes sur l'infériorité des esclaves, puis des migrants ou des résidents des ghettos jusqu'aux années 1940 ; débats passionnés, à partir des années 1960, sur les déficiences supposées des familles noires ou, au contraire, sur les capacités de résistance et l'adaptabilité des réseaux de parenté afro-américains... Confrontant les écrits produits par les Blancs à ceux des Noirs, soulignant l'influence, dans ces controverses, des études sur les femmes et sur les notions de « race, classe et genre », Hélène Le Dantec-Lowry montre que les familles noires américaines sont désormais plus rarement décrites comme un groupe inférieur face à la famille-type blanche, mais plutôt comme un ensemble complexe rendu hétérogène par le métissage, les lieux, les générations et les classes. Une fresque magistrale, qui renouvelle en profondeur notre connaissance du multiculturalisme aux États-Unis.

  • Figure emblématique du monde spirituel ottoman, le derviche tourneur fascine les Occidentaux depuis des siècles. Si la doctrine de la Mevleviye, cette confrérie soufie fondée par Rumi au xiiie siècle, a fait l'objet de nombreux travaux érudits, la vie des derviches, leurs pratiques, leurs rituels quotidiens, demeurent encore méconnus. S'appuyant sur le parcours et l'oeuvre d'Ankaravî (mort en 1631), principal disciple de Rumi, cette étude analyse le soufisme à un moment où le pouvoir ottoman cherche parmi les confréries des responsables à sa décadence. Ecrivain célèbre, auteur de textes savants et mystiques dont l'influence perdure, cheikh du tekke de Galata à Istanbul, Ankaravî a rédigé le Minhâc'ül-fukara, maître-livre de la confrérie, à la fois défense des derviches et véritable manuel initiatique. Alberto Fabio Ambrosio présente, traduit et analyse ici l'ensemble des textes qui permettent de comprendre les pratiques des derviches tourneurs dans leurs formes et leurs structures. Une initiation lumineuse à l'histoire et à la symbolique de la voie mevlevîe.

  • À travers la figure exemplaire des cheikhat c'est l'ensemble des mutations et contradictions du Maroc moderne que l'auteur donne à voir. Entre tradition et modernité. Entre villes et campagnes. Entre islam et islamisme. Mais aussi entre tradition et folklore, entre émancipation et exploitation. La cheikha, chanteuse traditionnelle autrefois respectée et honorée, seule maîtresse de la fête, est devenue une danseuse lascive méprisée, repoussée aux franges de la misère et de la prostitution. Que deviennent ces femmes ? Qui revendique une parenté avec les cheikhat ? On s'en détache, on s'en distingue. On les met à distance. Transgresser les espaces, entre les hommes et les femmes, du domaine public au domaine privé, de l'intime à la rue, tel est l'ultime outrage des cheikhat aux normes sociales. Corps séduisant, corps licencieux, la cheikha incarne le contre-exemple, la femme affranchie des codes de bonne conduite qui régissent la société marocaine. Une enquête aux fortes consonances humaines sur une face cachée du Maghreb.

  • Vraisemblablement chacun des lecteurs de ce petit essai s'est forgé dès l'enfance une idée de la maison. Mais cette idée n'est pas identique d'un individu à l'autre. Quand un Louis XIV pense maison, il peut songer au Louvre, à Saint-Germain-en-Laye, à Fontainebleau, à Versailles et rêver de constructions plus intimes : Trianon, Marly ! Pour celui qui est né dans un bidonville, la maison est un assemblage précaire de tôles, de planches et de cartons. Et peut-être rêve-t-il à ces maisons locatives décomposées en appartements dont l'agglomération fait la ville. Le même mot ne désigne pas la même chose pour chacun de nous, et, pour chacun de nous, il peut renvoyer non à une seule réalité mais à plusieurs. Pour le chercheur qui voudrait prendre en considération la durée et l'espace, la notion de maison en vient à recouvrir une variété d'objets presque infinie. Aussi n'est-ce pas par hasard si l'étude de la maison humaine intéresse une panoplie de disciplines parmi lesquelles on compte, sans épuiser les approches, la préhistoire, l'archéologie, l'histoire, la géographie, la technologie, l'ethnologie, la sociologie, la psychologie.

  • L'islam offre deux visages : celui d'un monothéisme abstrait, où domine la transcendance de Dieu, au risque d'engendrer le fanatisme. Mais aussi, et surtout, celui, plus discret, mais non moins insistant, d'un monothéisme concret, qui valorise la manifestation visible de l'essence de Dieu dans l'apparition sensible des actions divines. Dans cette étude pionnière qui surprendra par sa liberté de ton, Souâd Ayada renouvelle en profondeur notre connaissance des systèmes de pensée qui ont fondé l'islam des théophanies. Un modèle de sagesse aux antipodes de l'austérité coranique, selon lequel Dieu se donne à voir par l'entremise de l'« homme parfait » et par toutes les formes de beauté qui révèlent sa majesté. Réconciliant l'amour, l'intelligence et la connaissance, cette conception de la révélation, notamment portée par le soufisme, préserve l'islam de toute dérive juridique et politique, et accorde à l'art toute sa place. Elle constitue l'antidote que l'islam a lui-même produit pour guérir le mal du dogmatisme et l'intolérance. Dévoilant les impasses et les contradictions du fondamentalisme, dialoguant avec les sources juives et chrétiennes, confrontant le message du soufisme à la philosophie de Hegel ou à la pensée d'Emmanuel Levinas, Souâd Ayada signe un livre essentiel, en forme de plaidoyer pour une approche audacieuse, exigeante et ouverte de l'islam.

  • Dans les années I960, les Indiens nahuas d'une région du fleuve Balsas au Mexique, de tout temps réputés pour leur sens du commerce et leurs productions artisanales, réinventèrent la peinture sur amate, papier d'écorces battues qui servait jadis de support pour les manuscrits préhispaniques, ou codex. Le genre suscita des courants graphiques et des écoles villageoises, fort différents selon les communautés. Nourris des oeuvres collectives, certains peintres s'affranchirent avec le temps de l'esthétique communautaire, des attentes du marché touristique et des demandes officielles. D'artisans, ils devinrent artistes et leurs oeuvres sont désormais présentes dans des galeries de la capitale et des États-Unis. Mais en 1990, cette success story est en péril lorsqu'un projet de barrage hydroélectrique menace d'engloutir une partie de leur territoire et de déplacer quelque 40 000 personnes. Contre cette mort annoncée, les habitants se mobilisent en recourant en particulier à leur art de l'image et font annuler le projet - victoire sans précédent au Mexique -, à l'occasion de la célébration de la découverte de l'Amérique en 1992. En choisissant de faire l'anthropologie du peintre indien et de son art, de l'étude des techniques à leur transmission, Aline Hémond s'attache aux histoires de vie des peintres fondateurs qui « inventent la tradition » et de nouveaux rapports sociaux et symboliques intégrés au tissu communautaire. Elle éclaire également la nature des catégories mentales mises en jeu, et montre les dimensions culturelles de l'espace figuratif. Enfin, elle cerne les reformulations identitaires et territoriales auxquelles a donné lieu ce combat contre le projet de barrage, où se sont fabriqués identité et territoire, comme dans l'amate.

  • Mai 1909. La première saison des Ballets Russes en France fait un triomphe. Sur la scène du Châtelet, le public parisien voit surgir l'Orient dont ont rêvé ses peintres et ses poètes. Irruption des couleurs, gestuelle saccadée, remise à l'honneur de la danse masculine une révolution est en marche. Serge Diaghilev, créateur et mécène des Ballets, veut mettre en oeuvre un spectacle total, une esthétique de la surprise avec des artistes d'avant-garde qui bousculent les traditions. Une « peinture en mouvement », une « orgie de formes et de couleurs » où l'oeuvre picturale joue un rôle d'autant plus important qu'elle est conçue par rapport à la musique et à l'acteur. Natalia Smirnova fait revivre cette aventure exceptionnelle, associée à une superbe iconographie : tableaux, aquarelles, gouaches, esquisses de costumes, photographies des scènes de spectacles, des peintres, des danseurs... Le livre-événement pour fêter le centenaire des Ballets les plus célèbres du monde.

  • Cet Essentiel offre un large panorama permettant de comprendre les nouvelles formes et les enjeux de la communication politique contemporaine. Qu'en est-il aujourd'hui des connivences entre les mondes de la communication, des médias et de la politique ? Quels effets produisent les excès de la communication politique, lorsqu'on analyse les cas emblématiques de Silvio Berlusconi et Donald Trump ? Quel poids réel peuvent avoir l'internet et les réseaux socionumériques en contexte électoral ou dans un cadre insurrectionnel comme lors des « printemps arabes » ? Il s'agit dans cet ouvrage de dévoiler la crise du tout-marketing politique et l'urgence de penser autrement la communication politique, en identifiant ses contradictions et les menaces qui planent sur nos démocraties dans le cadre d'une guerre de l'information désormais ouverte. Menaces omniprésentes lors de l'élection présidentielle américaine puis française, où mensonges, rumeurs, « fake news » et attaques personnelles d'une rare bassesse ont proliféré sur les réseaux sociaux.

  • Augmenter l'humain, devenir plus fort, plus rapide, plus intelligent, plus connecté, vivre plus vieux et en meilleure santé, repousser les limites de la souffrance et de la mort. Le développement technologique porte la promesse d'un être meilleur. Mais cet amour de l'homme du futur ne cache-t-il pas une haine de l'homme du présent, de ses limites et de sa finitude ? Quelles conceptions du corps et de l'esprit sont sous-tendues par les discours transhumanistes ? Donner des clés pour comprendre le rapport d'attraction-répulsion qu'entretient l'être humain avec les technologies qu'il crée, cristallisé autour de la notion d'homme augmenté, constitue l'objet de ce numéro des Essentiels d'Hermès.

  • Incontestablement, les utopies, aujourd'hui, attirent. En ces temps de crise et de morosité, elles donnent l'espoir d'un meilleur « vivre ensemble » et promettent des solutions aux différents maux sociaux. Mais sont-elles vraiment souhaitables ? Quel est le prix à payer pour ce bonheur collectif ? Cet ouvrage s'emploie à revisiter le genre utopique au travers de la littérature qui l'a consacré, dans la diversité de ses facettes (sociales, politiques, urbanistiques, techniques, etc.), mais aussi dans quelques-unes de ses réalisations concrètes, et dans son actualité contemporaine (économie solidaire, écologie, posthumanisme).

  • La France, numéro un mondial de la gastronomie ? Notre cuisine est-elle la meilleure et la plus inventive ? Est-elle réellement connue, copiée, enviée dans le monde entier ? Ou faut-il voir dans ce triomphalisme l'un de ces travers égocentriques dont notre pays a le secret ? Né après la Révolution française, le mythe gastronomique français a connu son apogée au xixe siècle : Brillat-Savarin triomphe, Carême codifie la haute cuisine, Escoffier s'impose comme une référence mondiale. Bousculant les idées reçues, Alain Drouard retrace l'histoire de ce grand récit national qui a façonné nos représentations collectives, de ses origines lointaines à la Slow Food, de La Reynière au Michelin et du pot-au-feu à la cuisine moléculaire. Il constate le fossé grandissant entre la réalité de nos pratiques alimentaires et culinaires et les discours satisfaits qui les accompagnent. La France, autoproclamée « premier pays gastronomique » du monde, est aujourd'hui le deuxième mangeur de pizza après les États-Unis, et Mac Donald y est le premier restaurateur... Une histoire de papilles qui éveille l'appétit, et l'exploration des remèdes pour redonner, modestement, un avenir à notre gastronomie.

  • Nommé directeur artistique du Théâtre de la Taganka à Moscou en 1964, louri Lioubimov est l'un des metteurs en scène les plus significatifs des décennies 60-70. L'histoire de la Taganka constitue alors à la fois un moment capital de l'histoire du théâtre et de la société russes et soviétiques, et un cas représentatif du théâtre de résistance dans les pays communistes. La distance est aujourd'hui propice pour y revenir : ni trop près, ni trop loin encore de ce théâtre « effervescent » qui, au début des années 90, après les transformations à l'Est, perdit sa raison d'être, malgré le retour de son directeur, destitué et exilé en 1984. Les traces sont nombreuses et les témoins vivants, ce qui permet l'enquête avant l'analyse. L'enthousiasme s'est apaisé, mais la formidable aventure théâtrale n'a pas sombré dans l'oubli ni dans les querelles intestines qui, en 1992, ont abouti à la division de la troupe en deux. La scène poétique et politique de Lioubimov permet d'aborder des problèmes esthétiques spécifiques : celui d'un théâtre « sans pièces », montage de textes en prose, classique ou contemporaine, celui de la mise en scène « métaphorique ». Mais dans la mesure où sa pratique est déterminée par les rapports entretenus avec le pouvoir, l'idéologie, les instances de censure, la dissidence, et surtout par la relation essentielle, vitale, que la Taganka tisse avec son public, les questions artistiques se doublent toujours de questions touchant au fonctionne­ment de la société et à l'organisation politique. En URSS, la Taganka a été au coeur d'une problématique de la mémoire. L'oeuvre que louri Lioubimov a réalisée à la Taganka de 1964 à 1984, en rassemblant autour de lui une pléiade de grands écrivains et compositeurs, le scénographe David Boroski et une troupe unique où jouait le chanteur-poète Vladimir Vyssotski, a représenté un espace de liberté authentique dans le contexte de la stagnation brejnévienne. Elle peut aussi constituer un instrument de réflexion pour la scène d'aujourd'hui.

  • Los Angeles n'est pas une ville comme les autres. Malgré des conditions hostiles, naturelles ou liées à son développement - secousses sismiques, approvisionnement en eau difficile, pollution, gigantisme... -, elle témoigne en effet de la volonté de ses 15 millions d'habitants d'en faire la métropole de l'Ouest américain, puis de l'intégrer au club des métropoles mondiales. La deuxième ville des États-Unis représente un poids économique indéniable, axé principalement sur les industries de haute technologie, mais aussi un poids culturel comme capitale mondiale du cinéma qui tout au long du xxe siècle a réussi à exporter L'american way of life. D'une manière ou d'une autre, la ville fait rêver tout en s'affranchissant des clichés traditionnels. Mais paradoxalement, plus la ville s'étale sans notion de limites, plus elle exprime au travers de la violence exercée dans son espace public ce désir d'un centre qui, en faisant référence à la mémoire historique de son peuplement, matérialiserait l'identité d'une société désormais multiethnique. Cynthia Ghorra-Gobin nous fait comprendre avec clarté l'histoire exemplaire et les enjeux de cette mégapole à l'aube du xxie siècle.

  • Le cinéma s'inscrit dans une économie de prototype où l'incertitude est la règle. Tout projet de film est un pari aventureux, et la question de son financement n'a cessé d'être l'objet d'interminables controverses. En France, le système de régulation des activités cinématographiques et audiovisuelles est devenu un modèle de référence, mais les mutations contemporaines obligent à réexaminer sa pertinence et à préparer ses évolutions. Dans une telle perspective, il peut être utile de faire retour sur ses origines en analysant les conditions de mise en place de la politique d'intervention de l'État dans le secteur cinématographique au début des années quarante. C'est en effet sous Vichy, dans le cadre d'une politique dirigiste, que ce secteur a été profondément réorganisé, au travers d'institutions et de cadres réglementaires qui perdureront dans leurs grandes lignes jusqu'à nos jours. Pour relancer la production cinématographique et assurer sa pérennité, une politique industrielle est engagée, marquée par le corporatisme, l'instauration de mécanismes financiers inédits et l'avènement d'un système qui donne à l'État un rôle prééminent. Ce livre contribue à penser les origines, l'émergence et l'évolution des politiques publiques en faveur de la production cinématographique française, l'analyse étant concentrée sur l'histoire institutionnelle du Crédit National, établissement financier qui a joué un rôle crucial et méconnu dans ce domaine. Pour comprendre l'installation et le fonctionnement sur deux décennies du système d'avances à la production, l'étude se fonde largement sur les archives du Crédit National, en particulier les dossiers des films qui lui ont été soumis, tels Les Visiteurs du soir, Jeux interdits ou Le Salaire de la peur. Cette approche conduit à s'intéresser au comportement et aux interactions des protagonistes, notamment les producteurs, les réalisateurs, les institutions financières et les administrations. En étudiant la généalogie des politiques publiques françaises dans ce secteur devenu emblématique des enjeux de la régulation, on peut sans doute en saisir mieux la logique, le sens et le devenir, par-delà les débats manichéens qui opposent habituellement les tenants de l'intervention et les hérauts du libre marché.

  • Le mouvement Dada a été fondé à Zurich par Tristan Tzara, Hugo Ball et Jean Arp et s'est manifesté sous des formes diverses mais toujours subversives, dans plusieurs pays. C'est à Paris qu'il allait atteindre son intensité maximale entre 1919 et 1923. Période brève mais marquée par de nombreuses publications, des manifestations et des expositions provocatrices ainsi que par le ralliement d'André Breton, Paul Eluard et Philippe Soupault, représentants d'une tendance qui devait conduire au surréalisme. Dada à Paris est l'ouvrage de référence sur ce mouvement. Nous vous proposons une édition entièrement revue, corrigée et augmentée de nombreux documents inédits.

  • Correspondant de guerre de 1941 à 1945, Vassili suivit l'Armée rouge sur tous les fronts. Dissident avant la lettre, témoin premier d'un monde « qui a tourné autour de son axe », il signe avec Vie et Destin son chef d'oeuvre. Ce roman, confisqué par le KGB et interdit de publication pendant vingt ans en Union soviétique, a pu par miracle être sauvé et envoyé sous forme de microfilms en Europe au début des années 1980. Il ne paraîtra en Russie qu'en 1989. Voici l'histoire de ce roman-fresque dont l'ambition affichée était de reconstituer une sorte de Guerre et Paix du xxe siècle, de rendre compte de la tragédie totalitaire. De la bataille de Stalingrad à l'enfer de Treblinka, des horreurs du nazisme aux ravages du stalinisme, de la lettre écrite par une mère à son fils avant la fin depuis le ghetto de Berditchev à la métamorphose d'un homme ébranlé dans sa foi et qui découvre la liberté et la littérature, c'est une page d'histoire et un témoignage bouleversant sur l'Europe, son histoire, ses échecs, ses trous noirs.

  • La presse naît en ville. Elle diffuse, contredit ou confirme les « rumeurs » et consacre le « fait divers » comme expression de l'ordinaire urbain. Les radios, les télévisions, le Net amplifient cette exploration de la vie citadine en temps réel, tandis que les jeux vidéo permettent à chacun d'imaginer sa ville et d'en être le maître ! Or, la place accordée aux questions urbaines reste marginale et sélective. L'écrasante majorité des médias ignore la critique architecturale tandis que les revues et sites professionnels hésitent entre dithyrambe et publi-reportage. Pourtant la communication est omniprésente, de la presse municipale à la publicité des promoteurs en passant par la com' des starchitectes ! Cet ouvrage est le premier sur les liens entre politiques urbaines, vie citoyenne et data city. Il rassemble les contributions d'analystes renommés et introduit le lecteur dans la « fabrique communicationnelle » du monde des villes.

  • Conférences internationales, controverses scientifiques et débats médiatiques...l'environnement est devenu un enjeu de communication global. C'est à l'étude des différentes formes et évolutions de la communication environnementale, de sa naissance dans les années 1990, sous le coup de catastrophes écologiques à répétition, aux grandes déclarations officielles sans lendemain, que s'attache cet ouvrage entièrement inédit. Du « développement durable » à la « transition écologique », ce nouveau grand récit fédérateur s'intègre désormais dans la démarche marketing des entreprises et dans les politiques des institutions publiques. Il influe sur les positionnements stratégiques des partis politiques et incite à de nouvelles pratiques individuelles. Aux discours de crise axés sur la peur et la responsabilité répond le risque de l'éco-lassitude des uns et de « greenwashing » des autres...

  • Propagande, censure et désinformation d'un côté ; devoir de réserve, secret défense et silence dans les rangs de la « grande muette » d'un autre. Faire la guerre semble condamner la communication des armées à de tels extrêmes. Mais qu'en est-il aujourd'hui, avec l'internet et les réseaux sociaux, l'information continue et les lanceurs d'alerte, et une opinion publique de plus en plus sondée et souveraine ? Parallèlement, la surveillance géopolitique électronique, la numérisation du champ de bataille, l'arrivée des drones, robots et soldats augmentés sur les théâtres d'opérations changent aussi la donne. Reste que la guerre engage toujours et avant tout des relations entre des hommes sur le terrain. Elle est aussi profondément un acte de communication pour être d'abord un dialogue rompu, un affrontement avec l'altérité. Avec, comme horizon, à l'heure de la montée des nationalismes et la multiplication des revendications identitaires, un risque croissant d'incommunication.

  • Pourquoi les cités de la Méditerranée orientale fascinent-elles tant ? En quoi la connaissance d'Alexandrie, de Beyrouth, de Constantinople, d'Odessa, de Salonique et de Smyrne est-elle un sésame indispensable à la compréhension d'un monde essentiellement pluriel dans lequel nos sociétés, issues des premiers États-nations, prennent conscience d'être projetées ? L'histoire de la Smyrne ottomane tardive est exemplaire d'une gestion sociale élaborée impliquant différents groupes humains, aux références religieuses et en partie juridiques divergentes. La pluralité des langues parlées en ville et la diversité des mises vestimentaires donnent au visiteur et au lecteur pressés une impression superficielle de Babel chaotique, alors que les représentations de l'ordre familial et social étaient largement partagées par l'ensemble des Smyrniotes - qu'il s'agisse de citadins grecs, turcs, juifs, arméniens, levantins. La place respective des uns et des autres dans cet arrangement hiérarchisé permettait une cohabitation quotidienne. En fait, c'est avec grand art que les moments de proximité ouverte et ceux d'intimité exclusive étaient agencés dans la cité. La diversité, considérée comme une donnée, fut pourtant perçue par des cercles politiquement actifs de la ville et au-delà comme de moins en moins légitime... Ces sociétés urbaines du siècle passé ne nous offrent donc pas de « plan de route » infaillible pour une coexistence inscrite dans la pluralité. Leur fin, le plus souvent catastrophique - celle de Smyrne fut particulièrement violente et meurtrière -, doit au contraire nous alerter sur les dangers d'une absence de citoyenneté commune dans ces mondes cloisonnés.

  • Voir d'un pays « éloigné » offre toujours des perspectives nouvelles et conduit à envisager autrement problèmes et solutions. Dans le contexte des événements tragiques survenus en 2015 et face à la désaffection du politique que connaît notre pays, ce volume fait appel aux regards d'observateurs étrangers généralement peu sollicités dans les travaux et les études sur les banlieues françaises. Photographes, journalistes, universitaires ou encore chefs d'entreprise pointent ici les problèmes de fond que les exigences de l'actualité occultent souvent. La banalisation du mot « banlieues » cache en effet des pièges et des maux, mais aussi des opportunités et des réussites que souvent nous ne voyons plus. Cet Essentiel, composé entièrement de textes inédits, présente des regards croisés qui contribuent à élargir notre réflexion et invite à comparer pour imaginer différemment le lien social.

  • Longtemps le Maghreb a paru être une simple arrière-cour de l'Europe, une sous-région d'un espace méditerranéen peinant à trouver sa cohésion politique. Les révolutions de l'hiver 2011 ont troublé et redéfini ces rapports anciens. Ce livre propose, au début de ce nouveau cycle de l'histoire, de revenir sur les éléments fondamentaux d'un Maghreb renaissant. En retraçant de manière analytique l'évolution de la région pendant les vingt dernières années, les spécialistes rassemblés ici apportent des éléments d'explication aux carences et dysfonctionnements révélés par les frondes de l'hiver 2011 et prennent en compte les facteurs qui ont contribué à des analyses erronées et biaisées des réalités de ces pays. Ils dévoilent également les dynamiques internes et régionales, les limites et les contraintes qu'elles imposent. L'ouvrage offre également des analyses actualisées des phénomènes migratoires, mais aussi des systèmes d'aide et de partenariat euro-méditerranéen, soulignant la nécessité pour les États du Nord de revoir leur regard sur le Sud. Car ces nations nouvelles, où émergent l'individu et le citoyen, fortes d'une jeunesse décomplexée, disposent de tous les atouts pour entrer de plain-pied dans la mondialisation.

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