Guy Boivin

  • Maître relieur, Denis Giroux exerce son art avec passion et respect. Depuis plusieurs années, il s'occupe de sa mère, hospitalisée dans un centre de soins de longue durée, figée dans l'attente de la mort. Lorsqu'il perd la femme qu'il aime, fauchée par un cancer fulgurant, Denis craint de perdre pied. Pour apprivoiser sa peur de l'inéluctable, il consigne patiemment le meilleur et le pire du passé familial, le restaure avec minutie comme il le ferait pour un livre abîmé, découvrant comment ses parents, ses frères, sa soeur, ses amis, et surtout son maître, ont lentement façonné son existence.

  • Marie-Almande, Marien, Polycarpe, Richarde : le roman de Hans-Jürgen Greif et Guy Boivin plaît dès lors que commencent à tomber, de-ci de-là, les ahurissants prénoms d'une famille québécoise dont nous suivrons la trace d'une terre de roches à la ville, du XIXe siècle à maintenant. Génération après génération, la tribu redoute que ne se réalise la funeste prédiction d'un aïeul doté du pouvoir de prophétie : la disparition du nom.
    Cette obsession compose, de portrait en portrait, de lubie en extravagance, une image de ce que fut et reste notre société, fondamentalement inquiète de sa survie. La truculence attendue (à quels phénomènes avons-nous affaire !) est rendue dans une belle et digne sobriété de tonalité : les personnages sont drôles, mais le comique de caractère ou de situation nous en révèle l'humanité plutôt que le ridicule. Rarement voit-on pareille galerie de personnages ! S'il existe une mythologie québécoise, on la trouvera ici.

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