Sciences humaines & sociales

  • " J'étais très émue le jour de la rentrée en me trouvant en présence de cette quarantaine d'enfants de tous âges, dont les plus grands étaient presque des adolescents.
    "Je remarquai leur attitude fière, parfois grave et je compris qu'ils ne s'en laisseraient pas conter ! (...) Ces enfants avaient souffert, étaient mûris avant l'âge. Jamais ils ne me dirent qu'ils étaient juifs : ils voulaient et savaient garder leur secret. "
    Gabrielle Perrier
    Le 6 avril 1944, à Izieu, 44 enfants âgés de 5 à 17 ans et leurs sept moniteurs sont emmenés par des soldats allemands, sur ordre de Klaus Barbie. Gabrielle Perrier est leur institutrice, elle a 21 ans. Depuis la veille, elle est rentrée chez elle pour les vacances de Pâques. Ce jour-là, son monde s'effondre. Elle s'en voudra de ne pas avoir eu conscience du danger que couraient ses élèves. Modeste, discrète, elle dissimulera son chagrin en se réfugiant dans le silence, jusqu'au procès de Klaus Barbie, quarante-trois ans plus tard. Enfin, elle pourra porter le deuil de ses élèves morts à Auschwitz.
    Dominique Missika est écrivain, ancienne directrice de la rédaction de la chaîne Histoire, directrice éditoriale des éditions Tallandier, et productrice extérieure à France Culture. Elle est membre du comité scientifique du mémorial d'Izieu, présidé par Serge Klarsfeld

  • Septembre 1940 : Léon Blum est arrêté sur ordre de Pétain. Se sachant menacé, il aurait pu fuir, mais il refuse de se soustraire au procès qui l'attend. Pendant seize mois, haï et calomnié, il va être traîné de prison en prison. Pourtant, le vieux leader résiste. Il se bat, il prépare sa défense, il reconstruit son parti dans la clandestinité... et finalement réussit le tour de force de retourner l'opinion publique en sa faveur. Où puise-t-il sa combativité ? Et comment survit-il à l'emprisonnement en Allemagne qui va suivre son procès ? On a évoqué son optimisme, son humanisme... Mais cela ne suffit pas. Léon Blum a un secret : une femme, Jeanne Reichenbach.
    Au terme d'une longue enquête, s'appuyant notamment sur une correspondance inédite, Dominique Missika révèle le rôle joué par Jeanne Reichenbach, et raconte une histoire d'amour méconnue entre deux êtres exceptionnels.

  • Des années Proust jusqu'aux années du Front Populaire, un exceptionnel destin de femme. Issue de la grande bourgeoisie cultivée, féministe, déterminée, Thérèse Pereyra sera durant 20 ans le grand amour caché et l'inspiratrice de Léon Blum. Alors que l'on célèbre les 80 ans du Front Populaire, Dominique Missika fait découvrir une femme lumineuse qui dut, malgré elle, rester dans l'ombre.
    Un adage populaire dit que derrière chaque grand homme se cache une femme. Léon Blum n'échappe pas à la règle. Trois amours scandent sa vie. Mariée à Lise Bloch en 1896, il entretient pendant vingt ans une liaison tumultueuse avec Thérèse Peyrera. Un an après la mort de son épouse, il convole enfin, à 60 ans, avec Thérèse, de neuf ans sa cadette (1933). Mais Thérèse meurt en 1938, à 56 ans. La troisième femme de Léon Blum sera Jeanne, la compagne des mauvais jours, ceux de l'Occupation et de la déportation à Buchenwald. Thérèse - qui fut au coeur de la vie littéraire et politique de Blum - resta, bien malgré elle, son grand amour caché.
    Née dans la bourgeoisie qu'on disait encore israélite, mariée à un agent de change, Thérèse, est une jolie fille, piquante, sportive, au tempérament d'artiste dans le Paris de la Belle Epoque. Infirmière décorée pendant la Grande Guerre, elle tombe amoureuse de Léon Blum, alors conseiller d'état, critique littéraire, dandy, et auteur d'un sulfureux ouvrage Du Mariage. Alors qu'elle divorce, Blum, lui, ne s'y résout pas. Commence une liaison qui durera 20 ans.
    Libre, résolument moderne, Thérèse accepte, malgré son féminisme, de rester dans l'ombre du leader de la SFIO. Décoratrice, elle ouvre une boutique rue de Miromesnil au temps des Années folles, conduit son amant dans son bolide dans l'Aude où il est candidat, milite à la section la section du XVIe arrondissement de la SFIO, entre au Comité national des Femmes Socialistes. Les deux amants partagent une belle complicité intellectuelle et politique - non sans renoncements du côté de Térèse.
    Leur mariage au moment du Front Populaire, fait d'elle le témoin privilégié de cette folle " embellie ". Première dame avant l'heure, celle que les socialistes désignent affectueusement comme la " citoyenne Blum ", sacrifie sa santé à la grande aventure, luttant en cachette contre la maladie. Elle meurt lorsque tombe le Front Populaire.
    Ce portrait est aussi celui de l'étonnante famille Pereyra : Thérèse ne peut être séparée de ses deux soeurs et leur mère. Dominique Missika fait revivre la complexité du " métier de femme " dans ces années de grandes espérances où tout survient trop tôt.

empty