Michel Rautenberg

  • Cet ouvrage, se propose de reprendre, à partir de l'exemple des Monts du Lyonnais, deux des principales questions que se sont posées les ethnologues et les spécialistes de l'habitat rural depuis le début du siècle : comment se constitue un type architectural, particulièrement marqué dans les Monts du Lyonnais - bâtiments disposés en U, aux proportions très régulières, dans lesquels la disposition des pièces et des espaces suivait des règles étonnamment précises et scrupuleusement suivies ? De quelles valeurs sociales procède la maison, et comment relier les formes de l'architecture vernaculaire avec la production symbolique et les usages sociaux ?

  • Le patrimoine est aujourd’hui multiscalaire, présent à toutes les échelles territoriales, depuis le quartier, voire la rue, jusqu’à l’espace globalisé par la mondialisation et le tourisme. Le présent ouvrage invite à une réflexion sur les variations du sens du patrimoine et des dimensions qu’il prend dans diverses situations, de même que sur ses enjeux au point de vue praxéologique ou théorique – particulièrement dans le contexte quotidien. Plutôt que de présenter une succession de cas de patrimonialisation, les auteurs privilégient l’analyse de tensions entre des conceptions patrimoniales issues des milieux territorial, politique ou culturel. Les textes rassemblés ici permettent à ceux qui étudient le patrimoine, qui cherchent à le protéger ou qui, simplement, s’y intéressent, d’explorer :
    - les discordances entre des perceptions du patrimoine et des modes de gestion de cet héritage 
    - les différenciations linguistiques des représentations et des cultures différenciées du patrimoine 
    - la transformation de la notion et des objets patrimoniaux sur un territoire ou au sein d’une communauté 
    - la perméabilité des conceptions du patrimoine entretenues par des communautés culturelles variées.

    Né d’une volonté d’explorer les conceptions du patrimoine, cet ouvrage nous entraîne ainsi aux confins et dans les confins de cette notion.
    Martin Drouin est professeur au Département d’études urbaines et touristiques de l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (ESG UQAM).
    Lucie K. Morisset est professeure au Département d’études urbaines et touristiques à l’ESG UQAM et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain.
    Michel Rautenberg est professeur de sociologie à l’Université Jean Monnet Saint-Étienne et membre du Centre Max Weber.

  • Depuis quelques années, la Bulgarie s'est progressivement réorganisée autour d'institutions publiques en voie de rénovation et d'une économie qui donne des signes d'encouragement depuis la grave crise de l'hiver 1996-97. Les restaurants sont pleins et les boutiques d'habillement se multiplient dans les centres-villes rénovés. Pourtant les Bulgares restent souvent pessimistes. Cet ouvrage apporte éclairages et analyses sur l'histoire et la situation économique et sociale de ce pays.

  • Que signifie l'investissement actuel pour une campagne chargée de réassurer nos identités ? Étant de plus en plus nombreux à être citadins, ne s'agit-il donc là pour nous que d'une nostalgie ? Les ethnologues, géographes et sociologues dont les travaux sont rassemblés dans ce volume montrent la complexité du phénomène. S'il est vrai que la patrimonialisation de la campagne peut parfois prendre çà et là des accents passéistes, il ne s'agit que d'un effet trompeur. Dans ces reconquêtes, il ne s'agit pas seulement pour les ruraux de témoigner des valeurs qui les ont fait tenir ; il s'agit aussi, pour une société toute entière (anciens et nouveaux habitants), de se réapproprier un bien commun à partir de projets tournés vers l'avenir. Une multitude d'acteurs - associations, élus, techniciens, agriculteurs, entreprises agroalimentaires, professionnels du tourisme ou de la culture - débattent, à travers la « mise en patrimoine » d'un territoire, d'un foie gras, d'une race domestique, d'un champagne ou d'un savoir-faire..., d'autres types de rapport au monde (à l'espace, au temps, à l'habiter, au corps...) qu'il convient d'instituer. Et, patrimoine ne rimant ni avec « folklore » ni avec fermeture sur soi, ces articles démontrent que, pour y réussir, ce sont les avis de ces acteurs qu'il convient, avant tout, de prendre en compte. Cet ouvrage est issu d'un programme de recherche collectif financé par la mission du Patrimoine ethnologique du ministère de la Culture en 1994 et 1995 et intitulé « Nouveaux usages de la campagne et patrimoine ». Il est le résultat d'une animation scientifique qui, outre les responsables de la présente publication, a mobilisé sous l'autorité de la mission du Patrimoine ethnologique de nombreuses personnalités de la recherche et de la valorisation des territoires ruraux. Citons ceux qui nous ont accompagné dans la rédaction des textes de l'appel d'offres et dans les séminaires organisés aux Moussières et à Die : Noël Barbe, Jean Davallon, Françoise Dubost, Thierry Geffray, Philippe Goergen, Pierre-Antoine Landel, François Portet, Yvon Lamy, Bernadette Lizet, André Pitte. Qu'ils soient tous ici chaleureusement remerciés.

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