Éditions Rivages

  • Si nous menions une vie plus conforme à la nature, nous n'aurions pas besoin de nous défendre du chaud et du froid : elle serait pour nous une nourrice et une amie fidèle, comme elle l'est déjà pour les plantes et les animaux. Si nos corps étaient nourris de substances simples et pures, nous n'aurions pas besoin de plus d'aliments qu'il n'en faut à un rameau sans feuilles, et nous le verrions prospérer comme les arbres, dont même l'hiver favorise la croissance.
    Une intense méditation du jeune Thoreau (1817-1862), mêlant poésie, observation naturaliste et réflexion éthique, sur l'harmonie du monde naturel et la relation que l'homme doit restaurer avec celui-ci, en résistant aux sirènes de la civilisation.

  • Notre capacité à relever le défi climatique et à promouvoir plus de justice envers les autres, y compris envers les animaux, suppose un remaniement profond de nos représentations sur la place de l'humain dans la nature. Dès que nous prenons au sérieux notre vulnérabilité et notre dépendance à l'égard des écosystèmes, nous comprenons que notre habitation de la Terre est toujours une cohabitation avec les autres. Ainsi, l'écologie, la cause animale et le respect dû aux personnes vulnérables ne peuvent être séparés. De plus, la conscience du lien qui nous unit aux autres vivants fait naître en nous le désir de réparer le monde et de transmettre une planète habitable. C'est à cette éthique qui n'a rien à voir avec des injonctions moralisatrices et culpabilisantes que ce recueil ouvre la voie.
    Deux textes inédits

  • L'abondance frugale comme art de vivre. La frugalité fait l'économie de toute consommation non nécessaire. La réhabilitation de la joie de vivre à la base du projet de la décroissance passe largement par celle des saveurs. L'art de bien manger fait partie de cet art de vivre préconisé par la décroissance.

  • "En réunissant ici les chroniques qu'elle a données à Libération, on donne à tous les lecteurs la possibilité de voir comment la psychanalyste et la philosophe a su, dès leur apparition symptômale, déceler les pathologies, les travers, les difficultés que connaît une société, et qui pour se révéler empruntent parfois les voies les plus inattendues." (Robert Maggiori) Toutes les chroniques qu'Anne Dufourmantelle a écrit pour Libération (2015-2017) présentées par Robert Maggiori. Du Taser, à la valeur du travail, des Pokemon ou l'art de l'enfance, on retrouve toute l'acuité et la subtilité qui ont fait son succès.

  • L'histoire a retenu de Gandhi qu'il fut un partisan de la désobéissance civile. Et ce fut bien le cas ! Les écrits d'Henry David Thoreau, inventeur de l'expression, le marquèrent profondément. Cette influence pourtant n'aboutit pas à une simple reprise ou imitation. Gandhi préféra discuter les enjeux de la désobéissance civile et mettre celle-ci en résonance avec sa vision, plus générale, de la résistance non violente : le Satyagraha. Réunissant un ensemble de textes inédits en français, cet ouvrage suit le chemin de la pensée et de l'action du Mahatma. S'efforçant d'en restituer toute l'intelligence, il nous conduit bien au-delà de l'icône muette à laquelle on réduit trop souvent ce grand homme du xxe siècle.
    Inédit

  • Ce livre rassemble deux pamphlets, inédits en français, du grand écrivain anglais Daniel Defoe. Bien que l'un d'entre eux ait été publié la même année que Robinson Crusoé, c'est à mille lieues des îles désertes qu'ils nous conduisent. L'auteur, on le sait peu, fut aussi commerçant et contraint de déclarer banqueroute. Il nous guide au coeur d'un lieu qu'il connaît bien : la City de Londres. Le regard porté sur les affairements dont elle est le théâtre n'a rien de complaisant. L'endroit et les usages indélicats qui y sont monnaie courante sont mis à nu. Le repas des cannibales de Robinson Crusoé fait bien pâle figure à côté du festin des spéculateurs insatiables, qui n'ont de scrupules envers rien ni personne. Écrits il y a de cela trois cents ans, ces pamphlets, encore pleins de verve, ne manquent pas de nous parler. On y retrouve bien des questions demeurées actuelles à propos de la réglementation et du contrôle des marchés ou encore du rôle de l'information et de ses manipulations.

  • Peter Pan - James Matthew Barrie Traduit de l´anglais, préfacé et annoté par Maxime Rovere Editions Rivages Il est le symbole de nos rêves oubliés, l´ennemi acharné de nos compromis, le chantre de nos espoirs déçus, le sursaut invincible de la féerie contre l´esprit de sérieux. A la routine du quotidien, il oppose ses incessantes improvisations, souvent plus sombres que Walt Disney ne les a peintes, mais aussi plus spectaculaires, plus audacieuses, plus incroyables. Adultes ! Vous qui ignorez le langage des étoiles, vous qui n´entendez plus parler les fées, vous qui n´avez ni le courage d´égorger les pirates ni celui de défier les ombres de la nuit, suivez J. M. Barrie par la fenêtre de ce livre. On y redécouvre en volant l´incroyable aventure d´exister. Collection dirigée par Lidia Breda

  • Le bien dans les choses de Emanuele Coccia Traduit de l'italien par Martin Rueff Editions Rivages Regardez les murs de la ville : ils regorgent d´écrits et d´images qui nous disent comment mieux vivre, comment être nous-mêmes, comment devenir moraux. Pour qui sait la regarder, la publicité est porteuse de la morale publique. Si c´est le cas il faut revenir avec plus de soin sur ce qui relie espace public et publicité. Le premier a mobilisé l´attention des philosophes et des sociologues ; la seconde a attiré la foudre des moralistes. Et pourtant, la publicité exprime la morale à venir. Pour le reconnaître, il faut opérer une véritable conversion du regard : la morale n´est pas renfermée dans le rapport que nous entretenons avec les hommes et les femmes qui nous entourent ; elle est aussi, et pour une grande part, dans le rapport que nous avons avec les choses. Emnanuele Coccia est maître de conférences à l´EHESS. Il est l´auteur de La Vie sensible.

  • « La marche est aux loisirs ce que labourer et pêcher est aux travaux industrieux : quelque chose de simple et primitif ; cette activité nous met en contact avec la terre maternelle et la nature élémentaire, elle ne requiert aucun dispositif complexe ni excitation superflue. » De la simple déambulation à la plus aventureuse randonnée, la marche, pour Leslie Stephen, pionnier de l'alpinisme et père de Virginia Woolf, est d'abord et avant tout une activité poétique et philosophique ; un lieu de ressourcement où le marcheur fait l'expérience de sa vitalité. Ce texte est suivi d'un souvenir de Virginia sur son père.

  • Intelligence, psychologie, stratégie, ruse. Si on connaît L'art de la guerre de Sun Tzu, il n'en va pas de même du traité, longtemps jugé comme sulfureux, L'art de la persuasion de Guiguzi qui est son pendant pour la négociation et la diplomatie. Écrit au IVe siècle av. J.-C., en pleine époque des Royaumes combattants, ce texte décrit ordre naturel auquel il est vain de s'opposer mais dont il convient, au contraire, d'identifier les failles et d'épouser les évolutions pour son propre intérêt. En cela, son auteur réussit à être à la fois un maître taoïste, l'anti-Confucius par excellence et le lointain prédécesseur de Machiavel. Deux mille cinq cents ans après son écriture, ce traité reste un document essentiel pour décrypter les jeux de pouvoir, et mieux comprendre la Chine et sa vision des rapports de force. Inédit

  • « La guerre n'est que la poursuite de la politique par d'autres moyens », écrivait au XIXe siècle Clausewitz dans son célèbre traité De la guerre. C'est un principe qu'illustrent plusieurs passages de La Guerre du Péloponnèse, de Thucydide, qui retrace en détail le conflit entre Sparte et Athènes. On découvrira dans ces pages des considérations stratégiques, tactiques, des techniques de combat sur terre comme sur mer, des harangues à la rhétorique imparable, et quelques tableaux de batailles saisissants. Considérant la guerre comme le fruit de lois humaines où n'entre aucune intervention surnaturelle, Thucydide bannit anecdotes, rumeurs et sentimentalisme dans des lignes passionnantes qui n'en frapperont que plus le lecteur d'aujourd'hui.

  • La décroissance entend nous libérer de l'aliénation de l'idolâtrie de la croissance et du marché. Désacraliser la croissance consiste à dévoiler la manière dont a été bricolée sa sacralisation : l'hypostase de l'argent, la théologisation de l'économie, et la création des idoles du progrès, de la science et de la technique. Le projet d'une société alternative soutenable et conviviale, porté par la décroissance, vise à sortir du cauchemar du productivisme et du consumérisme, mais aussi à réenchanter le monde. Il contient donc une dimension éthique et même spirituelle essentielle. Cela en fait-il pour autant une nouvelle religion ? Inédit

  • Six essais, six sujets qui interrogent la surmodernité, et une question : comment se libérer du mythe ? Du rituel et de la passion sportive à la « nature » du paysage, en passant par l'espace public et les non-lieux de nos villes, l'adage selon lequel les amoureux sont seuls au monde, ou des considérations sur l'écriture, Marc Augé explore notre rapport au rite, à la nature, à l'amour et au temps.

  •   À la déshumanisation que le capitalisme propage en désertifiant la planète, l'expérience de sociétés autogérées, comme la ZAD Notre-Dame-des-Landes, oppose l'émergence de terres libres, affranchies du joug de l'État et du système économique qui détermine ses décrets. Ces sociétés sont les seules à pouvoir restaurer le devenir humain d'hommes et de femmes qui, réduits quotidiennement à l'état de marchandise, ont dû jusqu'à ce jour se contenter d'en rêver. Inédit

  • Notre devoir de non-violence doit être, selon Gandhi, étendu aux animaux. Mais pourquoi spécifiquement les vaches ? Dans ce recueil inédit, au-delà du statut particulier de la vache en Inde, c'est en tant qu'ambassadrice des animaux promis à la boucherie que Gandhi s'attache à vouloir la sauver des abattoirs. Question délicate et complexe tant pour les Hindous que les Musulmans, l'abattage des bovins est d'abord et avant tout une question morale. Mais Gandhi ne s'en tient pas là. Il élabore un véritable programme économique de protection des bovidés, par la défense d'une agriculture traditionnelle et par la réorganisation de vieilles institutions charitables. Textes inédits et préface de Florence Burgat.

  • Le code civil dispose de seulement deux catégories : celle des personnes et celle des choses. En janvier 2015, l'Assemblée nationale reconnaît l'animal comme un « être vivant doué de sensibilité ». Malgré cette modification, les animaux font toujours partie de la catégorie juridique des choses. Légalement, ces êtres existent pour servir l'humain, et non de manière intrinsèque. L'animal, comme l'esclave de la Rome antique, appartient à son maître. Il est « le bien d'un autre ». Face à la division entre les personnes et les choses qui gouverne le droit, quelle est la stratégie des défenseurs des droits des animaux ? Quel type de droits réclament-ils et sur quels fondements ? En deux courts essais, Florence Burgat montre comment la notion de « personne » permet de faire évoluer le statut juridique des animaux, vers un plus grand respect. Nul besoin de ressembler à un humain adulte autonome et responsable pour être juridiquement une personne.

  • La quintessence du soi Nouv.

    La «Quintessence du Soi» («Samayas»«?ra») est un texte fondateur. Rédigé en prakrit autour du Ve siècle de notre ère, il invite le lecteur à discerner deux points de vue fondamentaux concernant le soi.
    La vie de l'auteur Kundakunda reste pour le moins légendaire et ses dates sont toujours discutées, situées entre le IIIe et le VIIIe siècle de notre ère. Plus qu'un auteur, le nom de Kundakunda recouvre certainement une école philosophique qui a bâti une réflexion sur l'absolu au sein du jaïnisme digambara. L'oeuvre placée sous ce nom a influencé toute une lignée de penseurs jusqu'à nos jours.

  • Plutarque s'interroge, s'émerveille, devant ce qu'il appelle le courage, la raison ou le plaisir, qui permet à l'homme de tuer puis de manger des animaux. En somme, la question qu'il pose peut s'énoncer de la manière suivante : comment l'homme peut-il jouir de manger de la chair ? Cette question n'est plus religieuse, mais proprement morale. Elle ne concerne plus seulement un certain ordre du monde, un partage entre les animaux, les hommes et les dieux, mais un ordre de la moralité, lié à l'évolution des cultures et des mentalités.

empty