Pour la parution de la 6e enquête de la série du Commissaire aux morts étranges, nous avons rencontré Olivier Barde-Cabuçon

Par ePaginePolarHistorique

Dans sa maison de la Croix Rousse, Olivier Barde-Cabuçon nous reçoit en toute humilité. Cet amoureux de littérature en tous genres que l'on croirait ataraxique de loin se révèle en fait constamment traversé d'idées. L'auteur de romans historiques a deux passions : l'homme et son histoire. Avec deux grands H. Après avoir sorti les Adieu à l'Empire puis le Détective de Freud, c'est chez Actes Noirs qu'Olivier Barde-Cabuçon a publié sa série du Commissaire aux Morts Etranges. 

 

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Le Commissaire aux Morts Etranges

Nous sommes en 1757, Louis XV se fait attaquer au couteau, un illustre inconnu veut lui planter sa lame dans le ventre, c'est ce que l'on appelle l'attentat de Damiens. Voilà un fait historique. Mais soudain de la foule surgît un jeune homme qui se jette sur l'assaillant et sauve le Saint Bidon de s'épandre sur la place publique. Et voilà le début d'un roman. Ce sauveteur inespéré sort de l'imagination d'Olivier Barde-Cabuçon, qui décide d'en faire un commissaire chargé d'enquêter sur les Morts Etranges. Avec l'autorisation de ce même Louis XV, trop reconnaissant de pouvoir continuer à user de ses pouvoirs au service de ses bons vouloirs.  

Ce jeu entre l'histoire et la fiction, c'est un leitmotiv qui conduit l'œuvre d'Olivier Barde-Cabuçon, et ce doit être un bon carburant car la série connait un succès certain depuis le 1er tome. Nous avons voulu en savoir plus...

 

eP : Comment expliquez-vous le succès de la série ?  

La rencontre entre un public et un écrivain c’est une mystérieuse alchimie dont on n’a, honnêtement, pas les clefs. Tout ce que je sais de mes lecteurs c’est que dès qu’ils commencent la série, ils ont envie de la lire en entier et s’attachent très facilement à mes personnages. 
 

eP : Vous y prenez toujours autant de plaisir, ou vous avez des envies d'ailleurs ?  

Mon duo d’enquêteur est passionnant, car mystérieux, et surtout pour moi. A chaque enquête je l’éclaire et il se révèle un peu plus à moi, ça me permet d’explorer leur personnalité et leur passé, en particulier celui du moine hérétique, le plus ancien. C’est une envie continuelle de les découvrir et de les faire découvrir, et puis le 18e siècle c’est une époque fantastique. Période de rupture, bien sûr, on est dans les prémisses de la révolution, avec ce règne de Louis XV, et puis c’est le siècle des lumières, mais elles n’éclairent pas grand monde. Ce qui va me plaire c’est justement d’en éclairer la part d’ombre à travers des thèmes comme l’ésotérisme, l’alchimie, le satanisme, et bien sûr l’étude d’une société monarchique, très figée, mais parcourue de tensions. C’est un grand corps qui est parcouru de mouvements, de convulsons, et il y a un côté sociologique et politique important dans la série.  
 

eP : Comment vous est venu cette idée d'un Commissaire aux Morts Etranges ? Quelle est la part du Romancier et celle de l'Historien dans sa composition ?

Etonnement c’est Casanova qui est à l’origine de la série. J’avais lu Mémoire de ma Vie dans lequel j’ai découvert un auteur, à côté de l’homme qu’on connaît, protéiforme, qu’est Casanova, et pas seulement un libertin, et j’avais envie de le resituer dans le cadre d’une enquête policière. Face à cette Guest-Star il me fallait un duo de choc et j’ai eu l’idée du Commissaire aux Mort Etranges, 25 ans, plutôt droit dans ses bottes, un peu raide, et puis son père, le Moine Hérétique qui a le double de son âge. Le Moine est très gai et amène toute sa fantaisie dans la série, en même temps qu’il est très érudit. Le duo pour moi c’est cette confrontation. Le duo permet le conflit. J’ai fait pas mal de théâtre en amateur et ma prof me disait toujours « pas de théâtre sans conflit ». Je dirais la même chose pour le roman. Il amène cette confrontation d’idée, de pensée, conflit intergénérationnel également, entre père et fils, (le conflit) a une importance extrême dans la narration. De même que tout ce côté dialogue que permet d’amener le duo.  
 

eP : Le conflit est en effet récurrent dans la série. Opposition entre Volnay et le Moine mais aussi entre la foi et la raison, entre le masque et l'identité, etc. 

Le 18e siècle est un siècle d’oppositions. On voit à travers mes thèmes que mon duo d’enquêteurs incarne la raison et à travers eux la raison se trouve confronté à l’autorité et à ses abus, aux abus de la foi, trop dogmatique, et également à la superstition la plus crasse car le 18e est un grand siècle de superstition. Pour une grande partie de la population, on croit encore que les crapauds naissent dans les pierres, et jamais on a eu autant d’escrocs qui surfaient sur cette vague d’ésotérisme. On faisait planter dans leurs jardins aux bons bourgeois leur or en leur disant qu’il allait pousser pendant la nuit, et bien évidemment, au petit matin l’or n’avait pas poussé mais même complètement disparu.  
 

eP : Vous construisez vos intrigues sur ces petits mythes, ces anecdotes de l'époque ?

Je pars des thèmes qui m’inspirent, donc Casanova et la Femme sans Visage est centré sur le personnage de Casanova, avec le libertinage mais également l’ésotérisme puisque Casanova est un escroc ésotérique, il vend des cabales, des prédictions et trouve toujours des personnages à gruger. Messe Noire est bâti sur le thème du Satanisme : la messe noire c’est la messe inversée. Tuez qui vous voulez, je suis parti d’un fait historique : les convulsionnaires de Saint Médard. On enterre un diacre, François de Pâris, Janséniste. Lors de son enterrement des femmes se roulent sur sa tombe, prises de convulsions et on assiste à une série de miracles. Le mouvement est réprimé mais continue dans la clandestinité et des femmes viennent 2/3 fois l’an se faire crucifier pour revivre les passions du Christ, le tout dans des appartements clandestins. C’est un thème qui m’a traversé, enthousiasmé, et à partir duquel j’ai imaginé une intrigue. Comme bien souvent dans mes romans, et c’est là où la réalité, l’histoire va rejoindre l’imaginaire qui me nourrit. 

eP : Cette époque est riche en mythes mais aussi socialement, politiquement. On approche d'une révolution et ça se ressent dans les dialogues. Par exemple Casanova nous glisse dans le 1er tome "Tenez, on devrait même soumettre les riches à l'impôt afin d'en redistribuer le produit aux plus pauvres, au lieu de faire le contraire aujourd'hui !". Ce n'est sûrement pas innocent ? 

Non, avec moi rien n’est innocent, et c’est vrai qu’on trouve toujours une intemporalité dans tout ce qui se passe. Je vais être amené également à parler des comptes en Suisse par exemple, car ils existent aussi à l’époque. On voit encore aujourd’hui des gens qui reçoivent des mails sur internet comme quoi ils ont hérité d’un lointain parent et qu’il faut verser quelque argent pour débloquer l’héritage et ça marche. On est dans l’intemporalité au niveau de la crédulité de l’être humain, de ses désirs de richesse, de ses passions, et là dessus le 18e siècle est extrêmement moderne, on y retrouve la même structuration des esprits comparé à cette époque.
 

eP : Intemporalité qui se retrouve dans le rapport au pouvoir. Louis XV est comparé au "spectre du pouvoir", puis le Moine décrit Versailles comme les "entrailles malades d'un corps pourri", ou encore à propos du médecin du roi : "Je crains parfois le médecin plus que le mal". Ce rejet du pouvoir en place à quelque chose de très actuel. 

C’est un duo d’esprit révolutionnaire, rebelle à l’autorité, insoumis, et à travers le dernier opus c’est très marquant puisque dans le Moine et le Singe Roi, le Singe Roi c’est le surnom que le moine donne à Louis XV, vont être traités les thèmes de l’autorité. Au début ce qui m’avait conduit à écrire ce roman c’est l’expérience de Stanley Milgram d’après-guerre. Où, sous prétexte d’une expérience en laboratoire on faisait donner à des participants ignorant le but de l’expérience, des décharges électriques à des acteurs (NDLR : les participants allaient jusqu’à infliger des décharges mortelles – En savoir plus sur l’expérience de Milgram). Ce qui m’avait stupéfié c’était de voir à quel point les gens peuvent être soumis à l’autorité. Le Moine et le Singe Roi c’est un roman sur les rapports à l’autorité. Dans ce roman il y a des rapports de force, d’autorité entre tous les personnages, celui des femmes parfois avec les hommes. Et effectivement on est dans cette cour, dans les jardins de Versailles où l’autorité apparait de différentes manières.

Les jardins de Versailles c’est la nature qui a été domestiquée par l’ordre royal. Louis XIV a voulu faire des Jardins de Versailles une nature complètement pliée à son autorité. Tout en angle droit, bien carré et bien taillé, et il a voulu faire également de sa cour des courtisans complètement soumis à une étiquette qu’il a inventé. Et qui est parfois puérile. Louis XIV avait vendu des brevets de chaises d’affaires, à certains courtisans pour qu’ils aient le plaisir de poser leurs derrières sur les chaises d’affaire avec lui. Cette soumission à l’autorité bien entendu ne va pas au Commissaire aux Morts Etranges, et surtout au moine, qui sont sans arrêt en rébellion et ne vont cesser tout au long de ce roman, de se révolter et de la remettre en question. Le moine s’essayant même à des jeux dangereux à jouer au milieu de la cour de Versailles.

 

eP : Cour de Versailles, Jardins de Versailles, parfois labyrinthe ou piège. D'où est venu cette idée d'y contextualiser votre roman ? Est-ce un choix stylistique ? 

Mes beaux-parents ont amené mon fils il y a quelques années pour ses 10 ans, à Paris. En revenant je lui ai demandé ce qu’il avait préféré et il m’a répondu les jardins de Versailles. Lorsque j’ai écrit Le Moine et le Singe Roi je pensais autant à l’expérience de Milgram qu’à ces jardins qui avaient tant marqué un enfant, et ces jardins sont effectivement extraordinaires. D’abord c’est un piège à femmes puisque Louis XIV en avait fait clairement, avec ses bosquets, des endroits où amener, charmer et faire tourner la tête des courtisanes. Et c’est aussi un lieu dangereux, parfois inquiétant, surtout la nuit tombée, il y a ce fameux labyrinthe avec ses statues, très moralisatrices, tirées des fables d'Esope et à l’époque dessinées par Perrault pour orner le labyrinthe. Il représente pour moi, symboliquement un endroit d’où on ne peut pas sortir, le piège des idées, des pensées de Versailles où tout est codifié, vous n’arrivez jamais à sortir de l’étiquette, du monde qu’on vous a préfabriqué. Et c’est dans ce labyrinthe que va se dérouler le premier meurtre et à travers ce jardin que le duo d’enquêteurs va trouver le fil, les indices pour retrouver le coupable.
 

Le Saviez-vous ? 
Visage et Masque se disent de la même façon en Vénitien : Volto.
(en savoir +)

Casanova, en plus d'être un libertin, était un escroc et un intellectuel. 
(en savoir +)

C'est Perrault qui a imaginé le statuaire du Labyrinthe de Versaille, en s'inspirant des fables d'Esope. 

Jusqu'à sa mort, la marquise de Pompadour règna sur la France à travers Louis XV, trop heureux de laisser ces affaires ennuyeuse à un autre que lui.

 

eP : Pensez-vous que ce soit un des rôles de la littérature, par extension policière, de questionner l'ordre établi ?  

La littérature policière doit, d’une part explorer la part noire de l’individu, la part sombre de l’âme humain, puis également être le reflet d’une société. Dans ses cotés sociologiques, politique, économique j’exporte donc cette société du 18e siècle, société encore de castes, de tension, d’injustices et d’iniquité et on va retrouver à travers sa description la structure de toutes les sociétés du monde d’aujourd’hui. Donc oui, la littérature policière doit donner à réfléchir, à penser le monde qui nous entoure.

La littérature policière doit donner à réfléchir, à penser le monde qui nous entoure.

eP : Le personnage du Moine Hérétique semble prendre une profondeur qu'il n'avait pas dans le dernier tome. On sent ressurgir une partie de son passé auquel nous n'étions pas encore confrontés. 

Parfois les lecteurs me disent que le moine vole la vedette au Commissaire aux Morts Etranges. C’est un peu fait exprès. J’aime bien transgresser les interdits et inverser l’ordre social. J’inverse beaucoup de choses dans mes romans. D’habitude on a un jeune personnage, le fils, plus marrant et détendu, et là c’est exactement l’inverse. Le jeune Commissaire aux Morts Etranges a une identité, une personnalité encore à acquérir tandis que son père lui, l’a déjà. Mais c’est un personnage protéiforme, plus complexe, plus mystérieux, avec un passé lourd. Il a été moine contre sa volonté, contraint à porter une bure alors qu’il n’est pas croyant, moine non plus… Mais c’est un philosophe, il a été soldat. Donc c’est un personnage qui a un peu endossé toutes les tenus de l’homme du 18e siècle. Et ce personnage s’étoffe régulièrement car ce passé se déroule dans sa mémoire et sous nos yeux, à travers ses enquêtes.
 

eP : Le rapport à la religion passe surtout par ce personnage. Qui en a toutes les étiquettes, est-ce un sujet que vous vouliez mettre en avant ? 

On le voit très bien dans le roman précédent Entretien avec le Diable qui se déroule dans une petite vallée de Savoie. Dans cette vallée perdue il y a un village surplombée d’une abbaye et d’une forêt. Ces lieux, c’est la grande scénographie du 18e siècle : d’un côté le village, pouvoir temporel, dominé par l’abbaye qui représente le pouvoir spirituel. Et puis dans la forêt se synthétise toutes les superstitions, tous les contes, toutes les transmissions orales de légendes et de mythes. 

eP : La figure de la femme est centrale dans votre série. On la retrouve dans Le Moine et le Singe Roi, elle aussi sujette à une dualité : elle peut être l'innocente ingénue ou la séductrice aguerrie, parfois carrément dominatrice... 

Je pense que les femmes tiennent la place la plus importante de mes romans. Ce qui est intéressant c’est de voir les personnages féminins en avance sur leur temps. Tout ce qu'on offre aux femmes dans cette civilisation Judéo-Chrétienne c’est d’être sainte ou prostituée. La sainte vierge ou Marie Madeleine. Et il y a des femmes qui essayent d’échapper à ces rôles prédéterminés et d’exister par elles-mêmes dans ce siècle qui veut les laisser sottes et sans éducation, si ce n’est l’art de broder ou de danser, pour les bourgeois et le travail à la maison pour le reste du peuple. Ce que j’essaye de montrer à travers mes romans ce sont les possibilités d’échappée que peut offrir parfois la société. J’aime les personnages féminins qui sont victimes comme l’écureuil, amoureuse de Volnay, et qui sinon sont des femmes très décidées. Parfois dominatrices en rejetant l’autorité masculine, qu’elles essayent de renverser.
 

eP : Comme la Pompadour dont on connait aujourd'hui l'importance, mais qui évoluait dans l'ombre du roi. 

Oui, c’est un personnage complexe, important parce qu’elle a, pendant un certain nombre d’années, régné sur la France à travers Louis XV, son amant d’abord, son ami ensuite lorsqu’elle n’arrive plus à toucher ses sens. Parce que Lui, Louis XV, était une espèce de Roi Fainéant. Il ne voulait pas gouverner, et n’avait aucun goût pour l’exercice du pouvoir. Très souvent c’est la favorite qui va gouverner le pays, et la marquise de Pompadour l’est restée jusqu’à sa mort. Donc c’est une maitresse très attachée au roi, qu’elle savait manipuler pour gouverner à sa place.
 

eP : La résolution de vos intrigues passe souvent par le dévoilement d'une perversion cachée. Cette incapacité à résister à ses passions est-elle aussi universelle ?  

Dans chaque individu il y a un point d’équilibre, un point de rupture, et la passion va faire basculer, à un certain moment, certains individus. La passion du pouvoir, de l’argent, la passion des femmes, le désir inassouvi. Et ce qui m’importe dans l’exploration de l’âme humaine c’est de voir à quel moment la bascule s’opère.

Et ce qui m’importe dans l’exploration de l’âme humaine c’est de voir à quel moment la bascule s’opère.

eP : A la fin de ce 6e tome, Volnay et le Moine parlent de Venise, et évoquent le "dernier chapitre". Est-ce qu'on arrive à la fin de la série ? 

Finalement c'est la question que je me pose à chaque fois que j'écris une nouvelle enquête et puis avant d'arriver à la fin d'un manuscrit j'ai déjà une nouvelle idée pour le suivant. Je pense que la série va encore continuer quelques temps, que je vais explorer d'autres choses, je pense à d'autres pays, d'autres cultures. J'aimerai bien faire se rencontrer la culture Orientale et la culture Occidentale. Donc peut-être dans un pays du proche Orient. Cette série continuera tant que j'ai l'enthousiasme, tant que j'ai des idées nouvelles. 

Et en même temps je pense également à écrire un hors-série, situé à une époque que j'aime beaucoup car là encore, c'est une période de rupture, ce sont les années folles. Années d'émancipation féminine également, où tout est bousculé, toute la structure de la société. Les années folles c'est l'explosion des arts, des arts plastiques, des arts ménagers, de l'automobile, des personnages de femme extraordinaires qui deviennent des héroïnes. Et puis il y a également, qui me passionne, la psychanalyse, donc je verrai bien, pendant les années folles, la psychanalyse rejoindre le Surréalisme. 

Et en même temps je pense également à écrire un hors-série, situé à une époque que j'aime beaucoup car là encore, c'est une période de rupture, ce sont les années folles.

eP : Vous reprendriez un de vos premiers héros ? 

Je pourrais reprendre un des personnages du Détective de Freud qui va être republié chez Actes Sud : le personnage de Jung, psychanalyste. Car c'est un homme passionnant et passionné par le monde et les cultures, les civilisations qui l'entourent. J'aimerai le replonger dans un tout autre contexte, sans les autres personnages du Détective de Freud, dans cette période charnière des années folles. En le mêlant justement à tout ce qui va faire le sel de ces années-là, à travers l'explosion des arts.  
 

eP : Ca doit être passionnant des travailler sur ces époques toutes plus riches les unes que les autres. Vous avez une approche documentaliste ?   

Oui effectivement je fais beaucoup de recherche. Ce dont j'ai envie c'est d'entrainer le lecteur avec moi. Dans le Paris du 18e siècle j'ai envie que le lecteur soit mêlé à cette foule immense qui parcours de l'aube à la nuit ces rues de Paris. Qu'on puisse voir dans les jardins de Versailles ces coiffures, ces espèces de choucroutes monumentales ornées d'oiseaux, de carrosses, qu'on puisse également trouver des Arlequins chez le traiteur, ces restes usagés épicés et resservis. Dans le Paris du 18e siècle, on a des commissariats de quartier avec des greffiers qui prennent toutes les plaintes des habitants sans aucune censure et ça a été une mine d'informations passionnantes pour moi ces archives du Châtelet, où des gens venaient parfois abandonner leurs enfants car ils ne pouvaient plus les nourrir. Toute l'âme humaine était dépeinte à travers ces commissariats de quartier. 

Et bien sûr pour peindre la Venise du 18e siècle il faut avoir une vision globale de Venise, depuis son origine et sa volonté de rattachement, non pas à l'empire de Rome mais à l'empire d'Orient, l'empire de Byzance. Et pour comprendre toute la richesse de cette république, où le pouvoir était réservé aux patriciens, qui se le partageaient en assemblées et se contrôlaient mutuellement afin qu'aucune tête ne sorte de l'eau. Mais voilà la documentation c'est un travail de lecture, c'est un plaisir, une passion, et je pense que ça vient enrichir, pour une bonne part, l'intérêt de mes romans. 

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