Grasset

  • Un vieux luthier Italien au XVIIème siècle, un tsigane orphelin qui vit de sa musique sur les chemins de la France des années 30, une jeune femme bohème qui rêve de voir un jour ses toiles exposées dans le Paris contemporain et un PDG infatigable dont le coeur n'est touché que par les airs classiques qui résonnent dans son bureau new-yorkais  : si différents soient-ils, ces quatre personnages ont en commun, un objet, le violon.
    Giuseppe lui a consacré sa vie, penché sur son établi jour après jour pour le compte d'un célèbre atelier italien  ; un drame va le pousser à sortir de sa solitude et à transmettre son art à un jeune apprenti pour tenter de réaliser l'instrument parfait. Lazlo joue sans cesse de celui qu'il a reçu en seul héritage  ; son incroyable talent lui permet d'en vivre et d'espérer un jour gagner cette Amérique dont on lui parle tant, et vers laquelle on le suivra. Lucie se voit obligée de reprendre sa vie en main pour vendre l'instrument que sa grand-mère musicienne lui a confié afin de lui permettre d'acheter le matériel nécessaire à la préparation de sa première exposition. Un projet qui la mènera de Londres à Vichy, mais surtout loin de ses peurs. Et Charles se met à enquêter sur les traces de violons mystérieusement signés pour conquérir une musicienne qui a su, par son art, ré-enchanter son existence jusqu'ici réduite à des chiffres et des contrats. Il redécouvrira dans cette aventure les plaisirs simples de joies qui ne s'achètent pas.
    De 1630 à nos jours en passant par l'entre-deux guerres, de la Lombardie aux gratte-ciels de New-York en passant par Paris et la Camargue, Marie Charvet lie ces quatre destins pour révéler l'âme d'un violon unique qui changera à jamais la destinée de nos quatre personnages.
    En lutherie, l' « âme du violon » désigne l'ultime pièce que dépose l'artisan au coeur de l'instrument et qui détermine sa sonorité et sa vibration. Dans ce roman choral, musical et léger, conçu comme une fugue à quatre voix et dont les chapitres déroulent en alternance les vies de chaque personnage, elle permet à l'auteur de faire résonner ensemble trois époques, plusieurs cultures et d'accorder ces destins bouleversés par un même instrument.
     

  • Le 27 octobre 2015, Magali Laurent attend impatiemment le retour de sa petite fille de trois ans, partie en vacances avec son père en Tunisie. Soudain, un coup de fil fait basculer son monde  : Magali apprend que son ex-mari est en réalité en Turquie, et qu'il compte aller en Syrie pour rejoindre Daech. Affolée, effarée, elle comprend qu'il la manipulait depuis des mois, préparant secrètement son départ pour le djihad, jusqu'à enlever leur fille.  
    La vie de Magali bascule dans un univers qui ressemblerait au Bureau des légendes s'il n'était pas d'une tragique réalité. Terrorisme, combattants étrangers en Syrie, communications cryptées et législation complexe... Elle est immergée dans le quotidien des services antiterroristes, bien que se trouvant vouée à l'attente dans l'espoir d'un signe de Lila.
    Et pourtant, l'histoire avait commencé de façon si banale... Un coup de foudre amoureux près de Tunis, sept ans de relation, le mariage, puis la naissance de Lila. Même si Magali et son mari finissent par se séparer, il se révèle un père aimant auquel elle confie souvent sa fille... Sauf que, pendant ce temps, il lui dissimule sa plongée dans l'islam radical.
    «  J'ai mis au monde un enfant pour lui faire vivre l'enfer  », dit aujourd'hui Magali Laurent, qui ignore où est sa fille. Mais après avoir traversé l'enfer, elle a décidé de vivre malgré tout. Aujourd'hui maman d'une deuxième petite fille, elle continue à espérer, à se battre. C'est aussi pour cela qu'elle a décidé de se livrer.
    Pour laisser une trace à Lila, dans l'espoir qu'elle soit vivante, et qu'elle puisse un jour lire cette histoire, son histoire. Et pour laisser une trace de Lila, sa fille qu'elle a parfois revue via des communications vidéo sur Skype, sa petite fille déjà voilée, en Syrie, qui implorait sa mère de venir la rejoindre... Avant que les contacts soient définitivement rompus en 2017.
      D'une dignité, d'une force et d'une honnêteté remarquables, Magali Laurent ne cache rien. De ses doutes et de ses souffrances, mais aussi de la culpabilité et des interrogations qui la rongent. Par-delà le drame effrayant qui est le sien, elle délivre un exceptionnel message d'humanité. Puisse Lila le découvrir un jour.

  • Livre-cri, livre-coup, d'une sincérité violente, impudique et sans concession, ce récit ne ressemble à aucun autre. Ce n'est pas la première fois qu'une femme raconte une crise intime, mais jamais on avait osé employer comme elle le fait " les mots pour le dire ", les mots vrais, les mots interdits, les mots qui délivrent.
    Sujette à des troubles dont tout lecteur et toute lectrice ressentiront aussitôt comme en eux-mêmes l'insupportable chaîne, la jeune femme que nous découvrons ici est un être physiquement et moralement désemparé, au bord de la folie, presque du suicide. Jusqu'au jour où elle décide de confier son destin à un psychanalyste.
    Alors, au fil des séances, nous remontons avec elle le chemin de sa vie, dont les étapes s'éclairent les unes après les autres : le divorce des parents, la mort du père, les traumatismes de la sexualité infantile, l'adolescence dans une Algérie en guerre et, par-dessus tout, l'ultime souvenir arraché aux ténèbres du refoulement, cet aveu d'une mère, qui est peut-être l'origine de tout le mal.
    Avec un acharnement qui vient à bout de toutes ses résistances intérieures, la narratrice nous découvre son passé et se découvre à lui. Au terme de son récit elle s'apercevra qu'elle est délivrée de ses angoisses et qu'elle peut recommencer à vivre avec son mari et ses enfants, enfin elle-même à nouveau.
    Mêlant la confession romanesque et le procédé moderne de la cure analytique, Marie Cardinal nous fait vivre à travers son héroïne une extraordinaire expérience. C'est un livre grave que celui-ci, un document-vérité, bouleversant de naturel, en même temps que l'itinéraire étonnant d'une guérison par le courage et la lucide volonté de se vaincre soi-même. Et cette délivrance sera celle des mots, car c'est en les nommant qu'on tue les phantasmes.
    Il s'agit d'un cas, vécu, particulièrement pénible, mais la leçon magistrale que nous donne Marie Cardinal vaut pour chacun de nous. Fasciné, on ne pourra plus échapper : la puissance du livre où se manifestent avec tant d'évidence, le tempérament d'une femme et le talent d'écrivain.

  • Contestant à la science (Darwin, Freud...) la capacité de parler d'autre chose que des objets du monde, Marie Balmary part à la recherche des origines de l'être parlant. Cette nouvelle visite, de la langue de nos mythes fondateurs à nos deux genèses (celle de l'humanité et celle du fils de l'Homme) conduit l'auteur à lire dans le texte biblique lui-même la révélation du sujet commun créé, s'éveillant à lui-même par la reconnaissance de l'autre dans le lieu qu'offre à leur alliance la loi symbolique. La pratique de la cure par la parole aura alors d'autres fondations que la théorie scientifique.

  • Marie Balmary applique à Freud lui-même la démarche qu'il suivait avec ses patients. Sa méthode, des Grecs à la Bible, de la vie de Freud à ses écrits, est fidèlement freudienne. Elle nous convie à une reconsidération de tout l'édifice psychanalytique.

  • « Nous nous sommes tout de suite reconnues, et il était écrit que j'allais obéir à tes ordres muets. »
    C'est l'histoire de deux soeurs que dix-neuf années séparent. La plus jeune bouleverse par sa naissance inattendue la vie de la grande, jeune fille extravagante et tourmentée, victime des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Devenue adulte, la petite raconte la vie de son aînée, sa joie, ses jeux délirants, sa « folie » puis son errance, entre séjours à l'hôpital et brefs retours dans la maison familiale.
    Qui est donc cette « étrange soeur » ? De quel mal souffre-t-elle vraiment ? Un doute habite depuis toujours la narratrice, et l'hypothèse formulée à la mort de son aînée sonne comme une révélation et une délivrance.

  • L'amitié en politique existe-t-elle ? Nombreux sont ceux qui en doutent. Que reste-t-il du  désintéressement et de la permanence au pays des rivalités et des revirements sans frein ? Etudier l'amitié en politique revient à se pencher sur un sentiment pur dans un monde impur. Mais l'amitié, ce lien rare, ce mot galvaudé, possède ses parts d'ombre et la politique ses accès de sincérité. L'amitié n'est ni le  compagnonnage, ni la  camaraderie, ni la sympathie, ni la  fraternité, ni le copinage. C'est en revanche un sentiment totalement tourné vers l'autre, comme devrait l'être la politique. Il semblait logique de passer de l'autre côté de l'image publique et de demander à des hommes et des femmes politiques de  livrer leur vision de l'amitié et leur version d'une amitié. Ainsi Edouard Philippe explique pourquoi il tient l'amitié en politique en haute considération. Pierre Moscovici raconte une amitié loyale, une autre trahie, une dernière inexistante.  François Hollande revient sur ses liens avec ses premiers ministres. Bruno Le Maire analyse pourquoi l'amitié en  politique mène inexorablement à des blessures.  Aquilino Morelle compare deux figures tout à fait opposées. Patrick Stefanini se plonge dans une histoire compliquée avec Alain Juppé. Bernard Cazeneuve explique pourquoi il est resté loyal à François Hollande. Sylvain Fort livre une vision sans fard des liens humains en  politique et Anne Hommel raconte, pour la première fois, son long cheminement auprès de  Dominique Strauss-Kahn et ce qu'il en reste. 
    Un livre sur l'amitié vire-t-il parfois à un livre sur l'inimitié ? Les amitiés sont des histoires qui comportent ruptures, malentendus, trahisons, réconciliations.  Aussi le récit possède-t-il ses  fantômes (Dominique Strauss-Kahn), ses figures de référence (François Mitterrand et Lionel Jospin), ses absents (Jérôme Cahuzac). L'amitié achoppe sur deux écueils omniprésents en politique : la  hiérarchie et la rivalité. L'amitié entre Sébastien Lecornu et Gérald Darmanin survivra-t-elle à la compétition de leurs ambitions ? L'amitié entre Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux est-elle un exemple de pure loyauté ou un simple lien de  subordination ? 
    Marie-Laure Delorme a choisi la forme du portrait car nos amis sont un reflet de nous-mêmes.  Elle a rencontré, pour des témoignages inédits, François Hollande,  Edouard Philippe, Brice Hortefeux, Sylvain Fort, Marielle de Sarnez, François Bayrou, Patrick Stefanini, Pierre Moscovici,  Bruno Le Maire, Bernard  Cazeneuve, Gilles Boyer, Anne Hommel,  Sébastien Lecornu, Aquilino Morelle. « J'ai tenté de montrer que nos décisions quant au juste et à l'injuste dépendront de quelle compagnie nous choisissons, de ceux avec qui nous  souhaitons passer notre vie  », écrit Hannah Arendt.  L'amitié est un choix, une élection, une affinité. Nos amitiés sont de chair et non de papier. Elles nous engagent dans le monde. Avec qui voulons-nous  vivre ?

  • Pourquoi le dieu de la Genèse refuse-t-il l'offrande de Caïn alors que celle d'Abel est agréée ?
    Cette énigme est le point de départ de la recherche menée par Marie Balmary dans ce livre. Un travail d'élucidation conduit comme une enquête qui, en plus d'être passionnant, renverse un certain nombre d'idées reçues. Par exemple, que le "péché originel" invoqué comme justification de nos souffrances ne figure pas dans le texte de la Genèse et que le mot "faute" désigne ce qui menace l'homme et non ce qu'il commet...
    S'opère ainsi un véritable changement de perspective. Plutôt qu'un paradis perdu, l'Eden n'est-il pas le lieu de l'épreuve première, d'abord trop difficile, par laquelle les créatures humaines accèdent à la parole, la filiation, la fraternité ?
    Marie Balmary est psychanalyste. Elle est l'auteur de trois essais capitaux : L'Homme aux statues (Grasset, 1979), Le Sacrifice interdit (Grasset, 1986), La Divine origine (Grasset, 1993).

  • Au collège de Nouméa, Théa Forestier n'est pas une élève comme les autres. Elle a quinze ans à peine. Mais sous sa robe à smocks, son visage lisse et sa frange bien nette se cache un petit carnassier cruel. Son frère et elle s'aiment à la vie, à la mort. Avec Isabelle Demur, sa meilleure amie, elles veulent tout partager. Tout, tout de suite. Ivre de sensations nouvelles, elle joue la passion, la haine, la souffrance, la peur, le plaisir. Elle humilie son amoureux, terrorise Isabelle. Cachée derrière les bougainvillées, elle espionne sa mère qui, tous les matins, disparaît pour d'étranges promenades à cheval. Chronique tumultueuse du monde des colonies à l'heure où la IVe République agonise, le Bal du Gouverneur en restitue la violence, la sensualité et les sortilèges. Vous y apprendrez les mille et une manières d'utiliser une bicyclette, la valeur inestimable des cagous - ces oiseaux qui aboient -, comment les cornes de nacre repoussent les requins-marteaux, comment une adolescente peut, seule, neutraliser un phare, comment on tue des "bagnards" avant l'arrivée du ministre...et comment on peut - presque - mourir d'amour.

  • Voici un récit peu commun, écrit avec la simplicité, la franchise et l'impartialité d'un témoignage. Une femme de quarante ans raconte sa vie avec ses trois enfants, dans l'appartement parisien qu'elle a ouvert à tous leurs amis. La clé reste en permanence sur la porte ; chacun entre, sort, campe à sa guise : une expérience communautaire à base de totale liberté. Dans ce caravansérail hippie défilent une foule de jeunes, stables ou éphémères, nommés ou anonymes, sains ou drogués, tous en quête de cette communication fraternelle qu'ils ne trouvent pas dans l'univers bourgeois de leurs familles.
    Monde fermé et strict d'autrefois contre monde libre et ouvert d'aujourd'hui ; obéissance aux valeurs contre flottement anarchique ; course à la réussite contre refus de la réussite ; solitude laborieuse contre fraternité chaleureuse ; tels sont les thèmes sur lesquels Marie Cardinal nous invite à nous interroger dans ce livre personnel et passionné, riche d'humour comme d'émotion. La clé sur la porte est le roman grave et pittoresque de la jeunesse actuelle, écrit par une aînée qui sait être une complice.

  • À première vue, un jeune homme un peu las de la vie qu'il mène depuis trois ans avec Jeanne. Et une rencontre : Théa. À seconde vue, on se demande si ce n'est pas plutôt Charles, l'amant de Théa, qui compte pour ce Daniel Dongris. À troisième vue on s'aperçoit que, décidé, comme il dit, à être peintre, Daniel n'a jamais peint une seule toile et peut-être n'arrivera jamais à peindre. Alors, s'agit-il d'un nouveau témoignage sur le mal de vivre ? Le " ton " Banier justifierait-il à lui seul ce livre ?
    En réalité, Jeanne, Théa, Charles, la peinture, rien de cela n'est bien important. Toutes ces apparences de sujets servent à cacher le sujet. Dans son premier roman, les Résidences secondaires, François-Marie Banier avait déjà réussi à éluder ce qu'il avait à dire, avec la gaieté trompeuse du fantaisiste. Dans le Passé composé, il y avait bien une passion, une vraie, mais des deux héros l'un se punissait en se tuant et l'autre en perdant la raison. Aujourd'hui, l'auteur ne cherche plus ni à amuser ni à troubler : le comble du désenchantement, ou le comble de l'espoir.
    Daniel ? Quelqu'un qui se cherche, qui cherche sa vérité à travers les faux-semblants de l'amour. Mais peut-on se trouver ? Qui peut-on trouver en soi qui ne soit pas l'éternel petit garçon que précisément il faut fuir ? L'enfance, les souvenirs brisés d'une enfance incomplète hantent ce livre triste comme les échos d'un chant de Mahler ; et on comprend pour finir quel courage il a fallu à l'auteur pour inscrire au début de son roman ces quatre mots que toute l'histoire racontée désavoue, ces quatre mots magiques jetés comme un propitiatoire talisman : " la tête la première ".

  • Ils ont choisi la nuit est un livre sur la tentation du suicide et sur le suicide lui-même. Il analyse ce " mal " qui habite et frappe aussi bien les adolescents que les adultes et les vieilles personnes. Jean-Marie Rouart avoue : le suicide m'a longtemps habité, comme une obsession. Comme une maladie, dont j'ai mis des années à guérir. Et d'évoquer ses frères et soeurs par le suicide enlevé, Romain Gary, Drieu la Rochelle, Jean Seberg, Stefan Zweig, Hemingway, Jack London. Ou encore ceux, qui comme Benjamin Constant, Maupassant et Napoléon, avaient une âme suicidaire.
    Livre de littérature, donc. Et livre fort, d'une nouveauté absolue. Et pour une autre raison aussi que cette galerie jamais vue des grands noms. Il se trouve que Jean-Marie Rouart se met à nu, raconte la tentation du suicide en lui, provoquée par son " mal de vivre ", ses échecs amoureux, sa peur d'écrire.
    Un livre bouleversant.

  • La République est un trop beau combat pour que l'on consente à la voir confisquée par un étrange parti qui va de Jean-Pierre Chevènement à Charles Pasqua, en passant par Max Gallo, Régis Debray, Pierre Bourdieu ou Philippe Séguin.
    Cat telle est la leçon que ces bons maîtres voudraient nous inculquer : la France, c'est la République jacobine recyclée par l'Empire ; ce modèle serait aujourd'hui le seul rempart contre l'horreur économique du capitalisme mondial : et quiconque - fût-ce par Corse interposée - écornerait l'Etat-Nation un et indivisible nous livrerait à la férocité du marché.
    Et si le véritable risque n'était pas là ? Et s'il était moins dans l'autonomie des régions, ou dans le pouvoir nouveau des juges, que dans l'assoupissement nostalgique d'une France rêvée ? Entre le nihilisme moral et la restauration jacobine, entre les chimères de la pensée identitaire et la résurrection d'un néo-bonapartisme, il y a place pour les héritiers d'une tradition girondine, qui entendraient rénover et refonder une République inachevée.
    En revisitant la question corse comme miroir et lapsus du modèle français, Jean-Marie Colombani remonte au coeur du malaise politique contemporain et propose une certaine idée de la République - démocrate, plurielle et girondine.

  • Les pièces:
    Rue de Babylone
    Tard dans la nuit, début janvier, à Paris. Un homme, directeur de journal, rentre dans le bel immeuble haussmannien où il habite. Un sans-abri empêche la lourde porte vitrée de se refermer. Une rencontre commence, là, dans ce hall d'immeuble. Parce que l'homme n'a pas sommeil, et que, chez lui, sa femme et ses enfants dorment paisiblement, que tout repose, il laisse la conversation s'engager.
    Or, l'un a l'air d'en savoir plus sur l'autre que prévu. Malgré les apparences, seraient-ils plus liés qu'ils ne pensent ?
    Où il apparaît que le vie des autres est au moins aussi complexe que la sienne propre.

    Les Grecs
    A quarante ans, H. et L. forment un couple encore jeune, l'oeil vif, le pelage luisant. Ils vivent avec leurs deux jeunes fils dans une belle maison d'architecte, près de Paris. Ce samedi soir, ils reçoivent à dîner leur ami A., plus exactement le meilleur ami d'adolescence de L., retrouvé depuis peu, avec qui ils sympathisent tous deux.
    Les enfants sont couchés et le dîner se termine. La conversation s'est engagée sur les héros de L'Iliade d'Homère. Sous le couvert des références littéraires, A. se révèle partisan de la guerre. La guerre contre Troie. La guerre contre l'ordre établi. La guerre contre la famille et contre le couple.
    A. et L. s'étaient connus en Grèce, lorsqu'ils avaient dix-huit ans. Ils avaient été brièvement amants, à l'époque, avant que le goût d'A. ne se fixe sur les garçons.
    La vie les a séparés. Ils se revoient depuis quelques mois, par la rencontre coïncidente d'H. avec A., et d'un rapport de désir souterrain qui existe entre les deux hommes, à l'insu de L.
    Sous l'effet de la boisson et de la frustration à l'image de ce couple « parfait » A. se déchaîne contre L., qu'il traite de bourgeoise puritaine et coincée, sous ses dehors progressistes. Furieuse, L. monte se coucher. Ivre, affalé dans le canapé, H. invite alors A. à lui faire une fellation.
    Survient alors O., un jeune Algérien sans-papiers qui a suivi A. chez ses amis. Il est hébergé chez A. depuis quelques semaines. Ils ont une relation sado-maso, purement sexuelle pour A., et assez sentimentale pour O. qui rêve d'une vie de couple avec son ami français, avec les avantages que cela pourrait procurer...
    En chroniquant le glissement progressif de la culture au sexe, du sexe au sentiment, du sentiment à la famille, Les Grecs dynamite l'hypocrisie, les mensonges et les malentendus sur lesquels repose la famille dite « nucléaire ».

  • L'été. Dans une villa du Cap-Ferrat à l'abri des regards... La belle imposture que leur histoire d'amour, cette illusion volontaire qui les tient rassemblés, tendus l'un vers l'autre, ces deux héros que tout sépare... Camille sort à peine du lycée, Jonas est un acteur célèbre. Elle l'accable de ses railleries, de son savoir tout neuf, et le comble de son corps d'enfant. Il a peur des microbes, de la mer, et feint de ne pas comprendre Shakespeare. Mais il règne. Sur le coeur de Camille, sur une faune d'amis courtisans et sur le monde alentour qui s'exclame à son passage. Qui viendra dénouer, dans l'écho lointain de la guerre d'Algérie, leurs liens secrets par la force affirmée d'une imposture plus folle encore ?

  • L'héroïne de ce roman est la fille d'un homme politique prestigieux, et l'épouse d'un jeune loup déjà ministre, promis à un avenir fulgurant. Pourtant, cette femme ne se sent pas aimée. Plus grave, elle a le sentiment que son mari, Paul, ne l'a épousée que pour bénéficier du prestige de son beau-père. Elle songe à divorcer lorsque Paul est terrassé par une crise cardiaque... Commence alors une passionnante enquête. Est-il certain que Paul n'était guidé que par son ambition ? Ne voulait-il pas plutôt épargner à son épouse quelques vérités embarrassantes sur son intouchable beau-père ? Et qu'y a-t-il au juste dans ces documents qu'il conserve précieusement dans un coffre - dont l'héroïne découvrira le contenu avec effroi ? Ce roman décrit ainsi les coulisses balzaciennes de la vie politique. Il raconte surtout comment une femme s'avise, trop tard, qu'elle était aimée par l'homme dont elle avait cru percevoir l'indifférence...

  • Baron
    Jean est dramaturge. La dernière pièce qu'il a composée s'appelle Baron, et met en scène un épisode contesté de la vie de Molière : sa rencontre et sa relation avec Michel Baron, qui deviendra l'acteur vedette de sa troupe.
    Blanche, la femme de Jean, est actrice. Elle tient le rôle vedette de la pièce de Thomas Knaben, metteur en scène d'avant-garde. Blanche délaisse son mari, en refusant d'interpréter le rôle d'Armande Béjart dans Baron, pour se consacrer à la pièce de Knaben. Michel, jeune comédien, vient au contraire de quitter la pièce du metteur en scène d'avant garde, pour jouer Baron, un rôle qui lui était comme destiné.
    Jean se retrouve dans la même situation que Molière : il est jaloux de sa femme et donnerait n'importe quoi pour qu'elle revienne ; en même temps, il éprouve une véritable fascination pour Michel, devenu son amant...

    Commentaire d'amour
    Mathilde et Guillaume sont amis de longue date. Tous deux sont hauts fonctionnaires, l'une à Bruxelles, l'autre à Paris. Ils se voient régulièrement pour un moment privilégié de confidences entre amis... Guillaume est homosexuel et vient de perdre son compagnon.
    Pourtant un matin, dans un hôtel en Normandie, Mathilde est surprise d'apprendre que Guillaume est amoureux d'une femme, qu'il va l'épouser. La passion que Mathilde nourrit envers Guillaume prend alors tout son sens ; jalouse, elle va tout faire pour ruiner la nouvelle vie de son « meilleur ami ». Son entreprise machiavélique est une réussite, mais Guillaume, divorcé, ne tombe pas pour autant amoureux d'elle...

  • « Le 8 mai 1975, je vois le jour, moi Marie Alicia Eugénie Charlotte Blandine, seconde fille du duc et de la duchesse de Noailles. Trente ans plus tard, je choisis la vie. Je m'arrache à l'alcool, à l'herbe, à la cocaïne, à ces dépendances qui, depuis quinze ans, me possèdent et me consument. À moi la libération. Le 29 mars, date de mon retour parmi les vivants, où que je sois, je m'agenouille et je prie Dieu, dont je ne suis pas sûre de connaître le nom. Je m'appelle Marie, j'ai deux anniversaires et une seule vie. Que j'ai failli perdre et choisi de sauver. Je suis née deux fois. »M. de N. 
    Jolie jeune femme, issue d'une des plus grandes familles de France, Marie de Noailles découvre la drogue à treize ans, une nuit d'extase et de mauvais hasard. Enfant choyée, drôle, flottante, éperdue de tristesse, elle s'essaye à tous les cachets, à toutes les boissons. A toutes les rencontres. Pendant des années, elle traverse la nuit parisienne, ses figures, ses âmes damnées, ses secrets. Blonde, dévastée, elle vole, elle ment, toujours plus accro. Une longue chute impossible à arrêter.
    A presque trente ans, méconnaissable, usée, Marie de Noailles est placée par sa famille  dans un centre au Royaume Uni, qui pratique la méthode « Minnesota ». Une tentative ultime, violente et radicale. Marie change, se sauve, devient à son tour psychologue et soigne désormais des patients, souvent fameux, venant du monde entier pour la rencontrer. Un récit magnifique, intime et littéraire, qui ne perce pas l'énigme de l'addiction mais l'approche, avec pureté et douceur. 

  • « Il y a quelques années, j'ai lu Les mots pour le dire de Marie Cardinal. Plus que l'enthousiasme de la personne qui m'a conseillé ce livre, c'est son titre qui m'a persuadée : cinq mots pris à Boileau qui décrivent clairement tout le programme et l'ambition d'un romancier. Pourtant Cardinal n'avait pas projeté une fiction :; il s'agissait de documenter sa folie, sa thérapie et le processus complexe de sa guérison dans une langue aussi exacte et évocatrice que possible, afin de rendre accessible à autrui son expérience et ce qu'elle en avait elle-même compris. Un genre de récit où la vie semble venir se mouler de façon saisissante dans certaines sortes de psychanalyse. Et Cardinal a réussi de manière idéale à restituer l'"histoire profonde" de sa vie. »Toni Morrison

  • "J'ai toujours recherché les forêts les plus sombres où la main de l'autre me conduit quand je ferme les yeux." Qui conduit Louise Mollier, la narratrice, dans la forêt, lieu du premier abandon ? C'est d'abord sa mère puis un homme, Vincent. En exil à Vienne, elle exerce son métier d'antiquaire. Qu'a-t-elle voulu fuir ? Louise qui joue à se souvenir pour oublier est une manipulatrice d'elle-même. Tout lui est prétexte à évocation. Après le suicide de sa mère, Louise a dû apprendre à se recomposer. Salvateurs, les objets, les nourritures et la chair fondent son équilibre parce que "l'amour élève ou abaisse et l'amour physique fait tenir debout".

  • Premier acte : une femme de cinquante ans offre à ses deux enfants une moto. Elle les voit, dès le lendemain, écrasés dans un épouvantable accident. Douleur. Horreur. Drame de la culpabilité.
    Deuxième acte : la même femme - que ses broderies ont rendue célèbre - part d'une maison au bord de la mer ruminer son chagrin. Au fil de sa méditation, d'étranges images venues du fond des âges et du coeur de sa propre mémoire la hantent. C'est son père, mort pourtant depuis longtemps, qui est soudain là, près d'elle, petit enfant du début du siècle cherchant l'aventure dans l'Algérie d'avant-hier. Souvenir. Généalogies. Poème de la filiation.
    Troisième acte : et puis voilà qu'un beau matin, entre l'évier de la cuisine et le carrelage de la salle de bains, survient Clytemnestre. Oui, la Clytemnestre de la mythologie grecque. La mère d'Iphigénie. La meurtrière d'Agamemnon son mari, qu'assassineront en retour ses propres enfants. Elle dialogue familièrement avec la narratrice. Drame de la responsabilité. Surgissement du mythe. Les dieux sont dans la cuisine. L'une des plus hautes figures de la mémoire occidentale est mêlée à la plus humble quotidienneté.
    En réalité c'est tout le problème de la famille que Marie Cardinal évoque. Les drames de la maternité et de la filiation. Les questions les plus obscures qui se posent, depuis l'origine, à l'humanité. Ecrit dans une langue somptueusement colorée et sur un rythme narratif endiablé qui l'emporte vers sa fin, ce livre de passion est aussi un grand roman métaphysique.

  • Pourquoi Elsa Labbé a-t-elle, soudain, choisi de raconter sa vie à un inconnu ? Tout semblait pourtant en paix, dans le destin de cette femme de quarante-huit ans : son métier de psychologue la passionne ; elle adore sa fille ; elle ne doute pas, de surcroît, que le savoir puisse résoudre la plupart des désarrois qui risquent, à l'occasion, de tourmenter l'ordre d'une vie. Elsa va découvrir que sa fille se drogue, qu'elle est presque perdue - mais est-ce la véritable raison de son trouble ? Bientôt, Elsa sera précipitée contre elle-même, contre un passé négligé qui se venge. Dans cette aventure, Elsa rencontrera des complices et des fantômes. Elle apprendra que la passion et l'émotion ne se laissent jamais soumettre. Elle apprendra que la passion et l'émotion ne se laissent jamais soumettre. Elle apprendra surtout qu'il faut parfois consentir à leurs débordements, à leurs grands désordres, afin de s'accepter, dans la douleur des renaissances, telle qu'on est.

  • A force d'observer ses plantes, ses arbres, ses oiseaux, ses écureuils et autres taupes, après des tâtonnements et des tentatives plus ou moins heureuses, Anne-Marie Koenig a eu envie d'écrire cette succession de petits textes qui racontent de quels soins elle entoure ses clématites, ses potirons, ses roses, ses radis ou ses pivoines, avec quel amour elle guette la croissance d'un arbre fruitier ou la démarche hésitante d'un hérisson, attentive et modeste car "la nature a des mystères plus vastes que les miens". C'est ainsi qu'au fil de ce texte-promenade se tisse une relation de tendresse avec tout ce qui constitue ce jardin : "Mon refuge quand décidément tout va si mal.".

  • Depuis qu'une Bédouine lui a prédit le destin d'une " étoile filante " qui terminera sa trajectoire dans l'eau, Amal al-Attrach, devenue la célèbre chanteuse Asmahane, brûle sa vie dans Le Caire de l'entre-deux-guerres, parcourant les chemins de Jérusalem et de Damas, à la recherche d'ivresses qui accélèrent la prédiction de la voyante. Syrienne, fille et nièce de féroces opposants au mandat français, Amal grandit au Caire dans la précarité et commence très jeune à chanter dans les bars mal famés, jusqu'au jour où le roi Farouk s'intéresse à elle. Fouad, le frère aîné d'Amal, anticipant l'égarement de sa soeur dans ce " Caire dépravé " lui fait épouser son cousin Hassan al-Attrach, dont elle a une fille. Après huit années austères dans cette région volcanique du sud de Damas, le djebel Druze, elle s'enfuit à l'âge de vingt-sept ans pour retrouver le Caire. Contemporaine d'Oum Kalsoum, elle évolue dans les mêmes cercles, et partage avec elle professeurs et compositeurs. Elles sont rivales. Asmahane se retrouve encore une fois chantant devant le roi et sa muse. Cette fois elle prend pour amant le chambellan du roi, le tout-puissant Mohamad Hassanein pacha, amant attitré de la reine mère, Nazli. Une autre rivalité surgit. La reine mère, folle de jalousie, s'acharne à faire expulser Asmahane d'Egypte... Pendant trois ans, Asmahane a recours à toutes les ruses pour échapper à l'expulsion. Mais la reine mère s'obstine. Asmahane continue à chanter, essayant par tous les moyens de guérir son mal de vivre...

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