Collection XIX

  • Il en est de la philosophie comme de la politique, comme de tout ce qui est dans la dépendance de l'homme, de son esprit et de sa liberté. Les questions s'y renouvellent sans cesse. La transformation, l'évolution, dirions-nous, si l'on n'avait si étrangement abusé de ce mot, c'est la loi de tout ce qui est humain.Éternelle par ses principes, contingente par ses applications, humaine par ses interprètes, la science morale n'échappe pas à cette loi.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La Fille du vigneron

    Marie Amero

    On était aux heures chaudes de la journée. Le soleil, immobile au-dessus des vertes dentelures des hauteurs qui encadrent le plateau de Notre-Dame des Trois-Epis, jetait des nappes de lumière dans l'air pur.Humble est le hameau qui entoure le couvent, - forcément abandonné par ses religieux depuis 1871 : - quelques maisonnettes, deux modestes hôtelleries destinées à héberger les touristes. La beauté du site, qui attire ces derniers, tient lieu de tout.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Nous entreprenons une excursion dans Paris, une exploration de longue haleine, au gré de la fantaisie du moment, à travers rues, places et faubourgs, afin de voir, d'entendre et de rassembler les idées qui constituent tout un monde.
    A quelle heure partirons-nous ?
    Ah ! si nous étions dans le voisinage des grandes Alpes, au pied du roi des montagnes, et que nous voulussions gravir les sentiers escarpés, escalader les rochers, nous en aller haut, bien haut pour contempler les neiges éternelles s'éveillant aux premières clartés de l'aurore, alors nous nous mettrions en route de nuit, à trois heures du matin.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • - Bonne nuit, Excellence. - Marquis, à demain !Une voix jeune et gouailleuse jeta, comme une fusée, cette apostrophe à travers la rue obscure : - Pietro, tu donneras pour moi à la belle Peppina dix baisers de plus ! - Compte qu'elle les a, Alberto ! riposta Pietro. - Buona sera, signore Fracca ! - Luigi ! Buona notte ! - Eccellenza présidente, bonsoir ! dit encore la voix aigrelette et rieuse.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Le Piège aux maris

    Marie Rattazzi

    Une plaine, des champs cultivés que traverse une grande route. A l'horizon, des collines basses, une futaie, les toits d'un village, sur la route, une maison isolée. Les maisons, comme les rues et les hommes, ont une physionomie : les unes ont l'air calme, d'autres, l'air affairé. Par cette porte, doit passer un célibataire ; de cette fenêtre, il ne peut sortir que des voix d'enfants. - Ne voudriez-vous pas aimer sous ce toit, pleurer sous cet autre ?Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Quien sabe ?....Il y a quelque chose de délicieux dans les premiers jours d'une liaison, comme dans le commencement du printemps ; les froides rafales de l'hiver se sont enfuies et les orages de l'été ne sont pas encore venus.Dengo, le... juin 182..« Mon cher ami, il y a huit jours, je t'écrivais de Coire et je t'annonçais mon prochain retour en France. Je comptais alors revenir simplement sur mes pas et repasser par la Suisse.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Au jour où commence cette histoire, c'est-à-dire au 31 décembre 187..., c'était un homme bien malheureux que le marquis de Pontrenaud, ancien colonel de cavalerie, ancien pair de France héréditaire, possesseur actuel d'une fortune de quatre-vingt mille livres de rente, et d'une nièce charmante dont il était devenu le père adoptif depuis une dizaine d'années.Ajoutez à tous ces avantages une santé de fer héréditaire chez les Pontrenaud comme la pairie, et, de plus qu'elle, défiant les tours de roue de la fortune révolutionnaire, un esprit charmant, une tournure de gentilhomme et un coeur généreux qui lui avait valu bon nombre de chaudes amitiés.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « Il n'y a pas longtemps encore, on pouvait voir rue du Chantre, à droite en entrant par la rue St-Honoré, une maison dont les fenêtres donnaient sur les deux rues, et qui, en 1775, était connue à Paris, et surtout en Picardie, sous le nom de l'hostel, de Clovis. Tous les Amiénois, les Noyonnais, les Sois-sonnais qui venaient à Paris, ne savaient loger que chez maître Landry, né à Soissons, hôtelier à Paris, et dont l'enseigne représentait le roi Clovis fendant la tête à un de ses soldats dont la tenue n'était pas irréprochable : faute assez commune alors. » Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • « Avec l'introduction de l'ordre dans les sensations et les pensées commence le temps », écrit Jean-Marie Guyau. Sa Genèse de l'idée de temps (1890) prend à contre-pied l'opinion de Kant, selon laquelle l'espace et le temps existent comme des structures a priori dans lesquelles nous lions nos sensations. Pour Guyau, le temps provient de la conscience, définie par une multiplicité de sensations, d'images et de pensées. « Plus on y songe, plus on est effrayé de la complexité de ce qu'on appelle un état de conscience (...), il faut tout un travail pour introduire dans cet amas l'ordre du temps ».
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Mademoiselle Grinchue

    Marie Laubot

    MONSIEUR et madame d'Orbigny habitaient à Paris un joli appartement situé sur le boulevard St-Michel et dont les fenêtres donnaient sur le Luxembourg.Ils avaient choisi ce quartier, l'un des plus sains et des plus aérés de Paris, à cause de leurs trois enfants dont ils s'occupaient avec la sollicitude la plus tendre et la plus intelligente.Leur fils ainé Maurice, grand garçon de douze ans, était doux, studieux, intelligent ; sous la direction de son père, qui avait voulu lui servir ?Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Marie Curie (Maria Sklodowska), est la deuxième femme à s'être engagée dans la préparation d'un doctorat en électrochimie. Sa thèse, Les Recherches sur les substances radioactives (1903) a pour point de départ les rayons X découverts par Wilhelm Rntgen et surtout les rayons uraniques mis en évidence par Henri Becquerel. Elle décrit dans une langue scientifique accessible la série de travaux qui lui ont permis d'abord d'identifier deux substances radioactives nouvelles, le polonium et le radium, puis de les isoler et de les peser pour les faire figurer dans la tables des éléments de Mendeleïev. Avec Henri Becquerel et Pierre Curie (qui a directement collaboré à ces travaux en s'intéressant à l'étude du rayonnement radioactif), Marie Curie a reçu en 1903 le prix Nobel de physique « pour la découverte de la radioactivité ».

  • O ma belle Patrie ! en l'honneur de l'armée,
    De son noble courage et de sa renommée,
    Tu viens donc d'accueillir le chant d'un grand succès,
    Du triomphe éclatant de tant de bons Français
    Qui surent en Afrique, ardens à la victoire,
    Moissonner, en héros, les palmes de la gloire,
    Se frayer le chemin de la célébrité,
    Attirer les regards de la postérité.Descends, descends des cieux, douce reconnaissance,
    Viens échauffer mon coeur de ta sainte présence ;
    Donne-moi ton amour, ton esprit bienfaisant,
    J'ai besoin, tu le vois, d'être reconnaissant,
    De me bien pénétrer de ta mansuétude,
    De chasser au plus loin la noire ingratitude.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Saint-Just

    Marie Leneru

    Les avis sont contradictoires et les témoignages opposés, aussi n'en négligerons-nous aucun. Une personnalité hors ligne a pour moitié de son histoire les jugements qu'elle a suscités.La formule générale est « un fanatique » ou encore « un tigre altéré de sang ». M. Rémy de Gourmont ayant à le nommer, n'écrivait-il pas : « Saint-Just cette panthère » ? et les épithètes de M. de Gourmont se trompent rarement. Quant aux historiens, à la manière dont ils nous le présentent, aux phrases talentueuses qui servent à l'occasion - Mignet : « c'était un monstre peigné » ; Lamartine : « Muet comme un oracle et sentencieux comme un axiome.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Les Contes de nuit

    Marie De L'Epinay

    Je venais d'éprouver un de ces violents chagrins après lesquels il semble qu'il ne reste plus qu'à mourir. Tout manque : l'air, le soleil, la vie. Ce chagrin est la déception du coeur, l'illusion de l'amour perdu pour jamais, l'idole créée qu'il a fallu briser.Une grande foi chrétienne donne seule la force et la résignation nécessaires à ces mauvais jours. Cette foi, je ne l'avais pas sans doute, car je ne me sentais ni force, ni résignation contre le malheur qui me frappait.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • IL n'est peut-être personne qui n'ait entendu parler de la Grande-Chartreuse, de son désert, et des religieux qui l'habitent ; l'idée que peuvent s'en faire ceux qui ne connaissent ces lieux que par des récits plus ou moins fidèles, est celle d'une vaste solitude, demeure du silence et du recueillement, retraite paisible de pieux anachorètes qui ont consacré leur vie à la prière et aux exercices de la religion. Cette vue générale, qui n'est, pour ainsi dire, qu'un canevas propre à recevoir tous les détails que l'imagination peut y tracer, est loin de satisfaire celui qui, cherchant la vérité, ne se contente pas de l'image fantastique qu'il est obligé de se créer à lui-même.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Voulez-vous, mes chères petites, que, laissant de côté livres et cahiers, nous commencions ensemble ces excursions projetées depuis longtemps, et qu'une chose ou une autre a retardées jusqu'à ce jour ? Voulez-vous que, profitant des tièdes rayons de ce beau soleil qui semble nous y inviter, nous allions épier le réveil de la nature, et saluer, s'il y a lieu, les premières manifestations de sa joyeuse résurrection ? Voulez-vous que nous feuilletions ensemble ce livre admirable, dont chaque page est un chef-d'oeuvre, et que Dieu lui-même a tracé du bout de son doigt tout-puissant ?Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


  • Dans l'immense série des êtres qui composent et peuplent le globe, nous voyons, au sein d'une perpétuelle métamorphose, et poussée par cette force mystérieuse que nous appelons la vie, la matière se dégager lentement d'un état presque inerte, combiner ses éléments, et, s'élevant toujours, par une gradation insensible, parvenir à son expression la plus parfaite, à l'individualité ; ou, ce qui revient au même, car les deux termes correspondent rigoureusement, à la liberté humaine (b).
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • TOUS les peuples civilisés ont été sensibles aux beaux-arts, et il semble qu'ils ont été honorés chez eux en raison de la gloire de la nation et de la vertu des citoyens ; c'est que les beaux-arts deviennent utiles et nécessaires lorsqu'ils rappellent un triomphe de la patrie, un dévouement sublime, une action vertueuse ; le marbre des statues, la toile du peintre sont comme les vers du poète, ou les pages de l'historien, des monumens durables de gloire ou d'infamie.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Il n'est pas mal habile, pour mettre ses adversaires en défaut, de leur prêter cette parole : Vous êtes libéral, donc vous devez être irreligieux. Qui a jamais professé, dans le parti libéral, une pareille monstruosité ? Notre symbole, au contraire, n'est-il pas, que chacun doit adorer Dieu selon sa conscience, et que nulle puissance humaine n'a droit de l'en empêcher ? n'est-ce pas nous qui avons inscrit cette sainte maxime, ennemie de toute intolérance, dans nos institutions depuis 1789, jusqu'en 1830 ?Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La ferme d'Honoré Thibaud, ou « la Thibaudière, » comme disaient les gens du pays, était située à une petite distance de Bressuire, et le fermier passait pour un des plus riches du Poitou.Cependant, nul ne portait envie à sa prospérité, car Honoré n'était point avare, ni dur envers les pauvres gens, et jamais un malheureux ne se présentait à la Thibaudière sans y recevoir une généreuse hospitalité. Quand on voulait citer un homme honnête, franc, en qui l'on pût avoir confiance, c'était toujours le nom d'Honoré Thibaud qui se présentait à l'esprit de chacun.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Je pars, et, le dirai-je, je quitte Paris avec la joie du prisonnier qui va respirer l'air, car, pour lui, l'air c'est déjà la liberté.Oh ! quelle triste chose qu'une chambre dont les verrous ferment en dedans !... C'est bien là qu'habite l'ennui !... L'ennui, celle de nos infirmités qui nous fait le plus aspirer à la fin de la vie !... L'ennui, qui est de tous les âges, de toutes les classes, de toutes les fêtes, et qui même s'assied insolemment sur les degrés du trône !Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • On fait peu de cas de la liberté dans les pays où l'on fait peu de cas de la vie ; c'est qu'en effet la vie n'a de prix que pour les hommes libres.La peine de mort ne peut tirer son prétexte que de la crainte de la récidive, de la justice du talion, ou de l'étonnement salutaire de l'imagination. La crainte de la récidive tombe devant la confination solitaire qui séparerait le membre gangrené de la société, tout aussi bien que la mort.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • De CHERBOURG & NEW-YORK
    au
    YELLOWSTONEMES CHERS AMIS,Le 1er Août dernier, mon compagnon de route et moi, nous quittions, sur un petit vapeur, le quai de Cherbourg et nous nous dirigions, à travers la rade, vers l'extrémité occidentale de la digue de Cauchy. Là nous attendait un grand steamer ; il était sous pression, ses trois cheminées vomissaient des flots de fumée, il avait le cap tourné vers la.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • - Que faites-vous ce soir ? - Je vais chez madame de Fontane. - Voulez-vous m'y présenter ? - Très volontiers. - Il y a longtemps que j'ai envie de connaître celte femme. - Il fallait le dire plus tôt. - Votre frère en est toujours aussi amoureux ? - Plus que jamais. - On prétend qu'il finira par l'épouser. - Herbert n'est pas homme à faire une pareille sottise. S'il était « le premier », je ne dis pas.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

empty