Seuil

  • À la suite du succès de La revanche des nuls en orthographe (70 000 exemplaires vendus), Anne-Marie Gaignard, coach en orthographe et spécialiste des apprentissages, s'attaque à la question de la mémoire dans l'acquisition des savoirs et dans notre vie quotidienne.
    Cataloguée « cancre » durant toute sa scolarité, Anne-Marie a été, comme beaucoup, une élève qui malgré de gros efforts fut incapable de retenir la moindre leçon, comme si sa tête était un égouttoir. Pourtant, dès son premier emploi, elle a réussi à enregistrer facilement une somme prodigieuse de données techniques très précises. Son secret ? Elle regroupe les éléments à retenir par groupe de sept. Elle remarque aussi qu'un certain nombre de techniques toute simples stimulent sa mémoire (maîtriser sa respiration, apprendre en bougeant, classer les contenus et les mémoriser dans le sens des aiguilles d'une montre etc.). Autant d'observations empiriques qu'elle a ensuite confrontées avec des données glanées auprès des meilleurs spécialistes du cerveau.
    Il existe en fait trois types de mémoire (visuelle, auditive, kynesthésique ou du geste). Chacun d'entre nous possède une mémoire de prédilection qu'il faudrait identifier le plus tôt possible pour s'assurer un apprentissage durable. Tout rabâchage oral est par exemple vain pour Anne-Marie dont la mémoire est principalement kynesthésique.
    Grâce aux conseils de l'auteure, vous ne craindrez plus de perdre vos mots en public, et vous retiendrez avec une facilité déconcertante leçons, discours, listes de courses, et poésie selon les besoins qui se présentent à vous.

  • Le pain est en France le symbole du produit simple et naturel. Qui songerait à demander à son boulanger de justifier la provenance de la farine ou la nature de la levure ?
    Pourtant, la plupart des pains que nous mangeons sont le résultat d'une standardisation dangereuse pour le goût et notre santé. Depuis une dizaine d'années, l'industrialisation s'accélère sous la pression des grands moulins et des nouvelles chaînes de boulangeries.
    Par une série de reportages vivants, Marie Astier explore les coulisses d'un univers méconnu, racontant les acteurs d'une longue chaîne allant du produit fini aux semences de blé. Pour la première fois, elle dresse le panorama des modes anciens et nouveaux de fabrication du pain : manipulations des farines, teneur et dosage du gluten, additifs et mélanges prêts à l'emploi qu'utilisent les boulangers, mais aussi modes de production alternatifs. Avec des surprises, car le mauvais pain n'est pas toujours celui qu'on croit.
    Cette enquête inattendue nous fait découvrir les secrets d'un aliment aussi négligé qu'essentiel. Elle ouvre de croustillante façon le débat sur les nouvelles voies du bien-manger.
    Marie Astier, née en 1987, est l' un des piliers du quotidien en ligne Reporterre. Passionnée par les questions d'alimentation, elle met son métier au service de ses engagements.
    Ce livre est édité en partenariat avec Reporterre, le quotidien de l'écologie sur Internet.
    www.reporterre.net: les solutions et les combats pour protéger l'environnement.

  • On a beaucoup parlé des perdants de la mondialisation ; il est temps de se pencher sur les vaincus de la compétition scolaire. C'est ce que font les deux sociologues François Dubet et Marie-Duru Bellat dans cet essai qui défend l'idée d'une trahison du système scolaire.
    Car si le populisme sonne à nos portes, si les passions tristes comme la haine et le ressentiment fleurissent, c'est aussi parce que l'école n'a pas tenu ses promesses. La massification scolaire qui s'ouvre au début des années 1960 a longtemps été associée à l'espoir d'égalité des chances et de progrès de l'esprit démocratique.
    Or les auteurs démontrent qu'aucun de ces engagements n'a été tenu : l'école a généré de nouvelles formes d'inégalités, plus subtiles. La hausse du niveau de diplômes n'a pas assuré à tous une meilleure insertion professionnelle, et l'ascenseur social donne au contraire le sentiment d'être en panne. Enfin, loin de faire progresser la confiance envers les institutions démocratiques, l'école nourrit chez les perdants de la compétition scolaire le ressentiment : ceux qui pensent que l'école les a méprisés et exclus finissent par rejeter les valeurs démocratiques qu'elle promeut. Le succès de l'autoritarisme, de la démagogie et de l'indifférence politique en témoignent.
    Bref, le long processus de massification scolaire n'a pas eu que des conséquences heureuses. L'identification des progrès de la scolarisation à ceux de la démocratie ne va plus de soi. Il faut donc changer profondément de point de vue sur l'école pour défendre la cohésion sociale et la démocratie.

  • L'épidémie de coronavirus et l'expérience du confinement généralisé ont confronté notre pays à une épreuve inédite et singulière. Fait social total, la propagation du virus a mis à l'arrêt l'économie, bouleversé l'agenda gouvernemental et notre vie quotidienne.
    Durant cette période très particulière, l'IFOP, à l'initiative de Jérôme Fourquet, a réalisé une série d'enquêtes quantitatives visant à donner la mesure du niveau d'inquiétude de la population, du jugement porté par elle sur l'action des pouvoirs publics et de la façon dont ont été appliquées les consignes sanitaires. Mais, parallèlement à cette batterie d'enquêtes inédites, l'institut a également déployé, avec Le Point et la Fondation Jean-Jaurès, un dispositif d'observation au long cours : 33 Françaises et Français de toutes conditions, de tous âges et régions ont été suivis par l'équipe d'enquêteurs pendant plusieurs semaines.

    Comment les Français ont-ils réagi à l'évolution de l'épidémie et quelles sont leurs attentes maintenant ? Cadre télétravaillant depuis l'île de Ré versus caissière aux avant-postes, jusqu'à quel point le confinement a-t-il constitué une épreuve partagée et comment les différences ont-elles été appréhendées ? L'épidémie et le confinement ont-ils raffermi le sentiment d'appartenance collective ou exacerbé les fractures déjà à l'oeuvre ? En d'autres termes, le Covid-19 a-t-il joué le rôle d'antidote ou de révélateur de l'« archipelisation » de la société française ?
    L'état d'esprit dans lequel les Français abordent la nouvelle phase de l'épreuve sanitaire a mûri dans le secret du confinement. Mais c'est bien lui qui déterminera la séquence dans laquelle nous entrons maintenant.

  • Qu'est-ce que voir? Qu'est-ce que dire ce que l'on voit? Qu'est-ce que faire voir? Qui dit ce qu'il faut voir? Cette étude tente de dégager l'économie propre à l'image dans le marché des visibilités auquel tout concourt aujourd'hui à la réduire.
    Toute image ne fait-elle pas le deuil de son objet? Comment se construit la légitimité et le sens du jugement portant sur des objets "iconiques" qui sont des figures émotionnelles? La passion de l'image est indissociable en Occident du destin iconique de la Passion christique. Cette passion ne s'est pas contentée d'articuler l'image à la doctrine de l'incarnation, elle a aussi fait l'objet d'un traitement institutionnel. Le vocabulaire de la chair s'est trouvé lié au lexique du corps de l'Église et, par la suite, à celui de tous les pouvoirs fondés sur l'adhésion et la soumission des regards.
    Décider d'une image est l'affaire d'un commerce, celui des êtres de parole qui ne cessent de faire circuler tous les signes qui produisent un monde commun. L'économie du visible est un choix politique, celui du partage des goûts et des dégoûts, donc des formes sensibles où se jouent les figures de l'amour et de la haine, donc d'une humanité qui reste toujours à construire.

  • Comment parlerions-nous français aujourd'hui si nous n'étions un tantinet polyglottes ? Si nous n'avions emprunté du vocabulaire à nos cousins européens – italiens, espagnols, allemands, néerlandais, anglais...
    Si nous devions nous passer de ces mots du bout du monde – persans, amérindiens, asiatiques...
    Ces milliers de mots débarqués dans notre langue, mâchés de bouche en bouche, nous les avons fait nôtres.
    Marie Treps a tenté, au fil des pages, de rendre à chacun sa couleur propre, son parfum singulier. Ces mots migrants, qui ont parfois l'air de bons vieux mots français, ouvrent nos imaginaires à la différence, ils nous rappellent sans cesse qu'ailleurs existe, que l'autre existe.

  • Pour comprendre les mécanismes sociaux et idéologiques qui ont porté puis maintenu les Carolingiens au pouvoir, leur histoire est racontée depuis le principat de Charles Martel (années 710) jusqu'au moment où le dernier héritier est écarté du trône (991).
    L'empire carolingien est le cadre spatial de cette histoire, même si elle est écrite du point de vue de la Francie occidentale : c'est là en effet que le gouvernement carolingien expérimente des solutions politiques innovantes et durables, comme les principautés.
    Une initiation indispensable à un chapitre majeur de l'histoire médiévale, avec de nombreux extraits de sources traduites, un lexique, des cartes et des généalogies.
    Ancienne élève de la rue d'Ulm, agrégée et docteur en histoire, Marie-Céline Isaïa est maître de conférences à l'Université Lyon3, et membre du CIHAM-UMR 5648. Elle consacre ses recherches à l'histoire des textes (hagiographie et historiographie) et à l'ecclésiologie en Occident avant le XIIe siècle.

  • Il suffit de rappeler le poids des médias aujourd'hui pour convenir que l'image st noter destin. Mais sait-on quand et comment s'est noué ce destin ?
    Ce livre nous fait remonter aux sources mêmes de l'imaginaire contemporain, à la crise de l'iconoclasme byzantin aux VIIIe et Ixe siècles. Cette convulsion historique, qui s'acheva officiellement en 843, mit l'Église en demeure de produire une doctrine philosophique de l'image invisible qui la mette à l'abri de tout soupçon d'idolâtrie, tout en fondant une stratégie pédagogique et politique de l'icône visible au service de son pouvoir temporel. Le concept majeur et étonnamment moderne qui soutient cet immense dispositif est le concept d'économie.
    On ne trouvera pas ici le ton néo-spiritualiste du " tout-à-l'icône ", devenu très en vogue dès qu'on parle d'art, d'image de Dieu, d'image de l'autre ou de la nouvelle face du monde slave.
    Nouvel artefact de la " présence " et des espoirs de salut, l'icône doit retrouver (par-delà les effets de mode) les assises de sa vraie puissance spéculative et politique, celle qui lui vient de la pensée patristique.

  • D'autres enfants jouent au papa et à la maman. Moi, j'allais apporter un colis à mon mari l'ours en peluche, prisonnier derrière les barreaux de la chaise. Pour faire comme ma mère. Elle, l'épouse d'Albert B., bras droit de Doriot au PPF pendant la guerre... Albert, mon père, collabo, condamné à perpétuité à la Libération. Toi, passionné de l'antibolchevisme, éternel absent, qui étais-tu vraiment ?
    Romancière, Marie Chaix est née à Lyon en 1942. Elle a obtenu le prix des Maisons de la Presse pour Les Lauriers du lac de Constance, biographie romancée de son père. L'Été du sureau est disponible en Points.
    " Un récit sobre, pudique, bouleversant, une écriture salvatrice. "
    L'Express

  • Il ne saurait y avoir de " portrait complet " de Denis Roche. Pourquoi ? En raison de sa mobilité extrême, de la multiplicité des positions qu'il a occupées successivement ou simultanément : écrivain et photographe, éditeur et traducteur, poète et post-poète. Parfait dandy révolté, érudit désinvolte, promeneur solitaire, amoureux absolu, créateur de formes. Il est peu d'œuvre aussi stratégiquement déterminée que la sienne mais en même temps aussi fougueusement improvisée. Ennemi irréductible du lyrisme des " poètes ", il est aussi le plus lyrique des artistes. Le plus radical et le plus véhément. Son influence est décisive, à la mesure de son indifférence à l'exercer. On tente ici d'en restituer tout le plus vif.
    Cette biographie intellectuelle de Jean-Marie Gleize a été récompensée par une mention spéciale du jury Médicis, Denis Roche ayant été à l'origine du prix Médicis essais.
    Une mention spéciale du Jury du prix Médicis a été attribuée à Jean-Marie Gleize pour sa biographie intellectuelle de Denis Roche, initiateur du prix Médicis essais.

  • Mai 2017, entre l'élection présidentielle et les législatives, une sociologue et un photographe se mettent en route, sac au dos, pour un voyage le long de la ligne B du RER, de Roissy à Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Ils reviennent sur les pas de François Maspero et Anaïk Frantz qui, trente ans plus tôt, alors que la France découvrait le " mal des banlieues ", allaient voir la " vraie vie " autour de la capitale. Ce livre est le récit de leur traversée de territoires injustement réduits à des poncifs sur le béton, la pauvreté, l'islam ou l'insécurité.
    Des agriculteurs chinois installés à quelques kilomètres de l'aéroport de Roissy, des familles turques pique-niquant dans un parc un dimanche ensoleillé, des commerçants sikhs proposant l'hospitalité de leur lieu de culte, des catholiques polonais réunis après la messe du dimanche, un rappeur s'opposant à son père congolais sur l'héritage colonial, des résidents de quartiers pavillonnaires jouxtant les tours d'habitat social... Au fil de ces rencontres apparaît une mosaïque méconnue, travaillée par l'histoire, la mondialisation et les ancrages locaux.
    Se dessine aussi peu à peu un paysage urbain où la nature s'obstine et qui ne cesse d'affronter les multiples tentatives de mise en ordre engagées depuis plus d'un siècle, dont le Grand Paris, annoncé sur des panneaux de chantier omniprésents, trace aujourd'hui le nouvel horizon.
    Sociologue, professeure d'études urbaines à l'université Paris-Ouest-Nanterre, Marie-Hélène Bacqué a vécu dans la banlieue nord, y a travaillé, et n'a cessé depuis d'y revenir, de s'y mobiliser, de la scruter.
    Photographe, André Mérian, habite à Marseille et, de l'extérieur du périphérique parisien, ne connaissait que les images approximatives des grands ensembles, des autoroutes et des centres commerciaux.

  • Soifs

    Marie-Claire Blais

    Décembre 1999. Une île aux abords du golfe du Mexique. Renata est convalescente. Pendant les trois jours et les trois nuits de fête où l'on célèbre la mise au monde d'un enfant et la fin d'un siècle, dans cette île qui pourrait être Key West, ou la Jamaïque, des êtres se croisent, se rapprochent, puis s'éloignent à nouveau, comme des vagues qui roulent et se déroulent : des riches et des pauvres, des artistes des enfants, des jeunes sur qui plane la menace du Sida, un juge, des boat-people.
    Toute une humanité qui, comme Renata, partage les même soifs : de plaisirs, d'ivresse, mais aussi de justice.

  • Une vision commune voudrait que l'éducation scolaire contribue à créer des sociétés meilleures. Mais comment l'école aurait-elle la capacité quasi miraculeuse de transformer la société ? Plutôt que de croire ou non à ses vertus, les sociologues François Dubet, Marie Duru-Bellat et Antoine Vérétout ont cherché à comprendre, en comparant les sociétés et les systèmes éducatifs d'une trentaine de pays, par quels mécanismes et sous quelles conditions l'école affecte positivement la société. Ni le déterminisme fataliste de la simple reproduction sociale, ni le volontarisme héroïque d'une école capable de changer le monde ne résistent aux faits.
    Comment les sociétés utilisent-elles les qualifications scolaires ? Quelle est l' emprise du diplôme sur l'emploi et sur la position sociale ? C'est de ce choix politique que dépend le rôle de l'école dans la société. Quand un pays considère que le diplôme doit déterminer strictement la position sociale, la lutte pour son obtention pèse lourdement sur le système scolaire, au détriment de sa dimension éducative et culturelle. Trop d'école tue l'école. À l'opposé, quand un pays croit moins à l'école, il développe d'autres systèmes d'accès à l'emploi, le jeu scolaire y est plus détendu, mais la société crée d'autres inégalités. C'est dans le jeu de ces deux mécanismes que se tiennent les différences entre les sociétés et c'est en agissant sur cette charnière que les politiques peuvent corriger les inégalités.
    François Dubet est professeur à l'université de Bordeaux 2 et à l'EHESS. Dernier ouvrage paru : Les Places et les Chances (Seuil/La République des idées, 2010).
    Marie Duru-Bellat est professeur à Sciences Po et chercheur à l'Observatoire sociologique du changement. Dernier ouvrage paru : Le Mérite contre la justice (Presses de Sciences Po. 2009)
    Antoine Vérétout est ingénieur d'études au LAPSAC-université de Bordeaux 2. Ses travaux portent sur les questions de travail et d'emploi.

  • Le roman traditionnel a longtemps puisé dans le réel vécu de ses auteurs, le racontant, le transposant, le dissimulant, le triturant, le torturant, le sublimant. Cela s'est fait, et continue à se faire de nos jours, d'innombrables manières.
    La narratrice de La Mezzanine, Catarina Quia, a joué, elle, " franc jeu ". Elle n'a rien censuré ou déformé des circonstances terribles dont elle entreprenait, par la fiction, de se libérer. L'audace est grande, avant tout formelle : ne pas dissimuler le contexte proprement infernal de la composition.
    [...] Comme dans le roman médiéval, les noms des personnages sont lourds de sens. Le nom du personnage principal, surtout s'il envahit le titre, pèse. Le lecteur le reçoit en pleine lecture et ses yeux s'y heurtent sur les pages. Il est impossible de ne pas s'émerveiller de son étrangeté, de sa singularité.
    " Quia ". Qu'est-ce que ce nom ? Il est prélevé tel quel d'un mot latin ; dont le sens est " parce que ". Catarina Quia est l'auteur " parce que ".
    Peut-être " parce qu'il en est ainsi ". Peut-être : " parce qu'elle s'explique ".
    [...] La Mezzanine. Le dernier récit de Catarina Quia est une étrange, une surprenante, une paradoxale réussite.
    Jacques Roubaud

  • Entre dîners chics et cabines de plage, la petite ville de la côte d'Opale est le lieu le plus prisé du couple élyséen. Est-ce bien raisonnable d'en faire le poste d'observation favori pour prendre le pouls du pays ?

    A un peu plus de deux heures de Paris, Le Touquet, station balnéaire élégante et discrète, est devenue l'annexe privée de l'Elysée où Brigitte se ressource avec ses petits-enfants et où Emmanuel aime à se retirer lorsqu'il veut fuir les tourments de son mandat.

    Le Touquet, c'est là que Brigitte a passé toutes ses vacances dans la belle maison de famille avant d'y épouser son premier mari, puis le second, le jeune Emmanuel, lui-même tombé amoureux du lieu. C'est là que le candidat à l'Elysée écrit en 2016, Révolution, le livre de son ascension vers le pouvoir... Et c'est là, quand le vent tourne, que le président se réfugie pour manger des crêpes ou jouer au tennis avec son ami Stan, 78 ans, ancien ouvrier d'Usinor reconverti en moniteur de tennis. Où donc, enfin, le président et son épouse sont-ils allés se faire acclamer par leurs fans agglutinés juste avant que le Covid 19 ne fige le pays dans le confinement ? Au Touquet, bien sûr... un certain dimanche de mars et de scrutin municipal.

    Petit paradis sous cloche et décor privilégié du storytelling présidentiel, le Touquet est la pièce manquante indispensable pour bien comprendre les Macron.

  • Le 23 janvier 1917, une grève spontanée d'ouvrières du textile entraîne les métallos voisins et les partis révolutionnaires réticents, et débouche sur l'abdication du tsar et la constitution du premier soviet. Les femmes accèdent soudain à des fonctions dirigeantes.
    Premier livre à s'intéresser à leur rôle dans la révolution russe, le travail de Jean-Jacques Marie brosse une galerie de portraits hauts en couleur, mais surtout éclaire la façon dont l'émancipation des femmes est intimement liée à la rupture historique de 1905-1917. Il retrace cette lutte, ses avancées, décrit ses égéries et le changement de mœurs qu'elles imposèrent. Il permet ainsi de dégager quelques grandes figures de femmes révolutionnaires, des héroïnes populistes – troquant la volonté utopique d' " instruire le peuple " contre la tentative d'abattre les dignitaires du régime (Sofia Perovskaia, Vera Figner) – aux respectueuses pétitionnaires fusillées ou sabrées du Dimanche rouge. Il revient sur le passage de l'acte individuel héroïque à l'action collective dans un monde soudain en mouvement (Maria Spiridonova, Inessa Armand, Alexandra Kollontaï), mais aussi sur le choc de la mobilisation et de la guerre.
    Qu'elles soient commissaire aux armées, théoricienne, agitatrice, chef de guerre, journaliste engagée, terroriste ou à la tête de bandes insurgées, l'irruption de ces femmes accompagne un changement législatif et social radical, du droit de vote et de l'éligibilité à toutes les fonctions au droit à l'avortement, immenses avancées vers l'égalité qui furent, comme tant d'autres, piétinées par Staline.
    Jean-Jacques Marie est un des plus grands historiens du communisme. Il est l'auteur de grandes biographies (Lénine, Trotsky, Staline, Béria...) et a notamment publié au Seuil Le Fils oublié de Trotsky (2012).


  • Tarnac sera le nom d'un récit intérieur et communautaire.
    Le bruit de nos voix entre les arbres. La politique autrement.
    La question révolutionnaire est désormais une question musicale.
    Jean-Marie Gleize

  • Aden

    Anne-Marie Garat

    Aden. Aden Seliani est entré par effraction dans la mémoire d'un cerveau informatique. Il n'en sortira qu'au prix d'un voyage vers lui-même, longtemps différé. Entre Paris, où il vit, New York et la banlieue de son enfance, Villeneuve-Saint-Georges, trois jours et trois nuits d'allers et retours urbains anarchiques, qui sont aussi un déplacement entre l'histoire de l'Europe contemporaine et sa propre histoire de fils d'immigrés, pleines du bruit des guerres, dans le nuage atomique du siècle. Il marche, il prend des métros, des trains de banlieue, croise des êtres aussi divisés que lui, prisonniers des frontières intérieures et orphelins de la mémoire : Iana, sa mère mourante, et son mari Otar ; Owen l'Américain ; Kerin, l'Irlandaise ; Li Song et son père ; et le professeur du collège qui rôde dans la gare...
    Mais il n'y a d'autre ailleurs à espérer que nous-mêmes.
    A travers le roman de Aden Seliani, cet homme "qui a atrocement mal et oublie chaque jour de s'en souvenir", Anne-Marie Garat nous donne un livre d'une pénétration et d'une force singulières sur la condition contemporaine. Comment, cahoté par l'histoire, privé un peu plus chaque jour de repères et de véritable langage, s'adopter soi-même pour pouvoir à nouveau partager ?

  • " À la fin du mois d'août 2001, alors que je suis installée dans mon bureau, au premier étage de la maison d'édition où je travaille, ma vie bascule. Littéralement, elle tombe par terre. " Finie, l'assurance aveugle de durer toujours. Finis, le jeu social et ses divertissements. Fini, le confort d'une société construite par et pour ceux qui vont bien. Est-ce la fin de tout ? Non. Car dans l'expérience extraordinairement violente qui consiste à affronter l'idée de sa propre disparition, on apprend beaucoup. Sur la force des instants. Sur le courage et la fragilité. Sur les puissances de l'amitié. Et sur notre capacité à rire. De tout.
    La vie est une maladie mortelle. Mais c'est la vie. Marie Desplechin et Lydie - Violet ont écrit ce livre ensemble, pendant de longs mois, sans certitude de jamais le terminer. Ni entretien, ni témoignage, ni récit à deux voix, c'est, à force d'écoute et de partage, un livre où le " je " qui s'exprime est celui d'un seul auteur.

  • La révolution technologique dont l'imprimante 3D n'est qu'un des vecteurs les plus médiatiques a d'abord été portée dans des espaces qui ressemblent davantage à des garages qu'à des laboratoires de pointe. Animés par une même volonté de bricoler, détourner, récupérer, inventer, leurs promoteurs, les makers, sont à l'origine d'un mouvement culturel de transformation, par la pratique, des manières de faire, de produire, de consommer et d'apprendre. En expérimentant des formes inédites de fabrication par soi-même des biens de consommation, inspirées par un principe de libre accès aux outils et aux savoirs, ils ambitionnent de transformer leur environnement, leur vie quotidienne, voire la société tout entière.
    Cet ouvrage, issu d'une enquête au long cours, nous ouvre les portes d'une trentaine de hackerspaces, fab labs, hacklabs et autres tiers-lieux en France et à l'étranger (Allemagne, États-Unis, Sénégal) afin de comprendre ce que font concrètement les makers et l'impact de leur action sur le travail, l'économie, l'écologie, la formation, le droit, l'art ou les sociabilités.
    En analysant les valeurs communes comme les tensions qui structurent le monde du " faire ensemble ", il prend au sérieux ses promesses de rupture avec le capitalisme et l'ordre industriel dominant pour les interroger. À quelles conditions ces nouveaux modèles de travail et de coopération constituent-ils une alternative durable pour la société de demain ?
    Isabelle Berrebi-Hoffmann, chercheure au CNRS, Marie-Christine Bureau, chercheure au CNRS, et Michel Lallement, professeur du Cnam, sont sociologues et membres du Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (LISE-Cnam-CNRS).

  • La viticulture française a dominé historiquement le marché mondial avec ses grands crus et sa recherche de l'" excellence ". Elle traverse depuis quelques années une crise inédite. Pour comprendre ce phénomène, faut-il opposer les pays du Nouveau Monde aux producteurs traditionnels ? Les enjeux de la concurrence internationale sont-ils réductibles à une guerre des prix ?
    À partir d'une analyse alliant enquête ethnographique et démarche sociologique, Marie-France Garcia-Parpet montre comment les batailles de classement sont au cœur des transformations récentes du marché mondial de ce produit et dans quelle mesure les " ressources " mobilisées dans cette compétition vont bien au-delà de l'investissement d'entrepreneurs individuels et de l'intervention de l'État dans la construction du marché. Les caractéristiques sociales des agents économiques, leur style de vie, les modes de socialisation des consommateurs et les stratégies commerciales associées sont autant de variables essentielles pour rendre raison de cette compétition mondialisée.
    En cela, la portée de cet ouvrage dépasse le cas du marché du vin : elle s'étend à la plupart des marchés dont le fonctionnement repose sur une logique de qualification d'excellence.
    Marie-France Garcia-Parpet est chercheur à l'Inra. Elle a enseigné à l'université de Rio de Janeiro de 1977 à 1994.

  • Nous construisons des cabanes. Nous nous déplaçons.
    Nous sommes invisibles.
    Comme les anges, nous n'avons pas de noms.
    Nous avons tous le même nom.
    Nous habitons vos ruines, mais.
    Nous appelons une révolution possible.
    Nous écrivons logiques & politiques.

  • Freud fanfaronna longtemps : lui savait, disait-il, ce que veulent les femmes. Il y mit un nom : le Penisneid. Elles envient ce qui leur fait défaut : le sexe du mâle.
    Brusquement, en 1923, il ne sait plus. Et puis, deux ans plus tard, il avoue qu'il s'est trompé trente ans durant. A l'origine, il n'y a pas l'envie du pénis, il y a l'amour pour la mère.
    Ce grand tournant, on n'en avait pas, jusqu'à présent, mesuré l'ampleur. Freud lui-même en avait gommé le relief.
    Pour la première fois, un livre reconstitue l'extraordinaire débat du maître avec lui-même, et avec ses élèves. Une communauté de travail restée clandestine sort de l'ombre. Un autre Freud apparaît, éloigné de tout dogmatisme, engagé dans un dialogue passionnant avec les femmes psychanalystes, qui lui démontrent, cas à l'appui, l'homosexualité de la petite fille.
    Sur ce chemin, Marie-Christine Hamon rencontre Lacan...
    Marie-Christine Hamon est psychanalyste. Elle a réuni et présenté les textes de Féminité Mascarade (Seuil, 1994) où sont traduits les textes ici commentés, ainsi que Les Introuvables et Les " Comme Si " de Helene Deutsch (Seuil, 2000 et 2007).

  • Eutopia

    Jean-Marie Defossez

    Dans un gigantesque dôme, appelé Eutopia, vivent quelques milliers d'individus ultra privilégiés. Rendus immortels par des réincarnations successives, leur vie est dédiée aux loisirs et à l'insouciance. Depuis son dernier "transfert corporel", Orian n'est pas serein. Sa vie paradisiaque l'ennuie et il ne peut s'empêcher de tout remettre en question. Alors qu'il s'apprête à entamer à nouveau une relation idyllique avec Tiris, comme il en a été décidé par le Conseil Supérieur Scientifique, le bonheur d'Eutopia lui semble soudain étrange, factice.
    À l'extérieur d'Eutopia, la Terre est devenue un immense désert brûlant depuis la destruction de la couche d'ozone. Les HomGM qui y survivent sont chargés d'alimenter la cité d'Eutopia en bléGM, seule source d'énergie encore disponible. Ils reçoivent en échange d'heures de travail des rations de nourriture et, si besoin, une substance les protégeant de leur environnement.
    Pour les eutopiens qui ne les rencontrent jamais, ce ne sont pas des humains mais des machines. Alors, quand une femelle HomGM fait irruption dans l'appartement du jeune couple, traquée par des robots C-Hérès, c'est le déclic. Orian ne comprend encore rien, mais il est sûr d'une chose : ces HomGM sont bien humains et ils ont besoin d'aide...
    Entre science-fiction et dystopie, la prise de conscience d'un jeune homme face à une société basée sur le mensonge et l'illusion. Une fable humaniste, moderne et écologiste.

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