Eres

  • Pierre Bruno compte pour la psychanalyse. Il n'a cessé d'explorer cette aventure singulière qui devrait être toujours « autre » pour perdurer. Des analystes d'horizons différents débattent de ses contributions relatives à la place que le discours analytique doit faire à la politique (la Cité).

    En effet, le Discours analytique progresse grâce au travail des psychanalystes qui s'en laissent enseigner. D'où l'intérêt de se lire entre psychanalystes, ou avec d'autres qui s'y intéressent, et d'initier des controverses comme il n'en existe plus dans cette discipline, parfois sclérosée par les pentes institutionnelles et l'entre soi.

    A partir de cinq ouvrages de Pierre Bruno organisés autour de l'élucidation des problèmes cruciaux de la psychanalyse - fin de l'analyse, passe, père réel,... -, les auteurs extraient une méthode qui s'appuie sur les ressources théoriques de Freud et Lacan et sur la clinique. Se vérifie alors, au-delà des divergences institutionnelles, que la psychanalyse s'adresse à tout un chacun et présente un enjeu politique pour notre temps.

  • Cet ouvrage issu d'une recherche participative croisant les réflexions entre chercheurs et acteurs associatifs de divers secteurs (culture, défense des droits, éducation populaire, social...) propose un ensemble d'analyses originales pour penser l'avenir du monde associatif.

    Deux scénarios contrastés sont ainsi envisagés. L'un pointe les limites qui entravent son action ou peuvent l'affaiblir (la néo-philanthropie, la marchandisation, la managérialisation...). Le second relève les dynamiques à approfondir ou à mettre en oeuvre pour affirmer le potentiel transformateur des associations (travail sur leur fonctionnement interne, synergies au sein de l'économie sociale et solidaire, approches par le commun, coconstruction de l'action publique...).

    Ici, nulle naïveté ou idéalisation des associations mais le constat de l'importance des mouvements citoyens pour éviter l'isolement et le désarroi qui font le lit de l'autoritarisme et menacent la démocratie. La défense de celle-ci passe en effet par la multiplication des espaces de délibération et d'action. Cet ouvrage se veut avant tout un outil à mobiliser pour alimenter les débats en leur sein.


    Pourquoi ce livre ? - Interviews croisées de deux co-coordinateurs de l'ouvrage : Jean-Louis Laville et Patrica Coler

  • De nombreux rites, traditions populaires et dictons anciens illustrent la redoutable proximité entre le moment de la naissance et celui de la mort, et attestent de la conscience du danger qui menace la future mère et son enfant. Mort de la mère qui ne verra pas grandir son enfant, mort-né qui n'a pas eu le temps de naître, mort du nouveau-né qui n'a pas eu le temps de vivre. Historiquement, la lutte des soignants pour faire baisser la mortalité des mères et des nouveau-nés a été un long combat qui a légitimé peu à peu les avancées de la médicalisation de l'accouchement.

    Si aujourd'hui, la mort en couches a presque disparu, la mort néonatale et périnatale est toujours présente et a été longtemps traitée avec une apparente indifférence. Les analyses et témoignages de soignants, de psychologues, de sociologues et de parents nous montrent comment, depuis les années 1990, de nouvelles pratiques ont remplacé l'évitement traditionnel. Institués par les endeuillés eux-mêmes, réunis en associations ou regroupés sur internet, de nouveaux discours, gestes et rituels ont été inventés autour des tout-petits morts.

  • Cet ouvrage illustre, à partir de situations concrètes et de réflexions théoriques, le concept de « capacité d'action », qui est un puissant régulateur de l'identité professionnelle et de ses évolutions, inévitables dans notre société en constant changement.

    Alors que les carrières deviennent moins linéaires et plus complexes, les auteurs montrent l'importance de la dynamique identitaire et de la capacité d'action pour construire, ou reconstruire, un projet professionnel, quel que soit le contexte personnel ou social des sujets. L'action met en relation la connaissance et les capacités propres, les valeurs et les aspirations, les représentations, les émotions et la possibilité de reconnaissance individuelle et sociale.

    Les études qualitatives présentées restituent une réalité vivante de situations complexes comme le déclassement des jeunes diplômés, l'accompagnement des cadres demandeurs d'emploi, la quête de nouvelles identités suite à des situations de crises ou d'injustice sociale, ou simplement de changement de travail. Des perspectives se trouvent dessinées pour l'accompagnement, l'orientation et la formation des personnes amenées à vivre ces transitions sociales et/ou professionnelles, contraintes ou choisies.

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  • Si Lacan a su de manière magistrale lire dans l'inconscient freudien la grammaire signifiante qui y est à l'oeuvre, il s'est attaché à chercher, tout au long de son travail, des voies d'accès logique, topologique, poétique à un mystère plus lointain qui a trait à la jouissance, et tout particulièrement à celle en jeu dans l'énigme du féminin sur laquelle Freud avait buté.

    En chemin, Lacan a rencontré des figures féminines devant lesquelles il se montre ému, épris, ravi. L'inaccessibilité de la dame de l'amour courtois, le silence de la blanche Ophélie, l'entre-deux-morts d'Antigone, le dire non de Sygne de Coûfontaines, les extases de Marie-Marguerite Alacoque, la folie d'amour d'Aimée, l'ont mené sur les rivages d'un continent qui s'approche plus facilement par l'art que par les outils de la pensée. Qu'elles soient issues de sa pratique clinique ou rencontrées dans la littérature, empruntées à la mythologie, au théâtre ou à la philosophie, ces femmes l'ont précédé et enseigné sur les voies de la jouissance et de l'amour. Lacan s'est mis à leur école.

    Dans un style clair et au plus près du texte du séminaire, Marie Pesenti-Irmann reprend une par une ces figures féminines en dévoilant ce qu'elles esquissent d'un ternaire inédit Jouissance/Amour/Femme en contrepoint du ternaire Désir/Phallus/Nom du père, longuement déplié par Lacan.

  • La différence freudienne : ce titre s'impose de lui-même. Il marque le franchissement d'une frontière qui ne serait réversible qu'au prix d'une régression obscurantiste - malheureusement toujours menaçante.

    Tout en se tenant à l'abri des risques d'une vulgarisation contaminée par un idéal pédagogique, ce livre, en s'appuyant d'une part sur l'oeuvre de Freud et l'enseignement de Lacan, d'autre part sur la pratique psychanalytique des auteurs, propose des solutions précises et claires à une série de questions fondamentales au coeur de la psychanalyse contemporaine : le désir crée-t-il sa cause ? Le symptôme est-il insurrectionnel ? La jouissance est-elle à éradiquer ou à dévaloriser ? Le savoir psychanalytique peut-il se savoir lui-même? Qu'est-ce que la fonction phallique ? Peut-on et doit-on distinguer sexuation du côté femme et féminisation ?

  • Smartphones, tablettes, ordinateurs, les écrans devenus indispensables dans nos vies modernes, exercent une fascination sur les enfants et les adolescents. Internet, réseaux sociaux, jeux en ligne, snapchat, textos, skype... multiplient les communications possibles, abolissent les distances, ouvrent sur un univers d'informations, de savoirs, de liens sans intermédiaires. Par leur accès immédiat et leurs potentialités qui semblent sans limite, les écrans constituent de nouveaux outils de plaisir et de pouvoir dont les jeunes usent avec avidité : pour le meilleur ou pour le pire ?

    Parents et professionnels s'interrogent sur les incidences de cette révolution numérique sur le développement des enfants. Les écrans ne risquent-ils pas de court-circuiter les détours nécessaires à tout enfant dans la mise en jeu des apprentissages et dans la construction de sa subjectivité ? Comment tenir sa place d'adulte pour offrir aux jeunes les conditions nécessaires à leur structuration interne et à leur inscription dans la vie sociale ?

    Des spécialistes du numérique, des psys et des professionnels de l'enfance proposent un tour d'horizon des enjeux - sociaux et psychiques - liés à l'utilisation des écrans par les enfants et les adolescents. Ils s'intéressent aux risques qu'elle comporte  notamment dans ses excès, mais aussi aux créations et aux initiatives inattendues qu'elle révèle dans la vie économique et sociale mais aussi dans l'espace intime de chacun.

  • L'auteure embarque le lecteur dans les méandres du soin comme dans un grand voyage. Les escales sont faites de différentes séquences de soin en intra comme en extra-hospitalier. La diversité d'expériences qu'elle aborde lui permet de présenter mille et un visages de ceux que l'on appelle des « fous » et de témoigner de leur courage.

    Elle témoigne aussi du désarroi, parfois du désespoir, des soignants devant l'inhospitalité hospitalière et le dévoiement de leur métier. Elle raconte les combats qu'ils ont à mener à chaque instant pour qu'une rencontre advienne et que leurs soins puissent éventuellement devenir thérapeutiques.

    Mais loin d'être dans la plainte, elle donne mille et une raisons de continuer ce combat en racontant la magie de la rencontre humaine dans la relation de soin. Elle ne donne pas de leçon. Simplement, elle décrit certains chemins qu'elle a empruntés avec des patients, les explorations qu'ils ont menées ensemble sur des territoires inconnus de l'un, de l'autre ou des deux. Elle invente pour chacun une « bonne distance » sans craindre de puiser dans ce que Jean Oury appelait son « arrière-pays ». Elle fait feu de tous bois et balade une besace d'infirmière pleine de lectures, d'échanges et d'expériences mais aussi de contes et de bouts de chiffons.

  • Les ados, ça cause !

    Marie Springer

    • Eres
    • 26 Septembre 2019

    Si le titre de cet ouvrage précise que « les ados, ça cause », disons plus précisément que « ça peut causer » si nous - adultes - nous les réinscrivons dans un bain de paroles.

    Cet ouvrage part de l'expérience de l'auteure au sein d'une maison pour enfants à caractère social. L'auteur y parle de rencontres : rencontres avec des adolescents pour la plupart déscolarisés, désengagés dans leur vie mais aussi avec des éducateurs, qui eux-mêmes parlent de leur propre rencontre avec ces adolescents. Le livre témoigne de la portée des effets du signifiant et nous rappelle que notre condition humaine quotidienne est d'être des êtres parlants. Son objectif est de faire entendre aux éducateurs que dans leur quotidien il y a une nécessité « à faire parler un adolescent » dans un espace qui met en scène des mots, une parole où l'équivocité de la langue fait loi.

  • La transmission maternelle est la terre d'éveil de l'identité de l'enfant et, pour une fille, le relais de la féminité et de la reproduction de la vie. Elle correspond à une plaque tournante importante rarement étudiée comme telle.

    L'auteur met en évidence la complexité de ce processus à l'oeuvre tout au long de la vie. Concernant différemment le garçon et la fille, les conditions de la transmission maternelle exigent de prêter attention dans le même temps à deux versants du champ féminin - fonction maternelle et position féminine - qui  peuvent s'intriquer entre eux de manière subtile ou s'exclure réciproquement comme des contradictions.

    Jean Marie Forget s'intéresse à cet entre-deux et aux différents écartèlements de la position subjective féminine que rencontre tout être de parole à sa naissance, qu'il soit garçon ou fille, dans le rapport à sa mère. La transmission particulièrement délicate du féminin et du maternel, à différentes étapes de la vie, est abordée spécifiquement.

  • Les savoirs concernant les bébés et les jeunes enfants se sont renouvelés de façon foisonnante

    dans tous les domaines disciplinaires : médecine, biologie et génétique, sociologie et anthropologie, psychologie et psychanalyse, sciences de l'éducation...

    Être de langage et de cognition, être de sensorialité et d'affectivité, être de subjectivité et de socialité, être de motricité et déjà être de pensée, voici le bébé à la fois décortiqué par chacune des disciplines sous ses multiples coutures, mais également diversement emmailloté selon la qualité des liens qu'elles tissent ou non autour de son berceau. Comment le bébé et le jeune enfant, pris dans cette constellation, s'en tirent-ils, autrement qu'à hue et à dia ?

    Cet ouvrage invite au dialogue et à la reliance entre tous les champs disciplinaires autour des tout-petits concernant la période prénatale, les étayages de la parentalité, le développement précoce et ses aléas et les enjeux des apprentissages premiers.

    Alors qu'une commission « des 1000 premiers jours » a été créée par le gouvernement, les auteurs questionnent les politiques publiques de prévention en petite enfance, avec des apports critiques d'exemples internationaux, afin d'examiner les enjeux d'une revitalisation du dispositif de PMI.

  • Qu'elles concernent des enfants français ou venus de l'étranger, les adoptions en France sont de plus en plus rares. Dans le même temps, un nombre croissant d'enfants déjà un peu grands se trouvent délaissés. Pas toujours adoptables, ni juridiquement ni psychologiquement, ils ont pourtant besoin de familles qui les accompagnent pour construire leur future vie d'adulte.

    Des alternatives à l'adoption, notamment à l'adoption plénière, existent, les unes déjà anciennes, les autres très récentes, peu connues. Ces alternatives donnent du temps au temps, pour se découvrir, s'habituer les uns aux autres, s'apprécier, approfondir la relation. Elles présentent de la souplesse, s'adaptent aux cas particuliers, peuvent évoluer et déboucher sur de vraies adoptions, affectives et parfois juridiques : adoption simple, parrainage, tiers bénévole ou tiers digne de confiance.

    Illustré de témoignages, cet ouvrage montre combien ces statuts sont des chances inouïes pour ces enfants qui découvrent que la vie peut être riche d'échanges, de confiance, de présence... et qu'ils sont aussi des chances inouïes pour les adultes, qui ont ainsi l'opportunité de nouer avec des enfants en manque de liens des relations affectives fortes, sincères, durables, au-delà même de ce qu'ils imaginaient.

  • Pour aider un enfant autiste à se développer au milieu des autres, il est essentiel que parents et professionnels mettent en commun leurs réflexions, observations et objectifs. Ils doivent apprendre à se comprendre, à déjouer les quiproquos dus au jargon technique et à échanger sur les situations vécues avec leur enfant.

    Avec cet ouvrage, fruit d'une vie consacrée à l'autisme, Marie Dominique Amy s'adresse aux familles et à tous ceux qui essaient de ne pas se perdre dans le labyrinthe de l'autisme ou dans le mirage de certitudes infondées. Elle propose un véritable manuel de survie en milieu professionnel à destination des parents des enfants autistes.

  • Le discours capitaliste repose sur la conviction que la science rend compréhensible tout ce que nous aurions à connaître, que la technoscience peut fabriquer tout ce dont nous avons besoin, et que le marché nous donnera accès à tout ce qui nous manque. Dans ce contexte de promesse de complétude, quelle est la capacité de la psychanalyse à rester présente dans le lien social et à rejoindre, en se réinventant, ce que Lacan appelait « la subjectivité de notre époque » ? Marie-Jean Sauret est psychanalyste, membre de l'Association de psychanalyse Jacques Lacan (APJL), professeur de psychopathologie clinique à l'université Toulouse-Le Mirail.

  • Lire l'interview avec les directeurs de volume (propos recueillis par Audrey Minart)

    Pourquoi la consommation d'alcool augmente-t-elle chez les 18-30 ans alors qu'elle baisse pour tous les autres groupes d'âge ?

    L'allongement et la massification des études, le report de l'âge au premier enfant, la perte de confiance en l'avenir, le déclin des rites intégrateurs et l'évolution des pratiques festives sont autant d'éléments qui permettent de situer le contexte de cette consommation. Loin de souscrire à un regard stigmatisant sur les pratiques juvéniles, des spécialistes reconnus de différentes disciplines scientifiques montrent combien les facteurs externes (statut social, changements sociétaux...) et internes (personnalité, fonctionnement cérébral...) sont en cause.

    Reste la diversité des modes de consommation. Du fêtard occasionnel au jeune à risque d'alcoolisme, en passant par les profils plus ou moins modérés, il s'agit de comprendre et d'expliquer, loin des clichés télévisés, quels sont les facteurs de vulnérabilité spécifiques à cet âge, mais aussi et surtout quels sont les facteurs de protection qui peuvent faciliter l'entrée dans le monde adulte.

    Publié avec la Fondation pour la recherche en alcoologie.

  • Des enfants et des adolescents aux comportements difficiles mettent à mal les dynamiques groupales, s'esquivent des prises en charges individuelles, épuisent les adultes, s'agrippent à l'agir et à la transgression dans des processus d'exclusion qui n'en finissent pas de se répéter. Auprès d'eux, des équipes éducatives s'interrogent sur le bien-fondé de leur action. En écho, les institutions qui les accueillent se trouvent déstabilisées et sont à la recherche de réponses pertinentes.

    Dans une sorte de laboratoire des pratiques, des professionnels, éducateurs, psychiatre, responsables institutionnels, formateurs ont mis en commun, pendant six années, leurs expériences et leurs recherches. Cet ouvrage restitue la formulation d'une pensée et d'une théorie de la pratique éducative, élaborée à plusieurs, qui se révèle essentielle dans le processus de maturation et d'humanisation de ces sujets en devenir et s'inscrit dans une dynamique réactualisée des fondements institutionnels.

    En effet, la nécessaire adaptation des institutions et de leur mode de fonctionnement aux problématiques de ces jeunes est un défi en termes de management pour les équipes de direction qui doivent conjointement gérer les procédures et protocoles, animer des temps d'élaboration clinique mais aussi ouvrir de nouveaux espaces de créativité et d'espoir.

  • À partir de cas concrets où chacun, professionnel ou parent, peut reconnaître sa pratique, les auteurs mettent en exergue le rôle essentiel des professionnels de la petite enfance qui participent à la construction psychique du sujet. L'art d'accueillir les bébés est un subtil vademecum. Il évoque, avec légèreté et finesse, le quotidien des enfants à la crèche et déploie en autant de situations emblématiques - l'alimentation, le jeu, le langage, les limites, l'accueil - les grandes questions qui effleurent dans tout précis de puériculture raisonné. Écrit à quatre mains par une pédiatre et une psychomotricienne, cet ouvrage s'adresse à tous les professionnels de la petite enfance, aux étudiants, mais aussi aux parents et à tous ceux qui s'intéressent à l'accueil du jeune enfant en dehors de sa famille.

  • Par son regard clinique et sa proximité indiscutable  avec les personnes âgées en fin de vie, l'aide-soignant, pivot de l'équipe soignante, contribue à la prise en soin interdisciplinaire et continue. Il est grand temps de reconnaître son rôle.

    Peu d'écrits s'attardent sur l'importance du rôle des aides-soignants. C'est l'objectif de ce livre qui se concentre sur leurs  missions d'observation et de transmission des signes cliniques de la phase de vie terminale des personnes âgées en institutions gériatriques. L'instant est particulier, mais son intensité dramatique révèle avec d'autant plus de force l'importance de ce rôle relationnel jusqu'au bout de la vie.

  • L'angoisse est un étau qui affecte le corps de haut en bas. Elle serre la gorge, étreint la poitrine, contracte l'estomac, paralyse les jambes. Celui qui l'éprouve n'a pas de mots et pas d'images pour en rendre compte. Elle est la plus universelle conjonction du corps et de l'esprit, ce qui interroge le philosophe et pose un des problèmes les plus ardus à la psychanalyse dans sa pratique et dans sa théorie.

    Dans cette étude très complète, Jean-Marie Jadin propose un nouvel examen de l'angoisse, cet affect universel auquel nul humain ne saurait échapper. Il fait usage des outils théoriques de Freud et de Lacan, puise ses sources également du côté de l'astrophysique, de la peinture, de la littérature fantastique et bien évidemment de la philosophie avec Heidegger, Kierkegaard et Aristote, pour avancer des hypothèses personnelles nourries de nombreux exemples cliniques.

  • Que faisons-nous quand nous travaillons avec les bébés ? Dans cet effort pour rendre compte de la singularité du travail avec le tout-petit, la clinique pulsionnelle, l'auteure cerne chez le nouveau-né le trait qui l'anime, celui par lequel il fait acte de présence d'une manière qui le rende absolument unique, sa signature en quelque sorte. Il s'agit d'extraire les trouvailles du bébé : un cri, un regard, un mouvement sont détenteurs d'un savoir propre à l'enfant et demande à être élevés au rang de langage. Du côté de l'analyste cela demande de supposer du sujet ab initio. Mais comme toute expérience analytique, celle avec le bébé doit être orientée. Or ce qui guide le travail avec tout-petit c'est l'inscription et la mise en place du pulsionnel. C'est une opération à la fois fondamentale et incontournable si on veut faire le pari du sujet chez le nouveau-né.

    Marie Couvert montre que la pulsion est l'invention freudienne la plus formidable avec celle de l'inconscient car elle met à notre disposition un nouvel étayage capable de rendre compte de la clinique et de la direction de la cure du tout-petit. Le lecteur est invité à se laisser enseigner par le concept de pulsion et par la voie qu'il trace dans la construction psychique du tout-petit. Il pourra ensuite visiter les quatre champs pulsionnels (oralité, spécularité, invocation, tactile) qui doivent se mettre en place au cours de la première année en s'arrêtant sur les points de nouage, ou au contraire sur ce qui peut faire ratage.

  • En quoi les avancées récentes de la science ainsi que de la psychanalyse permettent-elles de mieux comprendre le développement psychique du bébé ? A partir de sa rencontre avec son « autre maternel », son environnement fait de ses proches, il va se constituer comme Sujet, tant sur le versant pulsionnel que narcissique, celui de l'image du Moi au stade du miroir. 

    Comment comprendre et repérer les premiers signes d'états psychopathologiques ?  Cet ouvrage qui rassemble les recherches les plus vives en psychopathologie périnatale, ne se contente pas d'un état des lieux, d'un diagnostic aussi précoce soit-il. Il nous entraîne dans les lieux de vie et d'accueil des bébés pour nous présenter des expériences inédites de prévention et de soin. 

    Des chercheurs et des psychanalystes s'y exposent dans la minutie et la complexité des difficultés d'un champ en pleine exploration mais à l'aube de progrès décisifs dans le domaine des soins précoces et de la prévention des troubles neuro-développementaux.

  • À partir d'une recension des écrits de Freud, de Lacan et d'autres, dont Mélanie Klein notamment, sur le phallus, il s'agit de présenter un historique problématisé de ce concept central en psychanalyse et d'établir un état actuel de la question. Pierre Bruno est psychanalyste à Paris, membre de l'association de psychanalyse Jacques Lacan (APJL). Mise en vente le 13 septembre 2012

  • Pourquoi s'intéresser à une pratique marginale aujourd'hui ? Le temps où toutes les femmes accouchaient à la maison n'est pas si loin : en France ce n'est qu'en 1952 que les naissances en milieu hospitalier ont dépassé les naissances à domicile. Quelles ont été les raisons de cette mutation fondamentale ? Quelles ont été les conséquences sur le métier de sage-femme et d'obstétricien ? Pourquoi aujourd'hui des femmes font-elles le choix d'accoucher chez elles ? Est-ce un retour en arrière ou, au contraire, une pratique d'avant-garde ? Par son évolution incroyablement similaire dans les pays occidentaux, l'histoire de ce phénomène est exemplaire d'un mouvement récent de « re-incarnation », de re-matérialisation, voire de « re-naturalisation » de la relation mère/enfant. Des professionnels de la naissance et des parents en témoignent.
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    Par les thèmes qu'il aborde, par les questions qu'il pose, ce livre qui rassemble des auteurs venus de pays et d'horizons divers touche un point essentiel de notre modernité, de nos bricolages idéologiques et pratiques d'aujourd'hui. Il ouvre de nouvelles voies d'investigation passionnantes.

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