Querelles, quand la parole se libère.

Un 25 mai 2020, Anne Soupa, théologienne et bibliste, cofondatrice de la Conférence catholique des baptisé-e-s francophones, déclare sa candidature à l'archevêché de Lyon, lequel est vacant depuis la démission du cardinal Barbarin. C'était un petit événement. Ce même 25 mai et cette sélection s'est modifiée. A Minnéapolis ce 25 mai 2020 George Floyd est interpellé, menotté et plaqué au sol sur le ventre. Il est maintenu au sol par Derek Chauvin, par pression prolongée de son genou sur le cou de Floyd.

  • Ces dix-neuf textes sont écrits du fond d'une geôle. Poignants et remarquablement maîtrisés, ces aller-retours entre réflexions et sensations expriment le quotidien morne du prisonnier, écartelé entre le bilan de sa vie et de ses actions, et le vide glacial d'un avenir absent. Mais petit à petit le courage lui revient, et malgré des conditions désespérantes il se remet à écrire.
    Un livre de résistance exemplaire.
     

  • Roman en douze chapitres qui évoque plusieurs périodes de la vie de l'auteur. Un livre tel un requiem où l'on trouve la quintessence de l'oeuvre d'Asli Erdogan, qui parvient une fois encore à transmuer le réel, à imposer au lecteur le sentiment  qu'il n'est plus que vibration face à un pays, une ville, et l'exil.

  • Les couleurs d'Istanbul se démultiplient à mesure que la brume se dissipe ses murailles, ses tours et ses coupoles. Un châle rouge, une
    paire de boucles d'oreilles, la montre de Serafet Bey, la boutique de Kamo le Barbier deviennent source de mille récits.
    Recroquevillés dans une cellule étroite, trois niveaux sous terre, quatre hommes se racontent des histoires. Pendant qu'ils attendent que la porte de fer s'ouvre et que les gardes viennent les chercher, ils narrent leurs destins, confient leurs amours et rient aux éclats. En rêvant la liberté, ils conjurent l'avenir. En imaginant l'allégresse, ils dessinent le présent et le passé, le sous-sol et le ciel d'une Istanbul éternelle.
    Burhan Snmez évoque ici l'universel face à une réalité accablante. Il conte une ville qui évolue dans l'orbite de la douleur mais malgré tout espère.

  • Querelle

    Kevin Lambert

    Une grève éclate dans une scierie du Lac-Saint-Jean, dans le nord canadien. Derrière une apparente solidarité ouvrière, l'ennui et la dureté de la lutte, que seules rompent les nuits dans les bars et karaokés, révèlent les intérêts plus personnels de chacun.
    Parmi ces ouvriers, il y a Querelle, magnifique colosse venu de la métropole, et Jézabel, issue d'une lignée rebelle de mère en fille.
    Doux et charnels, ces héros incarnent la liberté, la jouissance et la joie sauvages, hors des lois du marché et de l'aliénation familiale ou sexuelle.
    Au gré des sabotages, des duels et des ivresses, la colère s'empare des grévistes et les événements se conjuguent dans un conflit généralisé aux allures de vengeance sociale, qui rappelle Le Seigneur des porcheries, Jean Genet ou Kathy Acker.
    "Magistral... construit comme une tragédie grecque... Le puissant roman (noir) de notre époque !" - Stéphane Ehles - Télérama
    "Ironique et tueur ! Une manière bien à soi de considérer le corps-à-corps avec les ennemis sociaux..." - Mathieu Lindon - Libération
    "Un premier roman aux allures d'un film de Ken Loach, avec ses accents joual et un parler crû" - Thomas Vincy - Livre Hebdo

  • En novembre 2019, Paul Preciado s'exprime devant 3500 psychanalystes lors des journées internationales de l'Ecole de la Cause Freudienne à Paris. Devant la profession qui l'a diagnostiqué « malade mental » et « dysphorique du genre », il s'appuie sur Kafka et son Rapport pour une académie, dans lequel un singe parlant discourt devant une assemblée de scientifiques. Loin de toute émancipation, le singe parlant de Kafka explique que son apprentissage du langage ne fut qu'un passage d'une cage à une autre  : des barreaux de fer à la subjectivité humaine.
    Depuis sa cage de «  mutant  », il ne s'agit pas pour Preciado de parler de l'homophobie ou la transphobie des pères fondateurs de la psychanalyse, mais de montrer la complicité de celle-ci avec une idéologie de la différence sexuelle datant de l'ère coloniale, aujourd'hui rendue obsolète par les moyens dont nous disposons pour influer sur nos corps et notre façon de procréer.
    Surtout, le philosophe lance un appel à la transformation des discours et des pratiques psychologiques et psychanalytiques  : dans les années à venir, nous devrons élaborer collectivement une épistémologie capable de rendre compte de la multiplicité des vivants, sans réduire le corps à sa force reproductive hétérosexuelle, et qui ne légitime pas la violence hétéro-patriarcale et coloniale.
    La conférence provoque un séisme dans l'auditoire et depuis les associations psychanalytiques se déchirent. Filmé par des smartphones, le discours est mis en ligne et des fragments sont retranscrits, traduits et publiés sur internet sans souci d'exactitude. Afin d'élargir le débat, il importait de publier ce texte dans son intégralité.

  • « Je ferme les paupières, je me bouche les oreilles, je pressurise mes tempes. Mais j'entends, je perçois encore, de plus en plus distinctement, le bruit des bottes qui reviennent. Serais-je donc le seul à l'entendre ? »

    Ne croyez surtout pas que je hurle est un essai cinématographique de Frank Beauvais. Le cinéaste a réuni des plans issus de plus de 400 films sur lesquels il a monté en voix off le récit autobiographique qui évoque les jours sombres qu'il a traversés en 2016. Il y exprime le désarroi dans lequel il était plongé, isolé dans un village alsacien après une rupture amoureuse, terrifié par le climat sécuritaire qui régnait alors dans une France en état d'urgence. C'est ce cri de rage désespéré, ce bouleversant désir de retour à la vie d'un cinéphile reclus, qui est ici publié.

    Né en 1970, Frank Beauvais est l'auteur de nombreux courts métrages. Ne croyez surtout pas que je hurle, sorti en salle en septembre 2019, est son premier long métrage.

  • King Kong théorie

    Virginie Despentes

    • Grasset
    • 4 Octobre 2006

    « J'écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n'ont pas envie d'être protecteurs, ceux qui voudraient l'être mais ne savent pas s'y prendre, ceux qui ne sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés. Parce que l'idéal de la femme blanche séduisante qu'on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu'il n'existe pas. » V.D.

  • Le consentement

    Vanessa Springora

    • Grasset
    • 2 Janvier 2020

    Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses oeillades énamourées et l'attention qu'il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin «  impérieux  » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l'aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu'elle vient d'avoir quatorze ans, V. s'offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l'homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s'arracher à l'emprise qu'il exerce sur elle, tandis qu'il s'apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l'écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.
    «  Depuis tant d'années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence  : prendre le chasseur à son propre piège, l'enfermer dans un livre  », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.
    Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d'une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l'ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse. Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d'une époque, et la complaisance d'un milieu aveuglé par le talent et la célébrité.



  • Dans une société américaine à peine affranchie de ses lois racistes, les Afro-Américains, en exerçant leurs droits civiques, peuvent enfin accéder à leur vie. Cette nouvelle liberté suscite une exaltation et un bouillonnement racontés par Kathleen Collins à travers les relations amoureuses et filiales d'une femme noire, installée à New York.

    Mais être soi, c'est inévitablement faire l'expérience de la différence, d'une autre vie, et parfois d'une autre couleur de peau. C'est s'exposer à des réactions infimes, démesurées et ressentir le poids de l'Histoire qui pèse silencieusement sur chaque existence. Kathleen Collins plonge le lecteur dans ces interactions, éminemment politiques et intimes.

    Malicieux et pétillants, sincères et vivants, ces écrits livrent une critique du discours blanc dominant tout en dénonçant les idéologies afrocentristes. Le féminisme universaliste et précurseur de Kathleen Collins se distingue de celui qui se pense en fonction du genre, de l'orientation sexuelle ou de la couleur de peau.On entend l'écho des voix de James Baldwin, de Ralph Ellison et de Richard Wright.

    Journal d'une femme noire réunit des nouvelles , des lettres, des fictions et des extraits de journaux. L'effet miroir entre la fiction et la non fiction est une formidable introduction à l'oeuvre de cette autrice majeure célébrée par le Women Prize for fiction en 2019. Les écrits de Kathleen Collins ont été publiés à titre posthume en 2015 et 2016.

    Kathleen Collins était engagée dans le mouvement des droits civiques. Après des études en philosophie et religion à la prestigieuse université de Skidmore, elle obtient une bourse pour compléter son cursus à la Sorbonne. Elle a enseigné l'écriture à l'université de New York et a signé un film culte Losing Ground sorti en 1982.

    "Les textes de Kathleen Collins prouvent qu'elle était une artiste polyvalente. Tout simplement une des meilleures dans la création littéraire et cinématographique. " The New Yorker- Février 2019

    Traduit de l'américain par Hélène Cohen et Marguerite Capelle


  • « Le meurtre de Mike Brown par un policier blanc a marqué un point de rupture pour les Afro-Américains de Ferguson (Missouri). Peut-être était-ce à cause de l'inhumanité de la police, qui a laissé le corps de Brown pourrir dans la chaleur estivale. Peut-être était-ce à cause de l'arsenal militaire qu'elle a sorti dès les premières manifestations. Avec ses armes à feu et ses blindés, la police a déclaré la guerre aux habitants noirs de Ferguson. »
    Comment le mouvement Black Lives Matter a-t-il pu naître sous le mandat du premier président noir ? L'auteure revient sur l'« économie politique du racisme » depuis la fin de l'esclavage, le reflux des mouvements sociaux des années 1960 et l'essor d'une élite noire prompte à relayer les préjugés racistes et anti-pauvres. Elle défend le potentiel universaliste de BLM : afro-américain et tourné contre les violences policières, il peut parfaitement rallier d'autres groupes et s'étendre à une lutte générale pour la redistribution des richesses.
    Militante antiraciste, féministe et anticapitaliste, Keeanga-Yamahtta Taylor enseigne au Département d'études afro-américaines de l'université de Princeton. Black Lives Matter, son premier livre, a reçu de nombreux prix et a été plusieurs fois réimprimé depuis sa sortie aux États-Unis.

  • La comédie musicale du prix Nobel de Sainte Lucie (1992), Derek Walcott, a longtemps dormi dans des archives, mais la femme qui inspira le personnage demeure une célébrité en Louisiane, figure de proue d'un folklore populaire, émanation littéralement magique de contes oraux encore vivaces. À l'image de la Nouvelle-Orléans qui la vit naître, Marie Laveau (1792?-1881), métisse libre avec du sang européen, africain et amérindien, "bâtarde affranchie", "Conçue entre les cuisses éméchées d'un pêcheur Cajun et d'une lavandière effarouchée", est un personnage de Carnaval, être de musique, "négresse" qui s'invente Cléopâtre, femme de pouvoir mais aussi d'humiliation aux mains à la fois des hommes et des Blancs. Marie est tragique et comique tour à tour, shakespearienne tardive, caribéenne dans l'âme, éternellement actuelle.
    Jamais traduite à ce jour, cette pièce méritait absolument une traduction dans la langue de Molière.

    Traduction du collectif Passages, sous la direction de Nicole Ollier

  • " À terre. À terre tout de suite. J'ai dû aller trop vite. Non, tu n'allais pas trop vite. Je n'allais pas trop vite ? Tu n'as rien fait de mal. Alors pourquoi me contrôlez-vous ? Pourquoi suis-je contrôlé ? Fais voir tes mains. Les mains en l'air. Lève les mains. "
    L'attaque est préméditée, assumée, d'une violence intolérable. Ou bien c'est simplement la langue qui fourche sans qu'on s'en rende compte, et le racisme parle à travers notre bouche. Citizen est un livre sur les agressions racistes.
    Pour dire cette réalité, Claudia Rankine choisit une forme qui n'appartient qu'à elle : tour à tour poésie, récit ou pamphlet, Citizen décrit les expériences les plus intimes, les plus ténues pour y greffer ce que dépose en nous le flux de la vie quotidienne – propos saisis dans le métro, conversations, blagues, coupures de journaux, captures d'écran -, dans un vaste collage d'images et de voix. Une symphonie parfois dissonante où les mots les plus simples sont portés par une extraordinaire énergie poétique.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Maitreyi et Nicolas Pesquès.

  • Nous qui n'étions rien

    Madeleine Thien

    • Phébus
    • 10 Janvier 2019

    Prix littéraire du Gouverneur général 2016
    Prix Giller 2016
    Finaliste du Man Booker Prize 2016
    Finaliste Baileys Women's Prize for Fiction 2017
    À Vancouver, en 1991, une fillette de 10 ans, Marie, et sa mère accueillent chez elles Ai-Ming, une jeune femme fuyant la Chine après la répression des manifestations de la place Tian'anmen. En discutant avec elle, Marie se rend compte des liens qui unissent sa famille, qui a émigré de Chine au Canada à la fin des années soixante-dix, à la sienne. Elle découvre surtout un père qu'elle n'a presque pas connu, sa jeunesse au moment de la Révolution Culturelle, son amour de la musique, sa soif de liberté...
    Cinquième roman de Madeleine Thien, née en 1974, grande saga familiale et roman total, Nous qui n'étions rien a valu une reconnaissance internationale à son auteure. Il est en cours de traduction dans le monde entier.

  • La vie d'Assa Traoré a basculé le 19 juillet 2016, un soir de canicule où son frère cadet Adama est déclaré mort dans la cour de la gendarmerie de Persan. Mains menottées dans le dos, face contre terre, asphyxié. Ce jour-là, il devait fêter ses 24 ans.
    Au-delà de l'infinie peine, la violence d'un tel drame épuise fatalement toute énergie, confisque sourire et force à ceux qui restent. Pour Assa Traoré et sa famille, ce fut l'inverse. L'horreur les a soulevés. Portés par le soutien des habitants de Beaumont-sur-Oise, les Traoré ont transformé la douleur en combat. Avec l'appui du "comité pour Adama", Assa est devenue une guerrière.
    Dans sa "Lettre à Adama', Assa Traoré raconte une lutte citoyenne inédite contre les violences policières, la bataille judiciaire et médiatique qu'il a fallu mener pour déconstruire les mensonges et rester dépositaire de l'histoire d'Adama. Elle dénonce le comportement et le rôle des forces de l'ordre face à une jeunesse marginalisée et stigmatisée, mettant ainsi en lumière le déterminisme auquel sa famille n'a pas échappé. Enfin, elle ravive la mémoire d'un jeune homme dont le prénom s'impose désormais partout en France, comme l'étendard de deux exigences : "Vérité et justice'.
    Assa Traoré a 31 ans. Avant la mort d'Adama, elle était éducatrice spécialisée. Aujourd'hui elle se consacre entièrement à la cause de son frère.
    Reporter à L'Obs depuis 2001, Elsa Vigoureux s'intéresse aux thématiques des quartiers populaires. Journaliste, spécialisée justice, elle a couvert nombre d'affaires criminelles dont celle du gang des Barbares qu'elle traitera plus largement dans un document remarqué et publié chez Flammarion en 2010.

  • « Le Combat Adama, ce n'est pas seulement le combat de la famille Traoré. Mon frère est mort sous le poids de trois gendarmes et d'un système. La France a un problème avec la police et la gendarmerie : ça fait partie du Combat Adama. La jeunesse fait partie du Combat Adama. L'école fait partie du Combat Adama. Le racisme fait partie du Combat Adama. La démocratie et la justice font partie du Combat Adama. »
      Assa Traoré
    Le 19 juillet 2016, Adama Traoré est mort dans la cour de la gendarmerie de Persan dans le Val-d'Oise. C'était le jour de son anniversaire. Il avait 24 ans. Depuis, un combat se développe et s'amplifie qui, à partir de la question des violences policières dans les quartiers populaires, interroge en profondeur notre monde et la politique : le Combat Adama.

  • Le nouveau

    Tracy Chevalier

    • Phébus
    • 7 Février 2019

    La tragédie de Shakespeare, Othello, transposée dans une cour d'école américaine, au début des années 70. L'amour, les trahisons et la vengeance s'y jouent à toute allure à la récréation, sur fond de racisme et de bouleversements sociaux.
    Née en 1965 aux Etats-Unis, Tracy Chevalier vit depuis le milieu des années 80 à Londres. Elle est notamment l'auteur de La jeune fille à la perle, vendu à plus de 5 millions d'exemplaires et adapté en film en 2004.

  • Pendant près de quatre cents ans, des millions d'hommes, de femmes et d'enfants africains ont perdu leur liberté, quittant de force leur sol natal. Déportés par bateaux entiers, enchaînés pour un voyage sans retour vers l'Amérique du Nord, et les Antilles, ils furent capturés pour travailler dans des conditions inhumaines, enrichissant des hommes peu scrupuleux. Bientôt, les puissances européennes cherchèrent à justifier légalement l'esclavage des Africains. En France, le Code Noir fut ainsi promulgué en 1685 par Louis XIV. Chargé de réglementer la vie des esclaves noirs des colonies françaises antillaises, ce Code fut remanié en 1724 afin de s'appliquer également à la Louisiane.
    Bientôt, les puissances européennes cherchèrent à justifier légalement l'esclavage des Africains. En France, le Code Noir fut ainsi promulgué en 1685 par Louis XIV. Chargé de réglementer la vie des esclaves noirs des colonies françaises antillaises, ce Code fut remanié en 1724 afin de s'appliquer également à la Louisiane.
    La prise de conscience de la monstruosité de la traite et de l'esclavage fut lente et il fallut attendre 1848 pour que l'abolition de l'esclavage, portée en France par la voix de Victor Schoelcher, abroge le Code Noir.
    En donnant à lire les deux versions (1685 et 1724) du Code Noir, le présent ouvrage permet de mieux comprendre les rouages d'un système qui fit passer près de onze millions d'hommes entre les mains de marchands négriers.

    Avec une introduction sur l´histoire de l´esclavage et une préface vidéo exceptionnelle d'Aimé CÉSAIRE.

  • Parmi les figures célèbres de l'Evangile, Judas continue d'incarner le mal, la traitrise et la cupidité. Mais sur quels versets se fonde une telle vision du personnage, et pourquoi cette lecture ? Anne Soupa reprend point par point ce dossier instruit à charge par la tradition chrétienne, et manipulé pour alimenter vingt siècles de haine anti-juive. Si Judas a bien fait entrer Jésus dans le temps du malheur, il a aussi son « côté soleil ». Lui, l'un des Douze apôtres, il a suivi son Maître depuis le début de sa vie publique, il l'a aimé, il a participé à son dernier repas et a eu les pieds lavés par lui. Selon les évangélistes, il l'a « livré » et non « trahi ». Alors pourquoi cette diabolisation ? Ne vise-t-elle pas à faire de lui le bouc émissaire qui libère les disciples de la culpabilité d'avoir abandonné Jésus ? En somme, Judas était le coupable idéal...Anne Soupa mène une enquête passionnante qui nous fait sentir, dans toute son épaisseur et sa complexité, l'éternelle énigme du mal.

  • Comment se comporter face au retour de la violence ? Ce n'est pas seulement dans la sphère publique que la question se pose, mais dans l'intimité de chacun. Dans ce dialogue, André Gouzes et Anne Soupa vont à la rencontre de la force irréductible, non violente et douce, que Jésus a donnée sur la croix et que les femmes ont annoncée aux disciples au matin de Pâques. Le mystère pascal est ici libéré des poncifs doloristes ou magiques, faisant apparaître cet Ange de la force, présence mystérieuse qui ne quittera pas Jésus, de sa mort à sa résurrection.

  • Mes combats

    Simone Veil

    De 1974 à 2008, de différents postes de ministre à la présidence du Parlement européen et jusqu'au Conseil constitutionnel, Simone Veil a marqué la vie politique française de multiples façons. Cet ouvrage rassemble les grands discours qu'elle a écrits tout au long de son parcours politique. D'une force et d'une modernité étonnantes, qu'ils portent sur l'Europe, les droits des femmes ou la mémoire de la Shoah, ils révèlent une personnalité d'une intelligence aussi extrême que sa sensibilité, qui n'a jamais cessée d'être habitée par le souvenir obsédant des six millions de Juifs exterminés pendant la Seconde guerre mondiale. Des photos, dont beaucoup sont inédites, de Philippe Ledru, un photographe devenu ami de Simone Veil, complètent l'ouvrage.

  • Le Christ

    Collectif

    En de nombreux fragments, aujourd'hui dispersés à travers les recueils de textes publiés dès 1949, Simone Weil a donné une « histoire du Christ », rassemblée dans cette anthologie. Sa conception très originale et très puissante de l'Incarnation conditionne aussi bien son rapport personnel au Christ, qui l'avait « prise », que les concepts fondamentaux du rapport de l'homme au monde et à Dieu : l'âme, l'amitié, le bien, le malheur.
    S'incarner en Christ n'est en effet, pour Simone Weil, qu'un aspect de l'acte d'amour continu par lequel Dieu, depuis la Création, a renoncé à sa toute-puissance pour accorder l'existence aux hommes. En ce sens l'Incarnation et la Passion du Christ sont des figures de la Création grâce à laquelle nous connaissons et expérimentons le renoncement originaire de Dieu, et devenons capables, en faveur de Dieu, d'un pareil renoncement.
    Si l'Incarnation et la Passion sont présentes à l'origine du monde, Simone Weil en conclut que rien n'interdit de penser que l'Incarnation du Christ ait pu être précédée par d'autres incarnations qui sont autant d'images implicites de lui : « Dionysos et Osiris sont, d'une certaine manière, le Christ lui-même » ; « l'histoire de Prométhée est l'histoire même du Christ projetée dans l'éternité. » (Attente de Dieu). Dans les Carnets Simone Weil mentionne aussi plusieurs personnages de l'Ancien

  • Dans cette Petite Conférence, Delphine Horvilleur s'interroge sur la façon dont nous comprenons le monde, et pour cela, sur la façon dont nous le racontons. L'importance du récit, les rabbins la connaissent mieux que personne. Elle évoque donc son métier de femme rabbin. Elle le définit comme un geste d'écoute et d'ouverture envers les autres, à partir de l'étude des récits bibliques. Elle explique comment les récits, les contes, les mythologies, les textes religieux ont mille choses à nous raconter. Comment ils cherchent continuellement à établir du lien entre les générations, à nous dire que la nouvelle génération n'est pas la copie conforme de l'ancienne et que le monde a besoin d'une mise à jour. À chacun de trouver le sens qui lui semble être le bon, car nous pouvons reconstruire le sens de la phrase et le sens du monde, afin qu'il soit pertinent pour nous tous.

  • So Vast the Prison is the double-threaded story of a modern, educated Algerian woman existing in a man's society, and, not surprisingly, living a life of contradictions. Djebar, too, tackles cross-cultural issues just by writing in French of an Arab society (the actual act of writing contrasting with the strong oral traditions of the indigenous culture), as a woman who has seen revolution in a now post-colonial country, and as an Algerian living in exile.
    In this new novel, Djebar brilliantly plays these contradictions against the bloody history of Carthage, a great civilization the Berbers were once compared to, and makes it both a tribute to the loss of Berber culture and a meeting-point of culture and language. As the story of one woman's experience in Algeria, it is a private tale, but one embedded in a vast history.
    A radically singular voice in the world of literature, Assia Djebar's work ultimately reaches beyond the particulars of Algeria to embrace, in stark yet sensuous language, the universal themes of violence, intimacy, ostracism, victimization, and exile.

  • Hildegarde

    Léo Henry

    Religieuse, visionnaire, scientifique, poétesse et compositrice, l'abbesse Hildegarde de Bingen n'a cessé, depuis sa mort, d'inspirer femmes et hommes. Figure totale du Moyen-âge européen, elle déborde des limites du XIIe siècle et de la vallée Rhin où elle vécut : depuis sa berge de fleuve, entre Mayence et Cologne, Hildegarde rayonne sur l'univers entier. Née au moment où la première Croisade arrive à Jérusalem, elle meurt tandis que naissent les premiers chevaliers de romans. A son expérience de femme de pouvoir, son oeuvre mêle observations et visions, unissant sous une même énergie vitale les mondes réels, imaginaires et divins. Léo Henry crée, autour de Hildegarde, un livre-monde qui emprunte ses formes autant au récit épique, qu'à l'hagiographie ou au roman picaresque. Une fresque, qui court de la création du monde à l'Apocalypse, et explore l'intrication du temps qui passe et des histoires que nous nous racontons. Inclassable et foisonnant, Hildegarde est un roman merveilleux, un roman de l'émerveillement.

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