Marie-Christine Arbour

  • Alice est une femme brisée : après avoir vu son ami d'enfance mourir, elle perd un homme aimé à outrance. Ayant à peine connu son père, son point d'appui demeure sa mère, une femme forte qui l'a maintes fois soutenue. Tentée pourtant par l'exil, elle accepte un poste de traductrice à Vancouver. Là, Alice fait la rencontre de Doug, un compositeur excentrique avec qui elle vit une histoire décevante, à la suite de quoi elle choisit la solitude. Rejetant les lieux communs du capitalisme, elle commence à fréquenter un magasin délabré tenu par un Chinois. Alice voit d'abord en ce dernier un homme anonyme vaguement réfractaire, mais ressent bientôt pour lui une attirance incontrôlable : cet homme, Will, est d'une beauté dangereuse.
    Commence alors une autre histoire : Alice s'identifie à lui jusqu'à la perte d'elle-même, jusqu'à l'abjection. Mais Will sait la récupérer au moment où elle cherche la mort. Il lui offre beauté et simplicité. Il lui montre la voie de l'illumination. Et Alice, au terme d'une épuration personnelle, entendra à sa manière le chant du monde.

  • Nous sommes en 1977. Il est possible de rêver de pays inconnus et de peuples authentiques aux moeurs radicalement différentes. L'exotisme vient avec sa part de mystère. À quarante ans, Leucid Roy, un citadin endurci qui travaille dans une boîte de nuit, décide sur un coup de tête de se lancer dans un périple équatorien qui va l'amener, jusque dans la jungle amazonienne. Il « cherche le choc qui lui donnera une seconde envolée ». « Tu es fou », lui dit-on. Mais Leucid veut aller loin, très loin. Il part donc avec un guide et cinq autres voyageurs.
    Bidonvilles, montagnes majestueuses, jungle incoercible : Leucid n'anticipait pas tant de décadence, la beauté côtoyant les pires laideurs. Et en s'enfonçant dans la jungle, les points de repère tombent, tous se sentent perdus, de plus en plus troublés par les dangers qu'ils affrontent : araignées, serpents, maladies et, bien sûr, angoisse. Confinés dans une hutte, ils dépendent entièrement des Indiens pour survivre. Les sensations s'exacerbent, le temps ralentit ; le quotidien est constamment à réinventer. Tous malades les uns après les autres, ils seront bien vite confrontés à la mort, laquelle dans ce pays n'est que peccadille.

  • À la mort de son père, un écrivain presque quinquagénaire, intellectuel, un peu perdu et psychologiquement troublé, et qui n'a jamais vraiment réussi à faire publier ses écrits, se voit accorder deux millions de dollars en héritage à la condition d'accomplir douze travaux, comme Hercule. Le héros (du roman !) doit s'engager dans des aventures qui semblent toutes plus loufoques les unes que les autres. Mais quel est donc le but de toutes ces épreuves bizarres ?
    On est alors entraîné dans une sorte de voyage initiatique qui part de Montréal pour se rendre ensuite à New York, Paris et Vancouver. Une histoire folle et démesurée qui oblige notre héros à s'adapter à des situations cocasses et à se découvrir des capacités jusque-là insoupçonnées.

  • Le mensonge et la vérité ont souvent une même odeur et une même saveur. La mort, le rêve, la trahison ou l'espoir ne tombent pas avec évidence d'un côté ou de l'autre de la frontière. La vérité, qu'on pourrait croire pure et translucide comme le cristal, a pourtant des crocs et des griffes. Le mensonge, qu'on imagine cruel comme l'oeil de Satan, a parfois la douceur de la soie. Dans les textes de ce numéro, on verra nos sens nous tromper, nos souvenirs être falsifiés, le rêve et la mort semer le doute, les pouvoirs médiatiques s'élever en dignes représentants de la vérité. Avec les contributions de Marie-Christine Arbour, Patrick Brisebois, Maude Déry, Carl-Keven Korb, Diane-Ischa Ross et Ghislain Taschereau, entre autres.

  • On pourrait être tenté de penser qu'entre toutes les sciences, ce sont les austères mathématiques qui sont les plus éloignées et les plus étrangères aux littéraires. Et, à première vue, il semble bien que ce soit le cas : la mathophobie des littéraires est généralement avérée et les mathématiques pourraient bien, comme le faisait remarquer Boris Vian, être une des rares - voire la seule - discipline dont on avoue avec fierté être ignorant: « Moi, les maths, j'y ai jamais rien compris! » Mais à y regarder de plus près, les choses sont loin d'être aussi tranchées : entre ce sous-continent du continent sciences appelé mathématiques et le continent littéraire, des ponts qui permettent de passer d'un monde à l'autre ont été construits et sont fréquentés. Les auteurs des textes réunis ici vous invitent à franchir avec eux ces ponts - et, pour certains d'entre eux, à en franchir plus d'un à la fois !
    - Normand Baillargeon

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