Annick Cojean

  • De Simone Veil, on réduit trop souvent la biographie à quelques dates phares, dont, évidemment, celles du débat sur l'IVG, en 1974. De même de son image et des rares signes électifs qui l'incarnent aux yeux des Français  : un chignon fidèle qu'elle n'acceptera de défaire qu'une seule fois en public, un immuable tailleur Chanel, dont ne varie que la couleur, un collier de perles porté sur une lavallière. A la différence sans doute des simplifications biographiques, cette austérité est délibérée. Elle est aussi comme la cuirasse d'une femme parvenue au sommet de l'Etat, soucieuse d'opposer à la curiosité du public et des journalistes une image qui n'offre aucune prise, aucune perspective personnelle.
    Tout au long de sa vie publique, Simone Veil a soigneusement protégé son intimité familiale et amicale. Antoine, son mari, apparaît parfois au cours de ses campagnes, mais toujours saisi comme une apparition «  officielle  ». De même de ses enfants, photographiés publiquement, par exemple au ministère de la Santé  juste avant les débats sur l'avortement, autour d'une table qui réunit la ministre et son cabinet.
    Certes, depuis sa retraite politique, avec le succès de ses mémoires, l'entrée à l'Académie française et la Panthéonisation, la multiplication des hommages de toutes natures, se sont multiplié les incursions médiatiques dans la sphère privée de celle qui est restée si longtemps une des personnalités préférées du public. Simone Veil ne s'y est jamais prêtée volontiers. Aujourd'hui, ses deux fils ont accepté pour la première fois que soient publiées autant de photographies pour la plupart inédites.
    Cet album fait  comprendre quelles étaient les racines de ses engagements, les figures familières, parents, frère et soeurs, enfants et petits-enfants, amis, lieux aimés où elle se ressourçait. Commentés par ceux-là mêmes qui lui furent si chers, ses deux fils, Jean et Pierre François.

  • C'est sans doute le dernier secret de Khadafi. Et le plus scandaleux.
    En novembre 2011, Annick Cojean publiait dans Le Monde un article terrifiant. Une jeune femme y racontait comment l'année de ses 15 ans, le Guide libyen la repérait dans son école, lui caressait les cheveux, et la désignait ainsi à ses gardes comme son esclave sexuelle à vie. Violée, battue, forcée par son maître à consommer avec lui alcool et cocaïne, et intégrée dans les troupes des «Amazones», elle ne pourra s'échapper de cet enfer que peu avant la Révolution. Une vie brisée.
    Une seule ? Non, des centaines, sans doute plus. Mais le sujet, en Libye, reste totalement tabou.
    Dans les coulisses d'une dictature, dans le lit d'un chef d'Etat drogué en permanence, tyran d'opérette mais vrai meurtrier, nous plongeons dans un système d'esclavagisme, entre corruption, terreur, viols, crimes. Un système aux complicités multipes, bien au-delà du seul territoire libyen.
    Pour recueillir l'incroyable histoire de la jeune Soraya et d'autres femmes révoltées, Annick Cojean a mené secrètement l'enquête à Tripoli, cette prison à ciel ouvert.

  • «  Je ne serais pas arrivée là si... Quelques mots anodins qui posent une question vertigineuse. Qu'est-ce qui m'a faite, défaite, marquée, bouleversée et sculptée ? Quel hasard, rencontre, accident, trait de caractère, lecture, don, peut-être aussi quelle révolte, ont aiguillé ma vie ? Quelle joie m'a donné des ailes ? Ou peut-être quel drame ? A moins qu'il m'ait dévastée, qu'il m'ait fallu me battre, plonger et rebondir. Ai-je poursuivi un rêve ? Des anges ont-ils veillé sur moi ? Et mes parents ? Quel fardeau ou quelle chance ? Oui, comment se construit une vie ?
    A 25 femmes magnifiques, j'ai lancé ce petit bout de phrase, et 25 ont accepté de la poursuivre. Juliette Gréco et Christiane Taubira, l'une haïe par sa mère, l'autre galvanisée par sa mémoire. Virginie Despentes et Amélie Nothomb. Patti Smith et Marianne Faithfull. Agnès b. et Claudia Cardinale. Joan Baez et le rabbin Delphine Horvilleur. L'écrivaine turque Asli Erdogan et l'actrice britannique Vanessa Redgrave. La pianiste Hélène Grimaud, la maire de Paris Anne Hidalgo, l'avocate et prix Nobel iranienne Shirin Ebadi, la féministe Eve Ensler, les comédiennes Nicole Kidman et Dominique Blanc...
    Elles se racontent avec une sincérité bouleversante. Quels ont été leurs principaux ressorts ? Qu'ont-elles appris  de la vie? Et que peuvent-elles partager avec les jeunes filles qui les liront et qui, elles aussi, ont bien l'intention d'imposer leur voix dans un monde dont les règles sont forgées par les hommes ? Ce livre se voudrait inspirant pour toutes les femmes.
    Et parce que l'interview est un exercice à deux, basé sur l'échange - de regards et de confidences -, l'intervieweuse est contrainte de s'interroger. Je ne serais pas arrivée là... si je n'avais eu une maman incroyable d'amour et de tendresse, de vitalité et d'optimisme. C'est évidemment à elle que je dédierai ce livre. »

  • Gisèle Halimi  : Soixante-dix ans de combats, d'engagement au service de la justice et de la cause des femmes. Et la volonté, aujourd'hui, de transmettre ce qui a construit cet activisme indéfectible, afin de dire aux nouvelles générations que l'injustice demeure, qu'elle est plus que jamais intolérable. Gisèle Halimi revient avec son amie, Annick Cojean, qui partage ses convictions féministes, sur certains épisodes marquants de son parcours rebelle pour retracer ce qui a fait  un destin. Sans se poser en modèle, l'avocate qui a toujours défendu son autonomie, enjoint aux femmes de ne pas baisser la garde, de rester solidaires et vigilantes, et les invite à prendre le relai dans le combat essentiel pour l'égalité à l'heure où, malgré les mouvements de fond qui bouleversent la société, la cause des femmes reste infiniment fragile.
    Depuis l'enfance, la vie de Gisèle Halimi est une fascinante illustration de sa révolte de «  fille  ». Farouchement déterminée à exister en tant que femme dans l'Afrique du Nord des années 30, elle vit son métier comme un sacerdoce et prend tous les risques pour défendre les militants des indépendances tunisienne et algérienne et dénoncer la torture. Avocate plaidant envers et contre tout pour soutenir les femmes les plus vulnérables ou blessées, elle s'engage en faveur de l'avortement et de la répression du viol, dans son métier aussi bien que dans son association «  Choisir  la cause des femmes ». Femme politique insubordonnée mais aussi fille, mère, grand-mère, amoureuse... Gisèle Halimi vibre d'une énergie passionnée, d'une volonté d'exercer pleinement la liberté qui résonne à chaque étape de son existence.
    «  Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque  »  : ces mots de René Char, son poète préféré, pourraient définir Gisèle Halimi, cette «  avocate irrespectueuse  », et sa vie de combats acharnés pour la justice et l'égalité.

  • Annick Cojean est grand reporter au Monde. Au fil de sa carrière,
    elle a croisé Simone Veil à plusieurs reprises. Au fil de leurs
    rencontres, une relation singulière s'est installée entre Simone Veil
    et la journaliste. Une relation de femmes au-delà des fonctions.
    Un portrait subjectif, délicat et parfois surprenant de la femme au-
    delà de l'héroïne.

  • C'est l'histoire la plus folle, la pls étonnante, la plus rocambolesque qu'un pays ait jamais vécue en matière de médias. L'histoire d'une aventure dont les héros ont tout moins de trente ans. Un feuilleton insensé qui s'étale sur dix ans, démarre en courses-poursuites sur les toits de Paris, dans les forêts d'Alsace ou la ville de Longwy, rebondit dans l'euphorie d'un grand soir, un 10 mai historique, et s'achève aujourd'hui dans une ère de business.
    Une pièce de théâtre qui compterait quatre actes, avec une ribambelle d'acteurs, toujours hauts en couleurs: deux présidents de la République, quatre Premiers ministres; des défricheurs géniaux, des babas écolos, un ministre gaffeur, un avocat hâbleur; des managers rusés, un député zélé, une (Haute) Autorité dépassée; des stations amusantes, une radio intrigante, une chanteuse influente; le show-biz, ravi.
    On y trouve des intrigues, des mensonges, de l'esbroufe. On y relève le bluff de Radio Solidarité, les rêves de Radio Soleil, le succès de Nostalgie... "le" mystère NRJ.
    Un fabuleux reportage dont le ton est celui du roman, mais la démarche celle de deux journalistes, passionnés des médias et appartenant à cette génération FM.

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